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Buju Banton est libre - dossier complet
Kingston, décembre 1995. La nuit est déjà bien avancée et le public trépigne d'impatience en attendant l'arrivée sur scène d'une des icônes du reggae de l'époque : Buju Banton. Derrière la scène, les lunettes noires cachant son regard de guerrier, vêtu d'un simple tee-shirt et d'un jean, l'artiste entame les premières notes d'" Untold Stories ".Un murmure s'élève devant la scène et plusieurs milliers d'amateurs de reggae couvrent la voix de Buju en chantant le premier couplet de la chanson. Peu d'artistes peuvent se targuer d'avoir réalisé un album qui a marqué l'histoire d'une musique. Buju Banton en est et son opus " 'Til Shiloh " sonne comme l'un des précurseurs du renouveau du roots reggae. Buju n'est évidemment pas le seul à avoir relancé sur la scène internationale un style qui avait souffert de la mort de son représentant le plus universel, Bob Marley. On pourrait citer Sizzla et son merveilleux " Black Woman et Child ", Anthony B et " Real Revolutionary ", ou, un peu plus tard, Capleton avec " More Fire ".Mais à l'occasion de la sortie de prison de celui que l'on surnommait Gargamel, nous avons voulu vous proposer un dossier complet sur cet artiste, avec la coopération des éditions La Lune Sur Le Toit, extrait de l'ouvrage Reggae Ambassadors La Légende du Reggae sorti en 2016. Rarement un chanteur aura autant fait l'unanimité auprès de ses pairs. Il n'y a pas, ou si peu, de jeunes artistes de reggae qui omettraient de citer Buju Banton comme référence dans leur apprentissage musical. Les plus anciens des chanteurs de l'île saluent tous l'énergie scénique et l'univers artistique de l'interprète de " 'Til Shiloh ". Il faut dire que sa discographie, débutée au début des années 1990, en impose, et qu'elle serait encore plus conséquente si Buju n'était pas coincé derrière les barreaux dans un pénitencier américain depuis 2011. Condamné pour trafic de cocaïne, il enregistra lors d'une sortie conditionnelle le fulgurant " Jah Army " aux côtés de Stephen Marley, comme pour renforcer les paradoxes de sa personnalité. Un destin qui illustre à merveille les tiraillements des génies musicaux yardies, partagés entre ombre et lumière, positivité et côtés obscurs, spiritualité et matérialisme forcené.Né Mark Myrie, Buju Banton tient son surnom de sa mère, qui le taquinait enfant à propos de son visage joufflu (le mot " buju " désigne le fruit de l'arbre à pain à la forme rondelette). Ce n'est que bien plus tard qu'il adoptera lui-même le suffixe Banton, en référence à l'un de ses artistes favoris, Burro Banton (le mot " banton " qualifiant en Jamaïque les bons conteurs, ceux dont les paroles sont inépuisables), mais c'est le surnom Gargamel qui révèle la part secrète du personnage." C'est un surnom que des amis m'ont donné à l'époque, car j'étais toujours celui qui cherchait à créer des ennuis aux autres. Toujours à ennuyer un tel ou un autre. J'ai changé depuis, mais je me suis dit : gardons le nom. "Buju Banton débute ainsi sa carrière, dans un style que certains qualifient de léger et festif pendant que d'autres le jugent vulgaire. En 1992, il sort coup sur coup les albums " Stamina Daddy " et " Mr Mention ", deux opus quasiment exclusivement dédiés aux filles sexy avec des paroles pour le moins (s)explicites. etAgrave; cette époque, le tout jeune deejay (19 ans seulement) ressemble à un vrai " baldhead " (terme jamaïcain désignant un crâne rasé). Il surfe sur la mode du slackness et choque même quelques esprits avec son titre " Love Mi Browning ", dans lequel il avoue son penchant pour les femmes à la peau claire. Décrié par une partie de la communauté black pour ce single provoquant, il se rattrape in extremis avec " Love Black Woman ", posé sur le même Feeling Soul Riddim produit par Donovan Germain pour le compte du label Penthouse (la première grande maison musicale de Buju). La polémique est importante, mais c'est le titre " Boom Bye Bye ", datant également de 1992, qui va le faire connaître du grand public. Le morceau est implacable et enflamme les sound systems du monde entier, mais Buju y appelle au meurtre des homosexuels avec une décontraction glaçante. La polémique va enfler et menacer de mettre un terme définitif à une carrière qui débutait tout juste. Comprenant le tort que lui cause une telle controverse, Gargamel prend du recul et tente de se refaire une conduite avec un troisième album, " Voice of Jamaica ", qui peine à convaincre, même si l'artiste y aborde des thèmes plus positifs (il encourage ainsi le port du préservatif sur " Willy Don't Be Silly "). "Je ne suis pas soit roots, soit dancehall." C'est son quatrième album, " 'Til Shiloh ", qui le fera entrer de manière définitive dans l'histoire de la musique reggae. Véritable chef-d'oeuvre musical et lyrical, le deejay y montre son vrai visage, explorant sa dualité si intrigante. On y retrouve ainsi des morceaux roots d'une profondeur intense (" Untold Stories ", " Not An Easy Road ", " Wanna Be Loved "...) qui se mêlent à des titres dancehall bretucirc;lants (" Champion ", " It's All Over ", " Rampage "). Buju choisit de ne pas choisir entre roots et dancehall." Je ne suis pas soit roots soit dancehall. Il faut savoir que j'ai constamment les deux en moi, et, parmi mon public, il y a ceux qui apprécient mon son roots et ceux qui préfèrent mes titres dancehall. Le dancehall, c'est mes racines, en quelque sorte. J'aime faire différentes choses, alors le plus simple est d'essayer et d'éviter les étiquettes. "Nous sommes en 1995, la carrière de Buju peut redémarrer de manière plus sereine. Le monde découvre un chanteur à la voix rugissante qui sait se faire mélodieuse. Le superbe " Til I'm Laid to Rest ", posé sur un nyabinghi envoetucirc;tant, et le pamphlet " Murderer ", à l'instru minimaliste, en témoignent. L'artiste arbore désormais une crinière naissante de dreadlocks et affirme s'être converti à rasta. Il se présente comme un héritier du mouvement conscient lancé par Garnett Silk au début des années 1990 pour remettre les chansons culturelles sur le devant de la scène. Buju Banton y parvient une seconde fois en 1997 avec l'album " Inna Heights ". L'opus est célébré comme un nouveau chef-d'oeuvre, encore plus roots que le précédent, et renferme l'un des titres les plus vibrants jamais écrits en Jamaïque : l'inégalable " Hills and Valleys ". Dans cette nouvelle aventure musicale, Buju affirme l'importance des thématiques culturelles dans le reggae. " Honnêtement, je pense que le milieu du reggae est vacillant. Nous avons besoin de plus de Luciano. Des grands chanteurs, comme Bushman par exemple, ont besoin de revenir sur le devant de la scène. Oui, lorsque je suis venu pour la première fois en France, j'étais l'un des premiers artistes dancehall. Mais ce n'est pas vraiment cette pierre que j'ai apportée à l'édifice de la musique jamaïcaine. Depuis mes débuts, j'ai produit et créé de nombreux morceaux conscients et c'est cela qui est le plus important. J'ai envie que les jeunes qui s'intéressent à la musique puissent apprécier mon son. Le dancehall est une musique plaisante, mais elle peut l'être encore plus si elle est propre [sourire]. "Le noble " African Pride ", le solide " Give I Strength " ou la reprise inavouée des Wailers, " Destiny ", s'imposent comme des classiques de l'artiste. Et, cerise sur le gâteau, les 21 titres se clôturent par une confession sous forme d'a capella où Buju avoue à demi-mot ses erreurs de jeunesse et décrit sa double personnalité à l'aide de mots percutants. Avec cet album, Gargamel trouve sa signature vocale, cette capacité à passer du chant au toast sans transition, à sa manière, sans pour autant copier le style singjay des Sizzla ou autres Capleton. Il s'affirme comme un créateur imparable capable d'aller là où on ne l'attend pas, de surprendre, d'expérimenter." J'aime les producteurs qui travaillent à créer divers types de musique. Des producteurs qui ont des inspirations multiples et n'ont pas peur de prendre des risques en proposant des vibrations diverses différentes. "Et c'est ce qu'il fait trois ans plus tard avec " Unchained Spirit ", où le Jamaïcain collabore avec Rancid, un groupe de punk américain, mais également avec Luciano ou Beres Hammond (le génialissime " Pull it Up "). Au début des années 2000, le Banton est au sommet de sa gloire. Même si son album suivant, " Friends For Life ", obtient moins de retentissement que les précédents, l'artiste fait le tour du monde grâce à ses classiques. Les concerts sont pleins et Buju n'est pas repu de succès. Il claque un énorme hit en 2006 en s'appropriant le Taxi Riddim de Sly et Robbie, une rythmique mythique des sound systems des années 1980. " Driver " raconte non sans humour les pérégrinations d'un chauffeur chargé de transporter de l'herbe pour un dealer. "Le reggae doit continuer à toucher les consciences avec ses messages d'élévation et ses prises de position." Gargamel plaisante en musique sur le trafic de drogue... Une histoire qui le rattrapera à peine trois ans plus tard. Entre-temps, plusieurs polémiques sur son homophobie ou l'héritage musical de Bob Marley qu'il dénonce le rattrapent et ternissent à nouveau son image. Buju Banton reste malgré tout optimiste." Je suis une âme optimiste qui cherche toujours à améliorer son état d'esprit, qui cherche à éclaircir des choses qui ont besoin de l'être. Tout le monde devrait être optimiste, cela vous rend meilleur dans la difficulté. Si vous vous bloquez alors que ça va mal, vous ne faites que vous enfermer ! "L'artiste a beau y mettre de la bonne volonté et présenter un nouvel album de belle facture, " Rasta Got Soul ", son avenir s'obscurcit à nouveau quand il est arrêté en 2009 pour trafic de cocaïne aux etEacute;tats-Unis. Poussé à la faute par un agent infiltré, il clame son innocence et bénéficie d'un club de soutien impressionnant fédéré autour du slogan " Free Buju ". La famille Marley, les Morgan Heritage et la quasi-totalité des artistes jamaïcains crient au scandale et ne veulent pas croire à la culpabilité de leur ami. Rien n'y fera. Buju sera reconnu coupable en 2011, après deux années de procédure pendant lesquelles il aura eu le temps d'enregistrer un court album au titre évocateur : " Before the Dawn " (ndlr : avant l'aube). etAgrave; la veille de son procès au verdict implacable (dix ans de prison ferme), l'opus est couronné d'un Grammy Award. Une façon de rendre hommage à un artiste entier, rebelle, et à son immense carrière qui s'arrête net." Je suis un rebelle. Un rebelle honorable, un rebelle avec une cause. Une cause sans équivoque : le reggae doit continuer à toucher les consciences avec ses messages d'élévation et ses prises de position. Le reggae doit être capable d'apporter la joie et un respect de la vie. Voilà où je veux amener le reggaeet c'est mon devoir, jour après jour ! "Le retour musical du Gargamel est désormais prévu en 2019... Il sort ce jour 8 décembre 2018 de prison et le monde du reggae l'attend avec impatience.
reggae.fr | 08-déc.-2018 01:00

