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Winston McAnuff et Fixi à Bordeaux
Quelques jours seulement après la sortie de leur dernier opus Big Brothers, Winston McAnuff et Fixi avaient donné rendez-vous à leur public bordelais au Rocher de Palmer. Reggae.fr se devait d'être de la partie et de vous faire revivre cette jolie soirée.Après une belle découverte en première partie avec le groupe Waters Edge Band et leur savant mélange de blues, rock et afrobeat plein d'énergie, on a droit à une présentation du projet Big Brothers et de ses deux protagonistes, Winston McAnuff et Fixi. La lumière se tamise ensuite et les musiciens prennent place : un bassiste, une guitariste, une batteuse/percussionniste, Fixi derrière son piano, et un micro chacun pour les choeurs. Les premières notes de Big Brother se font entendre et Winston McAnuff fait son entrée sur scène pour partager une première danse avec son public grâce à ce morceau plein de groove. Le chanteur jamaïcain va ensuite prendre le temps de saluer la salle avant d'enchaîner avec deux morceaux plus intimes, d'abord My Angel, puis Think et son refrain martelé comme un mantra. On passe ensuite par des titres pleins d'énergie à commencer par I Came I Saw que le groupe fera durer un couplet de plus où le chant de McAnuff laissera place à Fixi (qui a lâché son piano) et ses enivrantes mélodies d'accordéons. Fixi prend ensuite le micro pour introduire des " amis réunionnais " venus rejoindre la troupe avec leurs instruments traditionnels pour nous proposer un formidable mélange entre le reggae du Jamaïcain, les airs d'accordéon et la musique réunionnaise auquel personne ne peut rester insensible et qui entraîne la foule dans une danse endiablée.Le show va continuer à nous faire balancer entre moments de fête avec des morceaux dansants comme Let Them Go et d'autres plus calmes, plus mélancoliques grâce à Wha Dem Say (emprunté à l'album A New Day) ou encore l'émouvant Crying for Love qui plongera la salle entière dans une bulle d'émotions. On entendra ensuite avec plaisir le sublime Ras Child qu'une grande partie du public a reconnu dès les premières notes et continue de savourer en reprenant en choeur le refrain avant que tout le monde ne reparte en coulisses.Rappelés par la foule, Winston et Fixi reviennent d'abord seuls sur scène pour un touchant piano voix (Black Bird) avant d'être rejoints par le reste du groupe pour deux morceaux de plus : Rock Soul, puis Good Feeling qui fera office (comme sur l'album) de joyeux générique de fin à cette belle soirée. Toujours aussi généreux, Winston McAnuff aura une fois de plus livré un show intense et d'une grande qualité, bien aidé par Fixi et le reste du groupe. Une soirée dont on ressort, comme le reste du public, la tête pleine de jolies mélodies et de bonnes vibrations.
reggae.fr | 17-oct.-2018 02:00

AlphaSteppa et NaiJah- The Great Elephant
Est-il besoin de présenter Ben " Alpha " aka Alpha Steppa ? Fils de John Sprosen et neveu de Christine Woodbridge, les deux membres du groupe mythique de dub UK Alpha et Omega, il s'est naturellement tourné très jeune vers la production musicale. Alpha Steppa s'est très vite imposé comme une référence sur la scène dub européenne grâce à un univers musical bien à lui où se mêlent dub UK et reggae roots dans des productions enrichies de sonorités world qu'il ramène de ses multiples voyages. Nai-Jah est quant à lui un chanteur nigérian arrivé en France en 2006. Adopté depuis quelques temps déjà par la famille Steppas Records, il accompagne régulièrement Alpha Steppa sur ses lives (que ce soit seul ou avec Dub Dynasty, le groupe formé par Ben et sa tante). La suite logique de cette collaboration était un album commun et c'est désormais chose faite avec The Great Elephant.Après un texte d'introduction plein de sagesse, l'album débute par des cris de canards ouvrant Rice Traffic, un morceau qui nous plonge directement dans l'univers si reconnaissable d'Alpha Steppa : une instrumentale méditative aux basses profondes où se croisent percussions lunaires et mélodies de violon, le tout sublimé par la voix de Nai-Jah ; ça commence bien !Chaque titre aborde un sujet différent. Repatriate Your Dollars dénonce la corruption et autres dérives de notre société, alors qu'Amazon nous rappelle le désastre écologique se déroulant en Amazonie où " mère nature se meurt ". On découvre ensuite des morceaux comme Last Call et son instrumentale hyper travaillée à la ligne de basse toujours aussi prépondérante ; ou encore le superbe Overcome sur lequel le message d'espoir du chanteur nigérian se colle à merveille sur le riddim profond et rythmé que lui offre Alpha Steppa. Chanting nous entraînera dans un univers encore plus spirituel grâce à son instrumentale méditative à souhait sur laquelle des voix mystiques viennent se mêler au chant de Nai-Jah avant que Biko ne vienne conclure cet album en beauté avec ses mélodies qui semblent venir d'un autre monde.Les habitués des vinyles à la tranche verte s'en doutent déjà, on a droit en guise de bonus à un second disque contenant les versions dubs sur lesquelles les productions d'Alpha Steppa prennent souvent encore plus d'ampleur.Avec The Great Elephant, Alpha Steppa frappe une fois de plus très fort en nous proposant un opus dont les productions sont aussi lourdes que les thèmes abordés par Nai-Jah dans ses textes. Des instrumentales toujours très précises et truffées de détails taillées sur mesure pour la voix sublime du chanteur nigérian. Tracklist :01 How Long? (Intro)02 Rice Traffic03 Repatriate Your Dollars04 Advanced Peace05 Africa is Great06 Amazon07 Progress08 Last Call09 Overcome10 Chanting11 Biko
reggae.fr | 10-oct.-2018 02:00

Toots et the Maytals @ L'Olympia
De la musique jamaïcaine à l'Olympia, ce n'est pas tours les jours ! On ne boudait pas notre plaisir de voir Toots and the Maytals inscrit en lettres rouges sur la façade de la mythique salle parisienne le 2 octobre dernier. Le public était au rendez-vous pour applaudir l'un des groupes yardies les plus anciens toujours en activité. Toots Hibbert et ses Maytals ont régalé la foule au rythme du ska, rocksteady et early reggae à grands coups de hits. 54-46, Monkey Man, Funky Kingston, Pressure Drop... La liste fut longue ! Le jeune Droop Lion a même fait une courte apparition en featuring avec ses aînés et la première partie était assurée par David Corleone et D-Wa en config sound system avec Ashanti 3000 aux platines. Retour sur cette soirée mémorable avec les photos de Philippe 'Da Best' Campos.
reggae.fr | 09-oct.-2018 02:00

Pierre Nesta - Voyageur
Pierre Nesta, petit nouveau dans le paysage reggae français, fait sa grande rentrée au mois d'octobre avec son premier album, Voyageur. Pierre ajoute six nouveaux titres aux cinq déjà présents sur son EP Smile pour cet album enregistré au Studio Anchor à Kingston. Il lui fallait retourner aux sources de cette musique qui l'a tant fait vibré après avoir tenté sa chance à la Star Academy et chez les majors avec le groupe Premix. Le voilà aujourd'hui sur la route de l'indépendance avec onze titres reggae teintés de chanson française, de blues et de pop aux messages d'amour et d'unité.L'album s'ouvre avec le titre Love Bring Me Higher, un roots avec de belles basses rondes, une rythmique de guitare lancinante et des choeurs limpides. Une ode à l'amour ; un amour qui peut tout arranger. S'ensuit le titre IetI dans lequel il donne son avis sur la colonisation en partageant le micro avec le Jamaïcain Jah Exile. Est-ce ainsi que les hommes vivent offre un riddim envoetucirc;tant pour une mise en musique d'un poème d'Aragon qui avait déjà été chanté par Léo Ferré, Phillippe Léotard ou Bernard Lavillier. New Day commence par des notes de piano aériennes qui disparaissent pour laisser place à un ska rythmé par une guitare au son métallique et des percussions chaleureuses pour porter le message d'espoir du chanteur. Sur le titre éponyme de l'album, Pierre Nesta invite bien setucirc;r au voyage et nous conte son désir de rencontres et d'ailleurs. Sur Free World, il prône un monde libre tant pour les hommes que pour les animaux. Plage Atlantique est quant à lui un titre qui fait office de déclaration d'amour à l'océan. Pierre nous y décrit sa passion et son admiration pour l'océan et même pour le surf. On passe à This Morning, un ska joyeux et ensoleillé porté par une très belle section cuivres qui donne envie de danser sans jamais s'arrêter. L'avant dernier morceau, Maman est un reggae suave et lancinant dans lequel il dit merci à sa mère et lui témoigne l'immensité de son amour. Un titre humain et plein d'émotions. On termine l'album avec Protected By The Most High, un hymne rasta mélangeant le français et l'anglais sur lequel on retrouve le très grand Earl Chinna Smith à la guitare.Même si certains voudront toujours lui coller son étiquette de la Star Academy, Pierre Nesta nous livre un album humain, chaleureux et libre. L'artiste sort des sentiers battus avec un opus personnel et profond qui annonce un parcours prometteur. Tracklist :1. Voyageur2. Love Bring Me Higher3. Plage Atlantique4. IetI5. Est-ce ainsi que les hommes vivent6. New Day7. Free World8. Daylight9. Thois Morning10. Maman11. Protected By the Most High
reggae.fr | 08-oct.-2018 02:00

NoLogo 2018 Bilan avec Florent Sanseigne
Carton plein pour le No Logo cette année ! La sixième édition du festival jurassien s'est déroulée comme sur des roulettes sur le magnifique site des Forges de Fraisans. L'équipe organisatrice affiche avec fierté un bilan très positif avec 42 000 festivaliers en trois jours. On fait le bilan avec le directeur du festival, Florent Sanseigne, de cet évènement qui monte et qui monte pour s'imposer petit à petit comme l'un des rendez-vous reggae les plus importants de l'Hexagone.Reggae.fr : Comment as-tu vécu personnellement cette édition 2018 ?Florent Sanseigne : Avec une grande satisfaction. Nous arrivons à afficher complet pour la quatrième année. C'est juste génial tellement ce projet reste utopiste et ne peut fonctionner que grâce à l'adhésion des festivaliers. Je n'ai qu'une chose à dire : merci à eux.Cette année, vous êtes le premier festival reggae de France en termes d'affluence avec 42 000 personnes. Qu'est-ce-que ça t'inspire ?C'est un travail de tous les jours avec toute l'équipe d'organisation. Notre principe même est de remettre l'humain au centre du festival. Les festivaliers sont considérés comme acteurs et non consommateurs, ils décident des évolutions du festival à court, moyen et long terme. C'est peut-être pour ça que nous arrivons maintenant à 42 000 entrées sur trois jours, ce qui représente en réalité 20 000 festivaliers différents. Devenir le premier festival reggae en France en terme d'affluence est une fierté bien entendu, mais pas une finalité. On est malheureusement obligés de faire complet chaque année pour faire perdurer le festival avec nos valeurs, à savoir montrer qu'il est possible de faire un festival sans partenariat public (subventions) ni privé (sponsoring) et sans bénévoles.Pouvez-vous accueillir plus de monde l'an prochain ou avez-vous atteint la limite avec 42 000 ?On pourrait accueillir plus de monde sur le site des Forges de Fraisans et installer une troisième scène, mais ce n'est pas notre objectif prioritaire. Ce que l'on souhaite c'est que le public soit bien accueilli, que le festival reste agréable et vivable en terme d'accessibilité même si on est complet. On veut que l'ambiance et les good vibes soient au rendez-vous. Ce qui nous rend fiers, c'est que sur ces 14 000 entrées par jour, on a 11 500 personnes qui dorment au camping du festival. Les festivaliers ne viennent pas forcément pour un artiste mais pour passer les trois jours sur le site et vivre l'ambiance et l'expérience No Logo.Le No Logo reste encore jeune avec seulement six éditions pour le moment. Vous faîtes donc des progrès chaque année. Les objectifs de 2018 ont-ils été atteints ?On a donné notre sixième édition cet été et on n'a pas le choix que de faire la septième en 2019 car les festivaliers en ont décidé ainsi. On va comme chaque année demander le ressenti de chacun à travers notre grande enquête de satisfaction. On aura les résultats en fin d'année que l'on communiquera via les réseaux sociaux. Mais oui, le contrat est rempli pour l'édition 2018 et il nous reste encore une belle marge de progression car on peut toujours s'améliorer et nos festivaliers ne cessent de nous donner des idées chaque année pour y arriver. On a eu déjà des retours par les réseaux sociaux qui montrent quand même une grande satisfaction sur cette sixième édition.Qu'aimeriez-vous perfectionner ?Il y a encore plein de choses à améliorer pour amener plus de confort aux festivaliers. On doit aussi repenser un peu la scène Dub Factory en la mettant encore plus en avant. On se doit également d'améliorer les relations avec les forces de gendarmerie et la préfecture du Jura qui ont encore fait trop de répression sur la dernière édition. Cela passe par un dialogue régulier avec eux. De plus, on subit des conventions de gendarmerie depuis quatre ans maintenant qui mettent en péril économiquement le festival. Donc on va se battre au niveau du ministère de la culture pour que ces conventions de gendarmerie ne soient pas appliquées et surtout généralisées à l'ensemble des festivals du territoire français car elles pourraient remettre en cause notre exception et indépendance culturelles.Ton rôle à toi durant le festival c'est quoi ?Mon rôle est de gérer les problèmes et de faire le lien entre nos équipes d'organisation, de sécurité, de secours, et les représentants de l'état. Et bien entendu, de m'assurer que tout fonctionne sans problème, que les festivaliers soient contents d'être là et que l'ambiance soit bonne. Je m'occupe également de la fermeture et de l'évacuation du site des concerts tous les soirs à 3h du matin en invitant les festivaliers soit à aller à l'after sur le camping soit à aller dormir. Ceci pour éviter que les agents de sécurité qui sont épuisés après une longue journée de travail ne perdent leur patience avec des festivaliers fatigués.Avez-vous detucirc; faire face à des imprévus cette année ?L'organisation de la manifestation a été maîtrisée et nous n'avons pas eu d'imprévus de dernière minute cette année. etAgrave; part trois rages de dents au même moment dans l'équipe d'organisation permanente qui nous ont légèrement fatigués et irrités ! (rires)Quelles relations entretenez-vous avec les riverains et la mairie ?La relation avec le Maire de Fraisans est très bonne, c'est quelqu'un qui a tout de suite compris l'intérêt du festival pour sa commune en termes de retombées économiques, médiatiques et d'accessibilité culturelle. Avec les riverains, nous avions rencontré quelques problème lors de la première édition en 2013, mais maintenant ils sont contents, heureux et fiers d'avoir un festival comme celui-ci sur leur teritoire.Votre modèle économique est plutôt risqué. Quelle est votre recette miracle pour maintenir le festival chaque année ?Facile et simple, c'est-à-dire : il faut mélanger un lieu plutôt joli avec une histoire, une bonne prog avec plein de concerts, un évènement avec des valeurs, un tarif d'entrée abordable et saupoudrer le tout de plein de festivaliers qui ont envie de faire la fête ! Mais la seule vraie recette miracle pour que le festival perdure avec ces valeurs c'est faire complet chaque année.Quels ont été vos coups de coeur cette année ?Il y en a eu plein. Protoje a fait un show d'une qualité exceptionnelle, Groundation nous ont montrés qu'ils étaient bel et bien de retour, Calypso Rose a envoetucirc;té le festival pendant son show, le projet Havana meets Kingston nous a fait voyager à travers les Caraïbes tandis que Soviet Suprem nous transportait au goulag et que Panda Dub Circle Live propulsait le public tout droit sur Mars !
reggae.fr | 05-oct.-2018 02:00

Natty Jean - Imagine
Pour cette rentrée, Natty Jean présente son deuxième album Imagine. En s'associant avec de grands noms comme Godwin Logie, Cheick Tidiane Seck ainsi que Boris de Danakil et Manjul, il décide de flirter avec les styles musicaux pour colorer son reggae de touches dancehall, de sonorités urbaines et bien setucirc;r d'influences africaines.L'album démarre avec quelques surprises dans le titre Laissez-nous, prenant dès les premiers accords une ambiance très digitale que l'on retrouvera dans l'entraînant Falling ou le planant et spirituel Lou Teugue Tass. Une entrée en matière très dynamique avant de repartir sur des influences reggae plus classiques avec solos de guitare, choeurs et cuivres.Natty Jean nous offre un véritable voyage musical moderne entre France, Afrique, et Jamaïque, mais pas que ! Sur Taya, on retrouve en effet l'univers hip-hop tant affectionné par le Sénégalais. Le chaleureux Salimata, longtemps chanté sur scène avec Danakil, fait lui aussi partie des titres très entraînants de cet opus ! Ak Yow s'avère être un vrai contraste avec ce dynamisme en proposant un rythme très slow grâce à la douceur de l'envoetucirc;tante chanteuse venant accompagner Natty Jean, la Sénégalaise Viviane Chidid. Pour rester dans cet esprit doux et chantant, Natty nous offre le titre Sénégal où la fletucirc;te vient nous bercer sur fond de percussions et guitare acoustique.Les thèmes traités sont parfois durs. La plume du compère de Balik fustige la supercherie des médias, lutte contre l'esclavage mental, s'indigne des relations entre l'Afrique et les pays occidentaux... Natty n'est pas défaitiste pour autant et nous montre notamment avec son morceau On m'a dit que la sortie de l'obscurantisme est proche et qu'il suffit simplement de savoir rester fort pour faire face à la tempête.A l'image du dernier album d'Alpha Blondy, Human Race, Imagine devient un réel plaidoyer pour la cause africaine, la liberté, la révolte consciente et le respect. En oscillant entre wolof, français et anglais, Natty Jean crée un album aux styles métissés, à l'identité marquée et montre sa personnalité d'artiste engagé bien décidé à faire bouger les choses. Un véritable cri rebelle plein d'espoir au sein duquel l'Afrique, racines de l'artiste, est admirablement mise à l'honneur.Tracklist :01. Laissez-nous02. Falling03. On m'a Dit04. Sénégal05. Lou Teugue Tass06. Taya07. Ak Yow feat. Viviane Chidid08. Salimata09. Imagine10. Prezident feat. Didier Awadi et Gaston11. Egotrip12. Adouna13. Allah14. Echosysdub feat Ondubground et Danakil
reggae.fr | 04-oct.-2018 02:00

DJ Vadim - Interview Dubcatcher
Véritable sorcier musical, DJ Vadim donne dans le reggae depuis quelques années maintenant. Il vient de sortir le troisième volume de ses albums Dubcatcher sur lequel il accueille quelques-uns de ses artistes fétiches comme Ras Demo, Earl 16, Jamalski ou encore Big Red. Le DJ et producteur russe revient avec nous sur la création de cet opus, sur son univers et sa passion pour les musiques aux plurielles...Reggae.fr : Qu'as-tu voulu exprimer avec le titre Dubcatcher et quel est le dénominateur commun aux trois volumes ?DJ Vadim : Ce n'est pas tellement l'aspect physique de la musique dub, mais plus le fait de capter l'ambiance, la vibe. Voilà ce que j'exprime dans cette expression "Dubcatcher", capter le dub. Bien setucirc;r, comme il s'agit de dub très orienté reggae, la culture du riddim et de la bass music est aussi très présente dans ce concept. Les trois volumes s'inscrivent dans un voyage au cours duquel j'expérimente dans ma chambre d'écho.D'où vient le super héros qui apparaît sur toutes les pochettes ?C'était l'idée du graphiste, mais j'ai adoré dès la première pochette, donc je lui ai suggéré de le garder pour les autres. J'aime ce parallèle entre un personnage de cartoon qui se bat contre des méchants et mon parcours de combattant dans la musique... ou dans la vie aussi d'ailleurs.Ce troisième volume est encore plus expérimental que les précédents. C'est important pour toi de toujours repousser les limites ?Je ne sais pas si on peut vraiment le qualifier d'expérimental. Je pense qu'il est juste plus ouvert à d'autres musiques que simplement ancré dans le reggae. Il y a des bribes de bass music, de grime, de roots, de dub, de hip-hop... Je préfère parler de ressenti plutôt que de coller des étiquettes ou des noms à un style de musique. Mais en tant que DJ, je comprends d'où viennent ces étiquettes et l'importance qu'elles ont pour les gens. J'essaye d'extraire le meilleur de différents styles et d'assembler tout ça à ma façon.Tes albums sont toujours riches et intenses. On y trouve beaucoup d'invités et plein de sonorités très variées. Pourquoi un tel éclectisme ?Certains artistes sont bons dans un style particulier, mais j'ai toujours pensé que pour être un grand musicien, chanteur ou producteur, il fallait être capable de conquérir tous les styles. C'est ce que j'essaye de faire moi-même et je m'entoure de MCs qui sont dans le même esprit.Comment choisis-tu tes invités ?Je travaille avec ceux qui sont disponibles. Il y en a plein avec qui j'aimerais collaborer que je n'arrive même pas à contacter ou qui sont trop occupés.Lesquels par exemple ?Busta Rhymes, Beenie Man, Cham, Shabba Ranks, Missy Elliott ou Horace Andy.La plupart des artistes qui travaillent avec toi sont anglophones, mais il y a quand même un artiste français qui se glisse dans la tracklist de cet album...Oui, Big Red ! etCcedil;a fait longtemps qu'on bosse ensemble. On s'est connus à Marseille en 2005 et il fait partie de ma famille depuis. C'est normal qu'il soit sur cet album. C'est l'un des meilleurs MCs que je connaisse sur scène. Il est très versatile. Il peut toaster sur du roots, du dancehall, de la grime, du hip-hop, de la jungle ou du garage. C'est un vrai tueur !Tu es toujours très productif. Où trouves-tu le temps de créer et de sortir toute cette musique ?Je me le demande aussi parfois. Je pense que je dois être un super héros qui se bat constamment contre les problèmes de la vie quotidienne.Tu as créé ton propre label Jazz Fudge. Pourquoi ce choix ?Je l'ai créé en 1995 pour sortir ma musique. Personne n'était intéressé par ce que je faisais, donc je n'ai pas eu le choix. C'est aussi simple que ça. Je l'ai plus créé par défaut que par choix en fait.Sur quoi travailles-tu en ce moment ?Pas grand chose puisque je suis papa depuis un an et ma fille me prend tout mon temps. Je viens de créer un pack de samples tirés de l'album Dubcatcher Vol. 2. Un bon paquet de boucles qui ravira pas mal de producteurs.Comment as-tu découvert le reggae ?J'ai grandi avec le reggae et le hip-hop. Je pense que j'ai d'abord plus accroché avec le hip-hop, mais le reggae a toujours été là et j'ai toujours aimé en jouer dans mes DJ sets. En plus, le hip-hop est devenu de plus en plus commercial et de moins en moins intéressant donc le reggae a fini par prendre le dessus chez moi.Qu'aurais-tu fait de ta vie si tu n'étais pas dans la musique ?Sans doute ce que je faisais avant de faire de la musique. C'est-à-dire ingénieur civil. Je suis tombé là-dedans par hasard, ce n'était pas le boulot que je rêvais de faire mais ça me plaisait et j'étais plutôt bon.
reggae.fr | 02-oct.-2018 02:00

