reggae

Actualité

Israel Vibration et Gladiators @ Paris
Deux groupes de légende partageaient la même scène le 29 juin dernier à Paris. Israel Vibration et les Gladiators étaient en effet rassemblés à La Cigale devant un public acquis à leur cause. Accompagnés des Roots Radics, Skelly et Wiss ont déroulé tranquillement les hits d'Israel Vibration, de Vultures à The Same Song en passant par Cool and Calm, tandis que les Gladiators fêtaient le retour d'Al Griffiths, le fils d'Albert Griffiths, au chant pour interpréter les classiques Stick A Bush, Hello Carol et les autres. Retour en images avec les clichés de Philippe 'Da Best' Campos.Israel Vibration The Gladiators
reggae.fr | 23-juil.-2018 02:00

Alborosie Jahneration et Massilia @Vaison
Le 15 juin dernier, le sublime Théâtre Antique de Vaison la Romaine accueillait une soirée atypique. Jahneration, Massilia Sound System et Alborosie, voilà un line-up de prime abord pas tout à fait raccord qui aura finalement mis tout le monde d'accord. Le reggae hip-hop nouvelle génération de Jahneration ouvrait le bal avec l'énergie débordante de Théo et Ogach avant que Massilia Sound System ne mette véritablement le oaï dans le site historique. Papet J, Gari et leur bande nous ont offert un show comme on les aime dans le sud au son des cigales, à la lumière des fumigènes et un verre de pastis à la main ! Alborosie s'est ensuite chargé de clôturer la soirée avec une prestation solide comme à son habitude couronnée par un passage ska de haut vol. Seul bémol, l'Italien n'a pas eu le temps de nous présenter les titres de son nouvel album Unbreakable, pressé par l'organisation suite à un retard important. Conquering Sound s'est chargé de lier tout ça en jouant pendant les interplateaux et en maintenant le faya, faisant de cette soirée une réussite grâce à son caractère intergénérationnel, tant dans le public que sur scène. Retour en photos avec les clichés de Ninon Duret.Jahneration Conquering Sound Massilia Sound System Alborosie www.ninonduret.com
reggae.fr | 16-juil.-2018 02:00

Polino - Interview Stand Tall
Stand Tall Sound a participé à écrire l'histoire du mouvement sound system en France. Né des cendres du célèbre High Fight International en 1993, le sound a compté parmi ses rangs les plus grands artistes francophones (de Nuttea à Raggasonic en passant par Janik et Féfé Typical) et ses soirées faisaient partie des plus réputées dans les années 90. Moins actif en danse aujourd'hui, le selector Polino continue d'assouvir sa passion en animant une belle émission tous les lundis sur la webradio Reggae.fr. Rencontre avec l'un des selectors les plus influents de l'Hexagone.Reggae.fr : Stand Tall fait partie des sounds incontournables de l'histoire du reggae français et il est issu d'un autre sound incontournable, High Fight International. Peux-tu nous raconter la transition entre les deux aventures ?Polino : Quand Tonton David, pris par son succès en major, nous a clairement fait comprendre que High Fight n'était plus sa priorité à cause de son rythme de vie entre tournées, répétitions et promotion, on a vu la fin arriver. Comme David était une personnalité forte du sound et qu'il avait investi pas mal dans le matériel sono et studio, le nom High Fight a été utilisé comme crédit sur certains de ses titres et est devenu une sorte de marque associée à lui. Donc continuer High Fight sans Tonton ce n'était pas possible.Que sont devenus les dubplates d'High Fight et les membres de l'équipe ?Les dubplates sont toujours chez moi bien au chaud, encore aujourd'hui (rires). Pour ce qui est de l'équipe, on a tous continué sans David en créant Stand Tall. Depuis, Don Lickshot est décédé d'un fucking cancer (REP). Les autres vous les connaissez, ils sont encore là, Nuttea, Féfé Typical et Tip Top l'opérateur. Comme on avait une expérience solide, ça n'a pas été compliqué de monter un nouveau sound. Et à l'époque, on s'est attachés à recruter des gars qui avaient aussi de l'expérience. On avait la dream-team des sounds français !Comme Selecta K-Za par exemple ?Oui effectivement. Il était en formation chez nous. On avait une émission de radio sur Générations FM où je l'avais intégré. Mais après l'interruption de l'émission au bout de deux ans par la direction de la radio, il a négocié un nouveau créneau pour lui à la rentrée suivante et il a quitté Stand Tall.Stand Tall était-il équipé de sa propre sono ?Non. High Fight avait sa sono achetée grâce au succès de Tonton David. etCcedil;a nous a permis de nous rendre compte qu'une sono perso n'était pas si utile que ça. etCcedil;a demandait obligatoirement un lieu de stockage, du matériel et il fallait de toutes manières louer un camion à chaque déplacement sans parler du poids des boxes et des amplis qu'il fallait porter avant la soirée et surtout après à six ou sept heures du matin jusqu'au local, heure à laquelle peu de candidats étaient présents (rires). On a donc préféré louer le matériel pour nos soirées. etCcedil;a demandait beaucoup moins de logistique.Quel genre de matériel louiez-vous ?La location nous a permis de jouer sur des top systèmes (Christian Hell, Martin Audio, Turbosound...) avec le top des consoles (Midas, Soundcraft, Tac...) et les périphériques et compresseurs qui vont avec. Je ne m'étale pas trop sur tout le matos car c'est la signature du son Stand Tall et c'est personnel.Que penses-tu du débat sono/pas sono ?Chacun fait comme il veut, et surtout comme il peut. Ce qui compte c'est que le résultat soit de qualité, en location ou en home-made. C'est d'ailleurs je pense, une des raisons qui freine le mouvement sound en France : des soirées sound system sans cette fameuse sono qui donne une atmosphère unique à la soirée que tu ne retrouves nulle part ailleurs. Une vraie bonne sono, c'est la base !La culture sound system a commencé à se développer en France par les sounds rub-a-dub puis juggling. Aujourd'hui, on assiste à une montée en puissance des sound systems UK/Dub avec des grosses sonos artisanales. Comment vois-tu cette évolution ?J'ai l'impression que la scène dub a récupéré pas mal du public des rave-parties (arrêtées par les autorités car souvent illégales) où il y avait du gros son également, avec un coté " kangourou hypnotique ". Ce n'est plus un public reggae à 100 %. Moi ça me fait bizarre, je n'ai pas l'habitude .Penses-tu que l'ambiance raggamuffin des années 90 reviendra au goetucirc;t du jour ?etCcedil;a me parait difficile vu les conditions de nos jours, je parle encore une fois de la sono. "Une vraie bonne sono, c'est la base !" Stand Tall a detucirc; faire face à l'éloignement des MCs du milieu des sound systems lorsque les artistes reggae ont commencé à signer en major au milieu des années 90. Comment as-tu abordé ce tournant en tant que selector ?Nuttea était déjà signé en major depuis High Fight, mais c'est vrai que des gars comme Raggasonic se sont un peu éloignés des sounds après leur succès. Avoir des artistes disques d'or dans sa team, c'était plutôt une récompense pour nous, même si ça les rendait moins disponibles c'est vrai. On ne peut pas tout avoir !En as-tu voulu à certains artistes ?Non car j'avais déjà connu ça avec High Fight, donc pas de surprise !Le clash entre Daddy Yod et Nuttea en 1993 a alimenté bien des débats, aujourd'hui encore. Peux-tu nous donner ta version de la soirée ?J'étais le selector de Ghetto Youth Progress Sound qui accompagnait Nuttea. Yod était avec Ragga Dub Force. Il y a d'abord eu le clash Mr Lézard VS Azrock (REP) où Lézard partait avec l'avantage des paroles, mais AZR, avec son expérience de soundman a retourné la chose à son avantage et a gagné ce premier clash. Quant à Yod et Nuttea... Nuttea avait un petit avantage sur les textes et il était plus technique et plus moderne dans le style. Avantage qui s'est réduit lors de la confrontation jusqu'à ce que Yod dérape un peu niveau paroles et là Nuttea a pris le dessus jusqu'à la fin et il a logiquement gagné ce clash devenu mythique.Même si vous n'êtes plus aussi actifs et visibles que dans les années 90/début 2000, Stand Tall existe toujours. Quelle est l'équipe actuelle ?J'ai quitté Paris pour le sud de la France (Toulouse) il y a environ sept ans. Mais je suis toujours le selector et Tip Top, l'opérateur du sound, est resté à Paris ; ce qui rend impossible de jouer ensemble en général. La dernière date qu'on a faite ensemble c'était l'hommage à Don Lickshot organisé par Féfé Typical à Paris en 2012. On a aussi subi le même changement qu'en Jamaïque où les sounds ont perdu leurs crews de DJ's et chanteurs. Les artistes sont devenus des ''mercenaires'' qui passent de sound en sound selon la demande, ce qui est une conséquence directe de leur succès grandissant. Moi je suis de la génération où le selector ne parlait pas au micro, donc je garde cette vieille tradition, sauf en clash (rires). Aujourd'hui les selectors sont devenus des ''samplers'' pour certains et d'autres parlent plus que la musique, on dirait des VRP.Recrutez-vous encore des membres ?On n'a jamais vraiment recruté en fait. Les gens venaient d'eux-mêmes nous solliciter. Le dernier en date à nous avoir rejoints c'est Iko Tuff. J'ai réalisé un street album pour lui (Stand Tall play Iko Tuff), mais malheureusement on n'a toujours pas eu l'occasion de jouer ensemble en live à cause de la distance et des conditions pour jouer.Quelles sont vos activités actuelles ?On a une émission de radio hebdomadaire partagée avec Bam Salute sur campus FM Toulouse avec rediffusion sur Reggae.fr, et des soirées mais rarement sur des grosses sonos malheureusement.Regrettes-tu " la grande époque " des sound systems ?Ce que je regrette ce sont les conditions sound system : encore une fois la fameuse sono.L'identité du sound est-elle toujours la même aujourd'hui ?Je pense que oui, c'est toujours le même selector depuis le début (rires). Je joue toujours en vinyles essentiellement pour des questions de qualité, mais il y a de moins en moins de sorties vinyles depuis l'arrivé du mp3. J'ai déjà joué en mp3 au début des années 2000 en sound, mais j'ai laissé tomber, en plus le dancehall moderne m'attire de moins en moins. Pour moi c'est trop inspiré par le rap US commercial. A l'époque, on était toujours au top niveau nouveautés (disques) depuis 1993. Maintenant beaucoup moins forcément (rires). Donc j'explore plus en arrière dans le temps dans les titres qui m'ont fait découvrir le sound system. Forcément c'est plus 80's rub-a-dub ou early digital, des titres que souvent je connaissais déjà, mais que je n'avais jamais joué auparavant. C'est comme des nouveautés pour moi.Cuttez-vous toujours des dubplates ?Occasionnellement. On n'a jamais payé pour des dubs français. Les artistes étaient fiers d'être joués par Stand Tall. Mais finalement, on n'a pas tellement de dubs français car tu pouvais entendre nos artistes et des invités en live dans nos soirées. Les dernier cuts français que j'ai faits c'était avec Tiwony, en échange de la mixtape que j'ai réalisée pour lui (Pliss Roots) fier lui aussi de poser pour Stand Tall, le sound de son mentor Féfé Typical. J'ai cutté peu de Jamaïcains ces dernières années, uniquement des connexions que j'ai faites en direct avec l'artiste quand celui-ci était raisonnable niveau tarif, ce qui devient très rare avec des noms connus.Comment avez-vous évolué dans l'enregistrement des dubplates ? On a généralement enregistré les dubs dans notre studio depuis le début, que ce soit des artistes jamaïcains ou français. On recherche des conditions vocales comme pour un single (mais avec moins de temps forcément). Si l'artiste galère (trop de drops), il y a peu de chance que le dubplate aboutisse. On a compris que la motivation autre que financière de l'artiste était un plus pour la qualité des dubplates, donc rencontrer et échanger avec l'artiste est très important.Cuttez-vous des dubplates par correspondance ?Il m'est arrivé d'en faire mais avec des contacts solides. Généralement l'artiste lui-même ou quelqu'un de très proche. Mais je préfère être présent. Je suis du genre à couper sec l'enregistrement lorsque ça ne me plaît pas.Cuttez-vous toujours des dubplates de clash ?Depuis la rencontre contre les Italiens de One Love en 2001, j'ai compris que le clash de haut niveau était une affaire de gros sous, donc j'évite de plus en plus les textes clash puisqu'on ne prévoit plus de participer à des clashes. Si je pars en clash, c'est pour finir sur le podium européen au minimum ! Et je n'ai pas les moyens. Mais si un clash de 45T se prépare, je suis partant !Y a-t-il un sound contre lequel tu aimerais clasher ?Je ne crois pas. Il y avait Blues Party avec Nono qui nous provoquait régulièrement vers 1994 devant les boutiques de disques comme Blue Moon. Il nous chambrait : " alors les clasheurs quand est-ce qu'on clash ensemble ? " (Nono voice). Mais nous avions d'autres priorités à ce moment-là. Heureusement pour eux d'ailleurs car une défaite à cette époque aurait freiné le parcours de clash qu'ils ont eu par la suite je pense. Depuis la chose est faite mais sans Nono malheureusement (REP) en 2013. Et on a gagné !Les dubplates clash ont-ils un sens pour toi dans une danse régulière ?Disons que le dubplate pour moi fait partie de l'identité du sound. Donc oui mais pas avec des paroles clash toute la soirée. Juste un segment parce que le clash fait partie de la culture, sinon je trouve ça ridicule. C'est comme si tu clashais un sound invisible.Que représente la culture clash pour toi ?C'est une culture qui fait partie du sound system depuis toujours, la forme a juste changé au fil du temps. Ces titres personnalisés n'existent qu'en reggae. etAgrave; la base c'est pour attirer plus de public, une concurrence positive qui fait progresser tout le monde, mais qui peut dégénérer parfois comme dans le sport, c'est humain. C'est pour ça que je kiffe les 45Ts sur le thème du sound.Quel est ton meilleur souvenir en clash ?La rencontre avec One Love en Italie. C'était notre premier clash bien payé et à l'étranger en plus !Ton pire souvenir en clash ?C'était aussi One Love parce qu'on a bien perdu, même si l'expérience était enrichissante.Quels sont les sounds internationaux qui t'inspirent le plus et pourquoi ?Stur Gav c'est pour moi l'école des sounds et Jaro l'école bis. Jammy's est aussi une référence pour l'ensemble label/riddims/sono et crew d'artistes. Il y a aussi Stone Love, les boss du juggling avec Rory, un selector légendaire, certainement le plus grand. Et enfin Silverhawk, le sound de Steely (REP), un wicked sound avec ses fameuses intros de dubplates. Toute une époque !Aujourd'hui, selon toi, qui est le sound Netdeg;1 dans le monde ?Choix difficile : Rodigan, Downbeat, Mighty Crown, Jaro ? Il faudrait organiser un clash entre les quatre pour savoir qui est le meilleur.Et en France ?Je ne suis plus trop les sounds français depuis Toulouse, même si avant non plus (rires). Sans trop réfléchir je dirais Soul Stereo à cause de leur box.Quels sont tes trois dubplates favoris ?Je vais en donner cinq ! Buju Banton : Destiny, Cornell Campbell : Watch this Sound, The Heptones (Barry Llewellyn ) : Fight to the Top, Earl Sixteen : Love is a Feeling et Nuttea : Compétition.Tes trois riddims favoris ?Le Real Rock qui a enrichi Studio One, le Sleng Teng qui a fait passer Jammy de Prince à King et le Darker Shade of Black, superbe adaptation des Beatles par Jackie Mittoo, le maître.Quel est LE dubplate qui manque à votre box et que vous ne pourrez jamais avoir ?Dennis Brown. Lequel je ne sais pas, il y en a tellement !Des projets ?Maintenant que tu me poses la question, je vais réfléchir à quelle pierre de plus je pourrais apporter à l'édifice... si c'est possible.
reggae.fr | 12-juil.-2018 02:00

Pura Vida et The Congos - Morning Star
De plus en plus de groupes européens témoignent leur respect envers des vétérans jamaïcains en les invitant sur leurs projets. Des collaborations qui laissent place à de petits joyaux musicaux. Le dernier en date c'est le nouvel album Morning Star du groupe belge Pura Vida qui collabore pour la deuxième fois avec les membres des Congos au complet. Leur première réalisation commune, We Nah Give Up, était sortie en 2011 sur le label Lost Ark Music. Un chef-d'oeuvre musical roots qui avait initié par la suite d'autres opus fondamentaux comme Hard Road et Step By Step en collaboration avec Ashanti Roy.L'aventure commence en 2009 avec la rencontre entre Puraman / le frontman de Pura Vida / et les Congos. Après plus de neuf ans de collaboration, les liens entre les deux collectifs sont toujours aussi étroits comme en témoigne ce nouvel opus. La nouvelle perle Morning Star orchestrée par le très talentueux Puraman est composée de six titres menés par The Congos, trois autres par Pura Vida, et un dub. La totalité de l'album a été enregistrée au studio du groupe belge, le Lost Ark Studio, et mixé par Puraman. L'inarrêtable leader du groupe s'occupe de la quasi-totalité des instruments en laissant parfois place à d'autres musiciens dont Ashanti Roy en personne à la basse et à la guitare. La pochette de l'album reste fidèle aux artworks mystiques qu'offre Pura Vida à chaque album. Une peinture sur laquelle on peut observer les Congos autour de Puraman, installé derrière sa table de mixage comme un " guide musical " amenant le reggae vers de nouvelles perspectives.L'album commence en grande pompe avec l'excellent Teach Dem. Un morceau roots qui nous rappelle les grands moments des Congos avec des titres comme Fisherman ou Youth Man. La mélodie est accompagnée de très belles interventions de melodica et de percussions nyahbinghi et la voix nasillarde de Cedric Congo Myton amène une touche encore plus transcendante à ce premier track. Puraman réalise un coup de maître avec ce titre en concentrant en moins de cinq minutes l'essence même des Congos.S'ensuit le très joyeux Jah Love qui témoigne une fois de plus l'amour de Pura Vida et du quatuor jamaïcain pour Rastafari. La voix d'Ashanti Roy apporte de la profondeur à ce tune, quand celle de Cedric Myton amène un peu de rêverie. On enchaîne avec le sublime Nobody Chose Life chanté par Puraman. Il nous livre des lyrics emplis de philosophie et de sagesse. Un diamant brut souligné par des solos de saxophone magistraux et des lignes de guitares blues qui tirent vers le jazz.Le second morceau de Pura Vida, Life Can Be Hard, s'aventure sur des rythmiques syncopées et des pulses 100% roots. Puraman nous conte avec ce titre son expérience de vie personnelle. La chanson éponyme de l'album est quant à elle inspirée par les souvenirs de la création de l'album mythique d'Ashanti Roy, Sign of the Star, paru en 1980. Sur cette dernière il prend le lead vocal, mais enfourche également la basse et la guitare comme c'était le cas à ses débuts. Un titre exaltant et dansant porté par des notes de mélodica et des percussions vrombissantes. Morning Star est définitivement un titre plein d'authenticité et d'espoir.La troisième et dernière piste de Pura Vida c'est It's All Over Now. Une chanson fortement influencée par des sonorités caribéennes, avec un chant flottant, presque planant, de Puraman. La section cuivre apporte un côté plus rudie alors que les lignes de guitares, elles, donnent une touche douce et légère. Avec ce titre le groupe témoigne de l'éclectisme de ses couleurs musicales. Le très puissant In the Ghetto arrive juste après. Un titre envoetucirc;tant souligné par des harmonies profondes, des boucles sonores et la voix transcendante de Cedric Myton. Un riddim riche en sonorités qui accouche d'un titre imprégné de mysticisme.Sur Jahrusalem, c'est la voix rauque et ensorcelante de Watty Burnett qui retentit. La base du riddim est un ska frénétique avec des passages de sax planant et des sonorités en arrière-plan dignes de film de SF. Le vétéran Burnett pose des lyrics pleins de sagesse et de spiritualité. A noter que plus l'album avance plus les harmonies sont profondes et présentes. Le coup de génie de cet album est d'offrir à chaque chanteur un titre pour briller. Sur Don't Stress it, on découvre la voix pure et cristalline de Kenroy Fyffe assortie de sublimes rythmiques jouées au mélodica. On finit l'album avec la version dub de Jah Love, qui révèle encore une fois de plus le talent et l'ingéniosité de Puraman.Avec ce nouvel opus, les deux collectifs accouchent d'une oeuvre pointue et sublime où se mêlent un reggae roots originel et des sonorités plus modernes. Morning Star est indispensable à tout fan de reggae roots. Longue vie à Pura Vida et The Congos !Tracklist :1. Teach Dem2. Jah Love3. Nobody Chose Life4. Life Can Be Hard5. Morning Star6. It's All Over Now7. In the Ghetto8. Jahrusalem9. Don't Stress it10. Dub love
reggae.fr | 11-juil.-2018 02:00