6 titres reggae pour les Gilets Jaunes
L'Unesco le rappelait il y a tout juste une semaine à l'occasion de l'inscription du reggae jamaïcain au patrimoine de l'humanité, cette musique a toujours contribué à la prise de conscience internationale "sur les questions d'injustice, de résistance, d'amour et d'humanité".En ce jour de mobilisation nationale contre les politiques néolibérales et la marchandisation de nos sociétés, on vous propose 6 morceaux qui pourraient servir d'hymnes pour les gilets jaunes ! Bob Marley - RevolutionDennis Brown - Revolution Raggasonic - Ca va clasherDub Inc - RevolutionDanakil - 32 MarsYaniss Odua ft Keny Arkana - Ecoutez-nous
reggae.fr | 08-déc.-2018 01:00

Damé - Interview Vapor
Damé c'est la dernière signature de Brigante Records. Un duo surprenant composé d'un ingénieur du son et d'une chanteuse à l'origine d'un son hybride où l'on reconnaît le style nonchalant cher à Biga Ranx. Leur univers vapor, lo-fi très épuré et downtempo a séduit le MC tourangeau et son équipe qui ont permis à Aurélien (aka Lil Slow) et Eva (aka Belkis FDB) de développer leur projet. L'EP Bye Bye a vu le jour en février de cette année, suivi de quelques singles étonnants. Rencontre avec le beat-maker de cette formation à l'avenir prometteur.Reggae.fr : Comment a débuté l'aventure Damé ?Aurélien : Déjà ça a commencé par ma rencontre avec Eva, il y a 4 ou 5 ans maintenant, et avec qui j'ai accroché tout de suite. On faisait ça juste vraiment pour le plaisir tous les deux. Moi en parallèle je suis ingénieur du son en studio sur Paris. Donc on faisait notre petit son tranquillement tous les deux et à un moment on a trouvé une certaine esthétique qui nous plaisait. On avait juste un problème pour écrire les lyrics des sons qu'on faisait. Eva chantait et il y avait une partie de vrai anglais et une autre où ça ne voulait pas forcément dire grand chose. En gros quand elle travaille, on enregistre le morceau et puis ça vient comme ça vient. On a contacté Brigante Records il y a un an et demi pour nous aider tout simplement à écrire nos lyrics. Ce qu'ils produisaient ressemblait vachement à notre projet et on s'identifiait vraiment à leur travail. Du coup on s'est rencontré et ça s'est super bien passé humainement. Après on a eu envie d'aller plus loin avec eux alors on a sorti le projet sur leur label et ils nous ont accompagnés tout au long de notre aventure. Pour finaliser l'écriture des paroles, ils sont intervenus dans le processus de création de notre EP, on a fait ça avec Adam Paris qui écrit aussi pour beaucoup d'artistes qui gravitent autour de cet univers.Comment travailez-vous en duo ?On est tous les deux très autonomes. On bosse ensemble mais chacun est libre de faire son truc. Eva chante et moi je fais les prods. On essaye de ne pas trop intervenir sur le travail de l'un et l'autre.Au niveau des sons c'est très vapor, très lo-fi. Quel matériel utilises-tu pour faire tes prods ?Comme Biga Ranx, le clavier OP1 et mon ordinateur. La plupart des trucs sont faits à l'OP1 et après quand je veux rajouter quelque chose, j'utilise mon ordinateur. Ce petit clavier est vraiment génial, on peut le prendre partout et travailler dès qu'on en a envie.Quelle est votre relation avec Biga Ranx ? Une relation de création ? D'amitié ? Un peu des deux ?Les deux. Là je viens d'emménager à Tours et puisque je suis ingénieur du son, je bosse sur ses projets à lui aussi. Je lui fais un peu de beat making. On enregistre les sons ensemble, je les mixe aussi avec lui. Il y a de la création et puisqu'on se voit tout le temps, il y a une relation d'amitié qui s'installe bien setucirc;r.D'où vient ce nom Damé ? A la base, ce n'était pas Damé mais Doussa. En tout cas c'est comme ça qu'on s'est présentés à Brigante Records. Au final on a découvert que d'autres artistes avaient déjà ce nom, du coup on s'est mis à chercher quelque chose d'un peu similaire. On a voulu dans un premier temps appuyer le côté " deux syllabes " puisqu'on est deux. On est finalement sur le titre d'un poème qui était Damé. Ce n'est pas un nom chargé de sens mais la sonorité nous plaisait. En tout cas on a eu beaucoup de mal à trouver un nom. C'est le premier truc que les gens découvrent de toi donc c'est difficile de trouver quelque chose que tu as envie d'assumerLa pochette de votre EP est très soignée. Elle renvoie à un côté urbain comme vos clips. Quelle importance attachez-vous à l'esthétique visuelle ?Avant de rencontrer Brigante Records, on ne se posait pas du tout ce genre de questions. Le truc qu'on aime faire tous les deux c'est de la musique point-barre. Ensuite, on a appris un peu le truc avec le clip de Russian Roulette qui est le tout premier de notre vie. C'était compliqué de venir avec des idées à apporter au réalisateur. On voulait respecter l'univers de la musique, un truc un peu vaporeux. On a eu beaucoup d'aide de ceux avec qui on bosse, notamment Dizziness Design qui s'occupe des graphismes de la plupart des projets de Brigante Records. Ce sont eux qui ont fait notre pochette.Vous avez un univers qui flirte avec le reggae, le rap, le dub et la musique vapor. Comment avez-vous trouvé ce son si spécial ? Quelles sont vos influences musicales ?En gros avec Eva on écoute plein de trucs et c'est elle qui a plus le côté reggae. Elle m'a d'ailleurs fait découvrir ça. Moi j'étais plus hip-hop puisque j'ai été amené à bosser dans un studio hip-hop. En fait c'est un peu tout ce qu'on a écouté depuis qu'on est petits qui a façonné ce qu'on a fait avec Damé. On ne s'est pas forcément posé de questions pour coler à une esthétique particulière. Au début, quand on faisait du son ensemble, ça partait dans tous les sens et on a réussi à se resserrer sur ce genre d'esthétique. On a trouvé un truc qui nous plaisait avec les mélanges qu'on voulait. Dans vos textes, on a l'impression que vous cherchez plus à trouver des mots qui sonnent bien ensemble plutôt qu'un texte avec du sens ?C'est exactement ça. Souvent les refrains ont du sens quand on les enregistre mais c'est vraiment de l'instantané. Quand on travaille avec Adam Paris, on réécoute les maquettes yaourt d'Eva et on essaye de respecter au maximum ce qu'on entend que ce soit au niveau des notes ou du nombre de syllabes. Et après, on essaye de trouver des mots qui sont exactement comme ceux du yaourt donc on est plus sur la recherche de mélodie, de rythme et de musicalité que de sens. Il y a 50% du morceau qui est à peu près fait en maquette et puis après il faut remplir les trous.Vous avez aussi repris deux chansons, Jardin d'Hiver d'Henri Salvador, et Female Energy de Willow Smith. Pourquoi ces choix ?Ce sont des morceaux qu'on aime et qu'on a aimé emmener dans notre univers. On voulait avant tout se les réapproprier et les entendre pour notre propre plaisir. Et puis on s'est dit : pourquoi pas les partager ?Vous avez sorti votre premier EP en février dernier. Peut-on s'attendre à un album ?On est en train de travailler sur l'album mais on n'a pas prévu de date de sortie. On prend notre temps. Pour l'instant on a fait deux chansons. Donc l'album est en préparation mais on prend vraiment notre temps pour sortir un truc qu'on assume vraiment et puis pourquoi pas essayer d'élargir encore un peu plus la palette ?...
reggae.fr | 06-déc.-2018 01:00