Roots Attack - Presenting Twan Tee
En décembre dernier, on vous disait tout le bien que l'on pensait de l'EP Roots Attack Presenting I Fi dont vous avez setucirc;rement detucirc; entendre des extraits en sound system depuis. L'heure est venue pour le label de nous dévoiler le second volet de cette série d'EPs : Roots Attack Presenting Twan Tee. Cette nouvelle sortie est consacrée à un jeune singjay français au style résolument rub-a-dub qui fait de plus en plus parler de lui ces derniers temps, accompagnant Roots Attack au micro en session ou collaborant avec Brigante Record, ODG ou encore Kandee.etCcedil;a commence avec un invité de marque en la personne de Joseph Cotton qui partage avec Twan Tee un riddim hommage à Michael Prophet (recut du You Are No Good) sur Serious Time, un morceau qui annonce la couleur rub-a-dub de l'opus. On aura droit à une bonne touche de digital avec Move On, sur lequel le flow de Twan Tee fait encore mouche sur l'instru efficace proposée par Jeh Jeh (producteur de Roots Attack). On retrouve ensuite deux featurings de plus, d'abord Ilements qui vient prêter main forte à Twan Tee sur Tell the Truth - un titre paisible aux airs de new roots - puis I Fi sur Stay Away from Trouble, un morceau où la complicité entre les deux artistes fait plaisir à entendre.Deux big tunes pour finir, à commencer par Run for Money dont le riddim à base de percus, de basses et de cuivres (qui tourne en boucle sur nos enceintes) ne laissera personne insensible. C'est enfin avec un univers aux flutes orientales envoetucirc;tantes, aux percussions rythmées et beaucoup plus orienté stepper que Kick Dem Out va conclure en beauté cet EP.Avec ce premier EP plus que prometteur, Twan Tee frappe fort, démontrant qu'il va falloir compter sur lui et son flow affuté qu'il sait parfaitement adapter à tous les styles (digital, new roots, stepper...). Et que dire des productions de Roots Attack ? Toutes plus efficaces les unes que les autres, s'adaptant encore parfaitement à ses invités. Qui sera le prochain sur la liste ? On attend la suite avec impatience...Tracklist :1. Serious Time Ft Joseph Cotton2. Move On3. Tell the Truh to the Youth Ft Ilements4. Stay Away from Trouble Ft I Fi5. Run For Money6. Kick Dem Out
reggae.fr | 01-oct.-2018 02:00

Sun Ska 2018 - Bilan avec Fred Lachaize
Après un vingitème anniversaire réussi sur le Campus Universitaire de Bordeaux, le Reggae Sun Ska effectuait son grand retour sur les terres médocaines pour sa 21ème édition. Le public a découvert le site du Domaine de Nodris à Vertheuil qui s'est avéré très fonctionnel pour accueillir le plus grand festival de reggae de France. Le directeur de l'évènement, Fred Lachaize, fait le bilan avec nous de ce come-back tant attendu.Reggae.fr : Pour cette 21ème édition, qu'est-ce-que ça vous a fait de revenir dans le Médoc, la " terre natale " du Regga Sun Ska ? Fred Lachaize : etCcedil;a fait un bien fou parce que le retour du Sun Ska sur son territoire a toujours été prôné même au moment de son départ. C'est justement pour ça que la métropole bordelaise n'a pas voulu nous conserver d'ailleurs. Il aurait fallu jouer les hypocrites et faire croire qu'on voulait rester à Bordeaux pour qu'ils nous gardent. Dès le début, on a annoncé qu'on retournerait travailler dans le Médoc sur un projet durable, c'est aussi pour ça que ça fait du bien d'y retourner. Si on arrive à lever toutes les dernières finalités avec les collectivités territoriales, on aura trouvé un très bel endroit pour installer durablement notre festival. Cela veut dire qu'on sera enfin dans le projet que l'on porte depuis tant d'années maintenant.L'édition s'est-elle déroulée comme vous le souhaitiez sur ce nouveau site ?Non absolument pas. D'une part, on a eu moins de six mois pour réimplanter le festival. On savait que ça allait être très compliqué parce qu'il y a eu un manque de temps à la fois pour présenter le lieu, le faire partager au public, communiquer dessus et le valoriser. Tout ça c'est très long. Trouver le bon calibrage d'aménagement, gérer ses budgets et faire en fonction c'est très compliqué. Donc non on n'a pas un bilan aussi bon qu'on l'espérait. Le bilan est aussi mitigé car on n'a pas fait le score attendu, setucirc;rement parce qu'on n'a pas eu la programmation que l'on aurait aimé avoir puisque tout a été confirmé tard. En plus de ça, il y a un phénomène de multiplication des festivals reggae sur le territoire. Tout ça sur fond d'insécurité omniprésente imposée par les services de l'Etat et ça, ça a été valable pour les deux principaux festivals reggae en France : le No Logo et nous-mêmes. Enfin, le dernier point c'est 40 degrés à l'ombre. C'était le week-end de canicule le plus fort de l'été et ça a forcément freiné les gens.Peut-on dire quand même que cette 21ème édition est une réussite ?etCcedil;a a été une très belle édition en matière d'organisation. On est quand même très contents de comment s'est déroulé le festival, ce qui a été proposé, ce qui s'est fait. Tout ça a très bien marché et je pense que tous les festivaliers sont unanimes dessus. Malgré tout on sait où sont nos défauts en matière d'installation. On a des espaces scéniques trop grands et des calibrages à retravailler. Après, financièrement c'est un changement qui est lourd et qui ne s'équilibre pas cette année donc ça va être une année compliquée où il va falloir faire des choix pour la prochaine édition et resserrer les budgets. On va aussi devoir faire des choix sur la programmation artistique. Il va falloir qu'on s'arrange avec ce nouveau budget.Avez-vous atteint vos objectifs ?Non pas du tout en terme de remplissage. On a eu 23 000 festivaliers sur tout le festival alors qu'on en attendait 43 000. On n'est pas vraiment sur les chiffres attendus. On a une grande perte financière du coup.Comment l'événement a-t-il été perçu par les riverains et la mairie ?Avec la municipalité ça s'est bien passé. Pour ce qui est des riverains, il y a eu plusieurs plaintes mais qui ne sont pas justifiées puisque de toute façon le festival est à 800 mètres des premières habitations. Il y a eu des réunions publiques et des réunions de préparation en amont du festival. Tout a été fait dans les règles de l'art en lien avec les services de la préfecture et de l'Etat. Tout a été organisé et calibré comme il faut. On a démontré que ce lieu était adapté pour accueillir cette manifestation.Les festivaliers étaient-ils eux aussi contents de revenir dans le Médoc ?Ah oui ! Le retour festivalier est unanime. etCcedil;a par contre c'est une vraie réussite sur l'organisation. Un vrai retour sur les terres natales qui offre un bilan positif. Après il faut régler les problèmes de trésorerie et de rentabilité. On a un travail d'aménagement maintenant qui s'étend sur toute l'année.Par rapport aux éditions passées y-at-il eu des imprévus ?Les imprévus ont été quotidiens et majoritairement techniques. C'était aussi beaucoup lié à la chaleur parce qu'il y a eu pas mal de malaises.Doit-on s'attendre à une 22ème édition du Reggae Sun Ska sur le même site ?Oui bien setucirc;r. Ce qu'on aimerait même c'est qu'il devienne LE site qui permette de s'installer durablement. Le lieu est pressenti pour devenir un écosystème de la culture sur le territoire médocain, c'est-à-dire que sur l'ensemble de ce site on retrouverait une multitude d'acteurs avec des bureaux, un espace de coworking, un espace de diffusion, un studio d'enregistrement, une galerie d'art et un parc mutualisé. C'est un projet global de territoire porté par un ensemble d'acteurs dont le Reggae Sun Ska fait partie.Quels ont été les plus beaux moments de cette 21ème édition pour toi ?etCcedil;a fait un petit moment que je n'avais pas vu Mo'Kalamity donc ça m'a fait plaisir. Dans les découvertes, il y a aussi le groupe Alam et évidemment je n'ai pas pu m'empêcher d'aller accueillir Ken Boothe. C'était un grand moment. Il y a aussi eu le grand retour des Toure Kounda et ceux qui font toujours le taf comme Groundation, Nâaman, Chinese Man, Jimmy Cliff.Vous avez comme d'habitude proposé une programmation assez éclectique qui ne se cantonne pas seulement au reggae. Est-ce un moyen d'attirer plus de monde sur le festival ?Pas vraiment puisqu'on a fait beaucoup moins de monde que prévu. Par contre, c'est une manière d'ouvrir notre culture reggae au plus grand nombre. C'est-à-dire que quelqu'un qui vient voir Demi Portion en concert ne connait pas forcément Ken Boothe. etCcedil;a permet à pas mal de festivaliers de découvrir ce que l'on fait.Quelles choses aimerais-tu perfectionner pour l'année prochaine ?On va travailler sur tout l'aménagement et toute la scénographie du festival, ça c'est un point important. On va creuser tout le volet qualité d'accueil et également qualité d'animation, on va développer des axes comme le bien-être et les conférences par exemple. Il y a vraiment de très belles choses qui se sont passées sur toutes les activités annexes et pas simplement musicales. Je pense que le public évolue et le festival aussi, c'est-à-dire que de plus en plus, les gens viennent chercher un état d'esprit dans un événement comme celui-là. On ne vient plus juste voir des groupes sur scène. On travaille beaucoup sur le bien-être et le bien-vivre. Il y avait par exemple des cours de yoga collectif et de tai-chi les matins. Des choses comme ça. Il y a aussi eu pas mal de conférences sur les énergies renouvelables, sur la mixité. On fait un gros travail sur les femmes dans le reggae, c'est pour ça qu'on avait une telle programmation. Il faut continuer et ne pas donner cette image de macho dans le reggae. Finalement, le Reggae Sun Ska c'est un labo pour faire connaître la culture reggae au plus grand nombre. On met en avant une culture, une musique, un état d'esprit, donc bien souvent nous sommes victimes de clichés dans la presse et chez les politiques. Le reggae ce n'est pas des mecs qui viennent fumer des pétards au bord d'une scène. Tout ce mouvement représente des valeurs et un état d'esprit sur lesquels il faut travailler. Tous les festivals doivent travailler sur ça. C'est à nous de changer les choses. On a un public qui a 20 ans et c'est avec eux qu'on va changer les choses et grâce à nos évènements.
reggae.fr | 28-sept.-2018 02:00

Natty Jean - Interview Imagine
Le public français l'a découvert aux côtés de Danakil. En quelques années, Natty Jean s'est imposé comme un membre à part entière du groupe tout en développant doucement mais setucirc;rement sa carrière solo. Six ans après son premier album, Santa Yalla, le Sénégalais fait enfin son retour avec un album engagé et mature aux couleurs africaines bien setucirc;r, mais aussi urbaines. Natty nous en parle avec fierté et enthousiasme...Reggae.fr : Pourquoi avoir choisi d'appeler ton album Imagine ?Natty Jean : Je l'ai appelé Imagine parce que pour moi c'est un peu le fruit de l'utopie de la situation actuelle. Je parle un peu de l'Afrique, de sa relation avec l'Europe, de tous ces paradoxes et tout le contraste qu'il y a autour de ça. Je parle aussi de la vie du reste du monde. L'Afrique est l'un des continents les plus riches naturellement parlant grâce à ses ressources et en même temps il reste le plus pauvre sur le plan économique. On ne se doute pas qu'il y a un problème. Moi en tant qu'artiste africain, mon engagement est là pour porter de l'espoir aux Africains et pour taper du poing sur la table pour dire qu'on en a marre de cette situation.Cet album est un peu à l'inverse des schémas dominants dans les grands médias. Tu nous exposes une Afrique rêveuse, créative, innovante, autonome. Pourquoi selon toi on ne met jamais ces aspects-là en avant ?Je ne sais pas. Je constate comme vous que, justement, on ne met jamais vraiment les avantages de l'Afrique en avant. Nous en tant qu'Africains, on est obligés de se souder pour avoir une force et pouvoir se faire entendre. Pour moi, le combat commence par là. Je veux faire entendre à mes frères africains qu'on a besoin les uns des autres pour se donner une force, car tant que l'Afrique sera désunie, on ne pèsera pas dans la balance. Aujourd'hui on est dirigés par l'Europe, je ne vais pas refaire l'histoire mais on voit très bien que nous ne sommes pas indépendants financièrement, on a encore le Franc CFA par exemple. Tant que toutes ces choses-là ne seront pas réglées, on ne pourra pas avancer. Aujourd'hui ça arrange beaucoup de pays comme la France que l'Afrique soit soumise comme ça, parce qu'ils peuvent venir faire leur business là-bas et ramasser encore plus d'argent. On sait très bien qu'il y a beaucoup de sociétés françaises qui saisissent des ressources naturelles et qui repartent dans une impunité totale. Ils exploitent l'Afrique sans payer. Je me considère comme un artiste engagé mais je n'ai pas forcément envie de ne parler que des côtés négatifs ; il y a aussi beaucoup de belles choses en Afrique et le but c'est aussi de démontrer ça dans l'album. Il y a beaucoup d'engagement dans cet album certes, mais aussi beaucoup d'amour.L'immigration est un sujet très présent sur cet album. Principalement sur le morceau Imagine, où tu expliques que le rêve européen se transforme très vite en cauchemar. D'après toi, comment rétablir la vérité sur la situation des Africains qui viennent s'installer en Europe ?Je ne veux pas avoir la prétention d'avoir une solution pour tout ça, mais j'essaye de donner la réponse en musique. Les gens ne veulent ni en parler ni en entendre parler. Je pense que tout le monde est conscient de la situation, mais personne ne fait rien. Aujourd'hui tout le monde est au courant de ce qui se passe, on va tous sur internet, on voit tous ces morts africains, ces corps qu'on ramasse à la pelle sur les côtes de Lampedusa en Italie. Mais qui propose quelque chose de concret ? Moi je parle de la France depuis tout à l'heure parce que depuis huit ans, je vis ici et je passe plus de temps en France qu'au Sénégal, mon pays. Aujourd'hui je peux dire ce qui se passe parce que je le vois très bien. Je passe tous les jours devant Calais et je vois la situation des migrants. Je les vois et je me dis que c'est incroyable. Comment les gens peuvent-ils être abandonnés comme ça dans des taudis ? Quand on fait un saut dans l'histoire et qu'on voit que ces gens sont venus en France pour survivre et qu'aujourd'hui la France les laisse mourir de faim moi je trouve ça scandaleux. "Je veux faire entendre à mes frères africains qu'on a besoin les uns des autres pour se donner une force" A travers cet album, tu prônes aussi un retour en terre natale, une reconstruction de l'Afrique par la jeunesse, d'ouvrir les yeux sur la situation de plus en plus catastrophique, n'est-ce pas ?Moi je pense que ça fait partie des solutions pour que l'Afrique soit indépendante parce qu'on sait qu'à travers le monde il y a des Africains qui font de grandes choses. Que ce soit dans l'art, dans la culture ou dans la science, il y a toujours des Africains qui font avancer le monde. On a besoin que ces Africains reviennent en Afrique pour qu'ils fassent avancer notre continent. Nous sommes tous conscients de ça, c'est juste que des fois puisque la situation est très difficile en Afrique il faut qu'on arrive à donner envie aux gens. Il faut que moi et d'autres dans la musique on arrive à faire passer le message. J'ai beaucoup de respect pour Alpha Blondy ou Tiken Jah Fakoly, même si je pense que je me démarque vis-à-vis d'eux dans la fraîcheur musicale. Ce sont des papas et des référents pour moi. Je suis dans la continuité de ces artistes-là. Au début j'étais très réticent par rapport à l'idée de toujours faire passer le message de l'Afrique, mais maintenant j'ai compris que les Français n'étaient pas au courant de la politique qui a été menée en Afrique. Je pense qu'ils ne se sont pas rendus et ne se rendent toujours pas compte de tout le mal que leur pays a fait à l'Afrique. J'ai compris ça en vivant ici et en échangeant avec les gens qui sont là. Il fallait que je fasse passer le message dans mes chansons.Au final c'est un message d'espoir ?Bien setucirc;r, toujours. Comme mon premier album. On a toujours besoin de ça. On a besoin de rêver et de dire qu'une Afrique meilleure est possible.Ton engagement rappelle bien setucirc;r Tiken Jah Fakoly et Alpha Blondy que tu as cités. Tu te sens proche d'eux ?Oui bien setucirc;r, mais quand je parle de fraîcheur c'est parce que je ne suis pas connu comme eux. Ils ont déjà eu une carrière et n'ont plus rien à prouver. Moi j'ai encore du taf ! Quand tu regardes aujourd'hui le reggae africain on n'en a pas dix milles à la hauteur de Tiken Jah Fakoly ou Alpha Blondy. Il n'y a pas d'ouverture ni de moyens, alors on ne voit pas les autres petits artistes qui ont autant de talent qu'eux. On a besoin que d'autres viennent s'exprimer et dire ce qu'ils ont à dire. Quand je parle de fraîcheur c'est dans ce sens-là que je l'entends. Aujourd'hui on a besoin d'artistes reggae africains. Il faut qu'ils viennent, qu'ils jouent et qu'ils soient connus. Tant qu'on a des gens qui ont un message et la tête sur les épaules, ils peuvent percer.Penses-tu que des festivals comme Abi Reggae participent à créer cette nouvelle ère ?Oui oui c'est génial ça par exemple. Ce sont ces choses-là qui manquent. C'est vraiment dommage qu'il n'ait pas eu lieu cette année. C'était pour moi le seul festival d'Afrique de l'Ouest où j'avais l'impression d'être dans un vrai festival de reggae. Je souhaite qu'on puisse développer ce genre d'évènements au Sénégal. "Il y a beaucoup d'engagement dans cet album certes, mais aussi beaucoup d'amour" Il y a un mois maintenant, Dakar a subi de grosses inondations alors que le Président Macky Sall était en train de danser lors d'une cérémonie de parrainage. Qu'est-ce que ça t'inspire ?etCcedil;a me fait honte. C'est honteux de faire ça quand tu es Président. Nous on a besoin de travailler deux fois plus que les autres et lui il se pavane dans des cérémonies, ça me dépasse ! On voit très bien la mentalité qu'ils ont. Je voudrais aussi que vous sachiez que ça ne reflète pas vraiment la réalité. Au Sénégal il y a plein de gens comme moi qui veulent changer les choses et qui ne veulent pas de cette corruption-là. Alors je vais profiter de cette question pour dire mon point de vue sur la situation. On se dirige vers des élections début 2019, alors je voudrais dire la déception que j'ai en regardant le pouvoir qui est en place en ce moment avec le Président Macky Sall. C'était pour nous tellement de fierté quand il est arrivé au pouvoir parce qu'il était jeune. Nous on était dans un élan de jeunesse alors on s'est dit que c'était vraiment un espoir pour que la politique change. On a été très déçus par cet homme-là parce qu'il a été pire que tous les présidents de par sa manière de diriger et de par ses relations avec la France. Aujourd'hui il est en train de mettre en prison tous les candidats sérieux des prochaines élections. Il corrompt sa famille, ses enfants, sa femme, ses ministres. Comment dire qu'aujourd'hui je suis dégouté de la situation politique au Sénégal ? Mais il me semble qu'il y a de l'espoir avec un ou deux candidats qui arrivent à me toucher par leur discours. On verra bien ce que ça va donner.Dans l'album beaucoup de sonorités se croisent, des sons très modernes et d'autres plus traditionnels. Pourquoi avoir fait ce choix ?Oui effectivement j'utilise des instruments traditionnels comme la kora, le balafon ou la fletucirc;te peul. J'utilise aussi des percussions comme le djembé. Pour moi c'était logique d'utiliser tous ces instruments. Le côté street aussi m'est très légitime parce que j'ai grandi dans le hip-hop et j'ai fait du rap pendant des années. Du rap je suis arrivé au reggae mais j'aime toujours autant faire de la musique. Pour moi c'était important de mélanger tout ça et j'en suis fier parce que ça apporte de la diversité. etCcedil;a me manquerait moi en tant qu'artiste, en tant que mélomane, qu'il n'y ait pas toutes ces sonorités si variées.Pourquoi avoir utilisé plusieurs langues pour t'exprimer dans cet album : wolof, français et anglais ?Je vais être honnête, je ne suis pas très à l'aise avec l'anglais. Après j'essaye de m'améliorer. La langue dans laquelle je suis le plus à l'aise c'est le wolof, c'est ma langue maternelle. Mon premier album était à 90% wolof. Par la force des choses, j'ai appris le français puisque je vis en France. Aujourd'hui je peux avoir la prétention d'aborder certains sujets en français parce que je les ai vécus. Le fait de vivre les choses en français m'a donné envie d'écrire dans cette langue. Ce n'était pas dans le but de toucher plus de monde, mais c'est juste que j'ai avancé, mes réalités sont devenues plus françaises tout en restant sénégalaises. La prochaine étape c'est de chanter en anglais.Ton chant évolue selon les chansons. Par moment tu es plus proche du rap et d'autres plus du chant, est-ce un choix ?Je commence souvent par une idée de chant, mais mon côté hip-hop me rattrape. etCcedil;a se passe au feeling selon le morceau, mais ça dépend aussi du riddim.Comment as-tu choisi les artistes qui t'accompagnent sur cet album ?En fait ce sont vraiment des gens que j'apprécie depuis longtemps. Il y a trois featurings. Il y en a un sur On m'a dit avec Diamy Sacko, une jeune Malienne qui a une voix superbe. Elle fait partie de la génération montante des chanteuses au Mali. Je l'ai rencontrée grâce à un choriste, Hamed Fofana. Il m'a mis en contact avec elle et j'ai adoré son feeling et sa voix. Et dans le morceau Prezident, il y a Gaston du groupe de rap Sen Kumpeteuml; et Didier Awadi que je ne présente plus. Il m'a toujours soutenu et je l'ai toujours respecté. Enfin, j'ai invité Viviane Chidid sur Ak Yow, une chanteuse de mbalax du pays. C'est au Sénégal que j'avais envie d'aller chercher ces artistes pour retrouver mon pays.Quels sont les musiciens qui t'accompagnent sur l'album ?J'ai pris beaucoup de temps à mettre tout ça en place, au moins cinq ou six ans. J'ai commencé la création des morceaux avec Manjul que je ne présente plus. On avait posé des voix témoins ensemble au tout début du processus de création. On a développé les morceaux petit à petit puis j'ai fait appel à d'autres gars qui ont fait des riddims comme Danakil ou Kubix qui a fait deux riddims sur l'album. Massive Boris et Smart, les bassiste et clavier de Danakil ont aussi fourni des instrus et sinon il y a Mouloud au clavier, Yovo M'Bouéké à la basse et Richacha Balengola à la batterie par exemple. Il y a tellement de musiciens qui ont travaillé avec moi. etCcedil;a me fait plaisir d'avoir autant de gens autour de moi et ça me conforte dans la qualité de cet album.
reggae.fr | 26-sept.-2018 02:00

Winston McAnuff et Fixi - Big Brothers
Winston McAnuff fait partie de ces artistes à part. Habité par sa musique et adepte d'un reggae ouvert, il s'inspire de ce qui l'entoure en ne se mettant aucune barrière et élargit un peu plus son univers musical à chaque album. Cela n'étonnera donc pas du tout son public que celui qu'on appelle Electric Dread nous propose un nouvel opus entre reggae et pop réalisé avec son compère Fixi quelques mois seulement après avoir participé à un projet totalement roots (Inna De Yard) entouré d'autres légendes jamaïcaines. La première collaboration entre ces deux-là remonte à 2006. Fixi officiait alors en tant qu'accordéoniste du groupe Java avec qui le chanteur jamaïcain avait réalisé l'album Paris Rockin' (sur lequel on retrouvait, entre autres, le sublime Ras Child). Winston McAnuff et Fixi s'étaient ensuite retrouvés quelques années plus tard en 2013 pour une nouvelle sortie commune, A New Day.L'idée de cet album est née dans la jungle de Calais où un réveillon pour et avec les migrants avait été organisé à l'initiative du beat-boxer Markus. Cette nuit-là, la nouvelle année fut célébrée toutes les deux heures, s'adaptant au fuseau horaire de chacun. Winston et Fixi étaient de la partie et cette anecdote résume à elle seule parfaitement l'esprit de ce nouveau projet.L'album s'ouvre sur les deux premiers singles dont les clips avaient déjà été dévoilés, d'abord Big Brother et son instrumentale pleine d'énergie aux airs de salsa cubaine, puis My Angel, douce chanson d'amour à l'univers beaucoup plus calme et intime. C'est ainsi que Fixi et Winston McAnuff ont décidé de construire ce nouvel album, passant de morceaux joyeux et entraînants à d'autres plus calmes et nostalgiques, entre soleil et grisaille, entre gaieté et mélancolie. On découvre ensuite l'instru toute en douceur de If You Want it So Bad ; une grosse caisse qui résonne comme les battements du coeur et des mélodies de piano qui se marient à merveille au chant toujours aussi émouvant de Winston. Seul featuring de cet album, Pongo, chanteuse portugaise originaire d'Angola, vient mêler sa voix chaude et pleine de groove à celle du Jamaïcain sur One Note, un morceau dansant à souhait aux influences ensoleillées.Winston McAnuff possède ce don de savoir retransmettre comme personne les émotions au travers de sa musique et on le sent particulièrement sur des titres comme Think, dont le refrain " think observe and listen " sonne comme une ode à la sagesse et à l'écoute ; ou encore le sobre et jazzy Black Bird dans lequel les airs d'accordéon répondent à un chant mélancolique. Crying for Love représente parfaitement cet opus, écrit par le Jamaïcain du haut des falaises de Douvres, il aborde un sujet grave dans un morceau plein d'espoir, nous rappelant l'enfer vécu à nos portes par ces migrants qu'il entend " pleurer pour de l'amour ", tout en nous appelant à la fraternité dans cet hymne à l'hospitalité. C'est enfin le joyeux Good Feeling qui vient conclure cet album faisant office de parfait générique de fin sur fond de piano et d'accordéon.Avec Big Brothers, Winston McAnuff et Fixi nous offrent un album sublime qui nous fait voyager dans de nombreux univers différents avec pour fil conducteur la voix du Jamaïcain et le piano du Français ; un opus qui plaira à tous les amateurs de reggae mais saura aussi séduire un public beaucoup plus large grâce à ses sonorités et ses influences venues de tous les horizons.Tracklist : 1. Big Brother2. My Angel 3. If You Want it So bad4. I Came I saw5. Sweet Love of Mine6. One note Ft Pongo 7. Think 8. Black Bird9. Crying for Love10. (Good Feeling)
reggae.fr | 25-sept.-2018 02:00