Solidays 2018
Comme chaque année, le reggae a sa place aux Solidays. L'édition 2018 accueillait notamment Brain Damage et Harrison Stafford, L'Entourloop, Jahneration (qui avait convié Scars), mais aussi Daddy reggae et Mr Samy en déambulation. Notre photographe Philippe Campos était sur place et en a profité pour nous ramener aussi des clichés d'Amadou et Mariam et Bigflo et Oli.Amadou et Mariam Bigflo et Oli Brain Damage et Harrison Stafford Daddy Reggae et Mr Samy Jahneration L'Entourloop
reggae.fr | 09-juil.-2018 02:00

Uman - Interview Dancehall Station
L'artiste belge Uman arrive avec son émission Dancehall Station tous les mercredis sur la webradio Reggae.fr en compagnie de Selecta Killa. L'émission, disponible en podcast, comptabilise plus de 20 000 téléchargements hebdomadaires. Dancehall Station est un phénomène qui va au-delà d'un rendez-vous radiophonique. Rencontre avec Uman pour parler de cette activité et de musique en général...Reggae.fr : Ton émission Dancehall Station vient de débarquer sur la webradio Reggae.fr, mais elle existe déjà depuis un certain temps. Comment est-elle née ?Uman : En fait je fais de la radio dans le domaine du reggae depuis plus de 25 ans. Avant j'avais un sound system qui s'appelait Bass Culture avec qui on avait créé une émission de radio. Maintenant, depuis une dizaine d'années, je bosse avec Selecta Killa. On a commencé notre émission Dancehall Station sur la radio bruxelloise KIF. Notre show tournait bien, on organisait des soirées dancehall dans le club Bazaar à Bruxelles et comme il y avait une grosse affluence, ça permettait de faire connaître l'émission. Les shows étaient enregistrés en français pour KIF et en anglais pour plusieurs radios internet comme Big Up Radio, Free Up Radio, BM Radio. Puis KIF a un peu abandonné sa radio, mais dans un autre temps une radio dans le même genre que Mouv' s'est créée en Belgique, Radio Tarmac. Aujourd'hui on continue notre show chez eux avec de meilleurs moyens. A côté de ça, on a toujours continué à prospecter les radios de diffusion sur le web parce que plus il y a de sources plus il y a d'auditeurs. A un moment je me suis dit qu'on n'avait rien en France et que c'était dommage. etEacute;tant donné mes bonnes connexions avec l'équipe de Reggae.fr, ça me paraissait normal de vous proposer l'émission. Le modèle qu'on développe n'est pas quelque chose qu'on retrouve sur les ondes de l'Hexagone. Voilà comment Dancehall Station est arrivé sur Reggae.fr.Justement, c'est quoi le concept de Dancehall Station ?Dancehall Station c'est un concept qui n'est pas un format sound system, mais qui fonctionne avec une paire MC-DJ pour les clubs et la radio. On organise des soirées à Bruxelles depuis 2013 au Bazaar où d'autres DJs internationaux et artistes comme Kalash ou Spice sont invités. Avec Selecta Killa on tourne aussi dans d'autres clubs belges et en festivals. Sur la radio, on joue comme en club, même si ce n'est pas la même ambiance. L'émission nous permet d'être au courant de tout ce qui se passe, de toutes les nouveautés. Quand tu es l'acteur d'une musique c'est important de savoir ce qui se fait. La radio c'est une bonne base pour développer les soirées, pour faire l'écrémage des meilleurs morceaux et j'ai toujours aimé le médium de la radio.Comment se déroule une émission Dancehall Station ?Vu que ça fait une dizaine d'années que l'on fait l'émission, maintenant on a un déroulé type. La première heure on joue toutes les nouveautés, puis on enchaîne sur un Back in The Dayz, un Top 5 et on finit avec une Downtown Session où on joue de la trap et du hip-hop moderne. A Bruxelles les scènes hip-hop et reggae se sont toujours mélangées. En tout cas beaucoup de gens du dancehall ont toujours été connectés avec le hip-hop. Nous dans nos soirées on a toujours passé des morceaux trap donc c'était logique qu'on en joue aussi dans l'émission.Peux-tu nous dire un mot sur Selecta Killa qui t'accompagne ? C'est un Bruxellois qui est tombé dans le son vers 15-16 ans. Il s'est rapidement mis à mixer à droite à gauche. C'est un très bon DJ, il a une très bonne technique, il fait des mixes très propres. Il mixe un peu comme un DJ lokal, c'est-à-dire rapidement, efficacement, proprement.L'émission est uniquement musicale, penses-tu un jour proposer des moments d'interview d'artistes ?Le truc c'est que c'est compliqué de faire venir les artistes dancehall jamaïcains à la radio. Mais maintenant qu'on joue sur Reggae.fr on a des accréditations pour des festivals donc on va essayer de ramener des artistes en studio. On l'a fait récemment avec Demarco dans les locaux de Tarmac. Donc oui quand on peut avoir un artiste on le fait. Considères-tu l'activité radiophonique comme partie intégrante de ton métier d'artiste ?Bien setucirc;r. Là actuellement chez Tarmac on est payés, mais c'est la première en fois en vingt-cinq ans que je suis payé dans ce domaine. Ce n'est pas parce qu'on ne gagne pas d'argent que ce n'est pas notre métier. En tant que chanteur il y a des albums qui marchent très bien et d'autres moins, ce n'est pas pour autant que ce n'est pas mon métier. Quand je faisais de la radio libre pendant vingt ans j'y étais tous les mercredis et vendredis donc c'était déjà un métier pour moi.Quel est l'état de la scène belge musicale actuellement ?Pour le moment ce qui explose c'est le hip-hop francophone belge avec Isha, Caballero, Elvis Roméo etc. La scène dancehall et reggae belge est plus présente en Flandre qu'en Wallonie. Le reggae en Belgique c'est une anecdote. "Mes influences vont d'Edith Piaf à Vybz Kartel." On avait beaucoup aimé ton album Umanist l'année dernière. Quel bilan tires-tu de cette sortie ?Je suis assez content, il m'a réouvert des portes et m'a permis de pas mal tourner en Belgique. J'ai eu peu d'opportunités sur la France malheureusement. C'est un album orienté vers un reggae assez moderne contrairement à la scène française actuelle plus orientée roots avec Naâman ou Jahneration. J'essaye d'avoir mon son à moi et je pense que j'y suis arrivé avec Umanist donc je suis content. Sur ce dernier album tu as invité pas mal d'artistes, alors qu'à ton habitude ce n'était pas trop le cas. Comment choisis-tu tes featurings ?J'ai fait pas mal de featurings où j'ai été invité par d'autres artistes et pour mes projets, j'avais seulement fait quelques featurings sur ma première mixtape, Umanizm. Je me disais que ça faisait longtemps que je n'avais pas invité quelqu'un sur un des mes albums. Après deux voyages en Haïti, j'ai bien connecté avec des mecs là-bas principalement avec BIC et il s'est retrouvé sur deux morceaux. Je me retrouvais au final avec deux featurings de la même personne, j'ai donc connecté avec d'autres gens que j'apprécie comme Yaniss Odua, ZA et Taïro. Pour Gifta c'est différent. Il est revenu sur le devant de la scène en France et quand j'ai entendu ses nouveaux sons, j'ai de suite eu envie de collaborer avec lui. Mais pour le prochain album je pense qu'il n'y aura pas de featuring.Travailles-tu déjà sur quelques chose de nouveau ?Je bosse actuellement sur un nouveau projet qui devrait sortir début 2019. Là j'ai déjà enregistré une quinzaine de morceaux. A côté de ça, je viens de sortir Pum Pum en France, un tune enregistré avec un collectif belge il y a pas mal de temps déjà. C'est un single très dancehall avec un clip marrant et c'est sorti chez Warner.Au final tu es un artiste très versatile. Chanson française, dancehall, rap, reggae... C'est difficile de te caser dans un style précis. C'est ce que tu recherches ?L'art c'est être libre, donc si on est libres il faut pratiquer cette liberté. Si c'est pour vivre enfermé dans un schéma qui doit faire une réussite commerciale, tu ne profites pas de ta liberté. J'ai écouté beaucoup de musiques différentes, j'ai commencé par le reggae et le hip-hop mais j'aime beaucoup aussi la chanson française et autres. En fait on ne peut pas tout dire dans tous les styles. Il y a des styles musicaux qui permettent de dire certaines choses et des styles qui permettent de dire d'autres choses. C'est en fonction de mon âme, du moment dans lequel je suis dans ma vie. Si j'ai envie d'enchaîner trois chansons tristes avec des guitares et des claviers, je le fais. Et si après j'ai envie de faire quinze bangers, je le fais. Ce que je veux dire, c'est que je fais de la musique pour me faire plaisir à moi avant tout.Tes sujets d'inspiration sont-ils toujours les mêmes que depuis tes débuts ?Je me rends compte qu'avec le temps les gens m'associent à un artiste militant, mais si tu regardes mon catalogue, il y a beaucoup de chansons sur l'amour de ses frères, de sa femme ou de ses parents. On n'écrit pas une chanson pour dire " je ne sais pas ", on écrit plutôt pour dire " j'aime ou j'aime pas ". etCcedil;a tourne toujours autour de la vie, de l'amour et du désamour. Sur le prochain album ça tirera plus vers la poésie, un peu comme sur l'album L'aventure c'est l'aventure. Il paraît que tu peins aussi. Qu'est-ce qui te plait dans la peinture ?Dans la musique je peux faire des concessions pour aller vers les autres, car il y a une dimension universelle, on est avec le monde. Alors que dans la peinture je suis seul avec moi-même. Ma peinture est plus intimiste que ma musique.Te souviens-tu de la toute première fois où tu as entendu du reggae ?J'ai grandi dans mon quartier où il y avait un disquaire d'import en 84-85, j'avais 14 ans à cette époque et le shop était entre ma maison et mon école. Au final je n'allais plus à l'école, j'allais écouter des skeuds au magasin. "Il y a 260 styles de reggae différents." Quel est le premier album de reggae que tu aies acheté ?Je pense que le premier c'était un album de The Specials, ou peut-être un Bob Marley.Te rappelles-tu ta première fois en sound system ?C'était un rappeur, TLP, qui venait de Gand. Un des premiers que j'ai vu jouer des dubplates. Mais les premiers vrais sound systems c'était au Reggae Geel entre 1989 et 1991.Comment définirais-tu le reggae ?Pour moi la Jamaïque c'est un tambour de machine à laver, c'est un shaker. Ce qui est fabuleux avec la musique jamaïcaine c'est avant tout leur culture de la musique. Tu sens que c'est un exutoire absolu pour eux. Ils comprennent tout ce qui se passe dans le monde, ils le digèrent et le recrachent à leur sauce. Après si l'on doit définir le reggae on parle de rub-a-dub, dancehall, dub, rockers, roots etc. Il y a 260 styles de reggae différents.Te souviens-tu de ta première performance en live ?C'était en 1991 avec un groupe de rap qui s'appelle Puta Madre. Le premier single que j'avais sorti avec eux c'était déjà du ragga hip-hop. J'ai toujours rajouté du ragga au rap.Quels sont les artistes qui t'ont le plus influencé ?etCcedil;a va de Renaud à Gainsbourg, en passant par les Clash, Madness, The Specials... Après, clairement Bob Marley, Max Romeo, Black Uhuru, Steel Pulse, mais aussi NTM, les Beasties Boys, Run DMC, etc. Chez moi c'est un peu une mixture de tout. Pour résumer, on peut dire que mes influences vont d'Edith Piaf à Vybz Kartel.Quels artistes reggae écoutes-tu en ce moment ?J'écoute énormément Tarrus Riley, Vybz Kartel ou Popcaan. Mais je n'accroche pas avec la nouvelle génération roots jamaïcaine comme Protoje ou Chronixx.Y a-t-il un vieil album que tu écoutes toujours avec le même plaisir aujourd'hui ?Je pense à Handsworth Revolution de Steel Pulse et Satta Massagana des Abyssinians. Quel est ton meilleur souvenir reggae ?Le truc qui m'a vraiment impressionné c'est de voir Jah Shaka jouer défoncé et atteindre une transe. J'ai eu ça avec Burning Spear quand je l'ai vu sur scène, ou avec African Head Charge aussi.C'est quoi pour toi le concert le plus dingue que tu aies fait en Belgique ?Je pense que ce sont les concerts de NTM qui étaient incroyables. Et aussi les concerts d'un rappeur qui s'appellait Paris. www.facebook.com/dancehallstation.bewww.selectakilla.comwww.umanmusic.clubwww.mixcloud.com/selectakillawww.facebook.com/selectakillaofficielwww.facebook.com/umanistwww.instagram.com/dancehallstationwww.instagram.com/selectakillawww.instagram.com/umanmusic
reggae.fr | 06-juil.-2018 02:00

Sir Jean et The Roots Doctors
Le public reggae/dub avait découvert Sir Jean aux cotés de Brain Damage en 2012 avec Royal Salute puis l'année suivante avec l'énorme Do You Remember alors que l'artiste avait déjà collaboré auparavant avec Zenzile, Le Peuple de l'Herbe ou encore le groupe d'afrobeat/dub/jazz Meï Teï Shô. On l'avait ensuite suivi dans ses différents projets comme en 2016 avec le groupe NMB Afrobeat Experience ou avec le Conquering Sound avec qui il avait sorti la mixtape Gun Salute.Pour son dernier projet, sans aucun doute le plus personnel, Sir Jean s'est offert un band taillé sur mesure : The Roots Doctors ; un groupe dont certains membres vont vous sembler familiers puisqu'on y retrouve Yann, bassiste des Wailing Trees, Mike, clavier de Broussaï, Nordine, guitariste de Sinsemilia et Maxxo, batteur et directeur artistique. C'est donc à cinq que Sir Jean et The Roots Doctors se lancent dans cette nouvelle aventure qu'ils nous présentent avec l'EP 4 titres Come Pon Dem, disponible depuis le 8 Juin.On commence avec le titre éponyme, un morceau hyper entraînant aux sonorités digital et rub-a-dub où l'on retrouve avec plaisir le flow si particulier et plein d'énergie du MC sénégalais dont le refrain sonne comme une invitation à le rejoindre dans la danse. Vient ensuite High, un ganja tune au riddim plus tranquille mais tout aussi efficace, parfait pour méditer au soleil en savourant un échantillon de notre plante préférée. Sir jean et sa voix chaude et rauque se posent également sur le riddim roots de Soundboy / dont le refrain en mode soundclash ne vous quittera plus / avant que l'EP ne se finisse sur Fool Dem, une instrumentale mélancolique aux accents hip-hop et toujours aussi soignée sur laquelle le flow cadencé du chanteur se colle encore à merveille.Avec Come Pon Dem, Sir Jean et The Roots Doctors nous livrent un premier essai concluant qu'on a hâte de découvrir en live cet été sur les scènes de festivals comme le Zion Garden, le No Logo ou le Rototom en attendant d'écouter l'album annoncé pour octobre prochain.Tracklist : 1. Come Pon Dem2. High3. Soundboy 4. Fool Dem
reggae.fr | 05-juil.-2018 02:00