Paris Soundclash - Heartical vs S.Stereo
Sir Joe s'en est lui-même amusé une fois le trophée entre ses mains : "Peu de monde aurait parié sur moi !". Soul Stereo était bien les favoris ce soir, 14 ans après leur victoire face à Heartical lors du South Clash près de Marseille. Mais un soundclash ne serait pas un bon soundclash sans son lot de surprises. Heartical Sound l'a finalement emporté haut la main face à son rival de toujours : 8-2 à l'issue de cinq rounds et un dub fi dub. L'expérience en clash du Paris Ruler a parlé ! Malgré une sélection très réussie assurée par Reeko, Tarzan n'a pas réussi à convaincre les 500 personnes réunies au Trabendo pour cette première édition du Paris Soundclash. Visiblement pas dans son assiette, le MC de Soul Stereo a vite capitulé en répétant plusieurs fois ne pas être intéressé par le trophée. Voilà qui fit les affaires de Sir Joe, particulièrement à l'aise au micro ce soir-là. C'était quasiment un sans-faute pour Heartical ! Les règles n'autorisaient pas les nominatifs ? Les deux camps ont tour à tour triché pour le plus grand plaisir du public. Soul Stereo dès le début avec un jingle d'Azrock enregistré pour la première rencontre entre les deux crews mais malheureusement jamais joué, puis plus tard avec un combo Reggie Stepper, King Kong et John Wayne déjà joué 14 ans plus tôt. Il n'en fallait pas plus à Sir Joe pour rétorquer avec un Ital General des plus meurtriers qui remporta le plus gros forward de la soirée. Parmi les artistes français, Tiwony a sans doute été le plus joué des deux côtés. Soul Stereo nous a d'ailleurs gratifiés d'un merveilleux medley rassemblant Féfé Typical, Tiwony, Straïka D et Daddy Mory sur le Ram Dancehall Riddim d'Irie Ites. Mais les sélections dancehall et plus modernes de Soul Stereo n'auront absolument pas déstabilisé Heartical qui, d'une manière presque arrogante, prenait un malin plaisir à quitter la scène pendant les sets de ses adversaires. Autres grands moments : le dubplate de Manu Dibango d'Heartical, la counteraction du Yabby You par Soul Stereo ou les quelques Damian Marley joués de chaque côté. On aurait peut-être aimé quelques sons plus frais et on s'attendait à plus de préparation pour les deux crews, mais l'ambiance était là ! La France avait besoin d'un soundclash de ce niveau pour raviver la flamme. On attend la seconde édition et la belle entre Soul Stereo et Heartical avec impatience. Big Up à l'équipe de Party Time pour leur warm-up et à Lord Zeljko pour l'after... Pour revoir nos interviews post-clash avec les deux protagonistes, rendez-vous sur notre page Facebook :Heartical : https://www.facebook.com/ReggaefrOfficial/videos/312516196256102/Soul Stereo : https://www.facebook.com/ReggaefrOfficial/videos/335767643888388/
reggae.fr | 04-déc.-2018 01:00

Strawdogz - Dogstepperz EP #1
Strawdogz est un duo parisien de producteurs aux origines bretonnes aimant particulièrement mélanger les genres avec un univers crossover entre dub, électro, hip-hop et bass music. Après avoir sorti plusieurs titres sur les plateformes digitales, ils nous présentent leur premier EP sur le jeune label Maha Mila Prod : Dogstepperz EP #1.Un premier effort qui s'ouvre avec un invité de marque en la personne de Pupajim. Le MC de Stand High Patrol vient poser un texte au message écologique sur le dub entraînant et truffé de détails que lui propose les beatmakers (The Sticks). Sur Hustlers, Troy Berkley et Saraph Sunman se répondent à coups de couplets rap sur un riddim plein d'énergie, savant mélange entre hip-hop, dub et électro. Viennent ensuite deux morceaux instrumentaux, d'abord Concrete Forward, un stepper sombre où se croisent sonorités métalliques et sirènes électroniques, puis No Plastic, un dub toujours assez dark mais cette fois beaucoup plus planant avec ses cordes venues d'ailleurs. L'EP se conclut par les versions instrumentales des deux premiers morceaux en guise de bonus tracks.Avec Dogstepperz EP #1, les Strawdogz nous livrent un premier essai plus que réussi grâce à un univers déjà bien particulier et des productions toutes plus soignées les unes que les autres. On a hâte d'entendre la suite. Disponible depuis le 12 novembre en maxi 45T et digital. Tracklist : 1. The Sticks Ft Pupajim2. Hustlers Ft Troy Berkley et Saraph Sunman3. Concrete Forward4. No Plastic5. The sticks Riddim6. Hustlers Cry Riddim
reggae.fr | 30-nov.-2018 01:00

Jah9 et Sista Jahan @ Gennevilliers
Le reggae féminin était à l'honneur le 17 novembre dernier au Tamanoir de Gennevilliers en région parisienne. La star montante Jah9 partageait la scène avec la régionale de l'étape Sista Jahan. La chanteuse d'origine martiniquaise a ouvert le bal accompagnée de ses fidèles Riddimers avant de laisser la place à la Jamaïcaine qui a clairement envoetucirc;té la petite salle de banlieue bien remplie pour l'occasion. Retour en photos avec Philippe 'Da Best' Campos !Sista Jahan Jah9
reggae.fr | 28-nov.-2018 01:00

Sir Jean et Roots Doctors - Da Right Time
Sir Jean nous a depuis longtemps habitués à de nombreux projets d'une grande richesse musicale. Nous avions auparavant pu apprécier sa voix chaleureuse et puissante dans ses collaborations avec Brain Damage, Zenzile, Le Peuple de l'Herbe, Conquering Sound ou bien setucirc;r Meï Teï Shô. Cette fois-ci, c'est aux côtés d'une équipe de choc qu'il a choisi de nous replonger au coeur des origines du reggae. Yann, bassiste des Wailing Trees, Nordine, fervent guitariste de Sinsemilia, Mike, clavier de Broussaï et enfin Maxxo, batteur et directeur artistique, forment donc ce joyeux collectif des Roots Doctors.L'album s'ouvre sur le titre Sad Days, une réelle complainte de Sir Jean dont la voix robuste vient se poser sur un riddim rub-a-dub régulier ponctué de brèves interventions de guitare et de cette ligne de basse profonde et omniprésente. C'est ensuite un rythme très caribéen d'antan qui vient caresser notre ouïe avec Dead Serious et ses virulents messages militants. Le très dansant Right Time nous prend ensuite directement au corps. Malgré l'oeil conscient du chanteur sur les douleurs et difficultés du peuple en pleine " tribulation ", il met dans ce titre toute son énergie pour inviter ceux qui l'écoutent à relativiser et être patients pour recevoir un jour le fruit des efforts fournis.Le caractère rebelle de Sir Jean s'exprime pleinement sur Nuttin. Un titre aux sonorités plus digitales en featuring avec le rappeur Dynamic aux paroles investies. C'est à coup de "nothing gonna stop us" et "true revolution" que Sir Jean et ses compagnons de lutte musicale viennent donner un poids important à leur message qu'ils entonnent en choeur nous donnant envie de les rejoindre nous aussi dans ce refrain révolutionnaire appuyé par les cris de la guitare électrique en arrière-plan. Sir Jean poursuit sur cette envolée militante avec le bouleversant Hear my People, véritable cri de défense du continent africain face aux puissances mondiales. L'opus se termine sur une note plus légère et positive en reprenant les quatre morceaux de l'EP sorti plus tôt dans l'année.Du roots, du rub-a-dub et un côté plus urbain parfois... Sir Jean et ses Roots Doctors parviennent à jouer avec les sonorités pour livrer un projet très personnel et nouveau. Le chanteur sénégalais dont on reconnaît toujours la voix sauvage inimitable se dévoile sous un autre jour et on adore !Tracklist :01. Sad Days02. Dead Serious03. Right Time04. Nuttin ft. Dynamic05. Hear my People06. You Don't Know07. High08. Soundboy09. Come Pon Dem10. Fool Dem
reggae.fr | 23-nov.-2018 01:00

Dub Inc - Live So What à St Etienne
Il y a tout juste un an, nous étions à Saint etEacute;tienne pour assister au concert à domicile de Dub Inc. Le groupe emblématique stéphanois offre aujourd'hui gratuitement ce live mémorable à ses fans permettant de vivre ou revivre ce concert qui avait fédéré plus de 7000 aficionados de reggae.Les premières secondes de ce live résument l'ambiance générale de cette soirée. Entre applaudissements et cris de joie, le public est déjà déchaîné et prêt à apporter tout son soutien à Dub Inc accompagné par toute la salle dès le premier morceau Revolution.A la dixième minute, Bouchkour rend hommage au Zénith et au parcours du groupe dont l'on ressent le plaisir et la joie de remplir cette salle pour la sixième fois. Et pour fêter ça, quoi de mieux qu'une énième montée en puissance de tout le public se mettant à jumper à nouveau. Le concert se poursuit ensuite avec le conscient et engagé Better Run encore et toujours entonné à l'unisson par le public. Nouvel interlude conscient de la part de Komlan pour faire face à la peur et ainsi introduire Triste époque, premier morceau de la soirée appartenant à leur dernier album So What tout autant acclamé par le public. On oscille entre nouveaux titres et classiques de l'époque avec My Freestyle, Crazy Island et Murderer. C'est ensuite Grand périple qui est partagé avec le public qui en vient même à le chanter seul sur certains passages pour le grand bonheur du groupe voyant que même les derniers titres sont déjà assimilés par leurs fans.Un petit moment acoustique délicat et envoetucirc;tant fait alors son apparition en guise d'introduction du titre en kabyle Foudagh issu de l'album Paradise. Le public est encore bouillant et savoure ce moment où la voix puissante de Bouchkour s'allie à la douceur instrumentale prenant l'ensemble du public qui ne se fait presque plus entendre. Sur Chaque nouvelle page, Dub Inc fait danser et chanter le Zénith tout entier. La foule continue de bouger irrémédiablement de gauche à droite en suivant Komlan qui s'impose alors comme un véritable chef d'orchestre sur le son dancehall entraînant de Get Mad. Après ce moment full énergie, un nouveau temps calme est le bienvenu avec Maché Bécif.C'est à nouveau un classique que nous offre Dub Inc avec le mythique Rude Boy ayant bercé plusieurs générations depuis sa sortie en 2003 sur l'album Diversité. Alors que nous sommes déjà à plus de la moitié du concert, un petit freestyle vient revisiter ce morceau en faisant revenir sur scène Théo et Ogach de Jahneration qui avaient chauffé la salle en début de soirée et qui furent justement, eux aussi, portés par ce titre dans leurs plus jeunes années.Nous atteignons alors les trente dernières minutes de concert et le public est loin d'être prêt à laisser son groupe préféré quitter la scène. Les deux chanteurs font donc jumper Sainté sur Fils de de l'album Hors contrôle qu'ils annoncent comme étant le dernier morceau de cette chaude soirée... mais on le sait déjà, après avoir remercié avec une grande émotion l'ensemble de l'équipe de la Dub Inc family ainsi que le mythique public stéphanois, le groupe nous réserve encore quelques minutes de plaisir musical supplémentaire.Komlan, Bouchklour et toute l'équipe nous offrent une surprise exclusive en chantant aux côtés de leurs invités du Bénin le très délicat et émouvant Enfants du ghetto. Le concert ne pouvant durer éternellement bien que cela ne déplairait pas aux 7000 présents, il est temps pour Dub Inc de quitter la scène avec Sounds Good et ainsi clôturer ce concert de la tournée So What Tour sous les applaudissements et les virulents " quoi qu'ils disent Sainté est là " du public comblé par cette soirée à l'ambiance unique.Téléchargez gratuitement l'album So What Live à Saint Etienne sur le site de Dub Inc en attendant le retour du groupe au Zénith de Sainté le 14 décembre 2019.Tracklist :1- Intro2-Revolution3-Dos à dos4-Better Run5-Triste époque6-My Freestyle7-Crazy Island8-Murderer9-Grand périple10-Foudagh11-Exil12-Chaque nouvelle page13-Get Mad14-Maché bécif15-They Want16-Rude Boy17-Fils de18-Tout ce qu'ils veulent19-Enfants des ghettos20-No Matter Where You Come From21-Sounds Good
reggae.fr | 22-nov.-2018 01:00