Manudigital - Bass Attack
Le beatmaker et multi-instrumentiste français Manudigital revient fort en cette rentrée 2018 avec un deuxième album nommé Bass Attack qui sortira le 5 octobre prochain sur le label de X-Ray Production. Après son premier opus solo, Digital Pixel, déjà très réussi, l'artiste français se permet d'explorer encore un peu plus les abysses du dub et de la bass music.Manudigital nous annonce la couleur d'entrée de jeu avec sa pochette qui offre une immersion dans son univers si particulier. On aperçoit des instruments qui ont servi sur l'album (boites à rythme, pédales d'effet et autres synthés dont le fameux MT40) ou d'autres objets plus personnels comme un skateboard, un passeport, des casquettes ou encore des jetons de poker.Pour lancer les hostilités, Manu a fait appel à Red Fox sur Bye Bye Boom Boom, un tune puissant accompagné du flow massif du MC jamaïcain et souligné par des solos de guitare très rock presque dignes de certains groupes de heavy métal. On enchaîne avec Nah Fight sur lequel il a convié le MC Mesh M18, connu des massives français les plus assidus uniquement, pour un son très influencé par la bass music. C'est ensuite au tour de Skarra Mucci de poser sur le morceau Rock This World à l'univers plus rudie. Fidèle à lui même, Skarra chevauche l'instru tel un bulldozer sur ses couplets alors qu'il tend plus vers la soul sur les refrains.Le très talentueux Solo Banton déroule son flow tout aussi efficace sur Herb In My Pocket, un track façon 8-bit gavé aux sons de jeux vidéos. Soom T vient quant à elle se frotter à une instru limite dubstep au côté un peu angoissant sur laquelle les sons de Game Boy et les basses saturées fonctionnent à merveille. De quoi vous donner la pêche le matin !Cali P surprend tout le monde en reprenant les mélodies du hit Bleu Blanc Rouge de Raggasonic. Il en fait un terrible son rub-a-dub sur un beat de plus en plus lourd au fur et à mesure qu'il avance. Les ambiances sont variées sur cet album et Junior Cat le confirme sur Shoot et Collect, un dancehall sur fond de sonorités orientales qui n'est pas sans rappeler l'univers de Major Lazer. Panda Dub et Royale prennent le relais sur My Story qui dévoile un riddim métallique très énervé ! Manudigital a mis un point d'honneur à inviter des vétérans jamaïcains. Derrick Parker et Lt Stitchie se retrouvent ainsi pour le superbe duo Winner, mais les artistes français ne sont pas en reste comme le prouvent Taiwan MC et Dapatch avec des titres truffés de références au dancehall yardie. En fin de tracklist, on retrouve le surpuissant Bad en collaboration avec General Degree ainsi qu'un remix drum'n bass de l'excellent / mais malheureusement inconnu / Time Bomb sorti à la base sur l'EP du même de Devon Morgan plus tôt dans l'année.Avec ce nouvel opus, Manudigital nous offre un album plus taillé pour le live que pour une écoute de salon. Il laisse néanmoins apparaître d'autres facettes de sa créativité musicale et ce projet marquera la rentrée reggae 2018 à n'en pas douter ! Nous on adhère à 100 %.Tracklist :01. Ruff It Up feat. General Degree (RMX)02. Bye Bye Boom Boom feat. Red Fox03. Nah Fight feat. Mesh M1804. Rock This World feat. Skarra Mucci05. Herb Inna Mi Pocket feat. Solo Banton06. Dem A Poison feat. Soom T07. Rub A Dub feat. Cali P08. Shoot et Collect feat. Junior Cat09. My Story feat. Panda Dub et Royale10. Winner feat. Derrick Parker et Lt. Stitchie11. Reach The Sky feat. Taiwan MC12. Strictly That Style feat. Dapatch13. Bad feat. General Degree14. Time Bomb feat. Devon Morgan, Sherkhan et Ed Solo (RMX)
reggae.fr | 24-sept.-2018 02:00

Hélene Lee - Interview Pinnacle
La journaliste et spécialiste de la musique jamaïcaine Hélène Lee a récemment sorti un nouveau livre publié chez Afromundi. Pinnacle, le paradis perdu des rastas a été écrit en collaboration avec Bill Howell, fils de Leonard Percival Howell, considéré comme "le premier rasta" dont Hélène Lee parlait dans un de ses premiers livres édité en 1999 et devenu depuis un film. Ce nouvel ouvrage se concentre sur le lieu où Howell avait décidé d'établir sa communauté qui allait former les bases du mouvement Rastafari. Entretien avec Hélène Lee pour discuter de Leonard Howell donc, mais aussi de son fils et bien setucirc;r de ce nouveau bouquin. Reggae.fr : Comment vous est venue l'idée d'écrire Pinnacle, le paradis perdu des rastas ? Qu'est-ce qui vous a donné envie d'aller plus loin sur le pinacle que dans votre précédent ouvrage Le Premier Rasta ?Hélène Lee : Cela s'imposait car il n'y a jamais eu de témoignage de première main, personne n'a jamais interrogé les gens du Pinnacle. C'est incroyable que personne ne se soit jamais intéressé au Pinnacle alors que c'est un lieu précurseur d'un mouvement devenu international aujourd'hui, c'est fou je trouve. Je m'étonne toujours qu'aucun historien, ni en Jamaïque ni ailleurs, n'ait essayé de s'y intéresser. L'idée c'était d'en savoir plus sur le Pinnacle donc j'ai interrogé le fils de Leonard Howell car c'est le seul qui soit resté de sa naissance en 1942 jusqu'à la destruction du Pinnacle en 1957. " On m'a toujours fait la critique de me mêler d'une histoire qui ne me regarde pas [...] car je suis une blanche venue de France " Comment avez-vous rencontré le fils de Leonard Howell, Bill Howell ?J'étais évidement allée chercher mes informations en Jamaïque. Déjà, il a fallu trouver le Pinnacle, ce qui a été compliqué car les propriétaires avaient changé le nom, pour effacer l'histoire qu'il y avait derrière ce lieu et surtout pour le vendre plus facilement. Dans un premier temps j'ai décidé de retrouver des membres du Pinnacle et j'ai fini par tomber sur une cousine d'Howell qui m'a donné le contact de Bill, que je suis ensuite allée rencontrer à New-York.Pourquoi avoir choisi de faire parler Bill Howell à la première personne ? En fait ce n'est pas du tout mon livre, c'est ce que je dis à la fin, c'est le livre de Bill Howell. On m'a toujours fait la critique de me mêler d'une histoire qui ne me regarde pas, de rétablir l'histoire d'un mouvement auquel je n'ai pas participé car je suis une blanche venue de France qui n'a rien avoir avec tout ça. Effectivement, je trouve que ça se justifie. Mais moi aussi j'ai été choquée par le fait qu'aucune personne du Pinnacle n'ait jamais été interviewée, donc je n'allais pas me substituer à lui, c'est lui qui avait des choses à dire pas moi. J'ai décidé de faire ce livre uniquement le jour où il m'a dit : " j'ai décidé de faire ma bio, aide moi ".C'est plus une demande de sa part que de la vôtre au final ? Tout à fait. Je sais que des gens lui en avaient parlé mais il n'avait pas voulu. Il explique très bien dans le livre pourquoi il était décidé à ne plus parler de cette histoire, il en avait vraiment bavé et il préférait éliminer cette étape de sa vie.Comment s'est déroulé le processus d'écriture ?On a fait quelques interviews à New-York, mais le gros des entretiens a été fait à Paris. Puis il est venu chez moi dans les Cévennes avec sa femme pour peaufiner le livre afin d'éclaircir certains points. Moi, ma seule contribution on peut dire, à part le fait de retranscrire les interviews et de les remettre en forme, ce sont les parties historiques car il était petit ou pas encore né. Par exemple, il ne savait rien sur les voyages de son père, c'est à partir de mon livre Le Premier rasta qu'il a commencé à avoir quelques renseignements. Il ne savait pas que son père avait été emprisonné, il ne s'était jamais plongé là-dedans. Certaines révélations ont été des chocs comme l'emprisonnement de son père à Sing Sing aux Etats-Unis. Il a déjà fallu que je lui montre les documents pour le convaincre, parce que nous avions les originaux américains. Après ça il nous a crus. Entre temps, il avait fait un gros chemin d'acceptation des choses. En fait ça s'est passé assez bien, même si au début il y avait certains sujets qu'il ne voulait même pas aborder.etCcedil;a a été difficile de faire ce livre ? Non ça a été un vrai plaisir parce que j'étais la première personne qui venait de l'extérieur pour lui dire que son père était un sacré bonhomme. C'est assez extraordinaire ce qu'il a réalisé. Au début, il a entendu différents sons de cloche sur son père et ça l'a pas mal secoué. Puis, petit à petit, il s'est remis dans la peau du petit enfant qu'il était. Il ne disait pas qu'il était rasta, il disait qu'il était un habitant du Pinnacle. Il n'utilisait pas le terme de rasta.Pour vous, qu'apporte cet ouvrage de plus que le livre et le film Le Premier rasta ?C'est totalement différent parce que Le Premier rasta était vraiment une recherche de quelque chose d'enfoui, que tout le monde avait oublié, c'était presque une enquête policière. Pinnacle, le paradis perdu des rastas ce sont les souvenirs d'enfance de Bill Howell. Moi ce qui m'intéressait, c'était de montrer que c'était une communauté tout à fait ordinaire de paysans jamaïcains, comme les baptistes avaient pu en créer. Je voulais montrer que toutes les solutions du Pinnacle étaient des solutions qui existaient déjà dans la Jamaïque des esclaves, comme par exemple le fait de ne pas utiliser d'engrais. Et puis sa vision à lui qui n'est pas religieuse, ce n'est pas un mystique, il n'est pas du tout comme son père, mais par contre il explique parfaitement bien que si le mouvement voulait réussir, il fallait passer par la religion. " Les libres penseurs n'ont jamais été aimés " Pourquoi selon vous on ne parle pas ou seulement très peu de ce genre de sociétés qui sont presque utopiques ?Dès le départ, c'était un mouvement de libres penseurs. La liberté et la pensé sont deux choses que l'establishment déteste. C'était déjà très mal parti pour eux (rires). Il y avait toutes sortes de pensées rebelles comme les Marxistes qui faisaient peur aux colons. C'était déjà la raison pour laquelle il ne fallait pas parler de ce mouvement. C'est pour ça qu'on les a mis en prison, puis dans des hôpitaux psychiatriques pour les déconsidérer et les faire passer pour des fous. Tout ce qu'on disait sur eux était de la calomnie. Et quand ils se sont aperçus qu'ils fumaient de l'herbe, ils les ont encore plus discrédités. Toutes ces histoires étaient racontées du temps du Pinnacle et le jour où celui-ci a été détruit, on a dit que ses habitants étaient des personnes violentes qui n'avaient rien à voir avec les rastas. Puis ils continuaient de les stigmatiser dans la culture à travers des films et il y avait une manipulation de la musique principalement avec les bobos où des personnes influentes leur faisaient croire des choses fausses, des mensonges pour qu'ils les réinjectent dans leur musique.Comment expliquer qu'en 2018, les stigmatisations par rapport au mouvement rasta soient toujours aussi fort ?Pourquoi ça changerait si personne ne s'y oppose ? J'ai eu énormément de mal à proposer mon histoire. Dès que je frappe à une porte et que je dis le terme "rasta", on se moque de mon travail. A part quelques personnes qui ont compris l'importance de mon récit. Arte par exemple quand j'ai fait le film Le Premier rasta, ils disaient qu'ils le voulaient, mais au dernier moment ils nous on dit non. Pourquoi ? Parce que faire un film sur quelqu'un que personne ne connaît ne les intéresse pas. Les libres penseurs n'ont jamais été aimés.Pourquoi Leonard Howell avait-il une telle aura d'après vous ?Il faut se rendre compte qu'à l'époque, un mec qui osait ouvrir sa bouche et dire les choses en face à des fonctionnaires et à des policiers avait du courage. Mais Howell traitait tous les gens avec beaucoup de politesse. Il osait répondre à la police : " je ne suis pas d'accord, il ne faut pas faire ça ". Mais il restait calme et ça a étonné le bas peuple. C'est quelqu'un qui avait le passé de ses voyages, il a fait plusieurs fois le tour du monde, ce qui a participé grandement à son aura. De plus, c'était un très bel homme, très impressionnant, avec beaucoup de charisme. Il était un peu vu comme le Messie.Pensez-vous qu'il soit toujours possible de construire une société de nos jours à l'image du Pinnacle ? C'est le débat que j'aimerais lancer. En fait, on est tous là à rêver de ce bel endroit, mais comment cela pourrait marcher de le recréer ? C'est là que le livre est important, parce qu'on y voit en pointillés les recettes du succès, et sur ce point, j'aimerais qu'il y ait un débat. Je sais que ce livre va être remis en cause car il bouscule plein d'idées, donc c'est pour ça que je me suis mise en retrait par rapport à Bill Howell. Il y a beaucoup d'exemples à tirer comme la non violence, comment peut-on se protéger par la non violence etc. Même si cela n'a pas toujours aidé les peuples. Autre exemple : il n'y avait pas d'école au Pinnacle, mais on trouvait des lieux où des gens lisaient les journaux à voix haute pour tenir informer ceux qui ne savaient pas lire. Remettre cette question sur la table c'est aussi réinstaurer un débat de fond sur la non violence, l'autorité, vivre à l'écart du monde, ce qu'on pense de l'économie, de la croissance ou de la décroissance. Mais c'est aussi questionner le rôle des femmes, qui avaient une place centrale au Pinnacle. Les gens qui se demandent ce qu'on peut faire, je pense qu'ils peuvent trouver des réponses dans le livre.Pourquoi avoir choisi de construire le livre avec des chapitres qui sont presque des thématiques : l'eau, l'administration, la santé ?Quand on parle avec quelqu'un qui n'a jamais parlé de ça, on s'aperçoit que c'est intéressant de parler de l'eau et de comment on vit quand on n'a rien. Il était même étonné que ça puisse m'intéresser. Il a fallu vraiment que je lui tire les vers du nez pour qu'il me raconte comment les choses se passaient parce que pour lui c'était normal, ce n'était pas la peine de le raconter. etCcedil;a a pris beaucoup de temps, mais je me suis rendue compte que c'était vraiment intéressant de savoir comment se déroulait la vie en Jamaïque à l'époque et dans les campagnes. Je l'ai encouragé à me raconter tout ça et après je n'avais plus qu'à regrouper tous ces bouts que j'avais eu en vrac pendant un repas ou une activité. J'ai rassemblé tout ça par centres d'intérêts et c'est ce qui est venu le plus naturellement. J'ai surtout essayé d'être fidèle à ce qu'il racontait.Quelle place Rastafari a-t-il dans votre vie personnelle ?Il y a des gens qui disent que je suis rasta, d'autres que je n'ai rien avoir avec rasta. Moi je m'en fiche un peu. J'ai été associée à ça parce que j'ai fait des recherches autour du mouvement, donc j'ai eu l'étiquette rasta. Ce n'est pas tellement le nom qui est important, c'est le fait de se retrouver dans telle ou telle idéologie. En ce moment, le mouvement rasta est l'une des rares idéologies qui regroupe plein de gens autour d'un mode d'action, d'un mode de vie qui arrangeraient setucirc;rement les choses dans ce monde. C'est setucirc;r que si tout le monde se mettait à vivre comme au Pinnacle, il n'y aurait plus de problèmes de pollution, pas de médicaments aussi nocifs etc. Tout ce qu'on peut faire c'est enrichir notre expérience, notre réflexion et en discuter.Il y a un long débat pour savoir qui a insufflé le mouvement Rastafari entre Marcus Garvey et Leonard Howell. Pour vous c'est Howell ?Le débat est au niveau de l'information. On a été très mal informés autant sur le web que sur les autres médias. C'est à ce niveau qu'on peut discuter parce que chacun trouve plus important qui il veut entre les deux. Moi je considère que sur le plan purement théorique, le plus important est Robert Athlyi Roger. C'est le fondateur de la pensée rasta. Chacun va choisir son précurseur. J'aimerais bien que l'on travaille sur d'autres penseurs du rastafarisme. Il y a le côté débat, chacun participe à l'édifice, notre édifice. Ces précurseurs étaient des gens sincères qui essayaient de trouver des solutions à une situation terrible qu'est la colonisation. Ils ont des visions parfois différentes mais notre but est la justice universelle. Moi ça ne me dérange pas qu'il y ait des débats, tant que les gens sont honnêtes et qu'il n'y a pas trop de désinformation.
reggae.fr | 21-sept.-2018 02:00

Groundation - The Next Generation
Après un été à avoir pu profiter des prestations du nouveau Groundation au Reggae Sun Ska ou au No Logo Festival, voici le moment de voir ce qu'il en est en studio avec leur neuvième album, The Next Generation. Pour ce nouvel effort, entouré d'un nouveau combo, Harrison Stafford a une fois de plus fait appel à l'ingénieur du son Jim Fox, un fidèle de la formation californienne. On découvre avec cet opus un reggae naviguant entre des improvisations jazzy, des percussions latinos et africaines, des notes de funk ou encore des sonorités de rock progressif auxquelles se mêle un discours conscient en phase avec les impératifs mondiaux.La nouvelle équipe de Stafford ne sort pas de nulle part ! Will Blades (orgue) a déjà joué avec de nombreux jazzmen comme Melvin Sparks, Idris Muhammed ou Joe Louis Walker. A la basse, le Jamaïcain Isaiah Palmer accompagnait régulièrement Freddie McGregor, Beres Hammond ou John Holt. Le tout jeune batteur Jake Shandling, aussi à l'aise en reggae, funk, rock ou jazz, a quant à lui grandi avec la musique de Groundation. Les choristes Brady Shammar et Aleca Smith sont à nouveau deux Jamaïcaines aux voix puissantes. Le génie brésilien Eduardo Gross se charge des guitares et côté instruments à vent, on retrouve Craig Berletti à la trompette et Roger Cox au saxophone.Les albums de Groundation ont toujours une manière assez particulière de débuter. Celui-ci s'ouvre sur une superposition de notes de trompette de plus en plus aigues avant de laisser place à des basses bien grasses et un son d'orgue en arrière fond pour lancer la chanson Vanity. La voix d'Harrison Stafford n'apparaît qu'au bout de 2 minutes 15 (!), comme pour laisser la place à ses nouveaux musiciens. One But Ten est un roots très senventies avec des refrains explosifs comme Groundation sait si bien le faire ; une envolée de six minutes avec des solos d'orgues et batterie hypnotiques. Le troisième morceau de l'album, New Life, est une invitation au voyage. Harrison nous livre un morceau mystique sublimé par les interventions de cuivres et de guitares. Warrior Blues nous emmène dans un univers plus ensoleillé avec des basses rondes, des cuivres suaves et les voix de velours des deux choristes. Un titre plein d'espoir sur lequel se niche un magnifique solo de trompette comme on en entend trop peu.Le titre Lion In Man, quant à lui, penche plus dans une soul new-yorkaise aux rythmiques de guitare implacables. Prophets et Profit offre un roots jazzy accompagné de percussions africaines. S'ensuivent Hero et Fossil Fuels, deux morceaux très jazz qui évoluent vers des refrains énergiques et plus dansants. My Shield dévoile un morceau envoetucirc;tant avec des boucles musicales entêtantes et des passages de guitare angéliques. L'avant-dernier titre, Try Me, est un sublime roots syncopé toujours accompagné de solos de saxophone et d'une basse cotonneuse. On finit ce nouvel opus qui s'engouffre décidément dans le jazz avec le morceau acoustique Father et Child aussi pur qu'un diamant.Particulièrement adressé aux générations futures, cet album à la fois optimiste et alarmiste explore plus que jamais des univers musicaux très différents du reggae. Harrison Stafford prouve qu'il est encore capable de s'entourer de brillants musiciens pour proposer une musique terriblement expérimentale. Difficile cependant d'apprécier pleinement The Next Generation dès la première écoute ; la complexité des morceaux parlera sans doute plus aux musiciens chevronnés qu'aux auditeurs lambdas. Tracklist :01. Vanity02. One But Ten03. New Life04. Warrior Blues05. Lion In Man06. Prophets et Profit07. Hero feat. Helio Bentes08. Fossil Fuels09. My Shield10. Try Me11. Father et Child
reggae.fr | 19-sept.-2018 02:00

DJ Vadim - Dubcatcher vol. 3 'Flames Up'
Big News ! DJ Vadim est de retour avec un nouvel opus complètement fyah ! Le DJ et producteur russe avait sorti en 2014 un très beau projet nommé Dubcatcher, qu'il avait prolongé en 2016 avec un deuxième volet gavé au son digital anglais et à la drum'n'bass. Aujourd'hui, il réitère avec un troisième volume, nommé Dubcatcher III, Flames Up. Une fois de plus, Vadim propose un album riche en collaborations avec des artistes venus de tous les horizons et des riddims très éclectiques.Pour la pochette, l'artiste russe nous emmène dans un monde de bande dessinée comme sur ses deux précédents albums. La cover laisse entrevoir un combat entre une sorte de dragon représentant Babylone et un super-héros qui résiste à ses attaques à l'aide d'un vinyle. Un visuel qui en dit long sur l'univers musical de Daddy Vad.L'opus s'ouvre sur le tune Dead 2 Us en compagnie de Mr Lexx sur un beat rub-a-dub digital qui prend par moment des aspects de dub destroyed. On enchaîne avec le morceau Nuff Years dévoilant en premier lieu un riddim roots dansant qui se mue en un dub énergique limite dubstep. Le titre, sur lequel se croisent de multiples univers, est porté par le flow sans chichi de Ras Demo. Claire Angel prend le relais pour poser sur Mi Gwarn, un dub électrisant sublimé par sa voix puissante.Arrive ensuite Yung N Powerfull, un riddim reggae rap avec des influences bass music sur lequel se relaient Bay-C (T.O.K.), Zumbi, Abstract Rude et Irah. Le titre Manipulators en collaboration avec Earl 16 est ensuite l'une des très grosses réussites de cet album. Une instru roots entrecoupée de passages dub accompagnés de la voix cristalline et envoetucirc;tante du Jamaïcain. Claire Angel revient nous enchanter avec sa voix sur le grandiloquent Party Hard aux vibes dancehall et hip-hop. Flames Up débarque comme un boulet de canon, avec ses sonorités roots électroniques qui s'envolent vers un univers dancehall. Les flows de Jman, Navigator, Inja, Galak Spiritual et Sr. Wilson font le reste du travail.Dj Vadim nous balance ensuite un riddim roots survitaminé sur lequel on retrouve les flows explosifs de Big Red, Sr Wilson et Jman. Free Ya Mind nous ramène sur un registre plus propre à Daddy Vad avec un tune drum'n'bass accompagné de la voix douce de Chyna Soulstar et du flow ravageur de Red Fox. Only Jah Knows contraste avec le reste de l'album grâce à ses sonorités plus roots. Raving, qu'on pourrait presque diffuser en club, sonne en revanche très dance avec un petit côté pop pas désagréable. The Father, porté par les voix de Serocee et Ucee est dans la même trempe qu'Only Jah Know, des sonorités roots modernes avec des touches de dancehall par moments. Jamalski nous fait quant à lui skanker sur le tune Nah Bad Boy Fe We, un rub-a-dub digital plutôt sombre.No Hype Man sonne comme une sorte de trap reggae, un beat nourri à la nitroglycérine sur lequel on retrouve Jman et Killa P. Résonne ensuite Talk to Me Propa, un beat rap massif et puissant. Rude Boy nous ramène dans un univers roots avec Lion D, Raphael et Syross. L'avant dernier tune, Ta Tell You, sur lequel pose Ras Demo, est un beat digital syncopé très dansant. Pour finir ce nouvel opus, Vadim a fait appel à l'artiste anglais Macka B pour un dub surpuissant une fois de plus teinté de hip-hop.Daddy Vad nous livre avec cet opus un album plus expérimental que le précédent mais tout aussi excellent. On retrouve une diversité assez impressionnante de sonorités et de voix. DJ Vadim se bonifie création après création, pourvu que ça dure !Tracklist :1. Dead 2 Us ft Mr Lexx 2. Nuff Years ft Ras Demo3. Mi Gwarn ft Claire Angel4. Yung n Powerful ft Bay C / Zumbi / Abstract rude/ Irah5. Manipulators ft Earl 166. Party Hard ft Claire Angel7. Flames Up ft Jman/ Navigator/ Inja / Galak Spiritual et Sr Wilson8. Corrupted ft Big Red / Sr wilson et Jman9. Free Ya Mind ft Red Fox/ Chyna Soulstar10. Only Jah Knows ft Ramon Judah et Parly B11. Raving ft Tenor Youtman / Jago/ Syross12. The Father ft Ucee/ Serocee13. Nah Bad Boy Fe We ft Jamalski14. No Hype Man ft Jman / Killa P15. Talk to Me Propa ft Suku (Ward 21)16. Rude Boy ft Lion D / Raphael/ Syross17. Ta Tell You ft Ras Demo18. Control U ft Macka B
reggae.fr | 17-sept.-2018 02:00