United By Skankin - Far West moderne
Ayant fusionné leurs flows et leurs univers musicaux depuis 2010 au sein de United By Skankin, Speed'art et Skankin Buzz proposent des projets dynamiques. Ils reviennent aujourd'hui avec leur nouvel album Far West moderne.Far West moderne est un opus original qui explore différentes facettes du reggae tout en les agrémentant d'autres horizons musicaux. Le groupe fait en effet habilement cohabiter le ska avec des sonorités raggamuffin dancehall sur le titre endiablé Ressens l'effet en featuring avec Missah et Weedo et Tiyab. Les côtés plus funky dans Freestyle et jazzy dans Le vent nous mène sont eux aussi explorés et le groupe s'adonne même parfois à quelques influences punk rock perçues notamment dans le titre etAgrave; l'époque.United By Skankin nous offre aussi une petite surprise avec Hey Billy faisant office d'interlude humoristique et original avant de repartir de plus belle. L'opus ne compte pas moins de quinze titres ! Un choix propre au groupe afin de pleinement se faire plaisir et pouvoir profiter de la venue de nombreux invités. Ce parti-pris n'est pas pour nous déplaire puisqu'il nous permet de déguster l'album en compagnie de l'ensemble des artistes présents tels que Puppa Nadem (l'énergique chanteur de Sound Dynamik) Max Livio ou Gringoriginal, venus chacun apporter une part de leur univers sur cet album.Au-delà de quelques délires humoristiques à l'image de l'hymne procrastinateur Faut que je me speed, le groupe a tenu à se concentrer sur les textes de ses morceaux pour faire de cet album un moyen de véhiculer des paroles conscientes. Plusieurs thèmes sont traités : la vie marginale sur le feat avec Max Livio, la politique dans Ils sont tous, la colère du peuple avec La rage et la nécessité de lutter et croire en ses convictions avec Dur comme fer. Le partage entre artistes est important nous l'avons vu avec le nombre d'invités sur cet album et le groupe tient à le rappeler avec son titre On passe le mic.Far West moderne est un album original et d'une grande fraîcheur avec plusieurs angles d'attaques musicales ! Un mélange d'ambiances plutôt agréable.Tracklist :01 - etAgrave; l'époque02 - Plus loin03 - Faut que je me speed04 - Marginal Feat. Max Livio05 - La rage06 - Hey Billy !07 - Far West moderne08 - Ressens l'effet Feat. Missah, Weedo et Tiyab09 - Dur comme fer10 - On est trop vieux11 - Freestyle12 - On passe le mic Feat. Jamanle, Puppa Nadem, Gringoriginal et Deewaï13 - Le vent nous mène14 - Ils sont tous15 - Cool n Easy
reggae.fr | 03-juil.-2018 02:00

So Good Fest 2018
Depuis quelques années le So Good Fest a su s'imposer comme le festival qui marque le début de l'été pour les amateurs de reggae dub et d'electro de la région bordelaise. Bon vous nous connaissez, on a passé beaucoup plus de temps au Dub Corner que devant la scène electro, et on vous raconte tout ça.Quand on arrive dans ce Dub Corner entouré d'arbres et décoré de quelques peintures, les skankers ont déjà le sourire, contents de se retrouver sous le soleil de Canéjan dans une ambiance presque familiale. C'est la voix de Martin Campbell qui résonne sur les six scoops des Infinity Hi Fi... Le crew local qui sonorisera tout le wee-kend continue avec une selection assez roots en guise de warm-up.L'heure d'accueillir les Maasai Warrior arrive vite, Jermel est aux platines, Paul au micro, ils entament avec un premier morceau - qu'on peut qualifier de calme quand on connaît les habitudes du crew de Bristol - avant d'enchaîner stepper en jouant un remix énorme du Jammin de Bob Marley à la ligne de basse vrombissante. La température va monter d'un cran avec le hit Like a Warriah, Paul Maasai est perché sur les barrières, les sirènes grondent, PULL UP ! Ca y est la foule a été transformée en warrior monté sur ressorts et va pouvoir s'en donner à coeur joie dans une session où l'on entendra Searching for Jah de Vibronics et Michael Prophet, Key to the Universe de Fikir Amlak et King Alpha, Frontline Rasta sorti sur Dub Invasion Records, et tellement d'autres big tunes. Une selection totalement steppa donc qui se finit dans une ambiance de folie avec Come Now (chanté par J. Lalibela et I. Mentor), aucun doute, les Maasai Warrior sont toujours aussi efficaces.On décide d'aller goetucirc;ter au live dub d'High Tone sur la grande scène, et on ne va pas être déçus ! Les pionniers du dub français sont toujours en place et nous le prouvent avec un show plein d'énergie.Retour au Dub Corner et c'est Jah Ragga qui est aux machines. Le dubmaker anglais va nous livrer un set intense où vont s'enchaîner de purs steppers UK, profonds et méditatifs à souhait dans un style nous rappelant presque l'ambiance si particulière des sessions de King Alpha. On est bien !Tellement bien qu'on ne voit pas le temps passer et les Infinity Hi Fi reprennent déjà les platines, le temps de balancer quelques galettes bien stepper pour cloturer cette première soirée.Le lendemain, après être allés jeter un oeil à l'atelier MAO proposé l'après-midi et avoir essayé les jeux en bois posés à l'entrée du festival, on arrive au Dub Corner alors que la finale du tournoi de palet vendéen organisé toute l'après-midi bat son plein. Les Infinity Hi Fi balancent quelques sons plutôt roots, l'ambiance est toujours aussi bonne. Le crew local va nous offrir un warm-up beaucoup plus énergique qu'hier et ça tombe bien, parce que ce soir on a besoin de force !C'est Mr Zèbre qui enchaîne. Le dubmaker est seul aux machines, et va nous proposer un set où il alterne entre dubplates, productions maisons exclusives et futures sorties dans un style résolument stepper. On entendra notamment raisonner les voix de Lasaï, Lisah Dainjah ou encore Brother Culture dans une selection qui va ravir les skankers.C'est ensuite au tour d'Haspar de se mettre aux platines, le producteur grenoblois entame avec un gros roots, puis continue avec un morceau chanté par Luciano. Le rythme s'accélère avec un remix du King of Ethiopia de Murray Man, et ne va ensuite plus retomber avec des morceaux beaucoup plus orientés stepper.Après s'être régalés grâce aux sessions hyper maîtrisées de ces deux jeunes producteurs français plus que prometteurs, l'heure est venue d'accueillir une légende du dub UK : Errol Arawak, plus connu sous le nom de King Earthquake, venu accompagné ce soir de Joseph Lalibela. Earthquake commence avec Exodus avant d'entraîner tout le monde dans la danse avec quelques dubs bien méditatifs. Joseph Lalibela prend le mic pour saluer la foule avant de mettre tout le monde d'accord dès son premier couplet. Le selector aux allures de vieux sorcier a vraiment quelque chose de spécial, bien aidé par le talent de Lalibela au micro, il arrive à faire oublier la fatigue à tout le public en les entraînant tous dans la danse. Les big tunes s'enchaînent : on entendra la prochaine sortie de Sista Awa, le Mistry Babylon ou encore Hot Like Fire sur lequel Lalibela viendra mettre le feu. Earthquake n'hésite pas à balancer un gros roots aux lignes de basses bien lourdes ou encore le calme et spirituel I Am an Ethiopian au milieu d'une sélection résolument stepper, comme s'il voulait laisser reposer nos jambes pour mieux nous faire bondir ensuite. Les deux Anglais nous offrent un set qu'on n'est pas prêts d'oublier et qui va se finir avec l'inévitable Like a Warriah ; un peu trop tôt peut-être pour les skankers qui tardent à quitter le Dub Corner tant ils semblent, comme nous, avoir apprécié ces deux jours.Encore une édition réussie pour le So Good Fest, tant sur le plan musical que sur le cadre, toujours aussi agréable. Rendez-vous l'année prochaine pour la neuvième édition ! Un gros big up à Volume 4 Productions, à toute l'équipe et à tous les bénévoles pour l'organisation de ce joli festival et l'accueil chaleureux qu'ils nous y ont réservé.
reggae.fr | 02-juil.-2018 02:00

Israel Vibration @ Toulouse
Les légendes Israel Vibration sont toujours là ! Skelly et Wiss étaient de passage au Rex de Toulouse le 5 juin dernier accompagnés de leurs fidèles Roots Radics avec la présence exclusive de Dwight Pinkney à la guitare. Retour en images sur ce concert plein de vibes avec les photos de Roshanak.
reggae.fr | 28-juin-2018 02:00

Blundetto - Interview danse lente
Il y a tout juste un mois, le très talentueux Blundetto nous livrait un album fait de rêveries et de poésie, toujours accompagné de ses protégés Biga Ranx et Jahdan Blakkamoore. Mais de nouvelles têtes ont fait leur apparition sur ce nouvel opus Slow Dance, et pas des moindres : Ken Boothe, Little Harry et Cornell Campbell. Le programmateur de Radio Nova dévoile un quatrième album de haute facture à l'univers cotonneux, mélancolique et vaporeux. On en parle avec l'intéressé...Reggae.fr : Comment t'est venue l'idée de ce quatrième opus ?Blundetto : J'ai commencé à regrouper des morceaux l'été dernier. A la base j'avais seulement quelques tracks, donc je voulais faire un EP plutôt dub. Puis, à la fin de l'été tout s'est enchaîné : j'avais le vocal de Ken Boothe pour le morceau que j'effectuais sur la compile des dix ans d'Heavenly Sweetness, puis Biga Ranx m'a appelé en me disant qu'il avait un Cornell Campbell pour moi. D'ailleurs c'est rigolo cette histoire parce que c'est un peu une surprise. A la base, l'instru je l'avais donnée à Biga pour son album 1988, mais en fait il l'a gardée pour faire poser Cornell Campbell dessus. Petit à petit, moi, de mon côté, j'ai retrouvé des vocaux et des intrus, et je me suis vite retrouvé avec treize ou quatorze titres. Plutôt que de faire un EP, j'ai préféré partir sur un album avec moitié de vocaux et moitié d'instrus. L'album s'est fait d'autant plus vite après avoir vu une vidéo de Brésiliens qui dansaient sur l'une de mes musiques, Above the Water, en mode " slow dance ". J'ai découvert que dans certaines soirées au nord-est du Brésil, les gens dansaient comme les slows des années 60 mais dans des sound sytems reggae. etCcedil;a m'a fait halluciné qu'ils s'approprient ce genre de musique de cette façon-là. C'est cette vidéo qui a dessiné le nom de l'album et son orientation finale.En tant que producteur, essayes-tu de faire passer un message avec ce nouveau projet ?Ce n'est pas vraiment une musique avec un message que je fais, mais plutôt une musique à émotion je pense. Je ne dis pas que je ne suis pas sensible aux messages de certains courants musicaux comme la funk ou la soul, mais personnellement j'aime la musique quand elle me procure des émotions quelles qu'elles soient. Je peux autant triper sur de la variété française que du dancehall jamaïcain. J'aime que ça provoque quelque chose chez moi, une envie de danser, une envie de me lever ou de pleurer. " J'aime bien toujours faire un petit pas de côté musicalement " Peux-tu nous en dire un peu plus sur cette superbe pochette ?J'avais fait les trois premiers albums avec Pico, un artiste qui vient du graff, et j'aurais adoré continuer avec lui, mais étant donné la tonalité de l'album et des sons qui font un peu un pas de côté par rapport au reggae classique, j'avais envie que ce visuel soit dans la même veine. La pochette s'est faite en famille. Je suis tombé sur les visuels de la femme de Biga Ranx, Teuga, sur Instagram, et j'ai adoré ce qu'elle faisait. Je lui ai donc demandé si elle se sentait de me faire une pochette. Après lui avoir envoyé les sons, elle a beaucoup aimé et m'a proposé trois visuels différents de collages. Sur ces trois propositions, j'en ai utilisée une comme pochette pour l'album, une autre comme un poster dans le CD et la dernière comme visuel pour le numérique. J'avais envie que les artworks aillent dans un univers un peu plus poétique, un peu plus doux contrairement aux visuels d'avant qui étaient légèrement bad-boys, plus inspirés du tattoo. Là j'avais envie qu'on retrouve un côté plus cotonneux, voire rêveur.On sent que musicalement tu sors du reggae comme dans tous tes albums, tu vas chercher dans la soul, le wave vapor, le hip-hop. Est-ce important pour toi d'aller toujours hors des sentiers battus ?Au-delà du fait que ce soit important, c'est comme ça que j'ai toujours considéré la musique. C'est grâce à mon expérience en tant qu'animateur chez Nova. Il y avait une espèce de liberté totale pour jouer tous les courants musicaux que l'on voulait. Même si on trouvait un truc en country qui déchirait, on le passait. Il y avait ce côté où il fallait fouiner de partout, écouter vraiment tout. Tout ça je l'ai gardé quand je me suis mis à la prod, j'aime bien toujours faire un petit pas de côté musicalement.As-tu travaillé sur Slow Dance de la même manière que sur World Of ou Warm my Soul ?Oui, exactement de la même façon, même si ça ne sonne pas pareil. On peut avoir l'impression que Slow Dance sonne plus synthé. Tout est enregistré en analogique avec de vraies batteries, de vraies guitares, de vraies basses. C'est simplement qu'au mix on a mis un peu plus de " sirop " dans ce dernier album. Et sur cet opus j'ai presque tout joué en solo, à part sur le titre de Ken Boothe où ce sont des potes à moi qui jouent. La petite nouveauté sur l'album c'est un clavier OP1 qui n'était pas sur les albums précédents et qui pour moi a amené une nouvelle couleur. C'est un instrument que j'adore car il reste analogique et il apporte du souffle tout en restant un peu crado. On arrive à faire des choses pas communes avec cet appareil. J'ai tapé toutes mes démos avec ce clavier.Il y a justement un morceau en clin d'oeil à ce clavier, OP1 Home Again, n'est-ce pas ?Complètement, ça fait trois ans maintenant que je l'ai. Cette machine avec son nom m'intriguait. Puis un moment j'ai detucirc; souvent prendre le train, j'ai donc décidé de trouver un instrument pour composer dedans. L'histoire du titre OP1 Home Again c'est que j'ai detucirc; m'en séparer l'été dernier. Il est parti en vrac à force de trop taper dessus comme un malade. Du coup je l'ai renvoyé chez le producteur en Suède, mais le colis s'est perdu. Finalement quelqu'un l'a retrouvé, me l'a réparé gratis et me l'a renvoyé. Le retour de l'OP1 à la maison c'était un peu comme la naissance de mon troisième enfant.Comment as-tu choisis les artistes avec qui tu as collaboré ?Il n'y a pas vraiment de choix. C'est-à-dire que je décide au fur et à mesure de mes envies. Je ne calcule pas. Je ne me suis jamais dit que je voulais un tel ou une telle sur mon prochain album. Je ne pense pas comme ça, je fais plutôt les morceaux à l'envie. Par exemple Damé, je les ai rencontrés alors que j'avais fini l'album, et en écoutant j'ai eu un flash total sur la voix d'Eva et la prod. Je leur ai donc fait de la place pour les accueillir sur mon album. Ce sont des rencontres musicales qui m'influencent, des choses que j'entends, qui me donnent envie de faire des morceaux avec quelqu'un.Ken Boothe signe une belle reprise du titre Have a Little Faith à la base chanté par Nicky Thomas. Comment s'est déroulée cette collaboration ?La rencontre avec Ken Boothe vient de la compile du label Heavenly Sweetness, pour leurs 10 ans. Mon boss Franck Décolon me dit : " Pour faire la compile, je vous paye un featuring avec qui vous voulez ". Au même moment j'avais des potes en Jamaïque, je leur ai donc demandé de rencontrer Ken Boothe pour moi afin d'essayer de lui présenter le projet, pour savoir si ça l'intéressait. Au final tous les indicateurs étaient au vert donc j'ai même récupéré son numéro de téléphone. Je l'ai appelé une première fois, je suis tombé sur sa messagerie mais rien que la voix de Ken Boothe ça m'a mis les genoux en compote. Bref, j'ai balbutié un message dans un mauvais anglais jamaïcain et puis je l'ai rappelé et il m'a répondu. Là c'était énorme, je lui parle du morceau et tout de suite il reconnaît le riddim, il me dit : " ah mais oui je connais c'est un morceau de Nicky Thomas ". Directement il avait fait le lien, pourtant Have a Little Faith n'est pas un énorme classique du reggae. Ken Boothe c'est l'un de mes chanteurs jamaïcains préférés et je savais qu'il ne l'avait jamais chanté. J'étais vraiment content de pouvoir faire ce morceau-là avec lui. C'était une occasion à ne pas rater, d'habitude je suis plutôt timide, mais là pour Ken Boothe j'ai fait abstraction de cet aspect (rires).Tu nous disais que c'est Biga Ranx qui avait fait poser Cornell Campbell sur Good Ol' Days. Le titre était-il prévu pour lui à la base ?Oui, j'avais envoyé l'intru à Biga et je pensais qu'il l'avait mis de côté, mais il avait en tête de me faire une surprise. Un jour il m'appelle et me dit : " Tu as été sage cette année ? C'est le père Noeteuml;l " et je lui réponds : " J'ai carrément été sage, super sage même ". Et il me dit : " Bah voilà je t'envoie ton instru avec Cornell Campbell et Little Harry dessus. " C'était même pas Noeteuml;l, c'était en septembre je crois. C'est un vrai cadeau, d'un vrai monsieur.Biga Ranx est encore très présent sur cet album. Quelle importance a-t-il pour toi ?Il fait partie des personnes super motivantes car inspirantes. J'adore lui proposer des trucs. Dès que j'ai un nouveau riddim, je lui envoie pour avoir un retour de sa part. etCcedil;a motive et puis on est sur la même longueur d'ondes mais pas que, puisqu'il se penche aussi sur des sons plus hip-hop. On se ressemble mais avec nos petites différences. C'est vrai qu'on aime tous les deux le coté cloud et vaporeux sur les prods.Jahdan Blakkamoore est aussi sur deux titres, ce n'est pas la première fois que vous travaillez ensemble. Qu'est-ce que tu aimes chez lui ? Pourquoi l'inviter si souvent sur tes productions ?Je crois que j'aime son efficacité. J'adore ses premières prises. Il est un peu sous-estimé mais je pense que c'est un super auteur. Il écrit vraiment bien et puis c'est propre ce qu'il fait. Je suis admiratif de Jahdan. Son album, qui date de dix ans peut-être où il y avait le son The General, je n'arrête pas de l'écouter, il fait partie de mes classiques. Pourtant c'est un album dont pas grand monde n'a parlé.La moitié des titres sont des instrumentaux purs. etCcedil;a représente quoi pour toi l'instrumental ?etCcedil;a représente vraiment ce que je sais faire. C'est-à-dire que des fois j'arrive à faire une instru qui fonctionne en tant que telle. Il n'y a pas besoin de voix. Elle raconte déjà une histoire et provoque une petite émotion, en tout cas pour moi. L'instru c'est la base de ce que je sais faire et les vocaux c'est la troisième dimension. J'invite quelqu'un pour qu'il mette en relief mon instru parce qu'elle ne marche pas en tant que telle et que j'ai envie qu'elle devienne une chanson. J'adore les deux exercices, j'adore jouer tout seul, et j'adore les proposer pour faire des chansons. Je ne me vois pas faire que l'un ou que l'autre.On imagine que le titre Satta est une référence au Satta Massagana des Abyssinians, n'est-ce pas ?Exactement. etAgrave; la base j'avais enregistré toutes les percussions qui marquaient le rythme nyabinghi, sur le tempo original du Satta Massagana, non pas la version des Abyssinians mais celle de Cedric Brooks qui tire plus vers le jazz. Et un jour un pote contrebassiste est venu chez moi. etAgrave; la base je voulais faire cette cover de Cedric Brooks, mais au final on a dérivé. On n'a même pas enregistré sa contrebasse mais on s'en est servi pour faire des percussions. Au final j'ai construit l'instrumental autour des percussions de tambour et de la contrebasse.C'est un morceau qui est né de plusieurs expérimentations au final ?Oui carrément, mais c'est comme ça pour tous mes morceaux. Je fais des essais, des erreurs, je me lance dans des trucs et j'aime repérer quand il y a des sonorités qui marchent. Par exemple je peux enregistrer un quart d'heure de batterie sur une idée de tempo et je vais aller chercher dans ce quart d'heure juste le moment qui m'intéresse.Dans ce nouvel album, on a l'impression que l'atmosphère est encore plus vaporeuse que les précédents avec des tempos très lents et des sonorités chaudes qui donnent l'impression d'être enfermé dans une bulle où le temps s'arrête...Ce n'était pas le but, mais au mix on voulait pousser la création artistique le plus loin possible. Par exemple History Dance c'est le même riddim que Good Ol' Days. C'est peut-être ça qui crée cet effet de bulle, mais il n'y avait pas de calcul.Quelle est ta plus grande fierté dans ce nouveau projet ?Je crois que c'est la vidéo des Brésiliens. On a tourné un clip là-bas pour le morceau Good Ol' Days. Je ne sais pas si on peut parler de fierté, mais en tout cas ça m'a réellement touché qu'il y ait autant de gens là-bas qui se mettent à triper sur un truc qui n'a pas spécialement été pensé pour ça. Eux-mêmes ils font un pas de côté par rapport aux soirées. Ils amènent une sorte de douceur avec leur slow dance corner. Maintenant je me dis que ce serait trop bien que dans des festivals il y ait des dub corners qui soient tranformés en slow dance corners. Pour en avoir parlé avec des Brésiliens, ils m'ont dit que c'était une expérience assez mystique, parce que le moment que tu passes à deux c'est un moment hors du temps, un peu en méditation. C'est une autre expérience du sound system, une idée de transe lente. Tu nous avais parlé d'une librairie musicale en ligne il y a quelques mois. Tu bosses toujours dessus ?C'est marrant parce que c'est aussi en train de devenir un album, tout comme l'EP qui est devenu Slow Dance. Depuis qu'on en a parlé j'ai avancé sur les différents morceaux et aujourd'hui il y a douze titres qui sont là. Je me dis que c'est quand même chouette de pouvoir les proposer avec un visuel. Puis faire un album c'est un moment super. Ce nouveau projet n'aura rien à voir avec Slow Dance, mais tirera plus vers de la musique de film. Il sortira fin 2018, début 2019.Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?Le dernier album sur lequel j'ai tripé c'est celui de Pusha T, Daytona. Sinon j'écoute toujours beaucoup de oldies.
reggae.fr | 26-juin-2018 02:00