Mo'Kalamity @ La Gare de Coustellet
Mo'Kalamity était de passage dans le Sud de la France le 10 novembre dernier à la Gare de Coustellet, quelque part entre Cavaillon et Avignon. La petite salle intimiste du Vaucluse était pleine à craquer pour accueillir l'une des plus ferventes représentantes du reggae féminin. Accompagnée de ses Wizards, la chanteuse du Cap-Vert a littéralement embarqué le public dans son univers roots puissant, n'hésitant pas à amener de l'énergie à des titres parfois très lancinants. Un seul tune en français ce soir-là : Petit bonhomme, très bien accueilli par le public. Pour le reste, Mo a bien setucirc;r présenté son album One Love Vibration tout en ponctuant son set d'anciens morceaux dont le terrible Frontline qui est venu fermer ce concert en beauté. Le duo local Conquering Sound était chargé du warm-up et de l'after. Retour en images sur cette soirée pleine de chaleur avec les photos de Patrick Denis.www.patrickdenis.infowww.flickr.com/patrickdeniswww.facebook.com/PatrickDenisPhotographies
reggae.fr | 16-nov.-2018 01:00

Stand High et Marina P - Summer on Mars
Certains artistes ont des univers tellement complémentaires qu'une collaboration semble être une évidence. Depuis plusieurs années déjà, les Stand High Patrol sont passés maîtres dans l'art de faire fusionner les genres ; un mélange des styles qui convient parfaitement à Marina P qui nous a quant à elle aussi habitués à jongler avec le talent qu'on lui connaît entre ska, reggae, dub, soul, jazz, hip-hop... Les chemins du crew brestois et de la chanteuse italienne s'étaient souvent croisés pour des lives, mais ils n'avaient jamais eu l'occasion de travailler en studio ensemble (à l'exception d'un remix hyper jazzy de Something New que l'on retrouvait en 2017 sur l'EP du même nom). C'est désormais chose faite avec cet incroyable Summer on Mars.C'est Working Class qui ouvre cet opus en introduction parfaite et hyper sobre : juste une cymbale qui bat la mesure pour la voix chaude et pleine de groove de Marina P. On retrouve ensuite des morceaux entre hip-hop et electro pleins de sonorités tirés des années 90 comme Atmosphere ou Landlord dont l'instrumentale trouverait aisément sa place dans un battle de break dance. Les textes sont aussi soignés que les productions, prenons pour exemple le sublime Fragile où Marina P nous rappelle que les femmes peuvent être délicates en nous parlant de sa lassitude face aux incivilités et autres manques de respect dont elles sont encore trop souvent victimes. Autre style phare des 90's que va nous permettre d'explorer cet opus : le G funk. On pourrait en effet croire que Pupajim a emprunté les machines de Dr Dre pour composer l'instru planante de Raw Lines ou encore celle de Dreamcatcher sur laquelle le chanteur des Stand High rejoint Marina P pour le seul featuring de cet album. C'est Rosetta qui vient conclure l'opus et c'est cette fois sur un riddim doux et très digital qui nous rappelle le dub a dub du crew brestois que vient se poser une dernière fois la voix splendide de Marina P.Avec Summer on Mars, les Stand High Patrol nous offrent une nouvelle plongée dans leur monde fantastique, utilisant des sonorités tirées du passé pour en faire des productions qui collent totalement à notre époque. Un univers hors du temps qui convient parfaitement à la voix de velours de Marina P. On n'a qu'une seule chose à dire : on en redemande !Tracklist :1. Working Class 2. Atmosphere 3. Landlord 4. Fragile 5. Spring Rain 6. Dreamcatcher 7. Raw Lines 8. Summer on Mars 9. Rosetta
reggae.fr | 15-nov.-2018 01:00

Winston McAnuff et Fixi @ Châteaurenard
Le mois dernier Winston McAnuff est venu fouler les planches de la Salle de l'Etoile à Châteaurenard, petite ville des Bouches du Rhône à quelques kilomètres d'Avignon. Accompagné de son compère Fixi, surdoué de l'accordéon, ils ont littéralement enflammé le public avec une énergie débordante. Venant faire découvrir leur troisième album commun (Big Brothers), les deux amis ont habilement mêlé reggae jamaïcain et musique cubaine pour le plus grand plaisir du public qui ne s'est pas fait prier pour grimper sur scène avec le duo pour manifester sa joie en dansant à leurs côtés et en empruntant le micro. Ce fut une bien belle soirée qui s'était ouverte un peu plus tôt avec une première partie cumbia assurée par La Dame Blanche, elle aussi rejointe par le public au bout d'un moment. Les Bucco-Rhodaniens étaient décidément chauds et ont montré leur aisance à partager du love ! Retour en images avec les photos de Ninon Duret. www.ninonduret.com
reggae.fr | 14-nov.-2018 01:00

Baco Reggae Festival @ Zénith
Le 27 octobre dernier, la team de Baco Records investissait le Zénith de Paris pour le Baco Reggae Festival avec une belle brochette d'artistes du label créé par Danakil en 2012. Danakil et Natty Jean étaient bien setucirc;r présents pour le dernier show de leur tournée La rue raisonne. Le groupe jouait à domicile et a fait une petite surprise au public parisien en invitant Pierpoljak sur son set. Plus tôt dans la journée, Pierre Nesta avait ouvert le bal, suivi des Anglais The Skints, de l'Australienne Nattali Rize et du Jamaïcain Protoje avant que les Américains de Groundation ne viennent clôturer la soirée en beauté. Un plateau international pour un festival chargé en vibes à revivre avec les photos de Philippe 'Da Best' Campos.Pierre Nesta The Skints Nattali Rize Protoje et The Indiggnation Danakil et Natty Jean Groundation
reggae.fr | 09-nov.-2018 01:00

Daddy Mory Birthday Bashment
Le 26 octobre dernier, Daddy Mory fêtait son anniversaire en grande pompte au Petit Bain à Paris. Une date qui coïncidait avec la sortie de son nouvel album, Mory, qu'il a donc présenté track par track au public parisien après qu'une bonne partie de ses amis artistes et selectors soient venus chauffer la place. Etaient présents : Guiding Star, Soul Stereo, DJ Kaprisson, Judah Blues Party, LMK, Pierpoljak, Gromans, Difanga, Straïka D, Féfé Typical, Tiwony et Nuttea. Retour sur cette soirée festive réussie avec les photos de Franck Blanquin.Guiding Star Judah Blues Party Gromans LMK Pierpoljak DJ Kaprisson Straïka D Tiwony Féfé Typical Difanga Nuttea Daddy Mory Soul Stereo
reggae.fr | 07-nov.-2018 01:00

Feluké - Insight EP
Denver " Feluké " Smith est un de ces nombreux artistes jamaïcains inconnus du grand public qui a commencé sa carrière en mettant son talent au service des autres. Ancien élève de la fameuse Alpha Boys School, il a accompagné de nombreux artistes dans la conception de leurs albums ou au fil de leurs tournées en tant que percussionniste et/ou directeur artistique (Gentleman, Luciano, Jimmy Cliff, Ky-Mani et Damian Marley...). Après toutes ces années à travailler dans l'ombre, celui dont le nom signifie " placé dans les mains de Dieu " en Nigérian a décide de se lancer dans une aventure solo en 2016 avec la sortie de deux single (Rasta Love et Loving Heart) et nous revient aujourd'hui avec un premier EP : Insight.C'est sur Disguise que s'ouvre cet opus, un new roots assez tranquille sur lequel on découvre avec plaisir le flow plein de fraîcheur de Feluké ; un premier morceau où l'on note déjà tout le soin accordé à la production sur ce riddim très travaillé et truffé de détails (un subtil accord de guitare électrique par ci, un écho bien placé par là...). On reste ensuite dans cet esprit new roots avec le paisible Isreal ou encore avec It's a Shame et son instrumentale toujours aussi précise où cuivres et guitares électriques viennent se mêler au flow du chanteur jamaïcain. Pour le premier featuring de cet EP, Feluké n'a pas fait les choses à moitié puisqu'il a invité Nebilus, Jesse Royal et Gentleman à le rejoindre sur Show Love, pur son lover aux douces notes de piano. Les textes sont toujours conscients et porteurs de messages positifs comme sur Revolution ou Soul Alive dans lesquels Feluké nous invite à réfléchir au sens du monde dans lequel nous vivons. C'est enfin dans un style totalement différent que Trouble vient conclure cet EP : quelques accords de cuivres et de guitare posés sur une grosse ligne de basses pour une instrumentale sobre et hyper jazzy que Feluké a décidé de partager en invitant Runkus et Ky-Mani Marley ; on adore !Avec Insight, Feluké nous livre un premier EP plein de fraîcheur aux instrumentales toutes plus travaillées et efficaces les unes que les autres. Un effort plus que prometteur pour un artiste qui n'est pas vraiment un débutant. On a hâte d'entendre la suite.Tracklist :1. Disguise2. Isreal3. It's a Shame4. Revolution5. Show Love Ft Gentleman, Jesse Royal et Nebilus 6. Soul Alive 7. Trouble Ft Ky-Mani Marley et Runkus
reggae.fr | 05-nov.-2018 01:00