IetI - Un docu à la découverte des rastas
" Au départ je ne savais pas ce qu'était Rastafari, je savais que c'était des gens qui portaient des locks, qui fumaient des joints, mais pas beaucoup plus. Je chantais des chansons de Bob Marley sans vraiment en comprendre le sens et un jour j'ai rencontre un rasta, il m'a parlé d'Haïlé Sélassié, du créateur, de Marcus Garvey, de Babylone, (...) alors j'ai décidé d'aller a leur rencontre pour comprendre comment ils vivent, en quoi ils croient, ce qu'ils revendiquent, d'ou ils viennent. " Ce sont sur ces mots que débute le documentaire IetI. IetI c'est une de ces jolies découvertes que l'on aime faire sur la route des festivals, un documentaire sur la philosophie Rastafari que vous avez peut-être pu apprécier au Reggae Sun Ska, au Summer Vibration Festival ou au Rototom où il fut projeté cet été. La réalisatrice, Julie Hamiti, propose un film de 53 minutes, principalement constitué d'entretiens avec des rastas d'Afrique (Ethiopie, Ghana) et des Caraïbes (Jamaïque, Dominique, Martinique, Sainte Lucie). Ces interviews sont entrecoupés d'images d'archives (interview de Bob Marley, discours d'Haïlé Sélassié, extraits de journaux TV...) ainsi que d'explications schématisées sous forme d'animations très claires (sur le combat de Marcus Garvey par exemple) qui viennent illustrer à merveille les propos des intervenants. Se penchant d'abord sur les origines du mouvement, le documentaire explore par la suite un large éventail de sujets comme les relations entre Bible et Rastafari, l'oppression subie par les rastas, leur philosophie, leur vision du monde, de Babylone... nous aurons même droit à quelques cours de Yardie que vous n'êtes pas prêts d'oublier.IetI est un documentaire que l'on conseille à tous, il servira de parfaite découverte aux non initiés et offrira une formidable plongée dans la culture Rastafari à ceux qui la connaissent déjà ; nous on a adoré. Le film sera projeté le 27 septembre au Cinéma Le Pagnol à Aubagne, près de Marseille ; en attendant qu'il soit diffusé ailleurs en France espérons-le.www.facebook.com/IandIlefilm
reggae.fr | 10-sept.-2018 02:00

Ziggy Marley @ Elysée Montmartre
Le 30 juin dernier, Ziggy Marley fêtait la sortie de son nouvel album Rebellion Rises à Paris pour sa seule date française. Le fils de Bob était précédé par The Dubbeez dans la belle salle de l'Elysée Montmartre. Retour en images sur ce moment privilégié avec les photos de Philippe 'Da Best' Campos.
reggae.fr | 31-août-2018 02:00

Alpha Blondy - Human Race
Qui a dit qu'à 65 ans il était temps de prendre sa retraite ? Certainement pas Alpha Blondy ! Avec ses multiples expériences des studios et de la scène, et une quinzaine d'albums à son actif, le roi du reggae african n'est pas prêt de s'arrêter ! Bien au contraire, il nous propose de voyager à nouveau à ses côtés avec son nouveau projet intitulé Human Race.Dès le premier titre, Political Brouhaha, l'artiste nous emporte dans son univers à l'ambiance chaleureuse et dynamique grâce à des percus entraînantes et des cuivres puissants que l'on retrouve également sur les titres Kanou, Les païens (joli clin d'oeil à The Heathen de Bob Marley) ou encore Alphaman Redemption. Une belle touche de modernité se fait aussi sentir avec l'apport de sonorités digitales présentes sur le titre Human Race. Alpha maîtrise avec brio le reggae tout en apportant quelques notes de fraîcheur avec des influences plus rock grâce au son vibrant de la guitare électrique qui se fait entendre sur Nos hôpitaux et Whole Lotta Love, bel hommage à Led Zeppelin.Alpha Blondy nous a toujours habitués à jouer avec les ambiances ; il sait encore nous surprendre entre titres bouillants et morceaux pleins de douceur comme la belle reprise de Je suis venu te dire que je m'en vais (Gainsbourg) et Life où le son envoetucirc;tant de la fletucirc;te vient accompagner les paroles de l'artiste remerciant la vie d'être si belle et précieuse. Les choeurs, très présents, ajoutent à la chaleur et à l'esprit d'antan de l'opus.Côté textes, on retrouve encore et toujours la personnalité engagée et révoltée de l'Ivoirien qui n'a pas peur de prendre la plume pour dépeindre les travers du monde. Il les crie haut et fort et s'élève contre les " puissants " de ce monde. En français, en dioula et en anglais, le mythique chanteur souhaite bien se faire entendre de tous ! Human Race, un album rebelle ? Pas que ! Alpha Blondy sait aussi rester positif comme lorsqu'il chante la beauté du monde et de la vie en clamant " everyday is a celebration day " (Life).Human Race s'inscrit dans la continuité musicale des albums qui ont fait la renommée d'Alpha Blondy tout en restant unique par ses influences modernes, ses reprises inattendues et ses multiples facettes musicales allant du reggae à la soul jazzy en passant par le rock plus ou moins doux. Un beau voyage musical qui prouve que l'on peut encore compter sur Alpha Blondy, sa voix, sa musique et sa plume !Tracklist :01. Political Brouhaha02. Kanou feat. Fally Ipupa03. Life04. Alphaman Redemption feat. Angélique Kidjo05. Human Race06. Nos hôpitaux sont malades07. Les païens08. Cigarettes09. Whole Lotta Love10. Oté-fê feat. Youssou N'dour11. Je suis venu te dire que je m'en vais12. Black Hole
reggae.fr | 30-août-2018 02:00

Reggae Sun Ska 2018
Cette année, le Reggae Sun Ska subissait un énième changement de site. Survenue tardivement, l'annonce du départ du Campus Universitaire de Bordeaux en avait surpris plus d'un, mais les fans de la première heure se réjouissaient du retour du festival sur ses terres médocaines. Le Domaine de Nodris a bien vibré pendant trois jours sur la commune de Vertheuil. Avec une programmation très diversifiée moins chargée en têtes d'affiches, mais plus riche en découvertes, la 21ème édition de l'évènement a tenu ses promesses. On retiendra tout particulièrement la performance électrique de Jimmy Cliff, la tornade Naâman, le mysticisme de Samory I pour son premier grand festival français, le voyage proposé par Havana meets Kingston, l'énergie de The Selecter, les émotions véhiculées par Ken Boothe, la forte présence féminine avec Mo'Kalamity, Hollie Cook, Jah9, Alam ou Diana Rutherford, le feu mis par l'inattendu Demi Portion et enfin le grand retour de Groundation qui clôtura les trois jours comme il y a trois ans. Côté Dub Foundation, Legal Shot a assuré, résistant à la poussière et à la canicule et accueillant notamment une belle rencontre entre Sister Carol et Earl 16, les remixes fous d'Adrian Sherwood, les sélections dansantes de Channel One ou encore le DJ set à la fois classique et expérimental de Stand High Patrol. Le nouveau site a été validé par les artistes, le public et les organisateurs ; la chaleur, parfois insoutenable, n'aura gâché la fête à personne (merci à l'espace village où l'on pouvait profiter des stands, concerts, sound systems et projections sous une ombre bienvenue). Défi relevé pour le Sun Ska qui semble vouloir s'installer définitivement sur le Domaine de Nodris ! Retour en images sur trois jours de musique grâce aux clichés de Ninon Duret.JOUR 1Hollie Cook New Kingston Jimmy Cliff I Woks SOJA Mellow Mood JOUR 2Projection de Reggae Ambassadors 100% Reggae Français Kaya Natural Sound System Alam The Rezident (MC) Les 100 Grammes de Têtes Legal Shot Sound System Guiding Star The Selecter Jah9 Toure Kunda Sister Carol et Earl 16 Chinese Man Mo'Kalamity JOUR 3 Havana Meets Kingston Diana Rutherford Ken Boothe Samory I Naâman Pierpoljak Groundation www.ninonduret.com
reggae.fr | 29-août-2018 02:00

King Alpha et Fikir Amlak - Some Dread
En Janvier dernier King Alpha et Fikir Amlak avaient régalé les dub addicts en sortant l'album Key to the Universe dont on a pu entendre plusieurs extraits joués par des sound systems comme Iration Steppas et bien d'autres. Le duo d'hyperactif avait récidivé quelques mois plus tard avec Axum, un second album toujours aussi efficace, avant de nous offrir en mai dernier le dernier épisode de cette trilogie: Some Dread. Toujours produit sur le label basé à Atlanta - Akashic Records - ce troisième opus s'inscrit dans la lignée des deux précédents, nous plongeant dans un univers mystique que les habitués des productions de King Alpha connaissent bien. etCcedil;a démarre assez tranquillement avec Some Dread, un riddim à la basse profonde sur lequel le flow tranchant de Fikir Amlak se colle à merveille. On s'enfonce encore un peu plus dans ce style si propre à King Alpha mêlant stepper et mélodies méditatives avec des titres comme I See Dem ou encore Ras Up et son riddim infernal sublimé par les couplets entêtants du chanteur de Californie. Posé comme une interlude au milieu de cet album, Serious Ras se démarque de par son instrumentale minimaliste et épurée toute en basse et en percussions sur laquelle Fikir Amlak adopte lui aussi un flow différent, nous évoquant des chants religieux. On se réoriente rapidement vers du gros stepper ensorcelant et beaucoup plus dansant avec Copy Cat ou encore Raggamufin, avant que l'énorme Fassy ne vienne conclure parfaitement cet album.etlt;a href="http://iroots.bandcamp.com/album/fikir-amlak-king-alpha-some-dread" mce_href="http://iroots.bandcamp.com/album/fikir-amlak-king-alpha-some-dread"etgt;Fikir Amlak etamp;amp; King Alpha - SOME DREAD by Fikir Amlak, King Alpha, Akashic Recordsetlt;/aetgt; Comme tout au long de ces trois albums, chaque morceau a droit a sa version dub, et même si toutes ont été plus soignées les unes que les autres, c'est Ras Dub et son ambiance dark, truffées d'échos et de sonorités métalliques qui aura le plus attiré notre attention.Some Dread est déjà le troisième chapitre d'une collaboration qui ne pouvait que fonctionner quand on sait à quel point chacun de ces deux artistes est habité par sa musique. Une série d'albums qu'on recommande vivement aux amateurs de stepper et qui risque fort de tourner encore longtemps sur nos platines. Some Dread, produit sur le label Akashic Records est disponible en cd ou digital sur le Bandcamp de Iroots records ou sur Control Tower.Tracklist : Some Dread Some DubI See Dem I See DubRas Up Ras Dub Serious Ras Serious Dub Copycat Copy DubRaggamufinRagga DubFassy Fassy Dub
reggae.fr | 25-août-2018 02:00

20 ans Reggae.fr @ Zion Garden
Pour fêter nos 20 ans nous avons décidé de mettre les petits plats dans les grands. L'équipe de Reggae.fr en collaboration avec le Zion Graden a organisé une soirée mémorable devant plus de 4200 personnes réunies à Bagnols sur Cèze le 25 juillet dernier. Pour commencer la soirée, une pléiade de DJs aussi bons les uns que les autres se sont succédés : Renegade Syd, The Rezident, Ely Jah puis Ju Lion du Conquering Sound. Papa Style et Naâman ouvrait ensuite le bal des artistes en configuration sound system avant que le backing-band marseillais Dub Akom ne rentre en scène pour accompagner Mike et Riké (Sinsémilia), Pierpoljak, Straïka D et Yaniss Odua. Pour terminer cette soirée, tous les artistes se sont rejoints sur scène pour poser un couplet et fêter comme il se doit les vingt ans de Reggae.fr. Une soirée complètement mad à revivre en photos et très bientôt en vidéo sur votre site préféré.
reggae.fr | 08-août-2018 02:00

Bagnols Reggae Festival 2018
Après plus de trois ans de silence, le Parc Arthur Rimbaud de Bagnols sur Cèze a de nouveau résonné au son de notre musique préférée le week-end dernier. Le Bagnols Reggae Festival s'est déroulé avec succès, offrant des moments d'émotions musicales assez incroyables. Retour sur trois jours de chaleur et de good vibes intenses...JOUR 1 Pour l'ouverture du festival, le soleil est au rendez-vous, tout comme les festivaliers qui attendent patiemment l'ouverture des lieux devant la grille. C'est l'artiste français Max Livio qui ouvre le bal pour cette première journée. Malgré un public peu nombreux, Max nous offre un concert puissant et poétique avant de laisser la place aux Viceroys. L'espace Dub Club, sonnorisé par les 24 scoops de Blackboard Jungle (rien que ça!), débute le festival avec un set énergique de Roots Attack et Joseph Cotton qui se mêle au public comme à son habitude.Amputés d'un membre, les Viceroys ne se laissent pas démonter malgré l'absence de Wesley Tinglin, auteur de toutes les paroles du trio. Neville Ingram assure le lead vocal comme à son habitude et Michael Gabbidon se charge des choeurs. Les deux légendes déroulent les uns après les autres leurs classiques : Heart Made of Stone, Love Jah, So Many Problems ou l'indémodable Yaho qui clôture le concert.Misty In Roots prend ensuite la relève. Le groupe anglais livre un concert mystique avec un son planant accompagné de la voix cristalline de son chanteur Poko. La formation plonge l'assistance dans une transe musicale avec des titres comme True Rats ou Cover Up issus de leur dernier album Roots Controller et des morceaux plus anciens comme Poor et Needy et How Long Jah. Dub Judah, habitué à jouer sur scène avec les Twinkle Brothers, ravie les amateurs de roots côté sound system. Entre sélections pointues, interventions vocales et improvisations au mélodica, le vétéran anglais livre une prestation inédite comme on en voit rarement avant que Soom T n'électrise la place de son fast style terriblement efficace posé sur les sélections de Kunta du sound Zion High Foundation.Jimmy Cliff, l'un des artistes les plus attendus du week-end, fait son entrée sur scène. La foule se fait dense pour accueillir cette légende vivante. Vêtu d'une tunique noire et brodée accompagnée d'un chapeau assorti, Cliff démarre son show avec un titre nyabinghi avant de laisser place à une énergie débordante, d'une profondeur musicale assez impressionnante en partie grâce à la qualité du band qui l'accompagne. Il déroule ses hits tels que Hakuna Matata, The Harder They Come, Reggae Night, Many Rivers to Cross et bien setucirc;r l'immense You Can Get It If You Really Want. Un concert mémorable de presque deux heures ! Pour clôturer la soirée sur la grande scène, c'est le très talentueux Anthony B., artiste phare de la scène new roots, qui est appelé. Il fait son entrée sur l'énorme Higher Meditation qui nous met directement dans l'ambiance. Fidèle à sa réputation, Anthony B. livre un show enflammé, voire électrisant. L'artiste jamaïcain éclipse ses plus gros tubes pour se concentrer sur son répertoire plus récent. On a tout de même droit à Damage, World A Reggae Music et le tube Police. Malgré un band pas vraiment à la hauteur, Anthony B. fait preuve d'énergie et fait même monter des enfants sur scène à la fin de son set terminé par un joli One Love de circonstance pendant que Blackboard Jungle s'en donne à coeur joie avec Earl Sixteen et Nish Wadada de l'autre côté du Parc Arthur Rimbaud.JOUR 2Avant de profiter des concerts, on pouvait faire un petit tour par la Cave Mallet en centre-ville qui accueillait une sublime expo de l'artiste Fluoman. Son fils, Elijah, fait office de guide au milieu des oeuvres colorées de l'artiste qui réagissent à la lumière noire, dévoilant parfois des détails imperceptibles comme la fumée du chalice de Joseph Hill ou les rides de Big Youth...Dans le parc, c'est Joe Pilgrim qui ouvre le bal avec ses Ligerians devant un public malheureusement très peu nombreux. L'alchimie est parfaite entre Joe Pilgrim et The Ligerians qui nous livrent un concert magnifique. Puis, changement de registre avec Skarra Mucci accompagné du backing-band marseillais Dub Akom. Le Jamaïcain nous offre un show explosif durant lequel il navigue entre reggae, rub-a-dub, dancehall et même hip-hop. Il passe évidemment en revue tous ses hits tels que Movie Star, My Sound ou le plus récent Dreader Than Dread. Le public est complètement électrisé par ce show, que Skarra finit trempé de la tête au pied. Après le warm-up de Blackboard, le vétéran nantais Ras Abubakar s'installe avec sa team de Zion Gate au sound system. Le chanteur guyanais Ras McBean est avec eux et se pose sur des versions particulièrement roots alors que la Cap-Verdienne ride les sélections de Blackboard Jungle avant que le maître absolu Jah Shaka ne rende la place complètement mystique.La légende du rocksteady Ken Boothe vient ensuite sur scène pour régaler nos oreilles de sa voix mielleuse et suave. Mister Ken Boothe arrive tout de blanc vêtu, toujours aussi charismatique. Son show n'a pas beaucoup changé depuis quelques années mais c'est toujours un plaisir immense de pouvoir écouter ce Pape de la musique jamaïcaine. Comme à son habitude, il rentre sur Do The Rocksteady et enchaîne avec ses titres les plus connus Artibella, When I Fall in Love, Set Me Free, Silver Words, Everything I Own et bien d'autres. C'est toujours une déchirure la fin d'un concert de Ken Boothe, on aimerait que cela dure à l'infini. Place ensuite aux femmes pour cette fin de soirée ! Jah9 débarque d'abord avec The Dub Treatment et dès le début du concert, on sent que la chanteuse a (enfin) trouvé son groupe ! La collaboration est efficace et Jah9 ne manque évidemment pas de nous jouer ses classiques New Name, Avocado ou Humble Mi. Vient ensuite le moment que tout le monde attend. Une atmosphère spéciale commence à s'installer dans le parc Arthur Rimbaud en ce soir d'éclipse lunaire. Dezarie, la chanteuse des etIcirc;les Vierges vient ce soir faire sa première et unique date en Europe sur la scène du Bagnols Reggae Festival. C'est devant une foule surexcitée que Dezarie fait son entrée sur scène. Dès les premières notes du premier morceau Hail Jah jouées au pinao par le bassiste Ron Benjamin, la chanteuse crée une ambiance très mystique avec sa voix puissante et cristaline. C'est réellement un moment de magie musicale que nous sommes en train de vivre rythmé par les tubes Gracious Mama Africa, Gone Down ou Strenghten Your Mind. Le groupe laisse une grande place à l'improvisation ce qui provoque de longues parties instrumentales très agréables. Au bout de près de deux heures de concert et après un rappel devant une foule plutôt dispersée ce concert historique prend fin. JOUR 3Pour ce dernier jour, le festival off accueille notre équipe pour la diffusion du film Reggae Ambassadors, La légende du reggae à la médiathèque. Une fois encore, la ville entière de Bagnols sur Cèze joue le jeu pour vibrer aux couleurs rouge jaune vert une semaine toute entière. Les concerts commencent quant à eux avec Marcus Gad. L'artiste de Nouvelle-Calédonie est le premier à ouvrir devant autant de monde. En effet en ce samedi les spectateurs ont répondu présents à l'appel dès l'ouverture du festival. Marcus Gad nous présente son dernier album Chanting et déroule un show rempli de spiritualité devant un public très réceptif. C'est ensuite au tour de l'artiste sud-africaine Nkulee Dube qui n'est autre que la fille du grand Lucky Dube. Entre reprises de son illustre paternel et titres de son propre répertoire, c'est une réelle découverte pour nous !Côté Dub Club, Nucleus Roots est venu avec une véritable dream-team de MCs : Simon Dan, UK Principal et Ossie Gad, le chanteur des mythiques Natural Ites, auteurs du tube Picture on the Wall. Ils jouent en même temps qu'une autre légende du reggae, jamaïcaine cette fois : Ijahman Levi. Backé par le même band que les Viceroys, Ijahman entame son set sur le puissant Africa après des problèmes techniques qui retardent son entrée sur scène. Qu'à cela ne tienne, le chanteur poursuit avec ses plus grands succès comme Mandela, Are We A Warrior et bien setucirc;r l'incroyable Heavy Load. Malgré ses 72 ans, l'artiste jamaïcain nous livre un show de près d'une heure et demie réussi. Une fois la nuit tombée, c'est le producteur français Weeding Dub qui prend le contrôle du Dub Club. Particulièrement en vogue en ce moment, il s'affère sur sa console pour un live-set steppa qui soulève la poussière. Le point d'orgue de sa prestation reste bien setucirc;r l'énorme Gypsy Dub qui impressionne même la légende Aba Shanti I qui lui succède à la control tower.Autre légende, Alpha Blondy est sans doute celui que le public attend le plus de tout le week-end. On sent que la foule est là pour lui en ce soir le plus chargé du festival. Après son immanquable prière "L'éternel est mon berger", il enchaîne comme à son habitude sur son tube Jerusalem. Même si son set ne change que très peu, l'énergie d'Alpha fait plaisir à voir. Les hits Sweet Fanta Diallo et Cocody Rock sont repris en choeur par le public plus qu'enchanté de retrouver la star ivoirienne.Pour finir ces trois superbes jours de musique et de good vibes, on accueille l'un des fils de Bob : Julian Marley. Il commence son show avec une reprise de Positive Vibration et enchaîne avec Sharp As A Razor paru sur son album Awake. Julian ne manque pas de naviguer entre ses propres créations et celles de son père pour un show plutôt classique mais qui clôture parfaitement trois jours explosifs.
reggae.fr | 01-août-2018 02:00

Israel Vibration et Gladiators @ Paris
Deux groupes de légende partageaient la même scène le 29 juin dernier à Paris. Israel Vibration et les Gladiators étaient en effet rassemblés à La Cigale devant un public acquis à leur cause. Accompagnés des Roots Radics, Skelly et Wiss ont déroulé tranquillement les hits d'Israel Vibration, de Vultures à The Same Song en passant par Cool and Calm, tandis que les Gladiators fêtaient le retour d'Al Griffiths, le fils d'Albert Griffiths, au chant pour interpréter les classiques Stick A Bush, Hello Carol et les autres. Retour en images avec les clichés de Philippe 'Da Best' Campos.Israel Vibration The Gladiators
reggae.fr | 23-juil.-2018 02:00