Ackboo - Pharaoh
On avait découvert Ackboo en 2009 avec l'énorme Bangladesh Dub pressé alors sur le label Roots Youth Records et dont tous les amateurs de sound systems se souviennent. Après plusieurs autres sorties maxi, le dubmaker avait sorti son premier album Turn up the Amplifier en 2013 avant de récidiver trois ans plus tard avec Invincible. Pour son nouveau projet, le producteur toulousain a décidé de faire confiance à son public en mettant en place une cagnotte participative... et ça a marché : 12000 euros récoltés, de quoi financer entièrement l'album ! C'est donc certain du soutien sans faille de son public que l'artiste nous présente ce nouvel opus à qui il donne le nom de Pharaoh en référence à ses racines égyptiennes.Ackboo poursuit ici ses explorations musicales, mêlant (entre autres) reggae, dub, electro, hip-hop ou trap en invitant un nombre impressionnant de chanteurs et en s'adaptant à chaque fois à leur style pour leur offrir à chacun un riddim taillé sur mesure. etCcedil;a commence avec Marcus Gad dont on aime décidément toujours autant la voix, posée cette fois sur le dub plein d'énergie de Youth Nation ; puis c'est au tour de l'Espagnol Sr Wilson de venir caler son flow affetucirc;té sur l'hyper efficace Goodness. C'est ensuite Dapatch, un MC qu'on adore et qu'on entend malheureusement trop rarement, qui vient retourner le riddim de Give me a Hand de son chant purement rub-a-dub. Avec Pharaoh, seul titre totalement instrumental de l'album, Ackboo nous emmène dans un univers totalement mystique fait de basses démesurées et de mélodies orientales. Waouh ! Nouveauté de cet opus : le producteur semble assumer totalement son amour pour d'autres courants musicaux que le reggae comme il nous le montre avec Me Nuh Loaf, un morceau très orienté trap chanté par Lasai, ou encore avec Slowly, une instrumentale plutôt hip-hop, lente et mélancolique sur laquelle Dan I Locks pose parfaitement sa voix. Sur First Sight, Ackboo nous propose une production tranquille entre hip-hop et RetB qui colle à merveille au duo formé par la voix chaude et pleine de soul de Pauline Diamond et le flow toujours efficace de Green Cross.Retour au reggae/ dub avec Ras Hassen Ti et son univers spirituel et méditatif auquel Ackboo s'adapte avec toujours autant de talent sur From All Men Appart ; ou encore en fin d'album avec celui qui l'accompagne régulièrement en tournée, Ras Mykha, qui nous offre l'entêtant Ruff Road. L'album se conclut avec deux versions dub, toujours aussi travaillées, en guise de bonus track (Youth Dub et Dubness).Avec Pharaoh, Ackboo nous livre un album ouvert, éclectique et plus que réussi où il impressionne par sa facilité à jongler entre les styles ou même à les mélanger avec toujours autant de précision. Un album qu'on vous invite vivement à aller découvrir.Tracklist :1. Youth Nation Ft Marcus Gad 2. Goodness Ft Sr Wilson 3. Give me a Hand Ft Dapatch4. Pharaoh 5. Youthman Ft Malone Rootikal6. Me Nuh Loaf Ft Lasai 7. Slowly Ft Dan I Locks 8. From All Men Appart Ft Ras Hassen Ti 9. First Sight Ft Pauline Diamond et Green Cross10. Ruff Road Ft Ras Mykha11. Youth Dub12. Dubness
reggae.fr | 22-juin-2018 02:00

Black Ship - On the Sea
Black Ship c'est avant tout six amis réunis depuis plus de dix ans autour de leur passion pour la musique. C'est en 2015 que ces amoureux de sonorités jamaïcaines se lancent dans le projet Black Ship avec un premier CD trois titres et de nombreuses représentations lors de festivals ou en première partie d'artistes prestigieux comme The Abyssinians, Anthony B., Pablo Moses et bien d'autres. Le 13 avril dernier, le groupe sortait On the Sea, un EP qui nous plonge dans un univers fortement influencé par le reggae des années 60/70 avec des touches de soul, de rythm'n blues, de funk, ou de rock. On a adoré.Dès le premier morceau, The Park, on comprend que cet EP va nous faire voyager dans le temps : une instrumentale pleine de sonorités tropicales qui sent bon le reggae à l'ancienne et un chanteur à la voix mélancolique qui se pose parfaitement dessus... on est bien ! On continue dans cette ambiance vintage avec des morceaux lents et légers comme Looking Around ou l'envoetucirc;tant Black Ship on the Sea. Le groupe fait fusionner les styles d'une facilité déconcertante. Ils nous le démontrent avec Neighbourhood qui évoque le rock des surfeurs californiens, ou encore avec Vampire on the Beach, savant mélange de reggae, rock et soul. L'EP se conclut sur Such a Love, encore un morceau à la croisée des styles entre roots et dub avec un tas d'influences, planant à souhait grâce à ses claviers et aux harmonies vocales du chanteur toujours aussi agréables à écouter. C'est déjà fini ?Black Ship, une très jolie découverte qui frappe fort dès ce premier EP avec six titres plus travaillés les uns que les autres. Le groupe possède déjà un univers musical qui ne ressemble à aucun autre et dont on attend des nouvelles avec impatience.Tracklist : 1. The Park 2. Looking Around 3. Black Ship on the Sea4. Neighbourhood5. Vampire on the Beach6. Such a Love
reggae.fr | 20-juin-2018 02:00

The Tuff Lions @ Toulouse
C'était le 9 Mai 2018 au Rex à Toulouse, les Tuff Lions présentaient leur album Spirit dans leur ville lors d'une soirée organisée par Bam Salute. Le groupe nous a offert un bel aperçu de ce qu'ils sont capables de faire. Une bande de musiciens chevronnés, des magnifiques backing vocals, un chanteur généreux et motivé, une prestation scénique travaillée, des invités de marques, un public heureux... C'est une affaire à suivre !
reggae.fr | 19-juin-2018 02:00

Lev'Roots 2018
Les 1er et 2 juin derniers, le Lev'Roots nous ouvrait ses portes à Levroux dans l'Indre pour deux soirées chaleureuses au rythme de différents groupes. Jour 1 :Le festival ouvre tranquillement ses portes avec Bushmen Reggae Cie avant de céder sa place à Mahom qui sait rassembler peu à peu la foule devant la grand scène. Le groupe commence léger avec un remix de Stand High Patrol pour ensuite mettre l'ensemble du public en folie sur Trouble of the World. L'ambiance oscille entre doux morceaux psychédéliques et sons plus steppa et le duo termine sur une reprise du mythique anthem Star Wars, preuve de leur style éclectique. La soirée ne s'arrête pas là et continue de mettre le public en mouvement avec La Phaze qui dès 23h30 vient poser son style propre qu'ils nomment " pungle ". Un groupe allant de la jungle à la drum and bass en y mêlant des influences punk rock sachant combler le public qui part en pogo dès le troisième morceau ! Certains portés par l'énergie du groupe improvisent même quelques slams malgré la foule un peu éparse pour ce genre d'exercice. Bonne surprise que d'entendre avec ce groupe certains échos aux rythmiques reggae justifiant leur présence à un festival dont le nom même revendique les racines roots.C'est au tour du dernier groupe et non des moindres, OnDubGround, de faire son entrée tout en délicatesse avant de proposer un medley très agréable permettant de redécouvrir leurs collaborations avec Danakil sous une forme différente. Olo, Art-X et Natty enchaînent ensuite avec des titres de Panda Dub, Joseph Cotton et un medley roots comprenant Reload de Jahneration, Africans de Joe Pilgrim et Business of War de Stand High et Pupajim. En résumé, un set surprise et dynamique comme nous l'avait promis le groupe un peu avant son entrée en scène : " on a préparé un concert surprise que l'on a joué quelques fois déjà. On va enchaîner des morceaux assez rapidement afin de pouvoir tout montrer, notamment l'album Danakil. Le tout en 20 minutes pour créer quelque chose de dynamique et l'entrecouper de morceaux plus roots pour faire plaisir à un maximum de personnes en un minimum de temps puisqu'on a un set pas très long ce soir ".Jour 2 :Pour cette deuxième soirée c'est Disk'R qui ouvrait les festivités sur la petite scène sous le chapiteau. Le groupe composé de trois chanteurs a su nous présenter des morceaux très skankés avec des choeurs dynamiques qui ont ravi les novices et les fans venus soutenir le groupe. Une ambiance chaleureuse pour débuter cette dernière soirée.A 22h, le chauffeur de scène est motivé pour lancer le show sur la grande scène extérieure avec Le trottoir d'en face. Avec des influences laissant penser à Boulevards des airs et Epsylon, le groupe emporte rapidement la foule. Le trottoir d'en face crée une ambiance chaleureuse et familiale au rythme du cajetoacute;n et des olas partagées avec le public.Minuit résonne et L'Entourloop, qui s'est un peu laisser attendre, peut commencer son concert qui selon certains festivaliers est "un des meilleurs groupes du week-end". L'ensemble du public semble en effet comblé par la scénographie du groupe qui crée une ambiance décalée avec des vidéos en arrière plan. Côté musique, L'Entourloop en a pour tous les goetucirc;ts avec du trap, du reggae, du dub et oscille ainsi entre temps plus ou moins posés. C'est avec Dreader Than Dread et Gangster que le groupe termine son show ayant su faire déployer toute son énergie au public.Toujours avec la grande énergie du public cette édition du Lev'roots est clôturée par Tha Trickaz. Le groupe partage les dernières minutes avec le public sur des sons techno enragés et un jeu de lumières impressionnant.Durant ces deux jours l'ensemble des interplateaux était assuré par le collectif DJ Akademy. Les 4 scoops de l'espace sound system sous chapiteau permettaient de maintenir la température entre les concerts toujours sur de bonnes notes roots et culture. Plus tard dans la soirée, des sélections plus hip-hop trap remplissent le chapiteau. La présence de Rock Sax et Kilo Alpha (au micro) vient aussi régaler le public pendant ces interludes entre les artistes programmés sur la grande scène.Gros point positif : l'espace camping dans un espace naturel idyllique au bord d'un lac où sourires, partages en tous genres et bonne humeur furent présents tout au long du week-end ensoleillé. Certains se sont même adonnés à des sessions pêche et baignade.La dimension familiale et chaleureuse du Lev'Roots a elle aussi su plaire tant aux festivaliers qu'aux artistes comme nous le rapportent ODG et DJ Akademy :Propos de DJ Akademy : "Ce festival est organisé par une équipe de gens motivés et sérieux, un petit festival où on voit que le travail d'une petite équipe peut déboucher sur de grands évènements. C'est un festival avec plein de belles volontés."Les ODG ont aussi tenu à s'exprimer : "Franchement on a été agréablement surpris. Cela faisant longtemps que l'on n'avait pas eu un tel accueil tant techniquement qu'humainement. La sono est super, les techniciens sont bons. Le festival est petit mais on aime bien ce partage qui se crée, il y a un feeling, on peut capter tous les regards et inversement tout le public voit bien les artistes. Le public est là, pas très nombreux, mais ils sont super chauds en face et ils mettent ça haut !"Avec le Lev'Roots on l'a compris, le mois de juin commençait bien !
reggae.fr | 19-juin-2018 02:00

Kabaka Pyramid - Kontraband
On peut vous dire qu'on l'a attendu ce premier véritable album de Kabaka Pyramid. Après plusieurs EPs et mixtapes, l'artiste nous l'avait annoncé il y a deux ans déjà. Mais l'attente en valait la peine ! Le jeune artiste confirme plus que jamais le potentiel que l'on voyait en lui en révélant un album complet, très bien produit et diablement frais !Faîtes place ! Les jeunes du ghetto débarquent par la grande porte ! Kabaka et Pressure ouvrent admirablement la tracklist avec l'excellent Make Way sur un riddim produit par Protoje. Un rub-a-dub moderne aux volutes hip-hop qui rappelle les premiers albums de l'auteur de Kingston Be Wise. On perçoit déjà le sens aigu de la punchline de Kabaka : "Jamaica where we born the situation kinda sticky, Di youths dem a the future but the leaders over sixty" (en Jamaïque où nous sommes nés, la situation stagne, les jeunes sont le futur mais les dirigeants ont plus de 60 ans). Sa diction parfaite et ses lyrics affetucirc;tés percutent l'auditeur en pleine face et même si les moins habiles n'en saisiront pas toutes les subtilités, les textes de l'artiste restent particulièrement accessibles aux non-anglophones. Toujours élévatrices et emplies d'espoir, ses paroles donnent de la force à quiconque les écoute. Que dire de l'énorme My Time où l'artiste rappelle le temps passé dans l'ombre et le travail abattu avant d'arriver sous le feu des projecteurs ? Il s'agit du seul tune entièrement produit par Kabaka lui-même et sans aucun doute l'un des plus réussis de l'album.Le singjay compare son acharnement à celui des contrebandiers, déterminé à faire voyager sa musique dans le monde entier malgré les nombreux obstacles. Une analogie évidente orchestrée par Damian Marley qui s'invite également au micro sur le titre éponyme. Jr Gong s'est d'ailleurs chargé de produire plusieurs instrus. On le retrouve à la composition et à la programmation des beats sur Well Done, Borders, Everywhere I Go et Natural Woman. etEacute;galement producteur exécutif de l'opus, le dernier fils de Bob ne s'est pas trompé en misant sur Kabaka. Parmi ses contemporains, c'est celui qui s'éloigne sans doute le moins de la férocité authentique du reggae yardie et de sa spontanéité urbaine. Son mélange de reggae et de hip-hop d'une efficacité redoutable fait du bien en ces temps où la musique jamaïcaine évolue vers des sonorités plus pop. Des titres purement hip-hop comme Lyrics Diety et I'm Just a Man font également très mal. Reggae Music, à l'ambiance rub-a-dub, nous plonge dans l'ambiance d'un sound system des années 90. Outre ces tunes plutôt légers, Kabaka Pyramid se sent concerné par la crise migratoire et donne son avis sur Borders aidé par le Ghanéen Stonebwoy. La star internationale Akon se fait aussi entendre sur le très radiophonique Africans Arise produit par un Français s'il vous plaît (Damalistik) !On pourrait en écrire encore des tonnes pour vanter les mérites des featurings avec Protoje, Chronixx ou Nattali Rize, en remettre une couche sur les excellents singles déjà sortis avant l'album (Can't Breathe et Well Done en tête) et sur l'enchaînement parfait de cette tracklist très fournie (16 titres !). Kabaka Pyramid signe-là un sans faute.Quel plaisir de ressentir autant d'enthousiasme à l'écoute d'un projet du début à la fin. On aurait peut-être aimé entendre Kabaka sur des riddims dancehall tant on connaît sa passion pour le genre, mais là, on cherche vraiment la petite bête. Kontraband est de loin l'un des meilleurs albums jamaïcains de ces dix dernières années !Tracklist :01. Make Way feat. Pressure Busspipe02. My Time03. Kontraband feat. Damian Marley04. Can't Breathe05. Well Done06. Reggae Music07. Kaugh tUp08. Lyrics Diety09. Borders feat. Stonebwoy10. Africans Arise feat. Akon11. Meaning Of Life12. Everywhere I Go feat. Protoje13. Blessed Is the Man feat. Chronixx14. Natural Woman15. I'm Just a Man16. All I Need feat. Nattali Rize
reggae.fr | 18-juin-2018 02:00