Black Roots - Take It
Black Roots est l'un de ces groupes qui vous transporte ailleurs ! A chaque nouvel album, la formation originaire de Bristol nous offre un roots profond et conscient toujours attaché à dénoncer les injustices et les aliénations de notre société. Leur nouvel opus Take It sonne comme un manifeste pour aider la jeunesse mondiale à sortir de la jungle du capitalisme qui " gangrène chaque jour un peu plus la planète ". Un message porté par un reggae mystique aux touches de blues. Black Roots revient avec un album qui ne trompera ni son public ni les fans de deep roots.La pochette, plutôt discrète de prime abord, ne laisse pas transparaître grand chose. Mais en regardant de plus près, les quatre enfants de " Bryste " sont vêtus tels des sages qui viennent porter une parole positive pour éclairer, informer et aider l'humanité. Ce quatrième opus depuis leur come-back en 2012, s'ouvre sur le titre éponyme. Un tune puissant porté par une section cuivres propre à la formation : ronde et tranchante. Take It est un hymne pour la jeunesse dans le but de les prévenir du danger et des ravages de la drogue dure. On enchaîne avec Forgive Them, un reggae roots lent porté par une rythmique implacable et une basse chaleureuse. Arrive le saisissant Be, un titre mystique sublimé par les interventions blues à la guitare de Jabulani Ngozi et les passages de trompettes dignes de certains albums de Chet Baker. S'ensuit Common Man, un reggae aussi doux et acidulé qu'un bonbon.Le cinquième morceau de l'album, What A Crisis, apporte du soleil dans cet album exaltant et planant avec des touches de musiques caribéennes. Children of The World sonne comme un cri pour défendre le sort des enfants trop souvent enrôlés dans des combats armés, utilisés pour travailler ou victimes des multiples catastrophes humanitaires. How Long, Reincarnation et Ah Who Say nous ramènent dans un univers deep roots porté par une rythmique lancinante, des interventions de guitares envoetucirc;tantes et une section cuivres explosive. Avec le titre Digital, Black Roots nous met en garde contre l'utilisation des multiples objets technologiques, leur impact et la possibilité qu'ils remplacent l'humain un jour. On clôture ce bel opus avec un morceau baptisé Tories qui fait référence aux groupes parlementaires britanniques du XVIIème siècle farouchement conservateurs et en faveur d'un pouvoir royal. Un sublime morceau énergique et engagé, qui retentit tel un message d'espoir pour le peuple oppressé un peu plus tous les jours par les politiques d'austérité.Musicalement, Black Roots reste au top. Même si l'on ne retrouve pas la magie des morceaux historiques du groupe, la chaleur des cuivres et la puissance de la paire rythmique restent intactes. On regrette l'absence de Delroy Ogilvie, voix emblématique du groupe, remplacé la plupart du temps par Carlton Smith qui s'en sort tout de même très bien. Black Roots continue d'écrire son histoire près de quarante ans après ses débuts !Tracklist :01. Take It02. Forgive Them03. Be04. Common Man05. What A Crisis06. Children of the World07. How Long08. Ah Who Say09. Digital10. Reincarnation11. Tories
reggae.fr | 31-oct.-2018 01:00

Zenzile Meets Jay Ree
Après plus de 20 ans de carrière depuis leur premier opus Sachem in Salem, les compères de Zenzile reviennent avec un onzième projet, Zenzile Meets Jay Ree chez Yontaka Records, sur lequel le groupe effectue un vrai retour à son premier amour, le dub à la française. Après quelques aventures plus rock'n'roll avec les albums Berlin ou Elements, Zenzile nous offre de nouveau un album très instrumental, ample et mélodique, qui nous fait voyager entre le dub d'hier et d'aujourd'hui.Avec ce onzième opus, les Angevins reprennent le modèle du 5 + 1, c'est-à-dire les cinq musiciens de Zenzile plus un artiste invité. Après Jamika, Sir Jean et Vincent Segal, ils font appel cette fois-ci à Jay Ree, chanteur de City Kay, déjà présent avec le groupe sur Electric Soul en 2012. L'artiste rennais apporte un vrai vent de fraîcheur avec de nouvelles couleurs et un éventail vocal très large sur ce nouvel album plutôt surprenant pour le groupe qui renoue avec le format traditionnel jamaïcain " showcase " avec cinq vocaux et cinq dubs.On attaque cet album avec le titre 4000 Years qui dévoile une rythmique tranchante et une basse bien grasse, le tout accompagné de sons très aériens et électroniques. Un stepper sur lequel Jay Ree nous entraîne avec un flow de toasteur digne de Big Youth ou U Brown. S'ensuit le dub de 4000 Years, qui débute avec des boucles musicales influencées par des sonorités trans. Arrive Stay Close to Me, un rub-a-dub puissant porté par une basse vrombissante et un saxophone hypnotique qui nous dévoilent un reggae roots lancinant et tortueux. Le chant de Jay Ree est à la limite de la soul donnant au riddim une toute autre couleur musicale. La version dub du morceau met encore plus en avant l'alchimie parfaite entre la basse et la batterie présente tout au long de l'album. Le dub de Stay Close to Me témoigne de la virtuosité avec laquelle Zenzile manie les échos, le delay et la reverb.On continue avec So Good So Far, un titre gracieux accompagné de percussions nyabinghi et la voix de Jay Ree passée sous autotune. Avec ce riddim, Zenzile renoue avec le dub de leur début, puissant, mélodieux et hypnotique. La version dub est tout aussi magistrale, avec un travail d'effets sonores subtil mais époustouflant. Le septième morceau de l'album, Stuck in Old Things, est un morceau de haute volée. Zenzile propose un beat agrémenté de sonorités lo-fi limites vapor. Jay Ree sublime le tout en oscillant entre spoken word et toasting de crooner. La version dub est une fois de plus éblouissante et nous fait voyager dans de multiples contrées musicales. On termine ce nouvel album explosif avec Disconnected, qui sonne comme un hommage à la musique d'Outre-Rhin, notamment à la scène berlinoise. Un sublime beat minimal agrémenté de sons industriels oppressants avec des passages de fletucirc;te, de sons cristallins de guitares électriques gavés aux échos, tandis que Jay Ree parle et nous offre des passages de chants mélodieux et profonds.Zenzile signe un nouvel opus audacieux, fougueux, époustouflant et franchement magistral. Ce projet met à jour tout le savoir-faire engrangé par le groupe durant ces vingt dernières années : des compositions instrumentales impressionnantes, un mixage éblouissant et un contrôle des effets sonores bluffant.Tracklist :1. 4000 Years 2. 4000 Years Dub 3. Stay Close to Me 4. Close to Dub 5. So Good So Far 6. So Good So Dub 7. Stuck in Old Things 8. Stuck in Old Dub 9. Disconnected 10. Dub Connected
reggae.fr | 30-oct.-2018 01:00

Daddy Mory - Mory
On avait laissé Daddy Mory en 2016 avec un album peut-être incompris qui n'avait pas rencontré le succès escompté (Travail d'artiste), mais le voilà de retour plus affetucirc;té que jamais avec un nouvel effort qui risque de mettre tout le monde d'accord. Le compère de Big Red dans Raggasonic renoue avec un reggae incisif et authentique sans pour autant délaisser le dancehall hardcore qu'il affectionne tant.On comprend vite que Mory a choisi de se livrer sur cet album éponyme. Lui qui avait du mal à parler de lui-même dans ses chansons le fait pourtant avec réussite sur l'énorme Life Story, titre introductif sur lequel le singjay raconte sa vie de sa naissance jusqu'à la création de Raggasonic aidé par un riddim hyper efficace de Manudigital. Les fans du duo mythique apprécieront d'ailleurs le tune suivant, Hardcore, véritable anthem sur lequel on croirait presque entendre Big Red répondre à son pote. L'instru, The Armour Riddim, n'y est pas pour rien puisqu'elle est l'oeuvre de Frenchie ; le boss du label Maximum Sound connaît bien Raggasonic pour avoir produit leurs deux premiers albums. Habitué à faire appel aux Jamaïcains, Mory s'est cette fois entouré d'une team 100 % bleu blanc rouge côtés producteurs et invités. Yaniss Odua vient prêter main forte à son grand-frère sur un plaidoyer pro-reggae convaincant, Taïro s'invite sur Malcolm X, un dancehall rythmé anti-raciste, et l'on retrouve Tiwony sur le single La dette sorti il y a quelques mois déjà. Des featurings de coeur parmi lesquels se glisse la plus grosse surprise de l'album : un clash vénère contre LMK ! La jeune chanteuse n'y va pas de main morte quand il s'agit de vanner son aîné. On serait même tentés de dire qu'elle remporte l'affrontement face à Mory qui fait preuve de recul sur lui-même dans cet exercice qui lui va si bien. Posé sur un riddim dancehall particulièrement énervé signé Cisko, ce tune va faire parler soyons-en setucirc;rs !Même s'il apparaît plus assagi sur certains tracks, Daddy Mory n'a en rien perdu de sa fougue ; Laisse-les et Hypocrites séduiront les fans du franc-parler de l'artiste. Capable de faire sonner un lyrics simple comme personne grâce à sa technique vocale, il lâche aussi quelques titres plus légers et festifs comme Mory Kush, vantant les mérites de sa propre variété de weed sur une excellente instru reggae hip-hop, ou Party Time, un ska énergique invitant à la fête. Mais Mory sait également aller là où on ne l'attend pas et c'est aussi pour ça qu'on aime cet album. On le surprend à chanter / certes aidé d'un léger autotune / sur Ici et là, à l'ambiance nostalgique et presque vaporeuse, et à flirter avec l'afrobeat sur One Love. etCcedil;a n'a pas toujours été le cas, mais force est de constater que cette fois, Daddy Mory réussit tout ce qu'il entreprend ! Il clôture même l'album avec un tune lover interprété exclusivement en anglais, le premier de sa carrière selon ses propres aveux.Daddy Mory a placé la barre très haut sur ces 16 nouveaux titres. Il livre un album très personnel, très varié et très bien produit qui prouve que l'on peut encore compter sur lui pour de nombreuses années. C'est setucirc;r, Mory n'a pas fini de rugir !Tracklist :01. Life Story02. Hardcore03. Mama04. Reggae Powa feat. Yaniss Odua05. Mory Kush06. Party Time07. Ici et là08. One Love09. Laisse-les10. Malcolm X feat. Taïro11. Féroce feat. LMK12. Go Fi Dem13. Hypocrites14. La dette feat. Tiwony15. Maximum16. Miss You
reggae.fr | 26-oct.-2018 02:00