Alborosie Jahneration et Massilia @Vaison
Le 15 juin dernier, le sublime Théâtre Antique de Vaison la Romaine accueillait une soirée atypique. Jahneration, Massilia Sound System et Alborosie, voilà un line-up de prime abord pas tout à fait raccord qui aura finalement mis tout le monde d'accord. Le reggae hip-hop nouvelle génération de Jahneration ouvrait le bal avec l'énergie débordante de Théo et Ogach avant que Massilia Sound System ne mette véritablement le oaï dans le site historique. Papet J, Gari et leur bande nous ont offert un show comme on les aime dans le sud au son des cigales, à la lumière des fumigènes et un verre de pastis à la main ! Alborosie s'est ensuite chargé de clôturer la soirée avec une prestation solide comme à son habitude couronnée par un passage ska de haut vol. Seul bémol, l'Italien n'a pas eu le temps de nous présenter les titres de son nouvel album Unbreakable, pressé par l'organisation suite à un retard important. Conquering Sound s'est chargé de lier tout ça en jouant pendant les interplateaux et en maintenant le faya, faisant de cette soirée une réussite grâce à son caractère intergénérationnel, tant dans le public que sur scène. Retour en photos avec les clichés de Ninon Duret.Jahneration Conquering Sound Massilia Sound System Alborosie www.ninonduret.com
reggae.fr | 16-juil.-2018 02:00

Polino - Interview Stand Tall
Stand Tall Sound a participé à écrire l'histoire du mouvement sound system en France. Né des cendres du célèbre High Fight International en 1993, le sound a compté parmi ses rangs les plus grands artistes francophones (de Nuttea à Raggasonic en passant par Janik et Féfé Typical) et ses soirées faisaient partie des plus réputées dans les années 90. Moins actif en danse aujourd'hui, le selector Polino continue d'assouvir sa passion en animant une belle émission tous les lundis sur la webradio Reggae.fr. Rencontre avec l'un des selectors les plus influents de l'Hexagone.Reggae.fr : Stand Tall fait partie des sounds incontournables de l'histoire du reggae français et il est issu d'un autre sound incontournable, High Fight International. Peux-tu nous raconter la transition entre les deux aventures ?Polino : Quand Tonton David, pris par son succès en major, nous a clairement fait comprendre que High Fight n'était plus sa priorité à cause de son rythme de vie entre tournées, répétitions et promotion, on a vu la fin arriver. Comme David était une personnalité forte du sound et qu'il avait investi pas mal dans le matériel sono et studio, le nom High Fight a été utilisé comme crédit sur certains de ses titres et est devenu une sorte de marque associée à lui. Donc continuer High Fight sans Tonton ce n'était pas possible.Que sont devenus les dubplates d'High Fight et les membres de l'équipe ?Les dubplates sont toujours chez moi bien au chaud, encore aujourd'hui (rires). Pour ce qui est de l'équipe, on a tous continué sans David en créant Stand Tall. Depuis, Don Lickshot est décédé d'un fucking cancer (REP). Les autres vous les connaissez, ils sont encore là, Nuttea, Féfé Typical et Tip Top l'opérateur. Comme on avait une expérience solide, ça n'a pas été compliqué de monter un nouveau sound. Et à l'époque, on s'est attachés à recruter des gars qui avaient aussi de l'expérience. On avait la dream-team des sounds français !Comme Selecta K-Za par exemple ?Oui effectivement. Il était en formation chez nous. On avait une émission de radio sur Générations FM où je l'avais intégré. Mais après l'interruption de l'émission au bout de deux ans par la direction de la radio, il a négocié un nouveau créneau pour lui à la rentrée suivante et il a quitté Stand Tall.Stand Tall était-il équipé de sa propre sono ?Non. High Fight avait sa sono achetée grâce au succès de Tonton David. etCcedil;a nous a permis de nous rendre compte qu'une sono perso n'était pas si utile que ça. etCcedil;a demandait obligatoirement un lieu de stockage, du matériel et il fallait de toutes manières louer un camion à chaque déplacement sans parler du poids des boxes et des amplis qu'il fallait porter avant la soirée et surtout après à six ou sept heures du matin jusqu'au local, heure à laquelle peu de candidats étaient présents (rires). On a donc préféré louer le matériel pour nos soirées. etCcedil;a demandait beaucoup moins de logistique.Quel genre de matériel louiez-vous ?La location nous a permis de jouer sur des top systèmes (Christian Hell, Martin Audio, Turbosound...) avec le top des consoles (Midas, Soundcraft, Tac...) et les périphériques et compresseurs qui vont avec. Je ne m'étale pas trop sur tout le matos car c'est la signature du son Stand Tall et c'est personnel.Que penses-tu du débat sono/pas sono ?Chacun fait comme il veut, et surtout comme il peut. Ce qui compte c'est que le résultat soit de qualité, en location ou en home-made. C'est d'ailleurs je pense, une des raisons qui freine le mouvement sound en France : des soirées sound system sans cette fameuse sono qui donne une atmosphère unique à la soirée que tu ne retrouves nulle part ailleurs. Une vraie bonne sono, c'est la base !La culture sound system a commencé à se développer en France par les sounds rub-a-dub puis juggling. Aujourd'hui, on assiste à une montée en puissance des sound systems UK/Dub avec des grosses sonos artisanales. Comment vois-tu cette évolution ?J'ai l'impression que la scène dub a récupéré pas mal du public des rave-parties (arrêtées par les autorités car souvent illégales) où il y avait du gros son également, avec un coté " kangourou hypnotique ". Ce n'est plus un public reggae à 100 %. Moi ça me fait bizarre, je n'ai pas l'habitude .Penses-tu que l'ambiance raggamuffin des années 90 reviendra au goetucirc;t du jour ?etCcedil;a me parait difficile vu les conditions de nos jours, je parle encore une fois de la sono. "Une vraie bonne sono, c'est la base !" Stand Tall a detucirc; faire face à l'éloignement des MCs du milieu des sound systems lorsque les artistes reggae ont commencé à signer en major au milieu des années 90. Comment as-tu abordé ce tournant en tant que selector ?Nuttea était déjà signé en major depuis High Fight, mais c'est vrai que des gars comme Raggasonic se sont un peu éloignés des sounds après leur succès. Avoir des artistes disques d'or dans sa team, c'était plutôt une récompense pour nous, même si ça les rendait moins disponibles c'est vrai. On ne peut pas tout avoir !En as-tu voulu à certains artistes ?Non car j'avais déjà connu ça avec High Fight, donc pas de surprise !Le clash entre Daddy Yod et Nuttea en 1993 a alimenté bien des débats, aujourd'hui encore. Peux-tu nous donner ta version de la soirée ?J'étais le selector de Ghetto Youth Progress Sound qui accompagnait Nuttea. Yod était avec Ragga Dub Force. Il y a d'abord eu le clash Mr Lézard VS Azrock (REP) où Lézard partait avec l'avantage des paroles, mais AZR, avec son expérience de soundman a retourné la chose à son avantage et a gagné ce premier clash. Quant à Yod et Nuttea... Nuttea avait un petit avantage sur les textes et il était plus technique et plus moderne dans le style. Avantage qui s'est réduit lors de la confrontation jusqu'à ce que Yod dérape un peu niveau paroles et là Nuttea a pris le dessus jusqu'à la fin et il a logiquement gagné ce clash devenu mythique.Même si vous n'êtes plus aussi actifs et visibles que dans les années 90/début 2000, Stand Tall existe toujours. Quelle est l'équipe actuelle ?J'ai quitté Paris pour le sud de la France (Toulouse) il y a environ sept ans. Mais je suis toujours le selector et Tip Top, l'opérateur du sound, est resté à Paris ; ce qui rend impossible de jouer ensemble en général. La dernière date qu'on a faite ensemble c'était l'hommage à Don Lickshot organisé par Féfé Typical à Paris en 2012. On a aussi subi le même changement qu'en Jamaïque où les sounds ont perdu leurs crews de DJ's et chanteurs. Les artistes sont devenus des ''mercenaires'' qui passent de sound en sound selon la demande, ce qui est une conséquence directe de leur succès grandissant. Moi je suis de la génération où le selector ne parlait pas au micro, donc je garde cette vieille tradition, sauf en clash (rires). Aujourd'hui les selectors sont devenus des ''samplers'' pour certains et d'autres parlent plus que la musique, on dirait des VRP.Recrutez-vous encore des membres ?On n'a jamais vraiment recruté en fait. Les gens venaient d'eux-mêmes nous solliciter. Le dernier en date à nous avoir rejoints c'est Iko Tuff. J'ai réalisé un street album pour lui (Stand Tall play Iko Tuff), mais malheureusement on n'a toujours pas eu l'occasion de jouer ensemble en live à cause de la distance et des conditions pour jouer.Quelles sont vos activités actuelles ?On a une émission de radio hebdomadaire partagée avec Bam Salute sur campus FM Toulouse avec rediffusion sur Reggae.fr, et des soirées mais rarement sur des grosses sonos malheureusement.Regrettes-tu " la grande époque " des sound systems ?Ce que je regrette ce sont les conditions sound system : encore une fois la fameuse sono.L'identité du sound est-elle toujours la même aujourd'hui ?Je pense que oui, c'est toujours le même selector depuis le début (rires). Je joue toujours en vinyles essentiellement pour des questions de qualité, mais il y a de moins en moins de sorties vinyles depuis l'arrivé du mp3. J'ai déjà joué en mp3 au début des années 2000 en sound, mais j'ai laissé tomber, en plus le dancehall moderne m'attire de moins en moins. Pour moi c'est trop inspiré par le rap US commercial. A l'époque, on était toujours au top niveau nouveautés (disques) depuis 1993. Maintenant beaucoup moins forcément (rires). Donc j'explore plus en arrière dans le temps dans les titres qui m'ont fait découvrir le sound system. Forcément c'est plus 80's rub-a-dub ou early digital, des titres que souvent je connaissais déjà, mais que je n'avais jamais joué auparavant. C'est comme des nouveautés pour moi.Cuttez-vous toujours des dubplates ?Occasionnellement. On n'a jamais payé pour des dubs français. Les artistes étaient fiers d'être joués par Stand Tall. Mais finalement, on n'a pas tellement de dubs français car tu pouvais entendre nos artistes et des invités en live dans nos soirées. Les dernier cuts français que j'ai faits c'était avec Tiwony, en échange de la mixtape que j'ai réalisée pour lui (Pliss Roots) fier lui aussi de poser pour Stand Tall, le sound de son mentor Féfé Typical. J'ai cutté peu de Jamaïcains ces dernières années, uniquement des connexions que j'ai faites en direct avec l'artiste quand celui-ci était raisonnable niveau tarif, ce qui devient très rare avec des noms connus.Comment avez-vous évolué dans l'enregistrement des dubplates ? On a généralement enregistré les dubs dans notre studio depuis le début, que ce soit des artistes jamaïcains ou français. On recherche des conditions vocales comme pour un single (mais avec moins de temps forcément). Si l'artiste galère (trop de drops), il y a peu de chance que le dubplate aboutisse. On a compris que la motivation autre que financière de l'artiste était un plus pour la qualité des dubplates, donc rencontrer et échanger avec l'artiste est très important.Cuttez-vous des dubplates par correspondance ?Il m'est arrivé d'en faire mais avec des contacts solides. Généralement l'artiste lui-même ou quelqu'un de très proche. Mais je préfère être présent. Je suis du genre à couper sec l'enregistrement lorsque ça ne me plaît pas.Cuttez-vous toujours des dubplates de clash ?Depuis la rencontre contre les Italiens de One Love en 2001, j'ai compris que le clash de haut niveau était une affaire de gros sous, donc j'évite de plus en plus les textes clash puisqu'on ne prévoit plus de participer à des clashes. Si je pars en clash, c'est pour finir sur le podium européen au minimum ! Et je n'ai pas les moyens. Mais si un clash de 45T se prépare, je suis partant !Y a-t-il un sound contre lequel tu aimerais clasher ?Je ne crois pas. Il y avait Blues Party avec Nono qui nous provoquait régulièrement vers 1994 devant les boutiques de disques comme Blue Moon. Il nous chambrait : " alors les clasheurs quand est-ce qu'on clash ensemble ? " (Nono voice). Mais nous avions d'autres priorités à ce moment-là. Heureusement pour eux d'ailleurs car une défaite à cette époque aurait freiné le parcours de clash qu'ils ont eu par la suite je pense. Depuis la chose est faite mais sans Nono malheureusement (REP) en 2013. Et on a gagné !Les dubplates clash ont-ils un sens pour toi dans une danse régulière ?Disons que le dubplate pour moi fait partie de l'identité du sound. Donc oui mais pas avec des paroles clash toute la soirée. Juste un segment parce que le clash fait partie de la culture, sinon je trouve ça ridicule. C'est comme si tu clashais un sound invisible.Que représente la culture clash pour toi ?C'est une culture qui fait partie du sound system depuis toujours, la forme a juste changé au fil du temps. Ces titres personnalisés n'existent qu'en reggae. etAgrave; la base c'est pour attirer plus de public, une concurrence positive qui fait progresser tout le monde, mais qui peut dégénérer parfois comme dans le sport, c'est humain. C'est pour ça que je kiffe les 45Ts sur le thème du sound.Quel est ton meilleur souvenir en clash ?La rencontre avec One Love en Italie. C'était notre premier clash bien payé et à l'étranger en plus !Ton pire souvenir en clash ?C'était aussi One Love parce qu'on a bien perdu, même si l'expérience était enrichissante.Quels sont les sounds internationaux qui t'inspirent le plus et pourquoi ?Stur Gav c'est pour moi l'école des sounds et Jaro l'école bis. Jammy's est aussi une référence pour l'ensemble label/riddims/sono et crew d'artistes. Il y a aussi Stone Love, les boss du juggling avec Rory, un selector légendaire, certainement le plus grand. Et enfin Silverhawk, le sound de Steely (REP), un wicked sound avec ses fameuses intros de dubplates. Toute une époque !Aujourd'hui, selon toi, qui est le sound Netdeg;1 dans le monde ?Choix difficile : Rodigan, Downbeat, Mighty Crown, Jaro ? Il faudrait organiser un clash entre les quatre pour savoir qui est le meilleur.Et en France ?Je ne suis plus trop les sounds français depuis Toulouse, même si avant non plus (rires). Sans trop réfléchir je dirais Soul Stereo à cause de leur box.Quels sont tes trois dubplates favoris ?Je vais en donner cinq ! Buju Banton : Destiny, Cornell Campbell : Watch this Sound, The Heptones (Barry Llewellyn ) : Fight to the Top, Earl Sixteen : Love is a Feeling et Nuttea : Compétition.Tes trois riddims favoris ?Le Real Rock qui a enrichi Studio One, le Sleng Teng qui a fait passer Jammy de Prince à King et le Darker Shade of Black, superbe adaptation des Beatles par Jackie Mittoo, le maître.Quel est LE dubplate qui manque à votre box et que vous ne pourrez jamais avoir ?Dennis Brown. Lequel je ne sais pas, il y en a tellement !Des projets ?Maintenant que tu me poses la question, je vais réfléchir à quelle pierre de plus je pourrais apporter à l'édifice... si c'est possible.
reggae.fr | 12-juil.-2018 02:00

Pura Vida et The Congos - Morning Star
De plus en plus de groupes européens témoignent leur respect envers des vétérans jamaïcains en les invitant sur leurs projets. Des collaborations qui laissent place à de petits joyaux musicaux. Le dernier en date c'est le nouvel album Morning Star du groupe belge Pura Vida qui collabore pour la deuxième fois avec les membres des Congos au complet. Leur première réalisation commune, We Nah Give Up, était sortie en 2011 sur le label Lost Ark Music. Un chef-d'oeuvre musical roots qui avait initié par la suite d'autres opus fondamentaux comme Hard Road et Step By Step en collaboration avec Ashanti Roy.L'aventure commence en 2009 avec la rencontre entre Puraman / le frontman de Pura Vida / et les Congos. Après plus de neuf ans de collaboration, les liens entre les deux collectifs sont toujours aussi étroits comme en témoigne ce nouvel opus. La nouvelle perle Morning Star orchestrée par le très talentueux Puraman est composée de six titres menés par The Congos, trois autres par Pura Vida, et un dub. La totalité de l'album a été enregistrée au studio du groupe belge, le Lost Ark Studio, et mixé par Puraman. L'inarrêtable leader du groupe s'occupe de la quasi-totalité des instruments en laissant parfois place à d'autres musiciens dont Ashanti Roy en personne à la basse et à la guitare. La pochette de l'album reste fidèle aux artworks mystiques qu'offre Pura Vida à chaque album. Une peinture sur laquelle on peut observer les Congos autour de Puraman, installé derrière sa table de mixage comme un " guide musical " amenant le reggae vers de nouvelles perspectives.L'album commence en grande pompe avec l'excellent Teach Dem. Un morceau roots qui nous rappelle les grands moments des Congos avec des titres comme Fisherman ou Youth Man. La mélodie est accompagnée de très belles interventions de melodica et de percussions nyahbinghi et la voix nasillarde de Cedric Congo Myton amène une touche encore plus transcendante à ce premier track. Puraman réalise un coup de maître avec ce titre en concentrant en moins de cinq minutes l'essence même des Congos.S'ensuit le très joyeux Jah Love qui témoigne une fois de plus l'amour de Pura Vida et du quatuor jamaïcain pour Rastafari. La voix d'Ashanti Roy apporte de la profondeur à ce tune, quand celle de Cedric Myton amène un peu de rêverie. On enchaîne avec le sublime Nobody Chose Life chanté par Puraman. Il nous livre des lyrics emplis de philosophie et de sagesse. Un diamant brut souligné par des solos de saxophone magistraux et des lignes de guitares blues qui tirent vers le jazz.Le second morceau de Pura Vida, Life Can Be Hard, s'aventure sur des rythmiques syncopées et des pulses 100% roots. Puraman nous conte avec ce titre son expérience de vie personnelle. La chanson éponyme de l'album est quant à elle inspirée par les souvenirs de la création de l'album mythique d'Ashanti Roy, Sign of the Star, paru en 1980. Sur cette dernière il prend le lead vocal, mais enfourche également la basse et la guitare comme c'était le cas à ses débuts. Un titre exaltant et dansant porté par des notes de mélodica et des percussions vrombissantes. Morning Star est définitivement un titre plein d'authenticité et d'espoir.La troisième et dernière piste de Pura Vida c'est It's All Over Now. Une chanson fortement influencée par des sonorités caribéennes, avec un chant flottant, presque planant, de Puraman. La section cuivre apporte un côté plus rudie alors que les lignes de guitares, elles, donnent une touche douce et légère. Avec ce titre le groupe témoigne de l'éclectisme de ses couleurs musicales. Le très puissant In the Ghetto arrive juste après. Un titre envoetucirc;tant souligné par des harmonies profondes, des boucles sonores et la voix transcendante de Cedric Myton. Un riddim riche en sonorités qui accouche d'un titre imprégné de mysticisme.Sur Jahrusalem, c'est la voix rauque et ensorcelante de Watty Burnett qui retentit. La base du riddim est un ska frénétique avec des passages de sax planant et des sonorités en arrière-plan dignes de film de SF. Le vétéran Burnett pose des lyrics pleins de sagesse et de spiritualité. A noter que plus l'album avance plus les harmonies sont profondes et présentes. Le coup de génie de cet album est d'offrir à chaque chanteur un titre pour briller. Sur Don't Stress it, on découvre la voix pure et cristalline de Kenroy Fyffe assortie de sublimes rythmiques jouées au mélodica. On finit l'album avec la version dub de Jah Love, qui révèle encore une fois de plus le talent et l'ingéniosité de Puraman.Avec ce nouvel opus, les deux collectifs accouchent d'une oeuvre pointue et sublime où se mêlent un reggae roots originel et des sonorités plus modernes. Morning Star est indispensable à tout fan de reggae roots. Longue vie à Pura Vida et The Congos !Tracklist :1. Teach Dem2. Jah Love3. Nobody Chose Life4. Life Can Be Hard5. Morning Star6. It's All Over Now7. In the Ghetto8. Jahrusalem9. Don't Stress it10. Dub love
reggae.fr | 11-juil.-2018 02:00

Solidays 2018
Comme chaque année, le reggae a sa place aux Solidays. L'édition 2018 accueillait notamment Brain Damage et Harrison Stafford, L'Entourloop, Jahneration (qui avait convié Scars), mais aussi Daddy reggae et Mr Samy en déambulation. Notre photographe Philippe Campos était sur place et en a profité pour nous ramener aussi des clichés d'Amadou et Mariam et Bigflo et Oli.Amadou et Mariam Bigflo et Oli Brain Damage et Harrison Stafford Daddy Reggae et Mr Samy Jahneration L'Entourloop
reggae.fr | 09-juil.-2018 02:00