Touré Kunda - Lambi Golo
Comment célébrer au mieux quarante années de carrière musicale ? Touré Kunda semble avoir trouvé la réponse adéquate : sortir un nouvel album ! Les deux frères sénégalais ayant à leur actif déjà treize albums (dont trois disques d'or) reviennent, après 10 ans d'absence, avec un nouveau projet intitulé Lambi Golo et tout juste sorti sur le label français SoulBeats Records.Ce nouvel album est une petite pépite musicale qui fait voyager au coeur du Sénégal les rythmiques reggae et funk très appréciées par le groupe et que l'on retrouve très présentes dans les titres Sene Bayo et Oustache. Lambi Golo est un projet dansant pour lequel Touré Kunda a su s'entourer d'artistes de renom. Carlos Santana sur Emma Salsa, Manu Dibango dans Demaro et le Jamaïcain Kiddus I avec le titre Mister Farmer viennent chacun se mêler à l'univers musical des deux frères sénégalais et apporter leurs styles propres allant du jazz à la soul en passant par le rock latino. On note aussi d'autres belles surprises avec des passages en français et anglais dans Mister Farmer et Soif de Liberté, une collaboration avec Lokua Kanza.Les percussions et choeurs traditionnels de Demaro assurent un dépaysement très plaisant. Sans oublier les influences citées précédemment qui contribuent à donner une couleur hétéroclite et authentique à l'album, de même qu'un côté très dynamique avec des rythmes parfois plus cadencés, des sessions de guitare électrique criante ou bien encore des effets plus synthétiques (on pense notamment à Deuk N Do et Sotolal).Pari réussi pour Touré Kunda qui arrive / tout en reprenant ses influences originelles / à introduire modernité et authenticité dans un album de grande qualité. Rendez-vous sur la route de leur tournée pour un show à ne manquer sous aucun prétexte !Tracklist :1. Demaro ft. Manu Dibango2. Oustache3. Emma Salsa ft. Carlos Santana4. Malang5. Lambi Golo6. Sene Bayo7. Fatou Yow8. Mister Farmer ft. Kiddus I9. Ka Badiyassi10. Soif de liberté ft. Lokua Kanza11. Deuk N Do12. Sotolal
reggae.fr | 15-juin-2018 02:00

Protoje - A Matter of Time
Trois ans après l'acclamé Ancient Future, Protoje revient avec un quatrième album des plus attendus, A Matter of Time. L'artiste jamaïcain a bien fait monter la sauce en proposant depuis quelques mois différents extraits en avant-première (Blood Money, Truths et Rights ft. Mortimer, Bout Noon et enfin No Guarantee ft. Chronixx).Protoje frappe fort pour son retour avec un opus de très haute volée. Un effort plus sombre que les précédents, voire mélancolique où l'amour et les femmes ont une place centrale. Sur ce nouveau projet, l'artisan du reggae revival offre une balade hors des sentiers battus. Comme à son habitude, il s'aventure dans des courants musicaux autres que le reggae, avec des sonorités hip-hop, rock, blues, jazz ou encore proches de la funk. Mais ne nous méprenons pas, cette nouvelle bombe signée Protoje est un pur album roots digital de A à Z. La cover parle d'elle-même. Une photo très épurée, où Protoje est seul face à la mer, habillé de blanc se fondant dans le décor, comme s'il ne faisait qu'un avec les vagues qui viennent mourir sur la plage. A savoir que Protoje s'isole souvent devant l'océan pour réfléchir et se ressourcer. Une pochette d'album qui en dit long sur le contenu audio.Protoje ouvre les festivités avec le titre Flames en duo avec Chronixx. Les deux amis ont déjà collaboré ensemble sur le fou furieux Who Knows et les voilà qui récidivent à deux reprises sur ce nouvel album. La tracklist s'ouvre donc en grande pompe avec ce morceau grandiloquent et ses violons, dignes d'une BO de western, soulignés par des lignes de guitare électrique sinueuses et un flow destructeur de Protoje. Chronixx apporte de la souplesse au morceau avec sa voix mielleuse. Le titre qui suit, Blood Money, est davantage dans la retenue avec une tune roots très joliment menée, qui dépeint la triste réalité des injustices et de la violence en Jamaïque, et plus largement sur tous les continents. Mind of a King reste dans la même lignée avec une rythmique roots à l'ancienne, des lignes de guitare funk et une basse très groovy.Like This est porté par des sonorités électroniques rondes et douces, qui nous donnent envie de passer la tune en boucle. Avec Bout Noon, l'artiste jamaïcain offre un morceau sensuel qui nous plonge dans une nuit sucrée, portés par sa voix envoetucirc;tante sur un beat qui mélange l'agressivité de la batterie style hip-hop, des notes cosmiques de guitare électrique et la douceur d'une basse funky. La chanson éponyme de l'album, A Matter of Time, nous emmène elle dans un univers moins rassurant, plus triste, mais tout aussi intéressant, mêlant des notes de violons et des sonorités difformes. Arrive ensuite le massif No Guarantee où Chronixx sévit à nouveau en abordant la condition humaine à travers l'amour, la haine ou encore la jalousie. Les deux compères nous offrent un titre influencé par le blues et le rock, soutenu par de jolis riffs et un kick plutôt trap accompagné d'une ambiance funk.Lessons fait le travail. Rien de très surprenant sur cette tune roots parfaitement produite, avec une section de cuivres qui sonne à merveille. S'ensuit l'excellent Truths and Rights, pour qui la rédaction a eu un réel coup de coeur. Sur ce morceau, l'étoile montante de la scène revival roots jamaïcaine Mortimer vient prêter main forte à Protoje. Les deux artistes avaient déjà partagé l'affiche sur la big tune Protection qui figurait sur le dernier album de Protoje. Le son est soutenu par une rythmique vaporeuse et brute à la fois et des lyrics qui expriment un engagement politique de la part de l'artiste. On termine ce bijou sonore avec le très bon Camera Show clôturé par un excellent dub.Protoje livre un album musicalement puissant qui donne une bouffée d'air frais à toute la scène roots. Le Jamaïcain navigue dans un univers différent à chaque tune pour aller toujours plus loin, et sortir de sa zone de confort pour bousculer une fois de plus les codes du new roots afin de proposer sa signature sonore. Comme le dit Protoje, tout est une question de temps, et avec ce sublime quatrième album, il se rapproche encore plus du sommet de son art. Disponible à partir du 29 juin et déjà en précommande ici. Tracklist :01. Flames feat. Chronixx02. Blood Money03. Mind Of A King04. Like This05. Bout Noon06. A Matter Of Time07. No Guarantee feat. Chronixx08. Lessons09. Truths et Rights feat. Mortimer10. Camera Show
reggae.fr | 14-juin-2018 02:00

Chezidek @ Le Blanc Mesnil
Chezidek est actuellement en Europe pour quelques dates en sound system aux côtés d'Irie Ites, mais également quelques shows accompagné d'un live band. C'était le cas le 2 juin dernier dans la salle du Deux Pièces Cuisine au Blanc Mesnil en région parisienne. Papa Chezi était backé pour l'occasion par les très bons Ligerians que les amateurs de roots ont apprécié ces dernières années avec Rod Anton et Joe Pilgrim. Les Ligerians ont bien setucirc;r assuré derrière le Jamaïcain qui s'en est donné à coeur joie sur ses hits Bun Di Ganja, Inna Di Road ou encore Leave the Trees sous le regard attentif de Norman Grant des Twinkle Brothers présent ce soir-là. Retour en photos sur cette belle prestation avec les clichés de Philippe 'Da Best' Campos.
reggae.fr | 13-juin-2018 02:00

Angata Sound Party avec Raggasonic
Pour la 22ème édition de la Angata Sound Party, les organisateurs nous ont proposé une belle affiche live et sound system du côté de Morigny Chamogny en région parisienne le 26 mai dernier. C'est le groupe Alpha Camara qui ouvre le show. Certains des musiciens du groupe ont tourné avec de grandes stars de la musique africaine comme Mory Kanté. La chanteuse du groupe éblouit par sa présence et nous gratifie de quelques danses endiablées.La chanteuse Sista Jahan leur emboîte le pas accompagnée par ses Riddimers. Ils nous proposent un set de qualité et interprètent entre autres Maman Ek Papa, No Competition et Viv'Love... Jahan invitera sur scène la talentueuse Princess Nayah le temps d'un duo bien senti.Angata Sound s'occupe ensuite du changement de plateau avant l'arrivée des têtes d'affiche tant attendues...Lord Zeljko prend place derrières les platines pour chauffer les massives avec quelques tunes. Les voix reconnaissables des deux acolytes, Big Red et Daddy Mory retendissent et Raggasonic déboule sur scène ! Chaque tune interprété par le duo est un tube (Légaliser la ganja, J'entends parler, Bleu Blanc Rouge...). Leur set fera place également à leurs carrières solos respectives (Real Ganjaman, Kill Kill Kill...). Ils reviendront sur scène pour un freestyle mémorable pour clore cette magnifique soirée en beauté. Bravo à Angata Sound pour ce bel évènement.
reggae.fr | 11-juin-2018 02:00

Alborosie - Unbreakable
Alors qu'Alborosie nous avait annoncé un album en collaboration avec les Roots Radics pour faire suite à l'excellent Freedom et Fyah, c'est finalement vers un autre groupe de légende que l'Italien s'est tourné pour son neuvième effort. Les noms d'Aston 'Familyman' Barrett, Junior Marvin et Tyrone Downie résonnent dans les oreilles de tout amateur de reggae. Les membres originels des Wailers sont venus prêter main forte à Puppa Albo pour l'un de ses albums les plus aboutis.Lui qui avait pour habitude de tout faire tout seul commençait déjà à s'entourer pour son précédent projet (Winta James, Flash Hit Records, The Roots Radics...). On le retrouve cette fois aux côtés des musiciens de Bob Marley qui servent de backing-band sur ces quatorze nouveaux titres. On reconnaît tout de même la patte de l'artiste aux multiples talents ; Alborosie s'attache à nous surprendre à chaque album et c'est une fois de plus réussi. Il délaisse peu à peu son style rub-a-dub pour se tourner vers un univers très roots, plus classique, mais toujours terriblement ancré en 2018. Les rythmiques one drop se succèdent pour un effet des plus efficaces. La voix de l'Italien exilé en Jamaïque s'adapte et se fait plus mélodique, plus assagie, moins agressive et extrêmement touchante. On le découvre capable de nouvelles prouesses vocales, prouvant son aptitude à exceller dans chacune de ses innovations.Alborosie ne fait jamais les choses à moitié et ses invités prestigieux ajoutent à la réussite de cet opus. Chronixx le rejoint sur Contradiction (co-produit avec le renfort du français Frenchie). Beres Hammond pose sa voix de velours sur une surprenante complainte amoureuse où les deux artistes rêvent d'une compagne aussi fan de reggae qu'eux. Le Polynésien J-Boog s'invite sur l'étonnant et particulièrement rythmé Unbreakable ; sans doute l'un des plus modernes de la tracklist grâce à sa couleur pop. Et on n'est pas au bout de nos surprises ! Raging Fyah reprend le sublime refrain de The Unforgiven de Metallica (oui oui vous avez bien lu !) sur une adaptation deep roots de toute beauté et Jah Cure nous fait plaisir comme il ne l'avait pas fait depuis longtemps avec le brillantissime / n'ayons pas peur des mots / Mystical Reggae. Les morceaux solos sont eux aussi magnifiques, emprunts de mysticisme et de mélancolie comme l'épatant Table Has Turned. On n'avait jamais entendu Alborosie sur ce registre. L'Italien est en mission et il nous le fait savoir avec Mission et One Chord où il revendique le caractère rebelle de sa musique. Deux dubs (étonnamment courts) viennent enfin complèter le tableau comme pour rappeler la passion de l'artiste pour cette discipline 100 % jamaïcaine.Les Wailers ne sont finalement pas ceux qui brillent le plus sur ce Unbreakable même si l'on reconnaît leur style chaloupant ici et là. Alborosie avait peut-être besoin de s'entourer de nouvelles personnes pour se renouveler. C'est réussi ! Finalement, la seule ombre à ce nouveau projet est peut-être sa pochette moyennement inspirée. Pour le reste, rien à jeter. Alborosie vient peut-être de livrer son meilleur album à ce jour. A découvrir à partir du 29 juin et déjà disponible en précommande ici.Tracklist :01. The Unforgiven ft Raging Fyah02. Mystical Reggae ft Jah Cure03. Lie04. Live Conscious05. Contradiction ft Chronixx06. Mission07. Too Rock ft Beres Hammond08. Wailing Dub09. Table Has Turned10. Youth Like Me11. Unbreakable ft J Boog12. One Chord13. Under Control14. Famsdub (Outro)
reggae.fr | 07-juin-2018 02:00

Booboo'zzz All Stars - Itw Reggae Bash
Ils font de plus en plus parler d'eux avec leur concept de reprises de morceaux soul, blues ou chanson en reggae. Le Booboo'zzz All Stars inonde la toile de covers tous plus improbables les uns que les autres avec des artistes d'horizons variés. Une façon d'emmener le reggae plus loin, à la rencontre d'un autre public peut-être ?... Le groupe bordelais fêtait la sortie de son deuxième album Studio Reggae Bash vol.II, le 3 mai dernier au Rocher de Palmer avec une belle brochette d'invités. Reggae.fr en a profité pour s'entretenir avec Jonathan, guitariste et chanteur de la formation.Reggae.fr : Votre deuxième album se nomme tout comme le premier Reggae Bash. Ce terme et sa signification renvoient-ils à quelque chose de spécial pour vous ?Jonathan : Alors forcément ça renvoie aux Tuesday Reggae Bash qu'on faisarit au Booboo'zzz Bar à Bordeaux chaque mardi. Et ensuite la signification de "Bash" pour nous c'est à la fois une fête, à la fois une grosse soirée et à la fois une grosse branlée musicale. On n'est pas du tout inventeurs du mot. Ce mot est beaucoup utilisé en reggae. Une "Birthday Bash Party" c'est la fête d'anniversaire qui promet d'être festive et explosive.Pourquoi le style reggae pour vos reprises ?C'est la musique qu'on aime écouter et jouer depuis 20 ans. Après pourquoi des morceaux pas reggae en reggae ça c'est parce qu'on n'aime pas que le reggae. On aime plein d'autres choses et on n'a pas du tout envie de cloisonner cette musique. Nous on aimerait même arriver à vulgariser cette musique, la populariser et même intéresser des personnes d'autres horizons. etAgrave; Bordeaux, on avait un public de trentenaires et Balik et Volodia ce n'est peut-être pas leur quotidien musical mais ils viennent tout de même découvrir et on espère que derrière ils écoutent un peu plus de reggae. Notre volonté est de montrer que le reggae peut transcender un morceau et lui donner une profondeur, une soul qu'il n'avait pas forcément au départ. Vous faîtes des covers de façon collaboratives que vous présentez dans votre album. Comment choisissez-vous les morceaux et les artistes à inviter ?C'est mélangé. Soit on trouve un morceau et on décide d'appeler tel ou tel artiste parce que ça lui irait bien, soit, à l'inverse, on a envie de travailler avec un artiste en particulier et on part à la recherche du morceau pouvant lui correspondre. Au départ chaque membre à sa propre culture musicale pour trouver des morceaux à reprendre mais ensuite il a fallu aller chercher de nouvelles choses car on s'est donné un défit important : faire des inédits. C'est-à-dire de ne pas repondre des morceaux ayant déjà été repris en reggae et là ça complique bien les choses en matière de recherche. Donc on regarde sur Youtube et quand ça n'existe pas on voit pour saisir la chose et se lancer.Comment réalisez-vous les arrangements pour apporter justement cette touche reggae à des morceaux issus d'autres univers musicaux comme la chanson française par exemple ?Tout se fait en fonction de la mélodie du chant. On peut retourner un morceau totalement et dans n'importe quel style. La rythmique, la paterne de batterie... on peut tout changer, le morceau sera quand même reconnaissable à partir du moment où l'on garde la mélodie. C'est un peu technique mais par exemple un morceau majeur comme celui de Joss Bari (Cheerleader qu'on a joué sur scène au Rocher de Palmer), transformé en mineur sur le Jerusalem Riddim ça donne un effet bien plus profond et plus soul. Sur un morceau pop, on peut donner un côté blues et soul à une mélodie. Le reggae c'est une musique issue de Jamaïque mais auparavant d'Afrique et très proche du blues et de la soul américaine donc forcément pour nous, chanter une mélodie en reggae c'est aussi lui mettre ces aspects soul et blues. C'est donner des tripes, un côté plus torturé et pleurant aux morceaux comme par exemple quand on a fait La nuit je mens.Dans votre album vous côtoyez des artistes plus ou moins connus du reggae mais pas que. Pourquoi ces choix ?Il y a en partie la volonté de porter les artistes, pouvoir faire découvrir des coups de coeurs que l'on a sur des voix. On a des chanteurs de tous horizons et quand on essaie de reprendre des morceaux reggae avec eux ça donne réellement une nouveauté au style et on ne veut vraiment pas lâcher ça. Un chanteur qui a une approche jazz sur du reggae ça déboîte.Pour la création de cet album comment vous y êtes-vous pris et en combien de temps ?Déjà on n'a rien jeté. Tous les morceaux sélectionnés ont été sortis. C'était un pari à prendre mais bien setucirc;r on avait toujours la question "est-ce que ce morceau va prendre ? Quels seront les retours ?". Il y a eu des doutes, ça a aussi été complexe en terme d'organisation pour produire tous les mois un rendu à tenir quand parfois on ne parvenait pas à se regrouper. Pour notre concept, à chaque fois tout se fait dans la journée. On enregistre et on raccompagne l'artiste qui vient pour la journée et on n'a donc que cette prise-là à proposer. On est dans un concept live donc on n'a pas le droit aux retouches. On enregistre tous ensemble donc s'il y a un raté on ne peut rien rattraper ensuite. L'artiste ne sait pas comment ça sonnera en reggae, il n'a pas eu de démo en amont il pose sa voix le jour J où l'on se retrouve pour enregistrer. C'est un défi mais c'est ce qui fait la fraîcheur du concept avec parfois quelques imperfections qui font le charme des morceaux et leur donnent ce côté live authentique. C'est un moment vivant qui est capté une seule fois et immortalisé dans un album toujours dans l'esprit de ces reggae bash improvisées et jammées les mardis soirs au Booboo'zzz Bar.Sur cet album quel aura été le meilleur souvenir d'enregistrement ?Le mien sur cet album ça va être le morceau avec Rébecca M'Boungou sur Owner of A Lonely Heart parce qu'elle nous a vraiment étonnés. Avec elle, le morceau passe par plein d'univers et c'est une belle fierté sur cet album tant pour l'arrangement que pour la voix. On n'a plus du tout le côté rock, mais on a vraiment autre chose d'assez unique et à la fin on a ce côté enflammé à la soul façon Motown qui rend le morceau très original.Une autre rencontre de ce projet Reggae Bash : Ben L'Oncle Soul...On savait que Ben avait commencé avec des covers donc on se reconnaissait aussi là-dedans. Il est branché soul et il aime le reggae et on avait vraiment envie d'avoir un "parrain" pour représenter tous les chanteurs très soul qu'on a pu avoir et qui est, au final, la couleur musicale dominante de notre album. C'était la rencontre qui permettait de prouver à un public un peu plus large qu'on pouvait amener le reggae ailleurs et faire que des gens qui aiment ce que fait tel ou tel artiste, et notamment Ben L'Oncle Soul, découvrent et aiment ce que l'on fait. Ben est une personne simple et humaine qui, si un projet le fait kiffer musicalement, fonce. Et on est heureux de cette rencontre.Vous avez partagé l'aventure des tournées avec Volodia qui était présent au Rocher de Palmer le 3 mai pour soutenir l'album qui vous présentiez. Comment vivez-vous ces expériences sur scène ?On est le backing band de Volodia. etCcedil;a nous a apporté beaucoup notamment pour parfaire aussi nos lives en tant que Booboo'zzz All Stars et on voudrait justement se concentrer aussi sur ça. On a certes le projet Reggae Bash sur le net avec nos publications chaque mois avec les artistes invités. C'est vraiment un concept destiné à Youtube et pour nos albums mais on a aussi envie d'exploiter le côté live à cinq. L'idée c'est vraiment de tourner sur scène avec notre projet et ensuite revenir aux vidéos et de nouvelles productions ensuite pour un autre album. L'album c'est du live mais sans scène. On a déjà certaines dates prévues pour cet été où on va pouvoir vraiment faire vivre le concept sur scène. On sera sur la tournée du Reggae Sun Ska le 13 Juillet à Bordeaux ; on a aussi une carte blanche Booboo'zzz All Stars au No Logo Festival le 12 Aoetucirc;t. On sera aussi sur le Off des Francofolies le 12 Juillet. L'idée est vraiment de jouer à cinq et pouvoir faire venir des chanteurs sur scène pour se faire tous plaisir. Par exemple on fera venir Flox à la Rochelle, Max Livio ou bien encore Mystic Loïc et Joss Bari au No Logo. La base du live reste à cinq mais elle nous permet justement de s'offrir des moments avec d'autres artistes.Vous êtes présents sur la Baco Tape Volume 2 et l'album est sorti sur le label Baco Records. Comment se passe l'aventure ?Tout se passe super bien. On a vraiment une super équipe motivée. Ils misent sur des choses et prennent des risques. Un projet comme le notre qui sort un peu des sentiers battus ils l'ont quand même saisi. Le public Baco est généralement un public très jeune fan de reggae français alors que le notre est plus dans la trentaine et pourtant on arrive à faire un beau travail ensemble et à s'entendre sur les projets. C'est vraiment une belle expérience en équipe. Notre projet met l'accent sur la musique et la technique auxquelles un public jeune s'identifie peut-être moins car on ne véhicule pas une image sur scène mais pourtant on arrive à intéresser le label. Avec l'expérience Baco on arrive à défendre musicalement les choses, montrer que le reggae ce n'est pas que le reggae français et qu'il y a plein d'horizons possibles.
reggae.fr | 05-juin-2018 02:00