Baco All Stars @ Toulouse
Quelques jours avant le tant attendu Baco Reggae Festival au Zénith de Paris, Danakil embarquait une belle brochette d'artistes français du label Baco Records pour quatre dates venant célébrer la fin de tournée du groupe. Yaniss Odua, Brahim, Volodia, Papa Style et Numan sont venus ponctuer le show de Danakil en partageant le micro avec Balik et Natty Jean. Un show dynamique plein de surprises et une belle preuve d'unité ! Reggae.fr était à Toulouse pour capter ce moment unique au travers de l'objectif de Roshanak.
reggae.fr | 25-oct.-2018 02:00

Brain Damage - Ya No Mas
Brain Damage est un des pionniers de la scène dub hexagonale, avec un premier EP sorti en 1999 et des dizaines de sorties retentissantes depuis, il a su rester un des poids lourds de cette scène et on attend chacun de ses nouveaux albums avec impatience. Ces dernières années, le dubmaker nous avait transportés dans l'âge d'or des sound systems jamaïcains avec Walk the Walk et Talk the Talk avant de nous présenter Liberation Time en collaboration avec Harrison Stafford (Groundation).Brain Damage nous revient aujourd'hui avec Ya No Mas, un opus totalement différent né d'un voyage en Colombie où il avait été invité à jouer dans le cadre du Télérama Dub Festival en 2016. Là-bas, il rencontre Gatos Negros, un collectif constitué d'artistes et d'intervenants socio-culturels qui intervient auprès de la jeunesse des quartiers oubliés de Bogota. L'idée d'un projet en commun naît très rapidement et quelques sessions studios sont déjà organisées. Il y revient un an plus tard pour plus d'enregistrements avec de nombreux musiciens colombiens mais aussi avec des chanteurs et chanteuses comme Jimena Angel ou Javier Fonseca avant de rentrer dans son propre studio pour mettre la touche finale à ce beau projet. Vous l'aurez compris, Ya No Mas est donc un album qui se démarque totalement de ce que l'on peut entendre en ce moment, savant mélange entre reggae, dub, cumbia et musique colombienne.On plonge dans les rues chaudes et colorées de Bogota dès les premières notes de fletucirc;te et de musique traditionnelle colombienne sur lesquelles une foule scande deux mots qui donnent son titre à cette introduction : Sin Violencia. Jolie découverte ensuite avec une chanteuse qui nous accompagnera tout au long de cet album, Jimena Angel, dont la sublime voix caresse le riddim de Ciruela où les claviers et les grosses basses de Brain Damage se mêlent à de discrets roulements de batterie et de subtiles notes de trompette. C'est encore avec la douce voix de Jimena Angel que l'on reste dans cet univers très jazzy grâce à l'instrumentale tout en douceur aux sonorités cumbia d'Ovelo faîte de piano, de contrebasse et de percussions. On retrouvera avec plaisir la chanteuse colombienne sur deux morceaux de plus : Lluna Llena, le premier single extrait de l'album, puis Dolores, encore un doux mélange entre reggae, dub et musique sud-américaine sublimé par la voix de velours de Jimena. Autre invité qui aura droit à plusieurs titres sur cet album, Javier Fonseca, qui partage d'abord avec des mélodies de saxophone l'instrumentale encore très teintée cumbia d'El Control avant de promener sa voix rauque et son flow aux accents hip-hop latino sur les riddims beaucoup plus orientés reggae dub de Lloran et Afrika/Kaliente. Même les interludes qui viennent ponctuer cet opus sont hyper travaillés et nous ramènent à chaque fois dans les rues de Bogota où l'on peut entendre des chants d'enfants se mêler à des morceaux de guitare sèche sur fond de cris d'oiseaux (Zumba que Zumba) ou encore des airs de xylophone traditionnels colombiens (Muy Facil). Brain Damage nous propose aussi une bonne dose de hip-hop avec le duo Kontent Thug et Macky Ruff auquel il offre une instru taillée sur mesure tout en basse et en percus sur Ya No Mas. On retrouve ensuite Macky Ruff accompagné cette fois de La Gaitana dans un style beaucoup plus mélancolique (Mi Voz) avant que Terrible ne vienne conclure cet album en fanfare dans un générique de fin où les trompettes et les percussions colombiennes sont dubbées par Brain Damage à grands coups d'échos et autres effets.Avec Ya No Mas, Brain Damage nous offre (une fois de plus) un formidable voyage musical, se démarquant totalement de ce que l'on a l'habitude d'entendre grâce à ces influences colombiennes que le dubmaker nous a ramenées dans ses valises et qui donnent une couleur toute particulière à cet album. Un opus où l'on reconnaît le travail toujours aussi soigné de Brain Damage qui saura faire danser le plus grand nombre et que l'on a hâte de pouvoir apprécier en live. A noter que la seule date française de ce projet est pour l'instant prévue au Transbordeur de Lyon dans le cadre du Télérama Dub Festival le 10 novembre prochain.Tracklist :1. Sin Violencia2. Ciruela Ft Jimena Angel3. Oyelo Ft Jimena Angel4. El Control Ft Javier Fonseca5. Andar Ft Cumbia Rockers All Stars et Pablo "one2" Aaroz6. Luna Llena Ft Jimena Angel7. Zumba que Zumba8. Ya No Mas Ft Kontent Thug et Macky Ruff9. Afrika / Kaliente Ft Javier Fonseca10. Muy Facil11. Dolores Ft Jimena Angel12. Lloran Ft Javier Fonseca 13. Mi Voz Ft Macky Ruff et La Gaitana14. Terrible
reggae.fr | 24-oct.-2018 02:00

Spectacular et Conquering - Speed it Up
Le Conquering Sound c'est ce duo de selectas avignonnais formé par Ju-Lion et Green Ben. Les habitués des soirées reggae du sud-est et même d'un peu partout en France connaissent forcément ce nom tant le crew a multiplié les prestations live dans des sélections où tous les genres sont mis à l'honneur, du ska au digital en passant par le dancehall et le new roots. L'équipe s'était lancée dans la production en 2016 sous le nom de Conquering Records avec la Gun Salute Mixtape largement consacrée à Sir Jean. L'année suivante, ils sortaient une séries de trois 7'' avec le My Enemies Riddim, un recut du Deliver me from my Enemies de Yabby You sur lequel avaient été invités Lutan Fyah, Djanta, LMK, Sir Jean, Lion D et Spectacular. Le label nous revient aujourd'hui avec ce dernier sur un maxi vinyle 12'' où la scène avignonnaise est mise à l'honneur puisqu'on y retrouve une version dub signée Jo Welders et deux remixes de Mahom et Ashkabad.etCcedil;a commence avec Speed it Up, un riddim puissant très teinté digital aux basses lourdes et prépondérantes à la manière des productions UK. Un riddim qui colle à merveille au flow ravageur de Spectacular. Le MC jamaïcain y aborde un sujet souvent tabou : l'argent. C'est ensuite Jo Welders qui se charge de la version dub en la traitant " à l'ancienne " et avec soin, ne gardant que quelques éclats de voix soigneusement choisis et truffés d'échos ou mettant l'accent sur un détail par ci et un autre par là à grands renforts d'effets en tous genres.On reste donc à Avignon sur la face B avec deux remixes chacun composés par une moitié du groupe Bass Trooperz. Mahom se lance en premier avec le talent qu'on lui connaît en nous proposant une version toujours aussi digitale que l'originale mais beaucoup plus paisible et planante. C'est enfin Ashkabad qui vient s'approprier le morceau, s'orientant beaucoup plus vers des sonorités bass music actuelles pour un remix psychédélique entre trap et jungle.Avec Speed it Up, Conquering Records nous montre son amour du reggae au sens large grâce à un maxi qui fera skanker les dub addicts et qu'on devrait rapidement entendre en sound system. Et que dire du flow si particulier de Spectacular à part qu'on aimerait l'entendre beaucoup plus souvent sur ce genre de productions !Tracklist :A1 : Spectacular - Speed it Up A2 : Jo Welders - Speed it DubB1 : Mahom - Speed it Up RMX Part. 1B2 : Ashkabad - Speed it Up RMX Part. 2
reggae.fr | 22-oct.-2018 02:00

Anthony B Jah Mason Turbulence @ Paris
Quel plateau incroyable ! On n'a plus l'habitude de voir ce genre de réunions d'artistes jamaïcains. Pourtant, Anthony B., Turbulence et Jah Mason étaient bien là tous les trois le 5 octobre dernier sur la scène du Cabaret Sauvage. Malgré des temps de sets (trop) courts, les trois artistes ont enflammé la capitale devant une salle remplie à craquer ! Judah Roger de Blues Party était là pour ambiancer le public avant et après les shows sur scène et les trois artistes yardies étaient précédés pas les Parisiens Jean-Jacques Berthieu, Pablo Master et Eden Fight. Une belle soirée complète à revivre en photos avec les clichés de Philippe 'Da Best' Campos. Judah RogerJean-Jacques BerthieuPablo Master Eden Fight Turbulence Jah Mason Anthony B.
reggae.fr | 19-oct.-2018 02:00