Uman - Interview Dancehall Station
L'artiste belge Uman arrive avec son émission Dancehall Station tous les mercredis sur la webradio Reggae.fr en compagnie de Selecta Killa. L'émission, disponible en podcast, comptabilise plus de 20 000 téléchargements hebdomadaires. Dancehall Station est un phénomène qui va au-delà d'un rendez-vous radiophonique. Rencontre avec Uman pour parler de cette activité et de musique en général...Reggae.fr : Ton émission Dancehall Station vient de débarquer sur la webradio Reggae.fr, mais elle existe déjà depuis un certain temps. Comment est-elle née ?Uman : En fait je fais de la radio dans le domaine du reggae depuis plus de 25 ans. Avant j'avais un sound system qui s'appelait Bass Culture avec qui on avait créé une émission de radio. Maintenant, depuis une dizaine d'années, je bosse avec Selecta Killa. On a commencé notre émission Dancehall Station sur la radio bruxelloise KIF. Notre show tournait bien, on organisait des soirées dancehall dans le club Bazaar à Bruxelles et comme il y avait une grosse affluence, ça permettait de faire connaître l'émission. Les shows étaient enregistrés en français pour KIF et en anglais pour plusieurs radios internet comme Big Up Radio, Free Up Radio, BM Radio. Puis KIF a un peu abandonné sa radio, mais dans un autre temps une radio dans le même genre que Mouv' s'est créée en Belgique, Radio Tarmac. Aujourd'hui on continue notre show chez eux avec de meilleurs moyens. A côté de ça, on a toujours continué à prospecter les radios de diffusion sur le web parce que plus il y a de sources plus il y a d'auditeurs. A un moment je me suis dit qu'on n'avait rien en France et que c'était dommage. etEacute;tant donné mes bonnes connexions avec l'équipe de Reggae.fr, ça me paraissait normal de vous proposer l'émission. Le modèle qu'on développe n'est pas quelque chose qu'on retrouve sur les ondes de l'Hexagone. Voilà comment Dancehall Station est arrivé sur Reggae.fr.Justement, c'est quoi le concept de Dancehall Station ?Dancehall Station c'est un concept qui n'est pas un format sound system, mais qui fonctionne avec une paire MC-DJ pour les clubs et la radio. On organise des soirées à Bruxelles depuis 2013 au Bazaar où d'autres DJs internationaux et artistes comme Kalash ou Spice sont invités. Avec Selecta Killa on tourne aussi dans d'autres clubs belges et en festivals. Sur la radio, on joue comme en club, même si ce n'est pas la même ambiance. L'émission nous permet d'être au courant de tout ce qui se passe, de toutes les nouveautés. Quand tu es l'acteur d'une musique c'est important de savoir ce qui se fait. La radio c'est une bonne base pour développer les soirées, pour faire l'écrémage des meilleurs morceaux et j'ai toujours aimé le médium de la radio.Comment se déroule une émission Dancehall Station ?Vu que ça fait une dizaine d'années que l'on fait l'émission, maintenant on a un déroulé type. La première heure on joue toutes les nouveautés, puis on enchaîne sur un Back in The Dayz, un Top 5 et on finit avec une Downtown Session où on joue de la trap et du hip-hop moderne. A Bruxelles les scènes hip-hop et reggae se sont toujours mélangées. En tout cas beaucoup de gens du dancehall ont toujours été connectés avec le hip-hop. Nous dans nos soirées on a toujours passé des morceaux trap donc c'était logique qu'on en joue aussi dans l'émission.Peux-tu nous dire un mot sur Selecta Killa qui t'accompagne ? C'est un Bruxellois qui est tombé dans le son vers 15-16 ans. Il s'est rapidement mis à mixer à droite à gauche. C'est un très bon DJ, il a une très bonne technique, il fait des mixes très propres. Il mixe un peu comme un DJ lokal, c'est-à-dire rapidement, efficacement, proprement.L'émission est uniquement musicale, penses-tu un jour proposer des moments d'interview d'artistes ?Le truc c'est que c'est compliqué de faire venir les artistes dancehall jamaïcains à la radio. Mais maintenant qu'on joue sur Reggae.fr on a des accréditations pour des festivals donc on va essayer de ramener des artistes en studio. On l'a fait récemment avec Demarco dans les locaux de Tarmac. Donc oui quand on peut avoir un artiste on le fait. Considères-tu l'activité radiophonique comme partie intégrante de ton métier d'artiste ?Bien setucirc;r. Là actuellement chez Tarmac on est payés, mais c'est la première en fois en vingt-cinq ans que je suis payé dans ce domaine. Ce n'est pas parce qu'on ne gagne pas d'argent que ce n'est pas notre métier. En tant que chanteur il y a des albums qui marchent très bien et d'autres moins, ce n'est pas pour autant que ce n'est pas mon métier. Quand je faisais de la radio libre pendant vingt ans j'y étais tous les mercredis et vendredis donc c'était déjà un métier pour moi.Quel est l'état de la scène belge musicale actuellement ?Pour le moment ce qui explose c'est le hip-hop francophone belge avec Isha, Caballero, Elvis Roméo etc. La scène dancehall et reggae belge est plus présente en Flandre qu'en Wallonie. Le reggae en Belgique c'est une anecdote. "Mes influences vont d'Edith Piaf à Vybz Kartel." On avait beaucoup aimé ton album Umanist l'année dernière. Quel bilan tires-tu de cette sortie ?Je suis assez content, il m'a réouvert des portes et m'a permis de pas mal tourner en Belgique. J'ai eu peu d'opportunités sur la France malheureusement. C'est un album orienté vers un reggae assez moderne contrairement à la scène française actuelle plus orientée roots avec Naâman ou Jahneration. J'essaye d'avoir mon son à moi et je pense que j'y suis arrivé avec Umanist donc je suis content. Sur ce dernier album tu as invité pas mal d'artistes, alors qu'à ton habitude ce n'était pas trop le cas. Comment choisis-tu tes featurings ?J'ai fait pas mal de featurings où j'ai été invité par d'autres artistes et pour mes projets, j'avais seulement fait quelques featurings sur ma première mixtape, Umanizm. Je me disais que ça faisait longtemps que je n'avais pas invité quelqu'un sur un des mes albums. Après deux voyages en Haïti, j'ai bien connecté avec des mecs là-bas principalement avec BIC et il s'est retrouvé sur deux morceaux. Je me retrouvais au final avec deux featurings de la même personne, j'ai donc connecté avec d'autres gens que j'apprécie comme Yaniss Odua, ZA et Taïro. Pour Gifta c'est différent. Il est revenu sur le devant de la scène en France et quand j'ai entendu ses nouveaux sons, j'ai de suite eu envie de collaborer avec lui. Mais pour le prochain album je pense qu'il n'y aura pas de featuring.Travailles-tu déjà sur quelques chose de nouveau ?Je bosse actuellement sur un nouveau projet qui devrait sortir début 2019. Là j'ai déjà enregistré une quinzaine de morceaux. A côté de ça, je viens de sortir Pum Pum en France, un tune enregistré avec un collectif belge il y a pas mal de temps déjà. C'est un single très dancehall avec un clip marrant et c'est sorti chez Warner.Au final tu es un artiste très versatile. Chanson française, dancehall, rap, reggae... C'est difficile de te caser dans un style précis. C'est ce que tu recherches ?L'art c'est être libre, donc si on est libres il faut pratiquer cette liberté. Si c'est pour vivre enfermé dans un schéma qui doit faire une réussite commerciale, tu ne profites pas de ta liberté. J'ai écouté beaucoup de musiques différentes, j'ai commencé par le reggae et le hip-hop mais j'aime beaucoup aussi la chanson française et autres. En fait on ne peut pas tout dire dans tous les styles. Il y a des styles musicaux qui permettent de dire certaines choses et des styles qui permettent de dire d'autres choses. C'est en fonction de mon âme, du moment dans lequel je suis dans ma vie. Si j'ai envie d'enchaîner trois chansons tristes avec des guitares et des claviers, je le fais. Et si après j'ai envie de faire quinze bangers, je le fais. Ce que je veux dire, c'est que je fais de la musique pour me faire plaisir à moi avant tout.Tes sujets d'inspiration sont-ils toujours les mêmes que depuis tes débuts ?Je me rends compte qu'avec le temps les gens m'associent à un artiste militant, mais si tu regardes mon catalogue, il y a beaucoup de chansons sur l'amour de ses frères, de sa femme ou de ses parents. On n'écrit pas une chanson pour dire " je ne sais pas ", on écrit plutôt pour dire " j'aime ou j'aime pas ". etCcedil;a tourne toujours autour de la vie, de l'amour et du désamour. Sur le prochain album ça tirera plus vers la poésie, un peu comme sur l'album L'aventure c'est l'aventure. Il paraît que tu peins aussi. Qu'est-ce qui te plait dans la peinture ?Dans la musique je peux faire des concessions pour aller vers les autres, car il y a une dimension universelle, on est avec le monde. Alors que dans la peinture je suis seul avec moi-même. Ma peinture est plus intimiste que ma musique.Te souviens-tu de la toute première fois où tu as entendu du reggae ?J'ai grandi dans mon quartier où il y avait un disquaire d'import en 84-85, j'avais 14 ans à cette époque et le shop était entre ma maison et mon école. Au final je n'allais plus à l'école, j'allais écouter des skeuds au magasin. "Il y a 260 styles de reggae différents." Quel est le premier album de reggae que tu aies acheté ?Je pense que le premier c'était un album de The Specials, ou peut-être un Bob Marley.Te rappelles-tu ta première fois en sound system ?C'était un rappeur, TLP, qui venait de Gand. Un des premiers que j'ai vu jouer des dubplates. Mais les premiers vrais sound systems c'était au Reggae Geel entre 1989 et 1991.Comment définirais-tu le reggae ?Pour moi la Jamaïque c'est un tambour de machine à laver, c'est un shaker. Ce qui est fabuleux avec la musique jamaïcaine c'est avant tout leur culture de la musique. Tu sens que c'est un exutoire absolu pour eux. Ils comprennent tout ce qui se passe dans le monde, ils le digèrent et le recrachent à leur sauce. Après si l'on doit définir le reggae on parle de rub-a-dub, dancehall, dub, rockers, roots etc. Il y a 260 styles de reggae différents.Te souviens-tu de ta première performance en live ?C'était en 1991 avec un groupe de rap qui s'appelle Puta Madre. Le premier single que j'avais sorti avec eux c'était déjà du ragga hip-hop. J'ai toujours rajouté du ragga au rap.Quels sont les artistes qui t'ont le plus influencé ?etCcedil;a va de Renaud à Gainsbourg, en passant par les Clash, Madness, The Specials... Après, clairement Bob Marley, Max Romeo, Black Uhuru, Steel Pulse, mais aussi NTM, les Beasties Boys, Run DMC, etc. Chez moi c'est un peu une mixture de tout. Pour résumer, on peut dire que mes influences vont d'Edith Piaf à Vybz Kartel.Quels artistes reggae écoutes-tu en ce moment ?J'écoute énormément Tarrus Riley, Vybz Kartel ou Popcaan. Mais je n'accroche pas avec la nouvelle génération roots jamaïcaine comme Protoje ou Chronixx.Y a-t-il un vieil album que tu écoutes toujours avec le même plaisir aujourd'hui ?Je pense à Handsworth Revolution de Steel Pulse et Satta Massagana des Abyssinians. Quel est ton meilleur souvenir reggae ?Le truc qui m'a vraiment impressionné c'est de voir Jah Shaka jouer défoncé et atteindre une transe. J'ai eu ça avec Burning Spear quand je l'ai vu sur scène, ou avec African Head Charge aussi.C'est quoi pour toi le concert le plus dingue que tu aies fait en Belgique ?Je pense que ce sont les concerts de NTM qui étaient incroyables. Et aussi les concerts d'un rappeur qui s'appellait Paris. www.facebook.com/dancehallstation.bewww.selectakilla.comwww.umanmusic.clubwww.mixcloud.com/selectakillawww.facebook.com/selectakillaofficielwww.facebook.com/umanistwww.instagram.com/dancehallstationwww.instagram.com/selectakillawww.instagram.com/umanmusic
reggae.fr | 06-juil.-2018 02:00

Sir Jean et The Roots Doctors
Le public reggae/dub avait découvert Sir Jean aux cotés de Brain Damage en 2012 avec Royal Salute puis l'année suivante avec l'énorme Do You Remember alors que l'artiste avait déjà collaboré auparavant avec Zenzile, Le Peuple de l'Herbe ou encore le groupe d'afrobeat/dub/jazz Meï Teï Shô. On l'avait ensuite suivi dans ses différents projets comme en 2016 avec le groupe NMB Afrobeat Experience ou avec le Conquering Sound avec qui il avait sorti la mixtape Gun Salute.Pour son dernier projet, sans aucun doute le plus personnel, Sir Jean s'est offert un band taillé sur mesure : The Roots Doctors ; un groupe dont certains membres vont vous sembler familiers puisqu'on y retrouve Yann, bassiste des Wailing Trees, Mike, clavier de Broussaï, Nordine, guitariste de Sinsemilia et Maxxo, batteur et directeur artistique. C'est donc à cinq que Sir Jean et The Roots Doctors se lancent dans cette nouvelle aventure qu'ils nous présentent avec l'EP 4 titres Come Pon Dem, disponible depuis le 8 Juin.On commence avec le titre éponyme, un morceau hyper entraînant aux sonorités digital et rub-a-dub où l'on retrouve avec plaisir le flow si particulier et plein d'énergie du MC sénégalais dont le refrain sonne comme une invitation à le rejoindre dans la danse. Vient ensuite High, un ganja tune au riddim plus tranquille mais tout aussi efficace, parfait pour méditer au soleil en savourant un échantillon de notre plante préférée. Sir jean et sa voix chaude et rauque se posent également sur le riddim roots de Soundboy / dont le refrain en mode soundclash ne vous quittera plus / avant que l'EP ne se finisse sur Fool Dem, une instrumentale mélancolique aux accents hip-hop et toujours aussi soignée sur laquelle le flow cadencé du chanteur se colle encore à merveille.Avec Come Pon Dem, Sir Jean et The Roots Doctors nous livrent un premier essai concluant qu'on a hâte de découvrir en live cet été sur les scènes de festivals comme le Zion Garden, le No Logo ou le Rototom en attendant d'écouter l'album annoncé pour octobre prochain.Tracklist : 1. Come Pon Dem2. High3. Soundboy 4. Fool Dem
reggae.fr | 05-juil.-2018 02:00

United By Skankin - Far West moderne
Ayant fusionné leurs flows et leurs univers musicaux depuis 2010 au sein de United By Skankin, Speed'art et Skankin Buzz proposent des projets dynamiques. Ils reviennent aujourd'hui avec leur nouvel album Far West moderne.Far West moderne est un opus original qui explore différentes facettes du reggae tout en les agrémentant d'autres horizons musicaux. Le groupe fait en effet habilement cohabiter le ska avec des sonorités raggamuffin dancehall sur le titre endiablé Ressens l'effet en featuring avec Missah et Weedo et Tiyab. Les côtés plus funky dans Freestyle et jazzy dans Le vent nous mène sont eux aussi explorés et le groupe s'adonne même parfois à quelques influences punk rock perçues notamment dans le titre etAgrave; l'époque.United By Skankin nous offre aussi une petite surprise avec Hey Billy faisant office d'interlude humoristique et original avant de repartir de plus belle. L'opus ne compte pas moins de quinze titres ! Un choix propre au groupe afin de pleinement se faire plaisir et pouvoir profiter de la venue de nombreux invités. Ce parti-pris n'est pas pour nous déplaire puisqu'il nous permet de déguster l'album en compagnie de l'ensemble des artistes présents tels que Puppa Nadem (l'énergique chanteur de Sound Dynamik) Max Livio ou Gringoriginal, venus chacun apporter une part de leur univers sur cet album.Au-delà de quelques délires humoristiques à l'image de l'hymne procrastinateur Faut que je me speed, le groupe a tenu à se concentrer sur les textes de ses morceaux pour faire de cet album un moyen de véhiculer des paroles conscientes. Plusieurs thèmes sont traités : la vie marginale sur le feat avec Max Livio, la politique dans Ils sont tous, la colère du peuple avec La rage et la nécessité de lutter et croire en ses convictions avec Dur comme fer. Le partage entre artistes est important nous l'avons vu avec le nombre d'invités sur cet album et le groupe tient à le rappeler avec son titre On passe le mic.Far West moderne est un album original et d'une grande fraîcheur avec plusieurs angles d'attaques musicales ! Un mélange d'ambiances plutôt agréable.Tracklist :01 - etAgrave; l'époque02 - Plus loin03 - Faut que je me speed04 - Marginal Feat. Max Livio05 - La rage06 - Hey Billy !07 - Far West moderne08 - Ressens l'effet Feat. Missah, Weedo et Tiyab09 - Dur comme fer10 - On est trop vieux11 - Freestyle12 - On passe le mic Feat. Jamanle, Puppa Nadem, Gringoriginal et Deewaï13 - Le vent nous mène14 - Ils sont tous15 - Cool n Easy
reggae.fr | 03-juil.-2018 02:00

So Good Fest 2018
Depuis quelques années le So Good Fest a su s'imposer comme le festival qui marque le début de l'été pour les amateurs de reggae dub et d'electro de la région bordelaise. Bon vous nous connaissez, on a passé beaucoup plus de temps au Dub Corner que devant la scène electro, et on vous raconte tout ça.Quand on arrive dans ce Dub Corner entouré d'arbres et décoré de quelques peintures, les skankers ont déjà le sourire, contents de se retrouver sous le soleil de Canéjan dans une ambiance presque familiale. C'est la voix de Martin Campbell qui résonne sur les six scoops des Infinity Hi Fi... Le crew local qui sonorisera tout le wee-kend continue avec une selection assez roots en guise de warm-up.L'heure d'accueillir les Maasai Warrior arrive vite, Jermel est aux platines, Paul au micro, ils entament avec un premier morceau - qu'on peut qualifier de calme quand on connaît les habitudes du crew de Bristol - avant d'enchaîner stepper en jouant un remix énorme du Jammin de Bob Marley à la ligne de basse vrombissante. La température va monter d'un cran avec le hit Like a Warriah, Paul Maasai est perché sur les barrières, les sirènes grondent, PULL UP ! Ca y est la foule a été transformée en warrior monté sur ressorts et va pouvoir s'en donner à coeur joie dans une session où l'on entendra Searching for Jah de Vibronics et Michael Prophet, Key to the Universe de Fikir Amlak et King Alpha, Frontline Rasta sorti sur Dub Invasion Records, et tellement d'autres big tunes. Une selection totalement steppa donc qui se finit dans une ambiance de folie avec Come Now (chanté par J. Lalibela et I. Mentor), aucun doute, les Maasai Warrior sont toujours aussi efficaces.On décide d'aller goetucirc;ter au live dub d'High Tone sur la grande scène, et on ne va pas être déçus ! Les pionniers du dub français sont toujours en place et nous le prouvent avec un show plein d'énergie.Retour au Dub Corner et c'est Jah Ragga qui est aux machines. Le dubmaker anglais va nous livrer un set intense où vont s'enchaîner de purs steppers UK, profonds et méditatifs à souhait dans un style nous rappelant presque l'ambiance si particulière des sessions de King Alpha. On est bien !Tellement bien qu'on ne voit pas le temps passer et les Infinity Hi Fi reprennent déjà les platines, le temps de balancer quelques galettes bien stepper pour cloturer cette première soirée.Le lendemain, après être allés jeter un oeil à l'atelier MAO proposé l'après-midi et avoir essayé les jeux en bois posés à l'entrée du festival, on arrive au Dub Corner alors que la finale du tournoi de palet vendéen organisé toute l'après-midi bat son plein. Les Infinity Hi Fi balancent quelques sons plutôt roots, l'ambiance est toujours aussi bonne. Le crew local va nous offrir un warm-up beaucoup plus énergique qu'hier et ça tombe bien, parce que ce soir on a besoin de force !C'est Mr Zèbre qui enchaîne. Le dubmaker est seul aux machines, et va nous proposer un set où il alterne entre dubplates, productions maisons exclusives et futures sorties dans un style résolument stepper. On entendra notamment raisonner les voix de Lasaï, Lisah Dainjah ou encore Brother Culture dans une selection qui va ravir les skankers.C'est ensuite au tour d'Haspar de se mettre aux platines, le producteur grenoblois entame avec un gros roots, puis continue avec un morceau chanté par Luciano. Le rythme s'accélère avec un remix du King of Ethiopia de Murray Man, et ne va ensuite plus retomber avec des morceaux beaucoup plus orientés stepper.Après s'être régalés grâce aux sessions hyper maîtrisées de ces deux jeunes producteurs français plus que prometteurs, l'heure est venue d'accueillir une légende du dub UK : Errol Arawak, plus connu sous le nom de King Earthquake, venu accompagné ce soir de Joseph Lalibela. Earthquake commence avec Exodus avant d'entraîner tout le monde dans la danse avec quelques dubs bien méditatifs. Joseph Lalibela prend le mic pour saluer la foule avant de mettre tout le monde d'accord dès son premier couplet. Le selector aux allures de vieux sorcier a vraiment quelque chose de spécial, bien aidé par le talent de Lalibela au micro, il arrive à faire oublier la fatigue à tout le public en les entraînant tous dans la danse. Les big tunes s'enchaînent : on entendra la prochaine sortie de Sista Awa, le Mistry Babylon ou encore Hot Like Fire sur lequel Lalibela viendra mettre le feu. Earthquake n'hésite pas à balancer un gros roots aux lignes de basses bien lourdes ou encore le calme et spirituel I Am an Ethiopian au milieu d'une sélection résolument stepper, comme s'il voulait laisser reposer nos jambes pour mieux nous faire bondir ensuite. Les deux Anglais nous offrent un set qu'on n'est pas prêts d'oublier et qui va se finir avec l'inévitable Like a Warriah ; un peu trop tôt peut-être pour les skankers qui tardent à quitter le Dub Corner tant ils semblent, comme nous, avoir apprécié ces deux jours.Encore une édition réussie pour le So Good Fest, tant sur le plan musical que sur le cadre, toujours aussi agréable. Rendez-vous l'année prochaine pour la neuvième édition ! Un gros big up à Volume 4 Productions, à toute l'équipe et à tous les bénévoles pour l'organisation de ce joli festival et l'accueil chaleureux qu'ils nous y ont réservé.
reggae.fr | 02-juil.-2018 02:00

Israel Vibration @ Toulouse
Les légendes Israel Vibration sont toujours là ! Skelly et Wiss étaient de passage au Rex de Toulouse le 5 juin dernier accompagnés de leurs fidèles Roots Radics avec la présence exclusive de Dwight Pinkney à la guitare. Retour en images sur ce concert plein de vibes avec les photos de Roshanak.
reggae.fr | 28-juin-2018 02:00