ManuDigital & Elephant Man : Digital Kingston Session
Découvrez le nouveau freestyle livré par ManuDigital & Elephant Man dans le cadre des Digital Kingston Session

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reggae-blog.fr | 02-juin-2018 20:02

Feuilles de Roots - Homme
Découverte aujourd'hui d'un projet original dans le reggae français, Feuilles de Roots qui nous présente son nouvel album intitulé Homme. Illustré par une pochette brillamment réalisée par l'artiste jurassien Brokovich, l'opus retrace avec humour et esprit critique l'Histoire vulgarisée et décomplexée de l'Homme de ses débuts à nos jours. Le combo appelle lui-même ce concept le " reggae épique ".Côté textes, l'album propose ce qui pourrait presque correspondre à un conte audio. Il est construit comme pourrait l'être une comédie musicale. Le groupe a effectivement pensé chaque morceau comme une étape de l'évolution humaine et ponctue les titres par des interludes, sous forme de petits contes de Bernard Metraux.Avec Homme, à chaque morceau son ambiance. Le groupe déploie son côté roots reggae avec les titres Apocalypse et 70's Lullaby notamment, comprenant des choeurs et rythmiques skankées bien menés. Des percussions africaines et flow ragga de Homme au ska de Super Jesus et XIV en passant par le rock / hip-hop et choeurs religieux de Croisade 3.0, le projet se veut plus qu'éclectique et prouve la grande quantité de travail qu'il a fallu abattre pour arriver à un tel résultat. Et ce n'est pas tout, on retrouve de l'électro swing sur Cabaret doré, de la chanson piano/voix sur l'interlude Moussaillons !, de l'électro dub avec L'After, et des apparitions vocales (Brel, Balavoine, etc) sur La valeur de nos actes.Un bon pari que Feuilles de Roots a décidé de lancer ici. Un projet hors normes à soutenir.
reggae.fr | 31-mai-2018 02:00

Blundetto - Slow Dance
Max Guiguet est avant tout un passionné de musique. Entré en tant que stagiaire chez Radio Nova, il en ressort 20 ans plus tard en y étant devenu programmateur musical. Durant toutes ces années, il enrichit sa culture musicale, commence à s'essayer au mix et à la production et sort en 2010 un premier essai sous le nom de Blundetto (Bad Bad Things) qui le fait connaître du grand public. On y découvre alors un paysage musical ne ressemblant à aucun autre, savant mélange de reggae, electro, soul, et tellement d'autres styles différents. Un univers qu'on avait ensuite retrouvé avec plaisir en 2012 avec Warm My Soul puis en 2015 avec World Of.Blundetto nous présente aujourd'hui son quatrième album, Slow Dance. Un opus fait de tempos lents et de sonorités chaudes qu'on était impatients de vous faire découvrir. Comme à son habitude, l'artiste a su s'entourer : on retrouve plusieurs habitués de ses productions comme Jahdan Blakkamoore qui ouvre l'album avec le titre éponyme, donnant le ton en nous entraînant dans une danse douce et sensuelle. La chanteuse du duo Damé avait également déjà collaboré avec le producteur. Elle vient apporter une touche de féminité à cet opus avec Story Never Told.Blundetto nous propose aussi de nouvelles collaborations, faisant appel à des légendes jamaïcaines comme Cornell Campbell et Little Harry sur le tellement tranquille Good Ol' Days ou encore à Ken Boothe qui vient poser sa voix inimitable sur le riddim tout en douceur de Have a Little Faith. On apprécie particulièrement les morceaux purement instrumentaux hyper travaillés qui ponctuent l'album comme OP1 Home Again, Chamber Dub, ou le sublime Satta. Proche de Biga Ranx et de la bande à Brigante Records, Blundetto nous avait déjà montré sa maîtrise du vapor dub en participant à plusieurs titres de l'album 1988, notamment le hit Liquid Sunshine. Il poursuit sur cette voie avec History Dance où la voix de Kid Charlemagne, robotisée à grands coups de vocoder, semble flotter sur une instrumentale brumeuse à souhait, pour finir avec le maître du genre, Biga Ranx dont le chant toujours plus torturé par les effets se colle à merveille au riddim vaporeux de Pontus Pilates.Avec Slow Dance, Blundetto nous livre un album plus que réussi, conçu comme une bulle où le temps se serait arrêté, nous incitant à ralentir le rythme dans un monde où tout semble aller trop vite. Un opus parfait pour se poser un peu au soleil alors que l'été arrive à grands pas.Tracklist :1. Slow Dance Ft Jahdan Blakkamoore2. Good Ol' Days Ft Cornell Campbell et Little Harry 3. My Weed My Queen Ft Lord Sandwich4. Passed The Worst Ft Jahdan Blakkamoore5. OP 1 Home Again6. Have a little Faith Ft Ken Boothe 7. Colombette8. Story Never Told Ft Damé9. Chamber Dub 10. History Dance Ft Kid Charlemagne11. Satta 12. Pontus Pilates Ft Biga Ranx
reggae.fr | 30-mai-2018 02:00

Omar Perry - New Dawn
Entre Omar Perry et la France, c'est une longue histoire ! Après des collaborations avec le label Makasound, le groupe Homegrown Band ou le producteur et saxophoniste Stepper, le Jamaïcain présente son cinquième effort entièrement composé par le jeune Jonas 'Kouffi' Gouraud. Un opus plus roots que jamais pour le fils du légendaire producteur Lee Perry.Sur les quatorze titres de New Dawn, Omar déploie tous ses atouts vocaux de singjay, capable d'accoucher de douces mélodies d'une voix à peine rauque maîtrisée. Ses paroles se déposent parfois délicatement mais savent retentir plus fort et rebondir sur les riddims à la manière des maîtres du genre des années 90. Les thèmes classiques du reggae sont passés en revue : l'émancipation (Freedom), la foi (Living Legend [Jah Live]), la détermination (When One Door Close), l'amour (Sweet Love) et la transmission aux jeunes générations (Sound the Trumpet). Sur ce dernier, le Jamaïcain réaffirme une fois de plus son lien avec l'Hexagone en conviant Komlan et Bouchkour de Dub Inc, eux qui l'avaient invité il y a plus de dix ans sur leur album Dans le décor. On connaissait les penchants d'Omar Perry pour le roots, mais son habileté à se poser sur du dancehall ou du dub nous a toujours séduits. Il n'en est rien sur ce nouvel album qui dévoile un artiste plus sage (plus mature ?). Du roots, du roots et du roots pour un résultat très homogène et cohérent. La voix de Perry répond également à celles de Jah Mason et Cedric Myton des Congos sur Educated Fool et le très décontracté Checking for Me. Ce sont donc les invités qui apportent la diversité nécessaire à cet album ainsi qu'une refonte acoustique du titre Sweet Love en fin de tracklist.Avec un son particulièrement soigné, Omar Perry signe un nouvel album réussi bien qu'il soit plus lisse que ses précédents efforts. La fougue en moins, mais le sang-froid en plus, le Jamaïcain prouve qu'on peut encore compter sur lui.Tracklist :01 Living Legend [Jah Live]02 Freedom03 Educated Fool feat. Jah Mason04 Be Like That05 Bad Mind People06 Checking For Me feat. Cedric Myton (The Congos)07 Sweet Love08 Rebel In Your Town09 When One Door Close10 Sound The Trumpet feat. Bouchkour et Komlan (Dub Inc)11 See Dem Running12 Can't Escape [Global Warming]13 Weh Dem A Go Say14 Sweet Love (Acoustic Remix)
reggae.fr | 29-mai-2018 02:00

The Subvivors - Ruff
Attention alerte big tunes ! Amateurs de gros steppers faites une petite place dans vos bacs, la première sortie vinyle des Subvivors est disponible. Les Subvivors c'est avant tout la rencontre de trois passionnés : Fred à la basse, Rémy à la batterie, et Gary Clunk pour mixer tout ça en live. On les avait découverts en 2016 avec leur premier album Direct to Rec sur ODG prod avant de les croiser à l'occasion de quelques-uns de leurs sets live explosifs comme celui donné sur la Dub Foundation lors du dernier reggae Sun Ska. Le trio nous revient aujourd'hui avec une première sortie vinyle, un maxi 12 pouces distribué par Control Tower depuis le 11 mai dernier. Habituez-vous à ces douces notes de piano en introduction mais ne vous y fiez pas, le morceau porte bien son nom : RUFF ! Cette mélodie qui restera ancrée dans votre esprit pendant un bon moment est ensuite reprise par un clavier beaucoup plus inquiétant, se mêlant à des airs cuivrés avant que le fracassant duo basse/batterie (bien aidés par des percussions entêtantes) n'entre en scène pour un pur stepper taillé pour les soundsystem. Le morceau est ensuite " dubbé " dans deux versions différentes aussi efficaces l'une que l'autre, big tune ! Sur la face B on découvre Deceive, un morceau toujours aussi orienté vers un steppa aux accents électroniques mais dans un style beaucoup plus planant grâce à ses chants et mélodies orientales qui lui donnent un côté très mystique. Ce second morceau est ensuite lui aussi décliné dans deux versions dub pour encore plus de plaisir. Une galette qu'on entendra à coup setucirc;r très bientôt en soundsystem, en attendant de recroiser les Subvivors en live cet été dans une de leurs sessions live comme, par exemple, celle prévue au prochain Dub Camp. Disponible depuis le 11 mai dernier chez Control Tower. Tracklist : Face A : Ruff Part 1Ruff Part 2Ruff Part 3Face B Deceive part 1 Deceive Part 2 Deceive Part 3
reggae.fr | 20-mai-2018 02:00

Toulouse Dub Club #27
Après vous avoir fait goetucirc;ter aux ambiances des Dub School bordelaises et du Dub Club d'Annecy, Reggae.fr continue doucement son tour de France des dub clubs en vous emmenant cette fois dans la ville rose pour vous faire vivre le Toulouse Dub Club organisée par Talowa le 28 Avril dernier. Retour sur cette 27 ème édition sonorisée par les 8 scoops du Wandem Sound System sur lesquels vont se succéder Ras Digby, Weeding Dub et Iration Steppas accompagné de Murray Man.C'est Wandem qui ouvre le bal avec un warm up roots où ils alterneront entre sélections vinyles et quelques productions maisons dans une salle dont la scène laissée vide servira de toile de fond à un mapping vidéo tout au long de la soirée. Le crew bordelais est venu comme à son habitude accompagné de la Hornsmen Section (ce soir un trombone et deux saxophones) pour rajouter une touche de musicalité sur les versions.C'est au tour de Ras Digby de venir partager les bonnes vibes, il entame un set " ROOTS, ROCK, REGGAE, ", prêchant la bonne parole sur les faces B dans une salle déjà bien remplie où l'ambiance commence à grimper. Bob Marley, Burning Spear, Tony Tuff, Johnny Clarke, John Holt, Alton Ellis, les perles oldies s'enchaînent dans une sélection 100% vinyle à faire baver les collectionneurs où le vétéran assure à merveille tous les rôles : selector, opérateur, micman et MC.En voyant Weeding Dub s'installer derrière ses machines, on comprend que c'est déjà la fin d'un set énorme. Le dubmaker français se joint au public pour remercier Ras Digby de chaleureux applaudissements avant de démarrer tranquillement avec Forever Loving Jah de Bob Marley. Il y a peu de temps on vous disait tout le bien qu'on pensait du dernier album de Weeding Dub (Another Day Another Night) et combien on était impatient d'en entendre des extraits dans une configuration sound system, et bien on ne va pas être déçu ! Weeding dub va largement piocher dans ce dernier opus et il commence en faisant raisonner la voix de Nish Wadada dans la salle avec Let's Go. Venu bien accompagné, le dubmaker va profiter de la présence de ses deux MCs pour nous proposer Big Men of this World (feat Oulda et dont Ras Divarius va reprendre la version avec ses accords de violon toujours aussi efficaces), ou When I Write (feat Little R). L'ambiance va monter d'un cran avec des morceaux beaucoup plus steppa comme Skankertainer, ou Artikal Stepper réinterprétés à merveille par Weeding Dub à grands coups de sirènes, d'échos et autres effets, avant qu'il ne régale les skankers avec l'inévitable African Shrine. Un set énorme que Weeding conclue avec deux big tunes de plus : d'abord le furieux Can't Understand qui prend toute son ampleur sur les 8 scoops du Wandem, puis le sublime Gipsy Dub joué en live par Ras Divarius et son violon. Waouh !Les skankers sont donc surchauffés quand l'heure d'accueillir Mark Iration arrive. Il commence une sélection assez tranquille (quand on connait les habitudes du crew de Leeds). Ce soir c'est Murray Man qui l'accompagne pour reprendre les versions. Après quelques morceaux, Weeding Dub reprend place derrière ses machines pour nous offrir une version de Another Day Another Night avec Mark Iration et son énergie toujours aussi contagieuse en guise de micman. On passe vite à des rythmes plus steppa, dans le " warrior style " auquel nous a habitué Iration avec des morceaux comme Key to the Universe de King Alpha et Fikir Amlak. Le set se termine avec trois morceaux issus de la collaboration entre Iration Steppas et O.B.F dont un remix monstrueux de Kilimandjaro en guise de last tune.Tout le monde a donc les jambes qui commencent à fatiguer quand le Wandem reprend les commandes de sa sono pour la dernière heure, mais Iris Askan le selecta n'a visiblement pas envie de nous laisser nous reposer et démarre direct avec un dubplate bien steppa signé Hatman et I Tist. La Hornsmen Section est toujours là pour reprendre les versions avec un " petit nouveau ", Fransax (que les anciens auront reconnu puisqu'il faisait partie d'Improvisators Dub) qui laisse parfois son saxo de côté pour improviser des airs de fletucirc;te ou même de coquillage (oui de coquillage !). Les lumières se rallument sur un dubplate de Kandee chanté par Joseph Lalibela avant que le Wandem ne nous offre comme dernier morceau une de leurs productions maisons pleine de cuivres et d'énergie bien connue des habitués de leurs sessions.Une soirée plus que réussie où l'on aura pu danser sur toutes les branches de notre musique préférée, du roots jusqu'au stepper grâce à une programmation excellente. Bravo à tous les artistes et à Talowa Productions. Une chose est setucirc;re on reviendra !
reggae.fr | 09-mai-2018 02:00

Devi Reed @ Toulouse
C'était le 6 Avril 2018 au Metronum à Toulouse, la première date "à la maison" pour la sortie du nouvel album de Devi Reed (Ragga Libre). Une première qui sera suivie de dizaines de dates à travers la France et l'Europe. Ce qu'il nous propose est frais, conscient, libre et "amoureux". Amoureux de l'être et du partage, une vision humaine, des paroles prometteuses et éclairées, une énergie et un son qui décoiffent. Devi, ce "p'tit-blanc" qui a coupé ses locks depuis peu, met le feu sur scène avec juste deux autres acolytes, musiciens chevronnés et beatmakers, Otaam et Clem. Du reggae, il a conservé l'essence : son esprit, son message positif et sa foi en la musique, vecteur universel de transformations, de liberté, d'unité ! Puis il y rajoute des zestes de rap, d'électro, de ragga, de rumba... Une fusion où se mêlent intelligemment la musique cubaine et des rythmiques reggae/hip-hop le tout en espagnol, anglais, français ou patois jamaïcain ! Devi Reed reste un véritable OVNI toulousain qui continue de nous surprendre.
reggae.fr | 07-mai-2018 02:00