Winston McAnuff et Fixi à Bordeaux
Quelques jours seulement après la sortie de leur dernier opus Big Brothers, Winston McAnuff et Fixi avaient donné rendez-vous à leur public bordelais au Rocher de Palmer. Reggae.fr se devait d'être de la partie et de vous faire revivre cette jolie soirée.Après une belle découverte en première partie avec le groupe Waters Edge Band et leur savant mélange de blues, rock et afrobeat plein d'énergie, on a droit à une présentation du projet Big Brothers et de ses deux protagonistes, Winston McAnuff et Fixi. La lumière se tamise ensuite et les musiciens prennent place : un bassiste, une guitariste, une batteuse/percussionniste, Fixi derrière son piano, et un micro chacun pour les choeurs. Les premières notes de Big Brother se font entendre et Winston McAnuff fait son entrée sur scène pour partager une première danse avec son public grâce à ce morceau plein de groove. Le chanteur jamaïcain va ensuite prendre le temps de saluer la salle avant d'enchaîner avec deux morceaux plus intimes, d'abord My Angel, puis Think et son refrain martelé comme un mantra. On passe ensuite par des titres pleins d'énergie à commencer par I Came I Saw que le groupe fera durer un couplet de plus où le chant de McAnuff laissera place à Fixi (qui a lâché son piano) et ses enivrantes mélodies d'accordéons. Fixi prend ensuite le micro pour introduire des " amis réunionnais " venus rejoindre la troupe avec leurs instruments traditionnels pour nous proposer un formidable mélange entre le reggae du Jamaïcain, les airs d'accordéon et la musique réunionnaise auquel personne ne peut rester insensible et qui entraîne la foule dans une danse endiablée.Le show va continuer à nous faire balancer entre moments de fête avec des morceaux dansants comme Let Them Go et d'autres plus calmes, plus mélancoliques grâce à Wha Dem Say (emprunté à l'album A New Day) ou encore l'émouvant Crying for Love qui plongera la salle entière dans une bulle d'émotions. On entendra ensuite avec plaisir le sublime Ras Child qu'une grande partie du public a reconnu dès les premières notes et continue de savourer en reprenant en choeur le refrain avant que tout le monde ne reparte en coulisses.Rappelés par la foule, Winston et Fixi reviennent d'abord seuls sur scène pour un touchant piano voix (Black Bird) avant d'être rejoints par le reste du groupe pour deux morceaux de plus : Rock Soul, puis Good Feeling qui fera office (comme sur l'album) de joyeux générique de fin à cette belle soirée. Toujours aussi généreux, Winston McAnuff aura une fois de plus livré un show intense et d'une grande qualité, bien aidé par Fixi et le reste du groupe. Une soirée dont on ressort, comme le reste du public, la tête pleine de jolies mélodies et de bonnes vibrations.
reggae.fr | 17-oct.-2018 02:00

AlphaSteppa et NaiJah- The Great Elephant
Est-il besoin de présenter Ben " Alpha " aka Alpha Steppa ? Fils de John Sprosen et neveu de Christine Woodbridge, les deux membres du groupe mythique de dub UK Alpha et Omega, il s'est naturellement tourné très jeune vers la production musicale. Alpha Steppa s'est très vite imposé comme une référence sur la scène dub européenne grâce à un univers musical bien à lui où se mêlent dub UK et reggae roots dans des productions enrichies de sonorités world qu'il ramène de ses multiples voyages. Nai-Jah est quant à lui un chanteur nigérian arrivé en France en 2006. Adopté depuis quelques temps déjà par la famille Steppas Records, il accompagne régulièrement Alpha Steppa sur ses lives (que ce soit seul ou avec Dub Dynasty, le groupe formé par Ben et sa tante). La suite logique de cette collaboration était un album commun et c'est désormais chose faite avec The Great Elephant.Après un texte d'introduction plein de sagesse, l'album débute par des cris de canards ouvrant Rice Traffic, un morceau qui nous plonge directement dans l'univers si reconnaissable d'Alpha Steppa : une instrumentale méditative aux basses profondes où se croisent percussions lunaires et mélodies de violon, le tout sublimé par la voix de Nai-Jah ; ça commence bien !Chaque titre aborde un sujet différent. Repatriate Your Dollars dénonce la corruption et autres dérives de notre société, alors qu'Amazon nous rappelle le désastre écologique se déroulant en Amazonie où " mère nature se meurt ". On découvre ensuite des morceaux comme Last Call et son instrumentale hyper travaillée à la ligne de basse toujours aussi prépondérante ; ou encore le superbe Overcome sur lequel le message d'espoir du chanteur nigérian se colle à merveille sur le riddim profond et rythmé que lui offre Alpha Steppa. Chanting nous entraînera dans un univers encore plus spirituel grâce à son instrumentale méditative à souhait sur laquelle des voix mystiques viennent se mêler au chant de Nai-Jah avant que Biko ne vienne conclure cet album en beauté avec ses mélodies qui semblent venir d'un autre monde.Les habitués des vinyles à la tranche verte s'en doutent déjà, on a droit en guise de bonus à un second disque contenant les versions dubs sur lesquelles les productions d'Alpha Steppa prennent souvent encore plus d'ampleur.Avec The Great Elephant, Alpha Steppa frappe une fois de plus très fort en nous proposant un opus dont les productions sont aussi lourdes que les thèmes abordés par Nai-Jah dans ses textes. Des instrumentales toujours très précises et truffées de détails taillées sur mesure pour la voix sublime du chanteur nigérian. Tracklist :01 How Long? (Intro)02 Rice Traffic03 Repatriate Your Dollars04 Advanced Peace05 Africa is Great06 Amazon07 Progress08 Last Call09 Overcome10 Chanting11 Biko
reggae.fr | 10-oct.-2018 02:00

Toots et the Maytals @ L'Olympia
De la musique jamaïcaine à l'Olympia, ce n'est pas tours les jours ! On ne boudait pas notre plaisir de voir Toots and the Maytals inscrit en lettres rouges sur la façade de la mythique salle parisienne le 2 octobre dernier. Le public était au rendez-vous pour applaudir l'un des groupes yardies les plus anciens toujours en activité. Toots Hibbert et ses Maytals ont régalé la foule au rythme du ska, rocksteady et early reggae à grands coups de hits. 54-46, Monkey Man, Funky Kingston, Pressure Drop... La liste fut longue ! Le jeune Droop Lion a même fait une courte apparition en featuring avec ses aînés et la première partie était assurée par David Corleone et D-Wa en config sound system avec Ashanti 3000 aux platines. Retour sur cette soirée mémorable avec les photos de Philippe 'Da Best' Campos.
reggae.fr | 09-oct.-2018 02:00

Pierre Nesta - Voyageur
Pierre Nesta, petit nouveau dans le paysage reggae français, fait sa grande rentrée au mois d'octobre avec son premier album, Voyageur. Pierre ajoute six nouveaux titres aux cinq déjà présents sur son EP Smile pour cet album enregistré au Studio Anchor à Kingston. Il lui fallait retourner aux sources de cette musique qui l'a tant fait vibré après avoir tenté sa chance à la Star Academy et chez les majors avec le groupe Premix. Le voilà aujourd'hui sur la route de l'indépendance avec onze titres reggae teintés de chanson française, de blues et de pop aux messages d'amour et d'unité.L'album s'ouvre avec le titre Love Bring Me Higher, un roots avec de belles basses rondes, une rythmique de guitare lancinante et des choeurs limpides. Une ode à l'amour ; un amour qui peut tout arranger. S'ensuit le titre IetI dans lequel il donne son avis sur la colonisation en partageant le micro avec le Jamaïcain Jah Exile. Est-ce ainsi que les hommes vivent offre un riddim envoetucirc;tant pour une mise en musique d'un poème d'Aragon qui avait déjà été chanté par Léo Ferré, Phillippe Léotard ou Bernard Lavillier. New Day commence par des notes de piano aériennes qui disparaissent pour laisser place à un ska rythmé par une guitare au son métallique et des percussions chaleureuses pour porter le message d'espoir du chanteur. Sur le titre éponyme de l'album, Pierre Nesta invite bien setucirc;r au voyage et nous conte son désir de rencontres et d'ailleurs. Sur Free World, il prône un monde libre tant pour les hommes que pour les animaux. Plage Atlantique est quant à lui un titre qui fait office de déclaration d'amour à l'océan. Pierre nous y décrit sa passion et son admiration pour l'océan et même pour le surf. On passe à This Morning, un ska joyeux et ensoleillé porté par une très belle section cuivres qui donne envie de danser sans jamais s'arrêter. L'avant dernier morceau, Maman est un reggae suave et lancinant dans lequel il dit merci à sa mère et lui témoigne l'immensité de son amour. Un titre humain et plein d'émotions. On termine l'album avec Protected By The Most High, un hymne rasta mélangeant le français et l'anglais sur lequel on retrouve le très grand Earl Chinna Smith à la guitare.Même si certains voudront toujours lui coller son étiquette de la Star Academy, Pierre Nesta nous livre un album humain, chaleureux et libre. L'artiste sort des sentiers battus avec un opus personnel et profond qui annonce un parcours prometteur. Tracklist :1. Voyageur2. Love Bring Me Higher3. Plage Atlantique4. IetI5. Est-ce ainsi que les hommes vivent6. New Day7. Free World8. Daylight9. Thois Morning10. Maman11. Protected By the Most High
reggae.fr | 08-oct.-2018 02:00