Blundetto - Interview danse lente
Il y a tout juste un mois, le très talentueux Blundetto nous livrait un album fait de rêveries et de poésie, toujours accompagné de ses protégés Biga Ranx et Jahdan Blakkamoore. Mais de nouvelles têtes ont fait leur apparition sur ce nouvel opus Slow Dance, et pas des moindres : Ken Boothe, Little Harry et Cornell Campbell. Le programmateur de Radio Nova dévoile un quatrième album de haute facture à l'univers cotonneux, mélancolique et vaporeux. On en parle avec l'intéressé...Reggae.fr : Comment t'est venue l'idée de ce quatrième opus ?Blundetto : J'ai commencé à regrouper des morceaux l'été dernier. A la base j'avais seulement quelques tracks, donc je voulais faire un EP plutôt dub. Puis, à la fin de l'été tout s'est enchaîné : j'avais le vocal de Ken Boothe pour le morceau que j'effectuais sur la compile des dix ans d'Heavenly Sweetness, puis Biga Ranx m'a appelé en me disant qu'il avait un Cornell Campbell pour moi. D'ailleurs c'est rigolo cette histoire parce que c'est un peu une surprise. A la base, l'instru je l'avais donnée à Biga pour son album 1988, mais en fait il l'a gardée pour faire poser Cornell Campbell dessus. Petit à petit, moi, de mon côté, j'ai retrouvé des vocaux et des intrus, et je me suis vite retrouvé avec treize ou quatorze titres. Plutôt que de faire un EP, j'ai préféré partir sur un album avec moitié de vocaux et moitié d'instrus. L'album s'est fait d'autant plus vite après avoir vu une vidéo de Brésiliens qui dansaient sur l'une de mes musiques, Above the Water, en mode " slow dance ". J'ai découvert que dans certaines soirées au nord-est du Brésil, les gens dansaient comme les slows des années 60 mais dans des sound sytems reggae. etCcedil;a m'a fait halluciné qu'ils s'approprient ce genre de musique de cette façon-là. C'est cette vidéo qui a dessiné le nom de l'album et son orientation finale.En tant que producteur, essayes-tu de faire passer un message avec ce nouveau projet ?Ce n'est pas vraiment une musique avec un message que je fais, mais plutôt une musique à émotion je pense. Je ne dis pas que je ne suis pas sensible aux messages de certains courants musicaux comme la funk ou la soul, mais personnellement j'aime la musique quand elle me procure des émotions quelles qu'elles soient. Je peux autant triper sur de la variété française que du dancehall jamaïcain. J'aime que ça provoque quelque chose chez moi, une envie de danser, une envie de me lever ou de pleurer. " J'aime bien toujours faire un petit pas de côté musicalement " Peux-tu nous en dire un peu plus sur cette superbe pochette ?J'avais fait les trois premiers albums avec Pico, un artiste qui vient du graff, et j'aurais adoré continuer avec lui, mais étant donné la tonalité de l'album et des sons qui font un peu un pas de côté par rapport au reggae classique, j'avais envie que ce visuel soit dans la même veine. La pochette s'est faite en famille. Je suis tombé sur les visuels de la femme de Biga Ranx, Teuga, sur Instagram, et j'ai adoré ce qu'elle faisait. Je lui ai donc demandé si elle se sentait de me faire une pochette. Après lui avoir envoyé les sons, elle a beaucoup aimé et m'a proposé trois visuels différents de collages. Sur ces trois propositions, j'en ai utilisée une comme pochette pour l'album, une autre comme un poster dans le CD et la dernière comme visuel pour le numérique. J'avais envie que les artworks aillent dans un univers un peu plus poétique, un peu plus doux contrairement aux visuels d'avant qui étaient légèrement bad-boys, plus inspirés du tattoo. Là j'avais envie qu'on retrouve un côté plus cotonneux, voire rêveur.On sent que musicalement tu sors du reggae comme dans tous tes albums, tu vas chercher dans la soul, le wave vapor, le hip-hop. Est-ce important pour toi d'aller toujours hors des sentiers battus ?Au-delà du fait que ce soit important, c'est comme ça que j'ai toujours considéré la musique. C'est grâce à mon expérience en tant qu'animateur chez Nova. Il y avait une espèce de liberté totale pour jouer tous les courants musicaux que l'on voulait. Même si on trouvait un truc en country qui déchirait, on le passait. Il y avait ce côté où il fallait fouiner de partout, écouter vraiment tout. Tout ça je l'ai gardé quand je me suis mis à la prod, j'aime bien toujours faire un petit pas de côté musicalement.As-tu travaillé sur Slow Dance de la même manière que sur World Of ou Warm my Soul ?Oui, exactement de la même façon, même si ça ne sonne pas pareil. On peut avoir l'impression que Slow Dance sonne plus synthé. Tout est enregistré en analogique avec de vraies batteries, de vraies guitares, de vraies basses. C'est simplement qu'au mix on a mis un peu plus de " sirop " dans ce dernier album. Et sur cet opus j'ai presque tout joué en solo, à part sur le titre de Ken Boothe où ce sont des potes à moi qui jouent. La petite nouveauté sur l'album c'est un clavier OP1 qui n'était pas sur les albums précédents et qui pour moi a amené une nouvelle couleur. C'est un instrument que j'adore car il reste analogique et il apporte du souffle tout en restant un peu crado. On arrive à faire des choses pas communes avec cet appareil. J'ai tapé toutes mes démos avec ce clavier.Il y a justement un morceau en clin d'oeil à ce clavier, OP1 Home Again, n'est-ce pas ?Complètement, ça fait trois ans maintenant que je l'ai. Cette machine avec son nom m'intriguait. Puis un moment j'ai detucirc; souvent prendre le train, j'ai donc décidé de trouver un instrument pour composer dedans. L'histoire du titre OP1 Home Again c'est que j'ai detucirc; m'en séparer l'été dernier. Il est parti en vrac à force de trop taper dessus comme un malade. Du coup je l'ai renvoyé chez le producteur en Suède, mais le colis s'est perdu. Finalement quelqu'un l'a retrouvé, me l'a réparé gratis et me l'a renvoyé. Le retour de l'OP1 à la maison c'était un peu comme la naissance de mon troisième enfant.Comment as-tu choisis les artistes avec qui tu as collaboré ?Il n'y a pas vraiment de choix. C'est-à-dire que je décide au fur et à mesure de mes envies. Je ne calcule pas. Je ne me suis jamais dit que je voulais un tel ou une telle sur mon prochain album. Je ne pense pas comme ça, je fais plutôt les morceaux à l'envie. Par exemple Damé, je les ai rencontrés alors que j'avais fini l'album, et en écoutant j'ai eu un flash total sur la voix d'Eva et la prod. Je leur ai donc fait de la place pour les accueillir sur mon album. Ce sont des rencontres musicales qui m'influencent, des choses que j'entends, qui me donnent envie de faire des morceaux avec quelqu'un.Ken Boothe signe une belle reprise du titre Have a Little Faith à la base chanté par Nicky Thomas. Comment s'est déroulée cette collaboration ?La rencontre avec Ken Boothe vient de la compile du label Heavenly Sweetness, pour leurs 10 ans. Mon boss Franck Décolon me dit : " Pour faire la compile, je vous paye un featuring avec qui vous voulez ". Au même moment j'avais des potes en Jamaïque, je leur ai donc demandé de rencontrer Ken Boothe pour moi afin d'essayer de lui présenter le projet, pour savoir si ça l'intéressait. Au final tous les indicateurs étaient au vert donc j'ai même récupéré son numéro de téléphone. Je l'ai appelé une première fois, je suis tombé sur sa messagerie mais rien que la voix de Ken Boothe ça m'a mis les genoux en compote. Bref, j'ai balbutié un message dans un mauvais anglais jamaïcain et puis je l'ai rappelé et il m'a répondu. Là c'était énorme, je lui parle du morceau et tout de suite il reconnaît le riddim, il me dit : " ah mais oui je connais c'est un morceau de Nicky Thomas ". Directement il avait fait le lien, pourtant Have a Little Faith n'est pas un énorme classique du reggae. Ken Boothe c'est l'un de mes chanteurs jamaïcains préférés et je savais qu'il ne l'avait jamais chanté. J'étais vraiment content de pouvoir faire ce morceau-là avec lui. C'était une occasion à ne pas rater, d'habitude je suis plutôt timide, mais là pour Ken Boothe j'ai fait abstraction de cet aspect (rires).Tu nous disais que c'est Biga Ranx qui avait fait poser Cornell Campbell sur Good Ol' Days. Le titre était-il prévu pour lui à la base ?Oui, j'avais envoyé l'intru à Biga et je pensais qu'il l'avait mis de côté, mais il avait en tête de me faire une surprise. Un jour il m'appelle et me dit : " Tu as été sage cette année ? C'est le père Noeteuml;l " et je lui réponds : " J'ai carrément été sage, super sage même ". Et il me dit : " Bah voilà je t'envoie ton instru avec Cornell Campbell et Little Harry dessus. " C'était même pas Noeteuml;l, c'était en septembre je crois. C'est un vrai cadeau, d'un vrai monsieur.Biga Ranx est encore très présent sur cet album. Quelle importance a-t-il pour toi ?Il fait partie des personnes super motivantes car inspirantes. J'adore lui proposer des trucs. Dès que j'ai un nouveau riddim, je lui envoie pour avoir un retour de sa part. etCcedil;a motive et puis on est sur la même longueur d'ondes mais pas que, puisqu'il se penche aussi sur des sons plus hip-hop. On se ressemble mais avec nos petites différences. C'est vrai qu'on aime tous les deux le coté cloud et vaporeux sur les prods.Jahdan Blakkamoore est aussi sur deux titres, ce n'est pas la première fois que vous travaillez ensemble. Qu'est-ce que tu aimes chez lui ? Pourquoi l'inviter si souvent sur tes productions ?Je crois que j'aime son efficacité. J'adore ses premières prises. Il est un peu sous-estimé mais je pense que c'est un super auteur. Il écrit vraiment bien et puis c'est propre ce qu'il fait. Je suis admiratif de Jahdan. Son album, qui date de dix ans peut-être où il y avait le son The General, je n'arrête pas de l'écouter, il fait partie de mes classiques. Pourtant c'est un album dont pas grand monde n'a parlé.La moitié des titres sont des instrumentaux purs. etCcedil;a représente quoi pour toi l'instrumental ?etCcedil;a représente vraiment ce que je sais faire. C'est-à-dire que des fois j'arrive à faire une instru qui fonctionne en tant que telle. Il n'y a pas besoin de voix. Elle raconte déjà une histoire et provoque une petite émotion, en tout cas pour moi. L'instru c'est la base de ce que je sais faire et les vocaux c'est la troisième dimension. J'invite quelqu'un pour qu'il mette en relief mon instru parce qu'elle ne marche pas en tant que telle et que j'ai envie qu'elle devienne une chanson. J'adore les deux exercices, j'adore jouer tout seul, et j'adore les proposer pour faire des chansons. Je ne me vois pas faire que l'un ou que l'autre.On imagine que le titre Satta est une référence au Satta Massagana des Abyssinians, n'est-ce pas ?Exactement. etAgrave; la base j'avais enregistré toutes les percussions qui marquaient le rythme nyabinghi, sur le tempo original du Satta Massagana, non pas la version des Abyssinians mais celle de Cedric Brooks qui tire plus vers le jazz. Et un jour un pote contrebassiste est venu chez moi. etAgrave; la base je voulais faire cette cover de Cedric Brooks, mais au final on a dérivé. On n'a même pas enregistré sa contrebasse mais on s'en est servi pour faire des percussions. Au final j'ai construit l'instrumental autour des percussions de tambour et de la contrebasse.C'est un morceau qui est né de plusieurs expérimentations au final ?Oui carrément, mais c'est comme ça pour tous mes morceaux. Je fais des essais, des erreurs, je me lance dans des trucs et j'aime repérer quand il y a des sonorités qui marchent. Par exemple je peux enregistrer un quart d'heure de batterie sur une idée de tempo et je vais aller chercher dans ce quart d'heure juste le moment qui m'intéresse.Dans ce nouvel album, on a l'impression que l'atmosphère est encore plus vaporeuse que les précédents avec des tempos très lents et des sonorités chaudes qui donnent l'impression d'être enfermé dans une bulle où le temps s'arrête...Ce n'était pas le but, mais au mix on voulait pousser la création artistique le plus loin possible. Par exemple History Dance c'est le même riddim que Good Ol' Days. C'est peut-être ça qui crée cet effet de bulle, mais il n'y avait pas de calcul.Quelle est ta plus grande fierté dans ce nouveau projet ?Je crois que c'est la vidéo des Brésiliens. On a tourné un clip là-bas pour le morceau Good Ol' Days. Je ne sais pas si on peut parler de fierté, mais en tout cas ça m'a réellement touché qu'il y ait autant de gens là-bas qui se mettent à triper sur un truc qui n'a pas spécialement été pensé pour ça. Eux-mêmes ils font un pas de côté par rapport aux soirées. Ils amènent une sorte de douceur avec leur slow dance corner. Maintenant je me dis que ce serait trop bien que dans des festivals il y ait des dub corners qui soient tranformés en slow dance corners. Pour en avoir parlé avec des Brésiliens, ils m'ont dit que c'était une expérience assez mystique, parce que le moment que tu passes à deux c'est un moment hors du temps, un peu en méditation. C'est une autre expérience du sound system, une idée de transe lente. Tu nous avais parlé d'une librairie musicale en ligne il y a quelques mois. Tu bosses toujours dessus ?C'est marrant parce que c'est aussi en train de devenir un album, tout comme l'EP qui est devenu Slow Dance. Depuis qu'on en a parlé j'ai avancé sur les différents morceaux et aujourd'hui il y a douze titres qui sont là. Je me dis que c'est quand même chouette de pouvoir les proposer avec un visuel. Puis faire un album c'est un moment super. Ce nouveau projet n'aura rien à voir avec Slow Dance, mais tirera plus vers de la musique de film. Il sortira fin 2018, début 2019.Qu'est-ce que tu écoutes en ce moment ?Le dernier album sur lequel j'ai tripé c'est celui de Pusha T, Daytona. Sinon j'écoute toujours beaucoup de oldies.
reggae.fr | 26-juin-2018 02:00

Ackboo - Pharaoh
On avait découvert Ackboo en 2009 avec l'énorme Bangladesh Dub pressé alors sur le label Roots Youth Records et dont tous les amateurs de sound systems se souviennent. Après plusieurs autres sorties maxi, le dubmaker avait sorti son premier album Turn up the Amplifier en 2013 avant de récidiver trois ans plus tard avec Invincible. Pour son nouveau projet, le producteur toulousain a décidé de faire confiance à son public en mettant en place une cagnotte participative... et ça a marché : 12000 euros récoltés, de quoi financer entièrement l'album ! C'est donc certain du soutien sans faille de son public que l'artiste nous présente ce nouvel opus à qui il donne le nom de Pharaoh en référence à ses racines égyptiennes.Ackboo poursuit ici ses explorations musicales, mêlant (entre autres) reggae, dub, electro, hip-hop ou trap en invitant un nombre impressionnant de chanteurs et en s'adaptant à chaque fois à leur style pour leur offrir à chacun un riddim taillé sur mesure. etCcedil;a commence avec Marcus Gad dont on aime décidément toujours autant la voix, posée cette fois sur le dub plein d'énergie de Youth Nation ; puis c'est au tour de l'Espagnol Sr Wilson de venir caler son flow affetucirc;té sur l'hyper efficace Goodness. C'est ensuite Dapatch, un MC qu'on adore et qu'on entend malheureusement trop rarement, qui vient retourner le riddim de Give me a Hand de son chant purement rub-a-dub. Avec Pharaoh, seul titre totalement instrumental de l'album, Ackboo nous emmène dans un univers totalement mystique fait de basses démesurées et de mélodies orientales. Waouh ! Nouveauté de cet opus : le producteur semble assumer totalement son amour pour d'autres courants musicaux que le reggae comme il nous le montre avec Me Nuh Loaf, un morceau très orienté trap chanté par Lasai, ou encore avec Slowly, une instrumentale plutôt hip-hop, lente et mélancolique sur laquelle Dan I Locks pose parfaitement sa voix. Sur First Sight, Ackboo nous propose une production tranquille entre hip-hop et RetB qui colle à merveille au duo formé par la voix chaude et pleine de soul de Pauline Diamond et le flow toujours efficace de Green Cross.Retour au reggae/ dub avec Ras Hassen Ti et son univers spirituel et méditatif auquel Ackboo s'adapte avec toujours autant de talent sur From All Men Appart ; ou encore en fin d'album avec celui qui l'accompagne régulièrement en tournée, Ras Mykha, qui nous offre l'entêtant Ruff Road. L'album se conclut avec deux versions dub, toujours aussi travaillées, en guise de bonus track (Youth Dub et Dubness).Avec Pharaoh, Ackboo nous livre un album ouvert, éclectique et plus que réussi où il impressionne par sa facilité à jongler entre les styles ou même à les mélanger avec toujours autant de précision. Un album qu'on vous invite vivement à aller découvrir.Tracklist :1. Youth Nation Ft Marcus Gad 2. Goodness Ft Sr Wilson 3. Give me a Hand Ft Dapatch4. Pharaoh 5. Youthman Ft Malone Rootikal6. Me Nuh Loaf Ft Lasai 7. Slowly Ft Dan I Locks 8. From All Men Appart Ft Ras Hassen Ti 9. First Sight Ft Pauline Diamond et Green Cross10. Ruff Road Ft Ras Mykha11. Youth Dub12. Dubness
reggae.fr | 22-juin-2018 02:00

Black Ship - On the Sea
Black Ship c'est avant tout six amis réunis depuis plus de dix ans autour de leur passion pour la musique. C'est en 2015 que ces amoureux de sonorités jamaïcaines se lancent dans le projet Black Ship avec un premier CD trois titres et de nombreuses représentations lors de festivals ou en première partie d'artistes prestigieux comme The Abyssinians, Anthony B., Pablo Moses et bien d'autres. Le 13 avril dernier, le groupe sortait On the Sea, un EP qui nous plonge dans un univers fortement influencé par le reggae des années 60/70 avec des touches de soul, de rythm'n blues, de funk, ou de rock. On a adoré.Dès le premier morceau, The Park, on comprend que cet EP va nous faire voyager dans le temps : une instrumentale pleine de sonorités tropicales qui sent bon le reggae à l'ancienne et un chanteur à la voix mélancolique qui se pose parfaitement dessus... on est bien ! On continue dans cette ambiance vintage avec des morceaux lents et légers comme Looking Around ou l'envoetucirc;tant Black Ship on the Sea. Le groupe fait fusionner les styles d'une facilité déconcertante. Ils nous le démontrent avec Neighbourhood qui évoque le rock des surfeurs californiens, ou encore avec Vampire on the Beach, savant mélange de reggae, rock et soul. L'EP se conclut sur Such a Love, encore un morceau à la croisée des styles entre roots et dub avec un tas d'influences, planant à souhait grâce à ses claviers et aux harmonies vocales du chanteur toujours aussi agréables à écouter. C'est déjà fini ?Black Ship, une très jolie découverte qui frappe fort dès ce premier EP avec six titres plus travaillés les uns que les autres. Le groupe possède déjà un univers musical qui ne ressemble à aucun autre et dont on attend des nouvelles avec impatience.Tracklist : 1. The Park 2. Looking Around 3. Black Ship on the Sea4. Neighbourhood5. Vampire on the Beach6. Such a Love
reggae.fr | 20-juin-2018 02:00

Lev'Roots 2018
Les 1er et 2 juin derniers, le Lev'Roots nous ouvrait ses portes à Levroux dans l'Indre pour deux soirées chaleureuses au rythme de différents groupes. Jour 1 :Le festival ouvre tranquillement ses portes avec Bushmen Reggae Cie avant de céder sa place à Mahom qui sait rassembler peu à peu la foule devant la grand scène. Le groupe commence léger avec un remix de Stand High Patrol pour ensuite mettre l'ensemble du public en folie sur Trouble of the World. L'ambiance oscille entre doux morceaux psychédéliques et sons plus steppa et le duo termine sur une reprise du mythique anthem Star Wars, preuve de leur style éclectique. La soirée ne s'arrête pas là et continue de mettre le public en mouvement avec La Phaze qui dès 23h30 vient poser son style propre qu'ils nomment " pungle ". Un groupe allant de la jungle à la drum and bass en y mêlant des influences punk rock sachant combler le public qui part en pogo dès le troisième morceau ! Certains portés par l'énergie du groupe improvisent même quelques slams malgré la foule un peu éparse pour ce genre d'exercice. Bonne surprise que d'entendre avec ce groupe certains échos aux rythmiques reggae justifiant leur présence à un festival dont le nom même revendique les racines roots.C'est au tour du dernier groupe et non des moindres, OnDubGround, de faire son entrée tout en délicatesse avant de proposer un medley très agréable permettant de redécouvrir leurs collaborations avec Danakil sous une forme différente. Olo, Art-X et Natty enchaînent ensuite avec des titres de Panda Dub, Joseph Cotton et un medley roots comprenant Reload de Jahneration, Africans de Joe Pilgrim et Business of War de Stand High et Pupajim. En résumé, un set surprise et dynamique comme nous l'avait promis le groupe un peu avant son entrée en scène : " on a préparé un concert surprise que l'on a joué quelques fois déjà. On va enchaîner des morceaux assez rapidement afin de pouvoir tout montrer, notamment l'album Danakil. Le tout en 20 minutes pour créer quelque chose de dynamique et l'entrecouper de morceaux plus roots pour faire plaisir à un maximum de personnes en un minimum de temps puisqu'on a un set pas très long ce soir ".Jour 2 :Pour cette deuxième soirée c'est Disk'R qui ouvrait les festivités sur la petite scène sous le chapiteau. Le groupe composé de trois chanteurs a su nous présenter des morceaux très skankés avec des choeurs dynamiques qui ont ravi les novices et les fans venus soutenir le groupe. Une ambiance chaleureuse pour débuter cette dernière soirée.A 22h, le chauffeur de scène est motivé pour lancer le show sur la grande scène extérieure avec Le trottoir d'en face. Avec des influences laissant penser à Boulevards des airs et Epsylon, le groupe emporte rapidement la foule. Le trottoir d'en face crée une ambiance chaleureuse et familiale au rythme du cajetoacute;n et des olas partagées avec le public.Minuit résonne et L'Entourloop, qui s'est un peu laisser attendre, peut commencer son concert qui selon certains festivaliers est "un des meilleurs groupes du week-end". L'ensemble du public semble en effet comblé par la scénographie du groupe qui crée une ambiance décalée avec des vidéos en arrière plan. Côté musique, L'Entourloop en a pour tous les goetucirc;ts avec du trap, du reggae, du dub et oscille ainsi entre temps plus ou moins posés. C'est avec Dreader Than Dread et Gangster que le groupe termine son show ayant su faire déployer toute son énergie au public.Toujours avec la grande énergie du public cette édition du Lev'roots est clôturée par Tha Trickaz. Le groupe partage les dernières minutes avec le public sur des sons techno enragés et un jeu de lumières impressionnant.Durant ces deux jours l'ensemble des interplateaux était assuré par le collectif DJ Akademy. Les 4 scoops de l'espace sound system sous chapiteau permettaient de maintenir la température entre les concerts toujours sur de bonnes notes roots et culture. Plus tard dans la soirée, des sélections plus hip-hop trap remplissent le chapiteau. La présence de Rock Sax et Kilo Alpha (au micro) vient aussi régaler le public pendant ces interludes entre les artistes programmés sur la grande scène.Gros point positif : l'espace camping dans un espace naturel idyllique au bord d'un lac où sourires, partages en tous genres et bonne humeur furent présents tout au long du week-end ensoleillé. Certains se sont même adonnés à des sessions pêche et baignade.La dimension familiale et chaleureuse du Lev'Roots a elle aussi su plaire tant aux festivaliers qu'aux artistes comme nous le rapportent ODG et DJ Akademy :Propos de DJ Akademy : "Ce festival est organisé par une équipe de gens motivés et sérieux, un petit festival où on voit que le travail d'une petite équipe peut déboucher sur de grands évènements. C'est un festival avec plein de belles volontés."Les ODG ont aussi tenu à s'exprimer : "Franchement on a été agréablement surpris. Cela faisant longtemps que l'on n'avait pas eu un tel accueil tant techniquement qu'humainement. La sono est super, les techniciens sont bons. Le festival est petit mais on aime bien ce partage qui se crée, il y a un feeling, on peut capter tous les regards et inversement tout le public voit bien les artistes. Le public est là, pas très nombreux, mais ils sont super chauds en face et ils mettent ça haut !"Avec le Lev'Roots on l'a compris, le mois de juin commençait bien !
reggae.fr | 19-juin-2018 02:00

The Tuff Lions @ Toulouse
C'était le 9 Mai 2018 au Rex à Toulouse, les Tuff Lions présentaient leur album Spirit dans leur ville lors d'une soirée organisée par Bam Salute. Le groupe nous a offert un bel aperçu de ce qu'ils sont capables de faire. Une bande de musiciens chevronnés, des magnifiques backing vocals, un chanteur généreux et motivé, une prestation scénique travaillée, des invités de marques, un public heureux... C'est une affaire à suivre !
reggae.fr | 19-juin-2018 02:00

Kabaka Pyramid - Kontraband
On peut vous dire qu'on l'a attendu ce premier véritable album de Kabaka Pyramid. Après plusieurs EPs et mixtapes, l'artiste nous l'avait annoncé il y a deux ans déjà. Mais l'attente en valait la peine ! Le jeune artiste confirme plus que jamais le potentiel que l'on voyait en lui en révélant un album complet, très bien produit et diablement frais !Faîtes place ! Les jeunes du ghetto débarquent par la grande porte ! Kabaka et Pressure ouvrent admirablement la tracklist avec l'excellent Make Way sur un riddim produit par Protoje. Un rub-a-dub moderne aux volutes hip-hop qui rappelle les premiers albums de l'auteur de Kingston Be Wise. On perçoit déjà le sens aigu de la punchline de Kabaka : "Jamaica where we born the situation kinda sticky, Di youths dem a the future but the leaders over sixty" (en Jamaïque où nous sommes nés, la situation stagne, les jeunes sont le futur mais les dirigeants ont plus de 60 ans). Sa diction parfaite et ses lyrics affetucirc;tés percutent l'auditeur en pleine face et même si les moins habiles n'en saisiront pas toutes les subtilités, les textes de l'artiste restent particulièrement accessibles aux non-anglophones. Toujours élévatrices et emplies d'espoir, ses paroles donnent de la force à quiconque les écoute. Que dire de l'énorme My Time où l'artiste rappelle le temps passé dans l'ombre et le travail abattu avant d'arriver sous le feu des projecteurs ? Il s'agit du seul tune entièrement produit par Kabaka lui-même et sans aucun doute l'un des plus réussis de l'album.Le singjay compare son acharnement à celui des contrebandiers, déterminé à faire voyager sa musique dans le monde entier malgré les nombreux obstacles. Une analogie évidente orchestrée par Damian Marley qui s'invite également au micro sur le titre éponyme. Jr Gong s'est d'ailleurs chargé de produire plusieurs instrus. On le retrouve à la composition et à la programmation des beats sur Well Done, Borders, Everywhere I Go et Natural Woman. etEacute;galement producteur exécutif de l'opus, le dernier fils de Bob ne s'est pas trompé en misant sur Kabaka. Parmi ses contemporains, c'est celui qui s'éloigne sans doute le moins de la férocité authentique du reggae yardie et de sa spontanéité urbaine. Son mélange de reggae et de hip-hop d'une efficacité redoutable fait du bien en ces temps où la musique jamaïcaine évolue vers des sonorités plus pop. Des titres purement hip-hop comme Lyrics Diety et I'm Just a Man font également très mal. Reggae Music, à l'ambiance rub-a-dub, nous plonge dans l'ambiance d'un sound system des années 90. Outre ces tunes plutôt légers, Kabaka Pyramid se sent concerné par la crise migratoire et donne son avis sur Borders aidé par le Ghanéen Stonebwoy. La star internationale Akon se fait aussi entendre sur le très radiophonique Africans Arise produit par un Français s'il vous plaît (Damalistik) !On pourrait en écrire encore des tonnes pour vanter les mérites des featurings avec Protoje, Chronixx ou Nattali Rize, en remettre une couche sur les excellents singles déjà sortis avant l'album (Can't Breathe et Well Done en tête) et sur l'enchaînement parfait de cette tracklist très fournie (16 titres !). Kabaka Pyramid signe-là un sans faute.Quel plaisir de ressentir autant d'enthousiasme à l'écoute d'un projet du début à la fin. On aurait peut-être aimé entendre Kabaka sur des riddims dancehall tant on connaît sa passion pour le genre, mais là, on cherche vraiment la petite bête. Kontraband est de loin l'un des meilleurs albums jamaïcains de ces dix dernières années !Tracklist :01. Make Way feat. Pressure Busspipe02. My Time03. Kontraband feat. Damian Marley04. Can't Breathe05. Well Done06. Reggae Music07. Kaugh tUp08. Lyrics Diety09. Borders feat. Stonebwoy10. Africans Arise feat. Akon11. Meaning Of Life12. Everywhere I Go feat. Protoje13. Blessed Is the Man feat. Chronixx14. Natural Woman15. I'm Just a Man16. All I Need feat. Nattali Rize
reggae.fr | 18-juin-2018 02:00