Devi Reed - Ragga Libre
Leader du groupe The Banyans pendant plus de dix ans, Devi Reed s'était lancé dans un projet plus personnel en 2017 en nous proposant son premier EP en solo, Essence of Life. Un premier opus dans lequel on découvrait avec plaisir l'univers musical flirtant entre reggae et hip-hop de l'artiste toulousain.Pour son nouveau projet, Devi Reed a décidé de nous faire voyager vers une destination bien connue des mélomanes : Cuba. Le chanteur s'est donc rendu avec ses beatmakers à La Havane en début d'année d'où il nous a ramené des inspirations et des collaborations à la sauce cubaine.etCcedil;a commence par les accords de guitare de Wake Up, subtil mélange de hip-hop et de salsa cubaine sur lequel Devi alterne entre parties chantées sur les refrains et rappées sur les couplets, parfaite introduction à cet album qui va vous donner envie de plages ensoleillées. De son voyage à la Havane, le Français nous a aussi ramené deux invités... D'abord la rappeuse Yisi Calibre et son flow ravageur sur Ragga Libre, une grosse instrumentale hip-hop à laquelle les pianos, cuivres et percussions donnent un bel accent cubain. Puis un autre rappeur, El Individuo qui vient rejoindre Devi Reed sur le riddim tranquille et très orienté new roots de Move and Smile. On retrouve ensuite des morceaux dansants à souhait comme le groovy Love Is Amazing ou encore This Woman, où les scratchs flirtent avec les cuivres et les percussions cubaines sur un beat toujours aussi efficace.Comme il nous y avait habitués sur son premier EP, Devi Reed jongle entre anglais et français, nous offrant sur ce nouvel album deux titres dans la langue de Molière en étant plutôt à l'aise. Il revient sur son parcours personnel et musical avec Tout ira bien et livre un touchant message sur l'amitié avec le pur rythme cubain de Cuida tu Vida. L'album se termine avec deux remixes électro signés Tamal en guise de bonus (Ragga Libre et This Woman).Avec Ragga Libre, Devi Reed dévoile un album frais et ensoleillé en bousculant les frontières grâce à de multiples influences et les langues française, anglaise et espagnole. Voilà de quoi préparer l'été qui arrive en musique !Tracklist : 1. Wake Up 2. Tout ira bien 3. Ragga Libre Ft Yisi Calibre4. Nah Jump5. Turn All Sounds6. Move and Smile Ft El Individuo 7. Love is Amazing 8. This Woman9. Cuida tu Vida10. Ragga Libre remix by Tamal11. This Woman remix by Tamal
reggae.fr | 03-mai-2018 02:00

Kandee - Chrysalis
Fin 2016 on vous disait tout le bien qu'on avait pensé de Subcontinent l'album signé Kandee et Jahzz sorti alors sur le label Marée Bass. Kandee n'en était pas à son coup d'essai puisqu'il avait déjà sorti deux albums avant cela (Skank Fiction en 2015 et Maelstrom en 2016 chez ODG). C'est aujourd'hui avec le label MahaMila Prod que le dubmaker revient nous présenter son nouveau projet, Chrysalis.Sur le premier morceau (Beginning a New Chapter), on retrouve Kandee comme on l'avait quitté : accompagné de Jahzz et de ses notes de saxo pleines de groove qui se mêlent à merveille à un dub paisible et évocateur d'un monde fantastique. On pénètre un peu plus dans cet univers féerique grâce aux airs de fletucirc;te envoetucirc;tants posés sur la ligne de basse abyssale de Dreamland Bridge, ou avec Poisson lune où le saxo de Jahzz croise des notes de synthé qui semblent tomber comme des gouttes de pluie sur ce riddim planant.La part belle est faîte aux instrumentales, mais deux morceaux chantés se glissent sur la tracklist. La voix toujours aussi agréable de Sama Renuka se pose sur le steppa Million Voices aux percussions endiablées et Irie Alien et son flow dévastateur subliment l'instru puissante de Behind The Skins. Deux vrais big tunes pour Kandee qui sait comment recevoir ses invités.On reste sur un steppa plein d'énergie avec Million Blast où Art-X est convié à partager ses notes de mélodica avant de nous replonger totalement dans ce monde imaginaire si propre à Kandee avec des morceaux lunaires comme Chrysalis ou encore le tellement méditatif Biomimetisme (featuring Sumac à la guitare).Comme si la promenade dans ce monde fabuleux se terminait par un aperçu de sa partie la plus inquiétante, l'album se cloture sur un steppa sombre aux basses énormes taillé pour être joué en sound system et produit en collaboration avec Askan Vibes dont le mélodica apporte une touche mystique.Chrysalis est un album qui s'apprécie de la première à la dernière note durant lesquelles Kandee nous plonge dans l'univers inimitable et si particulier qu'il a su se créer (univers d'ailleurs très bien illustré par la superbe pochette signée Adriane Almon).Tracklist :1. Beginning a New Chapter Ft Jahzz2. Million Voices Ft Sama Renuka 3. Dreamland Bridge 4. Behind the Skins Ft Irie Alien 5. Poisson lune Ft Jahzz 6. Million Blasts Ft Art X7. Chrysalis8. Biomimetisme Ft Sumac9. Dread Mafia Ft Askan Vibes
reggae.fr | 30-avr.-2018 02:00

Paristown #5
Il est minuit ce samedi 14 avril à Paris. Le Petit Bain se remplit tranquillement, le coup d'envoi de la Paristown épisode 5 est donné. La soirée est organisée par 5 sounds de la capitale : Gravity, Dance Soldiah, Izaboo, Drum Sound et Calaloo qui forment ensemble le crew 5 Majeur. Ils se passeront le relais aux platines pour animer la danse jusqu'au petit matin. Les plus gros hits dancehall ou roots du moment ainsi que quelques dubplates vont enjailler les massives venus nombreux. Les danseuses et danseurs (Amzone, Jainy, Saddy, Karen, French Squad Danca...) viendront faire démonstration de leur savoir-faire sur la scène. Pour les absents, la prochaine édition aura lieu le 9 juin prochain toujours au Petit Bain, avec comme invité exceptionnel Heavy Hammer, le sound d'origine italienne récent vainqueur du War Ina East Soundclash contre Warrior Sound après plusieurs années d'absence de la scène clash.
reggae.fr | 23-avr.-2018 02:00

Bordeaux Dub School #13
Nous sommes le 31 mars et c'est déjà la 13ème édition de la Bordeaux Dub School ! Comme d'habitude c'est Wandem Sound System qui invite. Ce soir c'est le crew Inner Standing tout droit venu d'Oakland en Californie et Young Warrior (fils de Jah Shaka) qui ont été invités à partager les bonnes vibes sur une sono récemment améliorée et agrandie (8 scoops).Wandem ouvre le bal en nous proposant un warm up bien roots dans une salle toujours aussi bien décorée pendant que Relaks One Og entame une peinture en live sur une grande toile blanche posée au milieu de la scène. La sélection devient vite plus énergique et la Hornsmen Section est toujours là pour nous régaler de quelques notes de mélodica, de saxo, ou de trombone sur les versions. La salle est déjà bien pleine et les skankers bien chauds quand Iris Askan laisse les platines à Inner Standing.Selecta Kojak et Peter Lionheart prennent donc place derrière les machines pour représenter le crew californien dans une session qui commence roots avec quelques classiques. L'ambiance monte doucement et devient méditative quand les Inner Standing nous proposent des dubs comme Mek We Build de I David sorti il y a quelques années sur leur label ou encore le His Foundation signé Moa Anbessa et Prince David (malheureusement jamais pressé) suivi d'une version dub hyper puissante. Entre les morceaux, Peter Lionheart ne cesse de prêcher la bonne parole, en appelant à la paix et à l'amour ou en mettant en garde les plus jeunes contre les dangers des drogues. etCcedil;a tourne vite au steppa et on entend, entre autres, un remix plein d'énergie du mythique Jah Creation de Creole avant que les Inner Standing ne terminent leur session de folie sur quelques dubplates.Pas le temps de laisser reposer ses jambes, c'est Young Warrior qui enchaîne, nous invitant à son tour à réviser nos classiques en jouant des morceaux comme Want to Be No General de Dennis Brown ou Ice Cream Love de Johnny Osbourne. Dans un style d'animation nous rappelant parfois celui de son illustre père, Young Warrior prend le micro sur les versions pour marteler messages positifs, appels à l'unité et remerciements. Les morceaux deviennent vite plus steppa avec de longues parties instrumentales où le jeune Anglais joue à merveille des effets et des sirènes, entraînant les skankers dans une danse intense. Dernier morceau pour Young Warrior : un dubplate de folie que les habitués de ses sessions connaissent déjà (Shaka Shaka Warrior) et qui va provoquer une véritable explosion dans la foule, PULL UP, on recommence !Il reste une bonne heure à savourer et il va falloir assurer pour reprendre les platines après les deux sessions qu'on vient de vivre. Le Wandem va répondre présent avec une impressionnante collection de dubplates signés pour la grande majorité de producteurs locaux et présents dans la salle (les circuits courts y'a que ça de vrai !).etCcedil;a commence avec une production énorme inna steppa style signée I Tist et Hatman, tout le monde est entraîné dans la danse, Young Warrior est resté profiter de la session derrière les platines et les deux membres d'Inner Standing skankent au milieu de la foule.etCcedil;a continue donc avec une pluie de dubplates jusqu'à ce que les lumières se rallument sur une salle pleine de sourires où résonne la voix de Joseph Lalibela posée sur une production furieuse de Kandee. Encore un dernier petit tune pour la route avec la Hornsmen Section en bonus et c'est déjà fini. Encore une Dub School plus que réussie, où tous les invités ont répondu présents, et les skankers aussi ! Big up au Wandem Sound System !
reggae.fr | 20-avr.-2018 02:00

Dubamix et The Joke - Lavoblaster Remix
On avait quitté Dubamix il y a un peu plus d'un an alors qu'il nous présentait son maxi 2 titres rendant hommage à la résistance des femmes (Les p'tits tracts). Comme à son habitude, le plus militant des dubmakers français a décidé de nous surprendre avec Lavoblaster Remix, son nouveau projet dans lequel il se réapproprie l'album (plutôt rock à la base) de The Joke (un groupe avec qui Dubamix travaille depuis longtemps). Un opus qui avait été enregistré à Ouagadougou et auquel de nombreux musiciens burkinabés avaient collaboré.Dés le premier morceau Contraire, on redécouvre avec plaisir le dub puissant aux influences électroniques de Dubamix, et c'est le flow presque hip-hop du chanteur de The Joke qui vient se mêler à des chants et mélodies africains pour nous faire entrer parfaitement dans cet album.Sur Bordel, c'est le rappeur burkinabé Busta Ganeenga qui vient rejoindre The Joke pour nous rappeler que la colère gronde partout autour du globe sur une instrumentale très orientée électro et hyper rythmée, entrecoupée d'extraits de journaux télévisés français et africains. Vient ensuite 5 francs, un morceau où se croisent anglais, français et espagnol grâce à un nombre impressionnant d'invités ; décliné plus tard dans une version plus lente et pleine de samples tirés de musique classique où l'on retrouve toujours autant de chanteurs venus d'horizons différents (5 francs 2nd Movement).Notre coup de coeur ira sans aucun doute vers On s'en fout, un hommage à Black So Man (de son vrai nom Bintogoma Traoré, un artiste burkinabé très engagé habitué aux critiques du système dans ses textes, mort en 2002) auquel les différents chanteurs présents sur ce morceau ont d'ailleurs emprunté les paroles sur un riddim dansant truffé d'inspirations africaines où l'on reconnaît clairement la patte et les grosses basses de Dubamix.On retrouve ensuite une instrumentale pleine d'énergie et taillée pour faire danser, parfait mélange entre musiques électro très actuelles et rythmes africains (OK et KO) avant d'avoir droit à une bonne dose de musique tzigane avec Des claques. Le dubmaker nous emmène ensuite dans un univers entre dub et trip-hop avec le méditatif Shanti, " probablement le seul morceau de Dubamix sans skank " selon l'artiste lui-même. L'album se conclut avec Tout le monde compte, encore une production puissante et dynamique à laquelle se mêlent à merveille les percussions d'Ibrahim Keïta.Encore un essai transformé pour Dubamix qui arrive comme toujours à concilier musique dansante et lutte sociale avec le talent et le soin qu'on lui connaît. Un album hyper éclectique et bourré d'inspirations venues de régions et d'horizons totalement différents où le dubmaker nous fait danser, voyager, et réfléchir en même temps.Tracklist : 1. Contraire 2. Bordel3. 5 francs 4. On s'en fout 5. Des claques6. OK7. KO8. 5 francs 2nd Movement9. Shanti10. Tout le monde compte
reggae.fr | 19-avr.-2018 02:00

Booboo'zzz All Stars - Reggae Bash II
Le groupe emblématique de la scène bordelaise que l'on connaît et suit depuis le temps des premiers lives et jam sessions au bar Le Booboo'zzz et dont le projet des reggae bash a eu un petit succès sur la toile sort son deuxième album de reprises !L'identité reggae du Booboo'zzz All Stars et la virtuosité musicale de l'ensemble de ses musiciens s'affirme une fois de plus avec cet album où les influences soul, funk et ska côtoient les voix d'artistes invités qui apportent leur touche personnelle et originale en symbiose avec les voix des Booboo'zzz.Ce Studio Reggae Bash Volume II est une belle façon de redécouvrir des titres de la chanson française tels que Résiste, bel hommage à France Gall signé Taïro, Le premier jour du reste de ta vie d'Etienne Daho entonné par Merlot (ex-Baobab) ou encore le mythique Le sud de Nino Ferrer repris par Ryadh. La variété internationale est elle aussi bien représentée avec l'envoetucirc;tant Wasting My Young Years de London Grammar qui s'offre une nouvelle parure reggae avec la voix de Mystic Loïc de Mystical Faya ; Domino de Jessie J au tempo plus lent (Alexis Evans) ou Owner of a Lonely Heart (Rebecca M'Boungou) et No Diggity de Blackstreet offrent de véritables petites groovy et de belles performances vocales.Pour ce projet de 12 titres, les musiciens du groupe bordelais se sont accompagnés une nouvelle fois d'artistes français comme Taïro et Ben l'Oncle Soul et ont réussi à compiler des titres de tous les styles pour en faire un album énergique à la sauce reggae !Encore un joli projet qui nous replonge dans les versions originales de classiques indémodables auxquels le reggae va finalement si bien. Tracklist :01. MERLOT Le PremierJour Du Reste De Ta Vie (Etienne Daho cover)02. BEN l'ONCLE SOUL Always Be My Baby (Mariah Carey cover)03. REBECCA M'BOUNGOU Owner Of A Lonely Heart (Yes Cover)04. TAetIuml;RO Résiste (France Gall cover)05. MYSTIC LOetIuml;C Wasting My Young Years (London Grammar cover)06. BEN MAZUE Les Parfums De Sa Vie (Art Mengo cover)07. JOSS BARI It's You (Zayn cover)08. ALEXIS EVANS Domino (Jessie J cover)09. RYADH Le Sud (Nino Ferrer cover)10. BOOBOO'ZZZ ALL STARS No Diggity (Blackstreet cover)11. ANN SHIRLEY Pearls (Sade cover)12. CELIA KAMENI Unstoppable (Lianne La Havas cover)
reggae.fr | 16-avr.-2018 02:00

Zion Garden : l'orga s'exprime
Depuis l'annonce du retour d'un grand festival reggae à Bagnols sur Cèze, les aficionados du Zion Garden se demandaient ce qu'allait devenir leur festival familial et accessible... L'équipe du Zion a rassuré tout le monde en confirmant la tenue de sa huitième édition cet été et affirme travailler main dans la main avec les organisateurs du Bagnols Reggae Festival. Mais qu'en est-il vraiment de cette collaboration ? Comment se déroulera le Zion Garden 2018 en marge de ce nouvel évènement ? Quels artistes s'y produiront ? Arnold Metrot, directeur du festival bagnolais, répond à nos questions.Reggae.fr : Avant de commencer à parler du prochain Zion Garden, peux-tu nous faire un bilan de l'édition 2018 du Zion d'Hiver qui s'est tenue en février sur deux jours à Laudun ?Arnold Metrot : Toute l'équipe est super contente parce que l'organisation s'est très bien passée. Le public a été enchanté comme d'habitude donc de ce côté-là, on a rempli notre mission. Après, c'est vrai que cette année, on a eu un peu moins de monde que d'habitude. On ne s'y retrouve pas forcément financièrement, mais ça fait partie du jeu et ça va nous pousser à réfléchir pour repenser un peu l'évènement et lui donner un petit coup de frais pour l'année prochaine. On a rencontré aussi quelques obstacles qui ne nous ont pas aidé, notamment pour la disponibilité de la salle qui nous a été validée très tardivement. Du coup, la programmation a été elle aussi dévoilée sur le tard. On verra si l'année prochaine on retourne à Laudun ou si on cherche un autre endroit pour ce prochain Zion d'Hiver. En tout cas, de mon côté, je ferai le maximum pour qu'il y ait une édition 2019 et on en profitera setucirc;rement pour lui donner un petit coup de jeune en innovant sur certains points !Et ce Zion d'été alors ? Comment avez-vous accueilli le retour d'un grand festival au Parc Rimbaud ?On est contents. etCcedil;a fait plusieurs années que la mairie nous pousse à nous lancer sur ce site, mais c'est vrai qu'avec notre statut associatif, ce n'est pas évident de monter un tel événement avec un gros budget et ce n'est pas forcément l'envie de toute l'équipe donc on n'a jamais sauté le pas. On a toujours eu de bonnes relations avec Jérôme Levasseur, l'organisateur du Bagnols Reggae Festival et il nous a contactés dès qu'il a eu l'idée de monter ce projet. Il nous a même demandé si on s'y opposait, mais il n'y avait aucune raison qu'on le fasse. Le Zion Garden est né en marge d'un autre grand festival. Notre but à la base était de mettre en place une sorte de festival off du Garance donc on est ravis que ça redevienne le cas même si on avait tous aimé l'évolution du Zion Garden ces dernières années après l'arrêt du Garance en 2014. En tout cas, on a beaucoup apprécié la démarche de Jérôme et on se réjouit de pouvoir mutualiser certaines choses avec lui.Qu'est-ce qui va être mutualisé exactement ?On vient de lancer l'impression d'un flyer commun recto/verso qui est distribué partout en France et on travaille actuellement sur les détails d'autres mutualisations comme le projet d'une aire d'accueil commune, parking et camping. On réfléchit à faire au mieux pour que nos deux structures s'y retrouvent et pour que ce soit le plus agréable possible pour le public et les Bagnolais.La formule du Zion Garden va-t-elle changer du fait du retour d'un grand festival ?A priori oui. On devrait garder la formule des années précédentes avec des concerts les soirs lundi, mardi et mercredi et on devrait reprendre notre rôle de off avec des animations sur les journées du jeudi, vendredi et samedi pour laisser la place aux concerts du Bagnols Reggae Festival le soir. Du coup au niveau billetterie, on va sans doute faire un pass semaine avec les trois soirs pour les concerts du début de semaine puis également une billetterie par soir et le reste de la semaine, le Zion Garden sera accessible sur simple adhésion à 2eteuro; comme c'était le cas avant à l'époque du Garance.Comment accueillez-vous ce changement au sein de l'équipe ?etCcedil;a représente un peu de stress parce qu'on est un peu dans l'inconnu. Après trois années à organiser six soirées concerts, on se retrouve avec seulement trois soirées donc il y a forcément un impact financier. Mais on est très excités par cette nouvelle aventure et aussi très honorés d'avoir été sollicités par Jérôme Levasseur et son équipe pour apporter notre savoir-faire et notre expérience dans la mise en place de cette aire d'accueil et l'organisation de ce festival off. On n'a jamais vraiment réussi à faire ça avec le Garance mais c'est ce qu'on a toujours voulu faire. Et là on commence une collaboration qui je l'espère va s'installer sur le long terme. On estime que c'est une chance pour nous de faire enfin intégrer notre association comme un acteur incontournable du paysage local en travaillant main dans la main avec la société de production du Bagnols Reggae Festival, mais aussi la mairie, les commerçants et les riverains.Et à quoi peut-on s'attendre niveau programmation ?etAgrave; une programmation hors des sentiers battus avec une majorité d'artistes étrangers. On accueillera entre autre U-Roy avec Mad Professor. Le reste des noms sera annoncé dans les prochaines semaines. Voilà ce qu'on peut dire pour le moment.A ton avis, qu'est-ce qui fait que Bagnols soit une ville si importante pour le reggae ? Il y a quand même un historique incroyable sur le nombre de festivals à succès qui s'y tiennent depuis 2002.Déjà Bagnols a toujours été une ville de festivals. Pendant des années aussi il y a eu le Bagnols Blues qui a toujours eu beaucoup de succès. Et il faut croire que les organisateurs du Jamaican Sunrise, du Ja'Sound et du Garance ont bien travaillé car ils ont toujours su attirer beaucoup de public et ils ont rendu Bagnols sur Cèze prestigieux aux yeux des Jamaïcains. J'ai eu l'occasion d'aller en Jamaïque il y a quelques années et je me suis rendu compte que les Jamaïcains connaissaient deux villes en France : Paris et Bagnols ! Il y a aussi un cadre que les gens aiment bien. Le climat, la rivière, l'emplacement géographique... C'est un endroit qui s'y prête bien c'est tout.
reggae.fr | 13-avr.-2018 02:00