Touré Kunda - Lambi Golo
Comment célébrer au mieux quarante années de carrière musicale ? Touré Kunda semble avoir trouvé la réponse adéquate : sortir un nouvel album ! Les deux frères sénégalais ayant à leur actif déjà treize albums (dont trois disques d'or) reviennent, après 10 ans d'absence, avec un nouveau projet intitulé Lambi Golo et tout juste sorti sur le label français SoulBeats Records.Ce nouvel album est une petite pépite musicale qui fait voyager au coeur du Sénégal les rythmiques reggae et funk très appréciées par le groupe et que l'on retrouve très présentes dans les titres Sene Bayo et Oustache. Lambi Golo est un projet dansant pour lequel Touré Kunda a su s'entourer d'artistes de renom. Carlos Santana sur Emma Salsa, Manu Dibango dans Demaro et le Jamaïcain Kiddus I avec le titre Mister Farmer viennent chacun se mêler à l'univers musical des deux frères sénégalais et apporter leurs styles propres allant du jazz à la soul en passant par le rock latino. On note aussi d'autres belles surprises avec des passages en français et anglais dans Mister Farmer et Soif de Liberté, une collaboration avec Lokua Kanza.Les percussions et choeurs traditionnels de Demaro assurent un dépaysement très plaisant. Sans oublier les influences citées précédemment qui contribuent à donner une couleur hétéroclite et authentique à l'album, de même qu'un côté très dynamique avec des rythmes parfois plus cadencés, des sessions de guitare électrique criante ou bien encore des effets plus synthétiques (on pense notamment à Deuk N Do et Sotolal).Pari réussi pour Touré Kunda qui arrive / tout en reprenant ses influences originelles / à introduire modernité et authenticité dans un album de grande qualité. Rendez-vous sur la route de leur tournée pour un show à ne manquer sous aucun prétexte !Tracklist :1. Demaro ft. Manu Dibango2. Oustache3. Emma Salsa ft. Carlos Santana4. Malang5. Lambi Golo6. Sene Bayo7. Fatou Yow8. Mister Farmer ft. Kiddus I9. Ka Badiyassi10. Soif de liberté ft. Lokua Kanza11. Deuk N Do12. Sotolal
reggae.fr | 15-juin-2018 02:00

Protoje - A Matter of Time
Trois ans après l'acclamé Ancient Future, Protoje revient avec un quatrième album des plus attendus, A Matter of Time. L'artiste jamaïcain a bien fait monter la sauce en proposant depuis quelques mois différents extraits en avant-première (Blood Money, Truths et Rights ft. Mortimer, Bout Noon et enfin No Guarantee ft. Chronixx).Protoje frappe fort pour son retour avec un opus de très haute volée. Un effort plus sombre que les précédents, voire mélancolique où l'amour et les femmes ont une place centrale. Sur ce nouveau projet, l'artisan du reggae revival offre une balade hors des sentiers battus. Comme à son habitude, il s'aventure dans des courants musicaux autres que le reggae, avec des sonorités hip-hop, rock, blues, jazz ou encore proches de la funk. Mais ne nous méprenons pas, cette nouvelle bombe signée Protoje est un pur album roots digital de A à Z. La cover parle d'elle-même. Une photo très épurée, où Protoje est seul face à la mer, habillé de blanc se fondant dans le décor, comme s'il ne faisait qu'un avec les vagues qui viennent mourir sur la plage. A savoir que Protoje s'isole souvent devant l'océan pour réfléchir et se ressourcer. Une pochette d'album qui en dit long sur le contenu audio.Protoje ouvre les festivités avec le titre Flames en duo avec Chronixx. Les deux amis ont déjà collaboré ensemble sur le fou furieux Who Knows et les voilà qui récidivent à deux reprises sur ce nouvel album. La tracklist s'ouvre donc en grande pompe avec ce morceau grandiloquent et ses violons, dignes d'une BO de western, soulignés par des lignes de guitare électrique sinueuses et un flow destructeur de Protoje. Chronixx apporte de la souplesse au morceau avec sa voix mielleuse. Le titre qui suit, Blood Money, est davantage dans la retenue avec une tune roots très joliment menée, qui dépeint la triste réalité des injustices et de la violence en Jamaïque, et plus largement sur tous les continents. Mind of a King reste dans la même lignée avec une rythmique roots à l'ancienne, des lignes de guitare funk et une basse très groovy.Like This est porté par des sonorités électroniques rondes et douces, qui nous donnent envie de passer la tune en boucle. Avec Bout Noon, l'artiste jamaïcain offre un morceau sensuel qui nous plonge dans une nuit sucrée, portés par sa voix envoetucirc;tante sur un beat qui mélange l'agressivité de la batterie style hip-hop, des notes cosmiques de guitare électrique et la douceur d'une basse funky. La chanson éponyme de l'album, A Matter of Time, nous emmène elle dans un univers moins rassurant, plus triste, mais tout aussi intéressant, mêlant des notes de violons et des sonorités difformes. Arrive ensuite le massif No Guarantee où Chronixx sévit à nouveau en abordant la condition humaine à travers l'amour, la haine ou encore la jalousie. Les deux compères nous offrent un titre influencé par le blues et le rock, soutenu par de jolis riffs et un kick plutôt trap accompagné d'une ambiance funk.Lessons fait le travail. Rien de très surprenant sur cette tune roots parfaitement produite, avec une section de cuivres qui sonne à merveille. S'ensuit l'excellent Truths and Rights, pour qui la rédaction a eu un réel coup de coeur. Sur ce morceau, l'étoile montante de la scène revival roots jamaïcaine Mortimer vient prêter main forte à Protoje. Les deux artistes avaient déjà partagé l'affiche sur la big tune Protection qui figurait sur le dernier album de Protoje. Le son est soutenu par une rythmique vaporeuse et brute à la fois et des lyrics qui expriment un engagement politique de la part de l'artiste. On termine ce bijou sonore avec le très bon Camera Show clôturé par un excellent dub.Protoje livre un album musicalement puissant qui donne une bouffée d'air frais à toute la scène roots. Le Jamaïcain navigue dans un univers différent à chaque tune pour aller toujours plus loin, et sortir de sa zone de confort pour bousculer une fois de plus les codes du new roots afin de proposer sa signature sonore. Comme le dit Protoje, tout est une question de temps, et avec ce sublime quatrième album, il se rapproche encore plus du sommet de son art. Disponible à partir du 29 juin et déjà en précommande ici. Tracklist :01. Flames feat. Chronixx02. Blood Money03. Mind Of A King04. Like This05. Bout Noon06. A Matter Of Time07. No Guarantee feat. Chronixx08. Lessons09. Truths et Rights feat. Mortimer10. Camera Show
reggae.fr | 14-juin-2018 02:00

Chezidek @ Le Blanc Mesnil
Chezidek est actuellement en Europe pour quelques dates en sound system aux côtés d'Irie Ites, mais également quelques shows accompagné d'un live band. C'était le cas le 2 juin dernier dans la salle du Deux Pièces Cuisine au Blanc Mesnil en région parisienne. Papa Chezi était backé pour l'occasion par les très bons Ligerians que les amateurs de roots ont apprécié ces dernières années avec Rod Anton et Joe Pilgrim. Les Ligerians ont bien setucirc;r assuré derrière le Jamaïcain qui s'en est donné à coeur joie sur ses hits Bun Di Ganja, Inna Di Road ou encore Leave the Trees sous le regard attentif de Norman Grant des Twinkle Brothers présent ce soir-là. Retour en photos sur cette belle prestation avec les clichés de Philippe 'Da Best' Campos.
reggae.fr | 13-juin-2018 02:00

Angata Sound Party avec Raggasonic
Pour la 22ème édition de la Angata Sound Party, les organisateurs nous ont proposé une belle affiche live et sound system du côté de Morigny Chamogny en région parisienne le 26 mai dernier. C'est le groupe Alpha Camara qui ouvre le show. Certains des musiciens du groupe ont tourné avec de grandes stars de la musique africaine comme Mory Kanté. La chanteuse du groupe éblouit par sa présence et nous gratifie de quelques danses endiablées.La chanteuse Sista Jahan leur emboîte le pas accompagnée par ses Riddimers. Ils nous proposent un set de qualité et interprètent entre autres Maman Ek Papa, No Competition et Viv'Love... Jahan invitera sur scène la talentueuse Princess Nayah le temps d'un duo bien senti.Angata Sound s'occupe ensuite du changement de plateau avant l'arrivée des têtes d'affiche tant attendues...Lord Zeljko prend place derrières les platines pour chauffer les massives avec quelques tunes. Les voix reconnaissables des deux acolytes, Big Red et Daddy Mory retendissent et Raggasonic déboule sur scène ! Chaque tune interprété par le duo est un tube (Légaliser la ganja, J'entends parler, Bleu Blanc Rouge...). Leur set fera place également à leurs carrières solos respectives (Real Ganjaman, Kill Kill Kill...). Ils reviendront sur scène pour un freestyle mémorable pour clore cette magnifique soirée en beauté. Bravo à Angata Sound pour ce bel évènement.
reggae.fr | 11-juin-2018 02:00

Alborosie - Unbreakable
Alors qu'Alborosie nous avait annoncé un album en collaboration avec les Roots Radics pour faire suite à l'excellent Freedom et Fyah, c'est finalement vers un autre groupe de légende que l'Italien s'est tourné pour son neuvième effort. Les noms d'Aston 'Familyman' Barrett, Junior Marvin et Tyrone Downie résonnent dans les oreilles de tout amateur de reggae. Les membres originels des Wailers sont venus prêter main forte à Puppa Albo pour l'un de ses albums les plus aboutis.Lui qui avait pour habitude de tout faire tout seul commençait déjà à s'entourer pour son précédent projet (Winta James, Flash Hit Records, The Roots Radics...). On le retrouve cette fois aux côtés des musiciens de Bob Marley qui servent de backing-band sur ces quatorze nouveaux titres. On reconnaît tout de même la patte de l'artiste aux multiples talents ; Alborosie s'attache à nous surprendre à chaque album et c'est une fois de plus réussi. Il délaisse peu à peu son style rub-a-dub pour se tourner vers un univers très roots, plus classique, mais toujours terriblement ancré en 2018. Les rythmiques one drop se succèdent pour un effet des plus efficaces. La voix de l'Italien exilé en Jamaïque s'adapte et se fait plus mélodique, plus assagie, moins agressive et extrêmement touchante. On le découvre capable de nouvelles prouesses vocales, prouvant son aptitude à exceller dans chacune de ses innovations.Alborosie ne fait jamais les choses à moitié et ses invités prestigieux ajoutent à la réussite de cet opus. Chronixx le rejoint sur Contradiction (co-produit avec le renfort du français Frenchie). Beres Hammond pose sa voix de velours sur une surprenante complainte amoureuse où les deux artistes rêvent d'une compagne aussi fan de reggae qu'eux. Le Polynésien J-Boog s'invite sur l'étonnant et particulièrement rythmé Unbreakable ; sans doute l'un des plus modernes de la tracklist grâce à sa couleur pop. Et on n'est pas au bout de nos surprises ! Raging Fyah reprend le sublime refrain de The Unforgiven de Metallica (oui oui vous avez bien lu !) sur une adaptation deep roots de toute beauté et Jah Cure nous fait plaisir comme il ne l'avait pas fait depuis longtemps avec le brillantissime / n'ayons pas peur des mots / Mystical Reggae. Les morceaux solos sont eux aussi magnifiques, emprunts de mysticisme et de mélancolie comme l'épatant Table Has Turned. On n'avait jamais entendu Alborosie sur ce registre. L'Italien est en mission et il nous le fait savoir avec Mission et One Chord où il revendique le caractère rebelle de sa musique. Deux dubs (étonnamment courts) viennent enfin complèter le tableau comme pour rappeler la passion de l'artiste pour cette discipline 100 % jamaïcaine.Les Wailers ne sont finalement pas ceux qui brillent le plus sur ce Unbreakable même si l'on reconnaît leur style chaloupant ici et là. Alborosie avait peut-être besoin de s'entourer de nouvelles personnes pour se renouveler. C'est réussi ! Finalement, la seule ombre à ce nouveau projet est peut-être sa pochette moyennement inspirée. Pour le reste, rien à jeter. Alborosie vient peut-être de livrer son meilleur album à ce jour. A découvrir à partir du 29 juin et déjà disponible en précommande ici.Tracklist :01. The Unforgiven ft Raging Fyah02. Mystical Reggae ft Jah Cure03. Lie04. Live Conscious05. Contradiction ft Chronixx06. Mission07. Too Rock ft Beres Hammond08. Wailing Dub09. Table Has Turned10. Youth Like Me11. Unbreakable ft J Boog12. One Chord13. Under Control14. Famsdub (Outro)
reggae.fr | 07-juin-2018 02:00

Booboo'zzz All Stars - Itw Reggae Bash
Ils font de plus en plus parler d'eux avec leur concept de reprises de morceaux soul, blues ou chanson en reggae. Le Booboo'zzz All Stars inonde la toile de covers tous plus improbables les uns que les autres avec des artistes d'horizons variés. Une façon d'emmener le reggae plus loin, à la rencontre d'un autre public peut-être ?... Le groupe bordelais fêtait la sortie de son deuxième album Studio Reggae Bash vol.II, le 3 mai dernier au Rocher de Palmer avec une belle brochette d'invités. Reggae.fr en a profité pour s'entretenir avec Jonathan, guitariste et chanteur de la formation.Reggae.fr : Votre deuxième album se nomme tout comme le premier Reggae Bash. Ce terme et sa signification renvoient-ils à quelque chose de spécial pour vous ?Jonathan : Alors forcément ça renvoie aux Tuesday Reggae Bash qu'on faisarit au Booboo'zzz Bar à Bordeaux chaque mardi. Et ensuite la signification de "Bash" pour nous c'est à la fois une fête, à la fois une grosse soirée et à la fois une grosse branlée musicale. On n'est pas du tout inventeurs du mot. Ce mot est beaucoup utilisé en reggae. Une "Birthday Bash Party" c'est la fête d'anniversaire qui promet d'être festive et explosive.Pourquoi le style reggae pour vos reprises ?C'est la musique qu'on aime écouter et jouer depuis 20 ans. Après pourquoi des morceaux pas reggae en reggae ça c'est parce qu'on n'aime pas que le reggae. On aime plein d'autres choses et on n'a pas du tout envie de cloisonner cette musique. Nous on aimerait même arriver à vulgariser cette musique, la populariser et même intéresser des personnes d'autres horizons. etAgrave; Bordeaux, on avait un public de trentenaires et Balik et Volodia ce n'est peut-être pas leur quotidien musical mais ils viennent tout de même découvrir et on espère que derrière ils écoutent un peu plus de reggae. Notre volonté est de montrer que le reggae peut transcender un morceau et lui donner une profondeur, une soul qu'il n'avait pas forcément au départ. Vous faîtes des covers de façon collaboratives que vous présentez dans votre album. Comment choisissez-vous les morceaux et les artistes à inviter ?C'est mélangé. Soit on trouve un morceau et on décide d'appeler tel ou tel artiste parce que ça lui irait bien, soit, à l'inverse, on a envie de travailler avec un artiste en particulier et on part à la recherche du morceau pouvant lui correspondre. Au départ chaque membre à sa propre culture musicale pour trouver des morceaux à reprendre mais ensuite il a fallu aller chercher de nouvelles choses car on s'est donné un défit important : faire des inédits. C'est-à-dire de ne pas repondre des morceaux ayant déjà été repris en reggae et là ça complique bien les choses en matière de recherche. Donc on regarde sur Youtube et quand ça n'existe pas on voit pour saisir la chose et se lancer.Comment réalisez-vous les arrangements pour apporter justement cette touche reggae à des morceaux issus d'autres univers musicaux comme la chanson française par exemple ?Tout se fait en fonction de la mélodie du chant. On peut retourner un morceau totalement et dans n'importe quel style. La rythmique, la paterne de batterie... on peut tout changer, le morceau sera quand même reconnaissable à partir du moment où l'on garde la mélodie. C'est un peu technique mais par exemple un morceau majeur comme celui de Joss Bari (Cheerleader qu'on a joué sur scène au Rocher de Palmer), transformé en mineur sur le Jerusalem Riddim ça donne un effet bien plus profond et plus soul. Sur un morceau pop, on peut donner un côté blues et soul à une mélodie. Le reggae c'est une musique issue de Jamaïque mais auparavant d'Afrique et très proche du blues et de la soul américaine donc forcément pour nous, chanter une mélodie en reggae c'est aussi lui mettre ces aspects soul et blues. C'est donner des tripes, un côté plus torturé et pleurant aux morceaux comme par exemple quand on a fait La nuit je mens.Dans votre album vous côtoyez des artistes plus ou moins connus du reggae mais pas que. Pourquoi ces choix ?Il y a en partie la volonté de porter les artistes, pouvoir faire découvrir des coups de coeurs que l'on a sur des voix. On a des chanteurs de tous horizons et quand on essaie de reprendre des morceaux reggae avec eux ça donne réellement une nouveauté au style et on ne veut vraiment pas lâcher ça. Un chanteur qui a une approche jazz sur du reggae ça déboîte.Pour la création de cet album comment vous y êtes-vous pris et en combien de temps ?Déjà on n'a rien jeté. Tous les morceaux sélectionnés ont été sortis. C'était un pari à prendre mais bien setucirc;r on avait toujours la question "est-ce que ce morceau va prendre ? Quels seront les retours ?". Il y a eu des doutes, ça a aussi été complexe en terme d'organisation pour produire tous les mois un rendu à tenir quand parfois on ne parvenait pas à se regrouper. Pour notre concept, à chaque fois tout se fait dans la journée. On enregistre et on raccompagne l'artiste qui vient pour la journée et on n'a donc que cette prise-là à proposer. On est dans un concept live donc on n'a pas le droit aux retouches. On enregistre tous ensemble donc s'il y a un raté on ne peut rien rattraper ensuite. L'artiste ne sait pas comment ça sonnera en reggae, il n'a pas eu de démo en amont il pose sa voix le jour J où l'on se retrouve pour enregistrer. C'est un défi mais c'est ce qui fait la fraîcheur du concept avec parfois quelques imperfections qui font le charme des morceaux et leur donnent ce côté live authentique. C'est un moment vivant qui est capté une seule fois et immortalisé dans un album toujours dans l'esprit de ces reggae bash improvisées et jammées les mardis soirs au Booboo'zzz Bar.Sur cet album quel aura été le meilleur souvenir d'enregistrement ?Le mien sur cet album ça va être le morceau avec Rébecca M'Boungou sur Owner of A Lonely Heart parce qu'elle nous a vraiment étonnés. Avec elle, le morceau passe par plein d'univers et c'est une belle fierté sur cet album tant pour l'arrangement que pour la voix. On n'a plus du tout le côté rock, mais on a vraiment autre chose d'assez unique et à la fin on a ce côté enflammé à la soul façon Motown qui rend le morceau très original.Une autre rencontre de ce projet Reggae Bash : Ben L'Oncle Soul...On savait que Ben avait commencé avec des covers donc on se reconnaissait aussi là-dedans. Il est branché soul et il aime le reggae et on avait vraiment envie d'avoir un "parrain" pour représenter tous les chanteurs très soul qu'on a pu avoir et qui est, au final, la couleur musicale dominante de notre album. C'était la rencontre qui permettait de prouver à un public un peu plus large qu'on pouvait amener le reggae ailleurs et faire que des gens qui aiment ce que fait tel ou tel artiste, et notamment Ben L'Oncle Soul, découvrent et aiment ce que l'on fait. Ben est une personne simple et humaine qui, si un projet le fait kiffer musicalement, fonce. Et on est heureux de cette rencontre.Vous avez partagé l'aventure des tournées avec Volodia qui était présent au Rocher de Palmer le 3 mai pour soutenir l'album qui vous présentiez. Comment vivez-vous ces expériences sur scène ?On est le backing band de Volodia. etCcedil;a nous a apporté beaucoup notamment pour parfaire aussi nos lives en tant que Booboo'zzz All Stars et on voudrait justement se concentrer aussi sur ça. On a certes le projet Reggae Bash sur le net avec nos publications chaque mois avec les artistes invités. C'est vraiment un concept destiné à Youtube et pour nos albums mais on a aussi envie d'exploiter le côté live à cinq. L'idée c'est vraiment de tourner sur scène avec notre projet et ensuite revenir aux vidéos et de nouvelles productions ensuite pour un autre album. L'album c'est du live mais sans scène. On a déjà certaines dates prévues pour cet été où on va pouvoir vraiment faire vivre le concept sur scène. On sera sur la tournée du Reggae Sun Ska le 13 Juillet à Bordeaux ; on a aussi une carte blanche Booboo'zzz All Stars au No Logo Festival le 12 Aoetucirc;t. On sera aussi sur le Off des Francofolies le 12 Juillet. L'idée est vraiment de jouer à cinq et pouvoir faire venir des chanteurs sur scène pour se faire tous plaisir. Par exemple on fera venir Flox à la Rochelle, Max Livio ou bien encore Mystic Loïc et Joss Bari au No Logo. La base du live reste à cinq mais elle nous permet justement de s'offrir des moments avec d'autres artistes.Vous êtes présents sur la Baco Tape Volume 2 et l'album est sorti sur le label Baco Records. Comment se passe l'aventure ?Tout se passe super bien. On a vraiment une super équipe motivée. Ils misent sur des choses et prennent des risques. Un projet comme le notre qui sort un peu des sentiers battus ils l'ont quand même saisi. Le public Baco est généralement un public très jeune fan de reggae français alors que le notre est plus dans la trentaine et pourtant on arrive à faire un beau travail ensemble et à s'entendre sur les projets. C'est vraiment une belle expérience en équipe. Notre projet met l'accent sur la musique et la technique auxquelles un public jeune s'identifie peut-être moins car on ne véhicule pas une image sur scène mais pourtant on arrive à intéresser le label. Avec l'expérience Baco on arrive à défendre musicalement les choses, montrer que le reggae ce n'est pas que le reggae français et qu'il y a plein d'horizons possibles.
reggae.fr | 05-juin-2018 02:00

ManuDigital & Elephant Man : Digital Kingston Session
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reggae-blog.fr | 02-juin-2018 20:02

Feuilles de Roots - Homme
Découverte aujourd'hui d'un projet original dans le reggae français, Feuilles de Roots qui nous présente son nouvel album intitulé Homme. Illustré par une pochette brillamment réalisée par l'artiste jurassien Brokovich, l'opus retrace avec humour et esprit critique l'Histoire vulgarisée et décomplexée de l'Homme de ses débuts à nos jours. Le combo appelle lui-même ce concept le " reggae épique ".Côté textes, l'album propose ce qui pourrait presque correspondre à un conte audio. Il est construit comme pourrait l'être une comédie musicale. Le groupe a effectivement pensé chaque morceau comme une étape de l'évolution humaine et ponctue les titres par des interludes, sous forme de petits contes de Bernard Metraux.Avec Homme, à chaque morceau son ambiance. Le groupe déploie son côté roots reggae avec les titres Apocalypse et 70's Lullaby notamment, comprenant des choeurs et rythmiques skankées bien menés. Des percussions africaines et flow ragga de Homme au ska de Super Jesus et XIV en passant par le rock / hip-hop et choeurs religieux de Croisade 3.0, le projet se veut plus qu'éclectique et prouve la grande quantité de travail qu'il a fallu abattre pour arriver à un tel résultat. Et ce n'est pas tout, on retrouve de l'électro swing sur Cabaret doré, de la chanson piano/voix sur l'interlude Moussaillons !, de l'électro dub avec L'After, et des apparitions vocales (Brel, Balavoine, etc) sur La valeur de nos actes.Un bon pari que Feuilles de Roots a décidé de lancer ici. Un projet hors normes à soutenir.
reggae.fr | 31-mai-2018 02:00

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