Ken Boothe et Guive @ Cabaret Sauvage
Il était déjà une légende dans le coeur des fans de musique jamaïcaine, mais sa popularité ne cesse de grandir auprès d'un public plus large depuis sa participation au projet Inna De Yard. L'immense Ken Boothe était de passage au Cabaret Sauvage de Paris backé par l'excellent Homegrown Band. Toujours aussi classe dans son costard, le boss du rocksteady a ravi un public venu en masse profiter de ses hits When I Fall In Love, Freedom Street, Artibella et autres Everything I Own. Le Jamaïcain était précédé par les Parisiens Guive et The Ora qui ont parfaitement introduit la soirée avec leur reggae soul vintage particulièrement bien exécuté ! Retour sur ce magnifique concert avec les photos de Philippe 'Da Best' Campos.Guive et The Ora Ken Boothe
reggae.fr | 12-avr.-2018 02:00

Jr Kelly et Droop Lion et Charly B @ Paris
C'était le 25 Mars 2018 à la Maroquinerie ! Charly B, Droop Lion et Junior Kelly, combinaison bombastique, nous ont fait passer une de ces soirées qui nous font vibrer un très long moment. Backés par des musiciens hors pairs, dont Clinton Rufus des Gladiators, ils nous ont offert une performance que seuls les Rouennais et Parisiens ont eu la chance d'apprécier en France. En effet, après cette apparition éclair en France, ce sont les Allemands qui ont pu les voir dans toutes leurs grandes villes pour une "spéciale Pâques" où s'y sont rajoutés deux autres artistes et non des moindres : Anthony B. et Romain Virgo ! Nous y avons découvert un Charly B (artiste français multi culturel vivant en Jamaïque) souriant et dynamique. Un Droop Lion généreux, inspiré et spirituel et enfin un Junior Kelly toujours aussi beau et vibrant.
reggae.fr | 11-avr.-2018 02:00

Mellow Mood - Large
Le 6 avril dernier, les Italiens de Mellow Mood frappaient fort à nouveau avec la sortie de leur troisième album Large. Le groupe signe ici un album reggae roots inspiré qui risque de remuer la sphère reggae internationale.Un album de qualité, autant sur le plan musical et artistique que sur le visuel. Ce sont des instrumentaux en apparence simples mais pourtant très travaillés qui rendent ce projet pur et homogène. On reconnaît la patte de Paolo Baldini entre 1000. Le producteur transalpin accorde une belle place aux riddims, comme sur le morceau It Can't Work. Alternant entre sonorités et instruments à l'ancienne, passage dubbés et synthétiseurs sortis d'ailleurs, la formation insuffle une force particulière à chacun des douze titres.La recette des jumeaux ? Créer des mélodies entraînantes, qui demeurent avec plaisir dans la tête toute la journée. Another Day et Sound of a War ne sont que deux exemples parmi tant d'autres. On se surprend souvent à les fredonner joyeusement sans s'en rendre compte. Mais ne vous laissez pas attendrir, Mellow Mood a aussi un message fort à transmettre. Chaque tune vient prendre le pas sur le précédent pour éduquer et déployer des images fortes au public. Daddy ou Tuff Rocky Road illustrent bien la diversité des thèmes abordés, toujours avec aisance.Cette aisance est aussi ce qui rend cet album efficace. Toujours dans la simplicité, sans trop en faire, les Italiens ont le don d'amener des sujets d'actualité directement au coeur de leur musique. Le fait que les instruments aient été enregistrés en majorité en live apporte un atout supplémentaire qui se ressent et qui saura convaincre les plus sceptiques. Bien setucirc;r, les twinz posent aussi leurs voix sur des sujets légers mais non moins importants. L'intro Call Back the Love ou le love tune Heart to No One parviendraient presque à émouvoir les coeurs de pierre ! Un flow cuisiné à la sauce italienne et des refrains moelleux à souhait, que demander de plus ? Le tune qui résume au mieux l'homogénéité de cet album n'est autre que le hit Large. Simple et efficace, un morceau engagé, entraînant, qui transpire l'harmonie entre le groupe et le producteur Paolo Baldini. A découvrir. Tracklist :01 - Call Back the Love02 - Tuff Rocky Road03 - Ms Mary04 - Sound of a War05 - Large06 - Heart to No One07 - It Can't Work08 - Another Day09 - Daddy10 - String Up a Sound11 - Eye Waata12 - Place Called Home
reggae.fr | 09-avr.-2018 02:00

Alpheus - Light of Day
Avis à tous les amateurs de musique vintage : Alpheus est une fois de plus revenu d'un voyage dans le temps avec un album concocté aux p'tits oignons par son acolyte de producteur Roberto Sanchez. L'association de ces deux-là avait déjà fait des étincelles sur les albums From Creation et Good Prevails et ça continue avec ce nouveau Light of Day, toujours plus ancré dans les années 60.On avait eu droit à quelques perles de roots profond sur les précédents opus d'Alpheus. Cette fois, c'est strictly early reggae, rocksteady et ska. Roberto Sanchez a particulièrement soigné l'identité de ces onze nouveaux titres avec des choix d'orgues et de claviers et des sons de batterie absolument anachroniques. Alors qu'on sentait la modernité sur ses dernières productions, le génie espagnol est parvenu à " salir " le son de manière à perdre complètement l'auditeur. Sommes-nous en 2018 ou en 1968 ? Voilà de quoi ravir Alpheus qui refuse désormais de chanter sur des instrus modernes. 100 % des riddims sont pourtant des compositions originales. Fini les recuts ! Exit les adaptations de Phil Pratt ou Studio One. Et c'est là que se situe la prouesse.Il émane de ces onze nouveaux titres une mélancolie et une nostalgie incarnées par la voix douce et juste du chanteur anglais qui caresse les sublimes instrus du producteur espagnol. Light of Day est particulièrement solaire, rempli de titres très positifs comme le tune éponyme bien setucirc;r, mais aussi le bien nommé Positive Move et l'appel à l'unité All Together. Les rude-boys en prennent pour leur grade comme à l'époque avec Facety Rudie où Alpheus tente de remettre les jeunes délinquants dans le droit chemin. Les histoires d'amour ont aussi leur place sur la tracklist avec Just A Little, l'histoire d'un dragueur invétéré, et Fantasy, celle d'un séducteur moins habile. Le chanteur lance également une déclaration d'amour à la vie avec Love Life et tire un trait sur le passé en se concentrant sur l'avenir avec Past Is the Past. Surprenant pour un artiste qui ressuscite éternellement la musique des années 60 !Si vous avez envie de remuer les hanches, les bras, les genoux, le cou... Light of Day est fait pour vous. Il s'en dégage une énergie incroyable qui fera regretter la grande époque du ska à ceux qui l'ont connue et donnera envie aux plus jeunes de l'avoir vécue. Le duo Alpheus et Roberto Sanchez signe là un nouveau chef d'oeuvre !Tracklist :01. Light of Day 02. Nah Go Tek It 03. Apart 04. No Way 05. Facety Rudie 06. All Together 07. Positive Move 08. Just a Little 09. Fantasy 10. Love Life 11. Past Is the Past
reggae.fr | 06-avr.-2018 02:00

Naksookhaw - Optimise
Après avoir passé plusieurs années dans l'univers hip-hop, Naksookhaw met à profit ses découvertes musicales et choisi de mêler les styles. L'album Optimise, produit entre Saint-Etienne et la Jamaïque nous présente cet artiste aux multiples facettes.Optimise est une production globalement ska mais teinté d'autres influences allant du rap au rocksteady en passant par le funk/rock et le ragga dancehall. La première track de l'album, intitulée Naksookhaw, fait précisément office de présentation de ce dernier, capable d'une grande polyvalence musicale. Les morceaux Fleur fanée et Optimise arborent une touche propre au reggae avec les cuivres et les choeurs féminins entrainants tandis que d'autres morceaux comme Terre Anga viennent jouer avec les styles en changeant pour un tempo plus lent. D'autres sonorités dont le Talk Box sur Amico enrichissent le spectre musical de l'artiste. Les styles se côtoient et se complètent comme sur le titre Q1-2 où le hip-hop se mêle aux sons de piano plus soul et jazzy. Enfin certains titres viennent se colorer d'influences plus rock et funk. Du côté des textes, Naksookhaw délivre des messages engagés. On note en particulier un attachement aux valeurs de l'amitié ainsi qu'à l'Afrique. Le Guinéen Takana Zion accompagne même l'artiste sur le morceau Free Up. L'album de Naksookhaw invite à changer d'air comme il le chante dans Prendre le large, et aspirer à un monde meilleur où l'on est libre d'assumer ses valeurs et d'avancer librement. Un album coloré d'influences éclectiques qui sait dépeindre les cultures du monde et promet un beau voyage auditif.
reggae.fr | 04-avr.-2018 02:00

Danakil @ La Moba
Danakil a mis le feu à La Moba à Bagnols-sur-Cèze le 23 mars dernier ! Les locaux de Conquering Sound avait en charge de chauffer la salle qui affichait complet depuis de nombreuses semaines. Les franciliens ont quant à eux une fois de plus déchainé les foules avec un show plus que carré mêlant des titres issus du dernier album de la formation La Rue Raisonne, comme des plus classiques. Retour en image sur cette belle soirée avec les photos de Ninon Duret, dont certaines décrivant l'ambiance en coulisse ;-)www.facebook.com/ninonduretphotographe/
reggae.fr | 03-avr.-2018 02:00

Samory I et Mo'Kalamity @ Le Blanc Mesnil
25 mars 2018. Ce dimanche soir de mars c'était bien au Deux-Pièces Cuisine du Blanc Mesnil, en région parisienne, qu'on trouvait sans aucun doute le plus beau line up reggae de France. Samory I, la révélation jamaïcaine de cette année, paratgeait la scène avec Mo Kalamity qui revenait dans une salle qui lui est chère présenter entre autres son travail avec Sly and Robbie.Pour bien lancer une telle soirée on pouvait compter une fois de plus sur l'équipe de Party Time au warm up. C'est cependant face à une salle clairsemée mais impatiente, que le Black Heart Band et Samory I se présentent. Une belle énergie et un band serein et efficace mené par un bassiste showman (Pot A Rice d'Uprising Roots et Inna De Yard notamment), la prestation tant attendue ne déçoit pas. Les basses sont lourdes, la voix frémissante... on sent que le jeune chanteur a déjà su trouver un public et un style.Et enfin rentre sur scène la reine du reggae made in France Mo Kalamity, accompagnée par ses Wizards. Les Wizards qui comptent maintenant dans leurs rangs Muctaru Wurie aux claviers et Valess Assouan à la basse. Ils alternent entre anciens titres et morceaux issus de son dernier album One Love Vibration. Les arrangements sont magnifiques, les solos de Yann Cléry à la fletucirc;te traversière et de Kubix à la guitare nous transportent à chaque fois et l'énergie et le charisme de Mo' font le reste. Le groupe et sa chanteuse sont exceptionnels et prêts à affronter des grandes scènes. A voir et à revoir sans modération !! Une très belle soirée offerte par le Deux Pièces Cuisine.
reggae.fr | 30-mars-2018 02:00

Le Sénégal à l'honneur @ Cabaret Sauvage
Le Sénégal a brillé le 15 mars dernier au Cabaret Sauvage de Paris. Quatre artistes très talentueux étaient réunis sous le nom "The Gardians" pour un concert unique où le partage était de mise. Natty Jean a ouvert le bal avant de laisser la place à Lidiop, Leteuml;k Sèn et enfin Meta et ses Cornerstones avant que tout le monde ne se retrouve ensemble pour un final haut en couleurs. Retour sur ces quatre belles prestations grâce aux clichés de Philippe 'Da Best' Campos.Natty Jean Lidiop Leteuml;k Sèn Meta and the Cornerstones
reggae.fr | 27-mars-2018 02:00

O.B.F et Charlie P - Ghetto Cycle
Charlie P a grandi en Angleterre et chante depuis toujours, il a commencé avec le groupe de ska Goldmaster All Stars à l'âge de 11 ans avant de rencontrer le producteur Dubateers avec qui il enregistre son premier album (Hustle) à 18 ans à peine au Conscious Studio. Il rejoint ensuite l'écurie Mungo's Hi Fi et les accompagne au micro un peu partout en Europe avant d'enregistrer avec eux un second album en 2015 (You See Me Star). De son côté, O.B.F est un sound system qu'on ne présente plus ; en quelques années, le crew français a su s'imposer comme un acteur majeur de la scène reggae/dub internationale grâce a des sorties vinyles qui deviennent rapidement des classiques et de nombreuses prestations live d'anthologie. La première fois que Charlie P et O.B.F se sont rencontrés c'était à Nantes à l'occasion d'un Dub Club. L'alchimie opère rapidement et les morceaux Dub Controler ou Sixteen Tons of Pressure naissent de cette rencontre, le chanteur anglais accompagne aussi régulièrement le crew en session. La suite logique de cette collaboration était un album et c'est chose faite avec Ghetto Cycle sorti le 16 mars dernier.Quand on nous annonce un album produit par O.B.F, on avoue s'attendre à recevoir du gros steppa dans la lignée de ce qu'on avait adoré avec Wild, mais ils vont nous montrer avec Ghetto Cycle qu'ils savent apprécier et s'inspirer de toutes les branches du reggae (et même d'autres courants musicaux) tout en s'adaptant parfaitement au style de leur invité. L'album démarre donc avec deux morceaux très orientés new roots (New Generation et Policemen) sur lesquels la voix de Charlie sait se faire douce et chantante. On enchaîne ensuite avec un reggae plus digital aux accents rub a dub sur Sweet Reggae Music et on a même droit à une bonne touche de dancehall avec Buss. Que les dub addicts se rassurent, ils vont avoir leur dose : d'abord dans un style lent et méditatif avec le profond Reality, puis de façon beaucoup plus énergique avec des steppas bien lourd et pleins de sonorités métalliques inna O.B.F style (Time ou Dubplate Specialist). Le morceau le plus étonnant de cet opus est sans aucun doute Ah So We Dweet, un riddim grime détonnant sur lequel le flow très dancehall de Charlie P fait encore mouche. On reste ensuite dans cette ambiance entre bass music et hip-hop actuel avec le très dark Family. L'album se conclut par Ghetto Cycle, un dub lent et progressif à la ligne de basse hypnotisante faisant office de parfait générique de fin.Ghetto Cycle est un album concept réussi et très éclectique influencé par une très large palette de styles musicaux sur lesquels la voix juvénile et les textes très personnels de Charlie P s'adaptent parfaitement à chaque fois. Un effort qui ponctue à merveille la collaboration entre le chanteur anglais et O.B.F qu'on espère encore longue et tout aussi productive à l'avenir. Tracklist :1. New Generation2. Policemen3. Sweet Reggae Music 4. Reality5. My Introduction6. Time7. Buss8. Dubplate Specialist9. Ah So We Dweet10. Family 11. Heavier12. Struggling13. Ghetto Cycle
reggae.fr | 26-mars-2018 02:00

Zion d'Hiver 2018
Cette année encore, le Zion Garden avait droit à son édition hivernale au Forum de Laudun les 23 et 24 février derniers. Encore une belle programmation variée (Yaniss Odua, Mystical Faya, Channel One, Erik Arma, Massive Dub Corporation ou encore Tha Trickaz) dont on vous propose un aperçu en photos avec le reportage de Ninon Duret, présente pour immortaliser le premier soir de ce beau rassemblement.After All Sound System Erik Arma Yaniss Odua et Artikal Band Channel One www.ninonduret.com
reggae.fr | 23-mars-2018 01:00

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