NoLogo 2018 Bilan avec Florent Sanseigne
Carton plein pour le No Logo cette année ! La sixième édition du festival jurassien s'est déroulée comme sur des roulettes sur le magnifique site des Forges de Fraisans. L'équipe organisatrice affiche avec fierté un bilan très positif avec 42 000 festivaliers en trois jours. On fait le bilan avec le directeur du festival, Florent Sanseigne, de cet évènement qui monte et qui monte pour s'imposer petit à petit comme l'un des rendez-vous reggae les plus importants de l'Hexagone.Reggae.fr : Comment as-tu vécu personnellement cette édition 2018 ?Florent Sanseigne : Avec une grande satisfaction. Nous arrivons à afficher complet pour la quatrième année. C'est juste génial tellement ce projet reste utopiste et ne peut fonctionner que grâce à l'adhésion des festivaliers. Je n'ai qu'une chose à dire : merci à eux.Cette année, vous êtes le premier festival reggae de France en termes d'affluence avec 42 000 personnes. Qu'est-ce-que ça t'inspire ?C'est un travail de tous les jours avec toute l'équipe d'organisation. Notre principe même est de remettre l'humain au centre du festival. Les festivaliers sont considérés comme acteurs et non consommateurs, ils décident des évolutions du festival à court, moyen et long terme. C'est peut-être pour ça que nous arrivons maintenant à 42 000 entrées sur trois jours, ce qui représente en réalité 20 000 festivaliers différents. Devenir le premier festival reggae en France en terme d'affluence est une fierté bien entendu, mais pas une finalité. On est malheureusement obligés de faire complet chaque année pour faire perdurer le festival avec nos valeurs, à savoir montrer qu'il est possible de faire un festival sans partenariat public (subventions) ni privé (sponsoring) et sans bénévoles.Pouvez-vous accueillir plus de monde l'an prochain ou avez-vous atteint la limite avec 42 000 ?On pourrait accueillir plus de monde sur le site des Forges de Fraisans et installer une troisième scène, mais ce n'est pas notre objectif prioritaire. Ce que l'on souhaite c'est que le public soit bien accueilli, que le festival reste agréable et vivable en terme d'accessibilité même si on est complet. On veut que l'ambiance et les good vibes soient au rendez-vous. Ce qui nous rend fiers, c'est que sur ces 14 000 entrées par jour, on a 11 500 personnes qui dorment au camping du festival. Les festivaliers ne viennent pas forcément pour un artiste mais pour passer les trois jours sur le site et vivre l'ambiance et l'expérience No Logo.Le No Logo reste encore jeune avec seulement six éditions pour le moment. Vous faîtes donc des progrès chaque année. Les objectifs de 2018 ont-ils été atteints ?On a donné notre sixième édition cet été et on n'a pas le choix que de faire la septième en 2019 car les festivaliers en ont décidé ainsi. On va comme chaque année demander le ressenti de chacun à travers notre grande enquête de satisfaction. On aura les résultats en fin d'année que l'on communiquera via les réseaux sociaux. Mais oui, le contrat est rempli pour l'édition 2018 et il nous reste encore une belle marge de progression car on peut toujours s'améliorer et nos festivaliers ne cessent de nous donner des idées chaque année pour y arriver. On a eu déjà des retours par les réseaux sociaux qui montrent quand même une grande satisfaction sur cette sixième édition.Qu'aimeriez-vous perfectionner ?Il y a encore plein de choses à améliorer pour amener plus de confort aux festivaliers. On doit aussi repenser un peu la scène Dub Factory en la mettant encore plus en avant. On se doit également d'améliorer les relations avec les forces de gendarmerie et la préfecture du Jura qui ont encore fait trop de répression sur la dernière édition. Cela passe par un dialogue régulier avec eux. De plus, on subit des conventions de gendarmerie depuis quatre ans maintenant qui mettent en péril économiquement le festival. Donc on va se battre au niveau du ministère de la culture pour que ces conventions de gendarmerie ne soient pas appliquées et surtout généralisées à l'ensemble des festivals du territoire français car elles pourraient remettre en cause notre exception et indépendance culturelles.Ton rôle à toi durant le festival c'est quoi ?Mon rôle est de gérer les problèmes et de faire le lien entre nos équipes d'organisation, de sécurité, de secours, et les représentants de l'état. Et bien entendu, de m'assurer que tout fonctionne sans problème, que les festivaliers soient contents d'être là et que l'ambiance soit bonne. Je m'occupe également de la fermeture et de l'évacuation du site des concerts tous les soirs à 3h du matin en invitant les festivaliers soit à aller à l'after sur le camping soit à aller dormir. Ceci pour éviter que les agents de sécurité qui sont épuisés après une longue journée de travail ne perdent leur patience avec des festivaliers fatigués.Avez-vous detucirc; faire face à des imprévus cette année ?L'organisation de la manifestation a été maîtrisée et nous n'avons pas eu d'imprévus de dernière minute cette année. etAgrave; part trois rages de dents au même moment dans l'équipe d'organisation permanente qui nous ont légèrement fatigués et irrités ! (rires)Quelles relations entretenez-vous avec les riverains et la mairie ?La relation avec le Maire de Fraisans est très bonne, c'est quelqu'un qui a tout de suite compris l'intérêt du festival pour sa commune en termes de retombées économiques, médiatiques et d'accessibilité culturelle. Avec les riverains, nous avions rencontré quelques problème lors de la première édition en 2013, mais maintenant ils sont contents, heureux et fiers d'avoir un festival comme celui-ci sur leur teritoire.Votre modèle économique est plutôt risqué. Quelle est votre recette miracle pour maintenir le festival chaque année ?Facile et simple, c'est-à-dire : il faut mélanger un lieu plutôt joli avec une histoire, une bonne prog avec plein de concerts, un évènement avec des valeurs, un tarif d'entrée abordable et saupoudrer le tout de plein de festivaliers qui ont envie de faire la fête ! Mais la seule vraie recette miracle pour que le festival perdure avec ces valeurs c'est faire complet chaque année.Quels ont été vos coups de coeur cette année ?Il y en a eu plein. Protoje a fait un show d'une qualité exceptionnelle, Groundation nous ont montrés qu'ils étaient bel et bien de retour, Calypso Rose a envoetucirc;té le festival pendant son show, le projet Havana meets Kingston nous a fait voyager à travers les Caraïbes tandis que Soviet Suprem nous transportait au goulag et que Panda Dub Circle Live propulsait le public tout droit sur Mars !
reggae.fr | 05-oct.-2018 02:00

Natty Jean - Imagine
Pour cette rentrée, Natty Jean présente son deuxième album Imagine. En s'associant avec de grands noms comme Godwin Logie, Cheick Tidiane Seck ainsi que Boris de Danakil et Manjul, il décide de flirter avec les styles musicaux pour colorer son reggae de touches dancehall, de sonorités urbaines et bien setucirc;r d'influences africaines.L'album démarre avec quelques surprises dans le titre Laissez-nous, prenant dès les premiers accords une ambiance très digitale que l'on retrouvera dans l'entraînant Falling ou le planant et spirituel Lou Teugue Tass. Une entrée en matière très dynamique avant de repartir sur des influences reggae plus classiques avec solos de guitare, choeurs et cuivres.Natty Jean nous offre un véritable voyage musical moderne entre France, Afrique, et Jamaïque, mais pas que ! Sur Taya, on retrouve en effet l'univers hip-hop tant affectionné par le Sénégalais. Le chaleureux Salimata, longtemps chanté sur scène avec Danakil, fait lui aussi partie des titres très entraînants de cet opus ! Ak Yow s'avère être un vrai contraste avec ce dynamisme en proposant un rythme très slow grâce à la douceur de l'envoetucirc;tante chanteuse venant accompagner Natty Jean, la Sénégalaise Viviane Chidid. Pour rester dans cet esprit doux et chantant, Natty nous offre le titre Sénégal où la fletucirc;te vient nous bercer sur fond de percussions et guitare acoustique.Les thèmes traités sont parfois durs. La plume du compère de Balik fustige la supercherie des médias, lutte contre l'esclavage mental, s'indigne des relations entre l'Afrique et les pays occidentaux... Natty n'est pas défaitiste pour autant et nous montre notamment avec son morceau On m'a dit que la sortie de l'obscurantisme est proche et qu'il suffit simplement de savoir rester fort pour faire face à la tempête.A l'image du dernier album d'Alpha Blondy, Human Race, Imagine devient un réel plaidoyer pour la cause africaine, la liberté, la révolte consciente et le respect. En oscillant entre wolof, français et anglais, Natty Jean crée un album aux styles métissés, à l'identité marquée et montre sa personnalité d'artiste engagé bien décidé à faire bouger les choses. Un véritable cri rebelle plein d'espoir au sein duquel l'Afrique, racines de l'artiste, est admirablement mise à l'honneur.Tracklist :01. Laissez-nous02. Falling03. On m'a Dit04. Sénégal05. Lou Teugue Tass06. Taya07. Ak Yow feat. Viviane Chidid08. Salimata09. Imagine10. Prezident feat. Didier Awadi et Gaston11. Egotrip12. Adouna13. Allah14. Echosysdub feat Ondubground et Danakil
reggae.fr | 04-oct.-2018 02:00

DJ Vadim - Interview Dubcatcher
Véritable sorcier musical, DJ Vadim donne dans le reggae depuis quelques années maintenant. Il vient de sortir le troisième volume de ses albums Dubcatcher sur lequel il accueille quelques-uns de ses artistes fétiches comme Ras Demo, Earl 16, Jamalski ou encore Big Red. Le DJ et producteur russe revient avec nous sur la création de cet opus, sur son univers et sa passion pour les musiques aux plurielles...Reggae.fr : Qu'as-tu voulu exprimer avec le titre Dubcatcher et quel est le dénominateur commun aux trois volumes ?DJ Vadim : Ce n'est pas tellement l'aspect physique de la musique dub, mais plus le fait de capter l'ambiance, la vibe. Voilà ce que j'exprime dans cette expression "Dubcatcher", capter le dub. Bien setucirc;r, comme il s'agit de dub très orienté reggae, la culture du riddim et de la bass music est aussi très présente dans ce concept. Les trois volumes s'inscrivent dans un voyage au cours duquel j'expérimente dans ma chambre d'écho.D'où vient le super héros qui apparaît sur toutes les pochettes ?C'était l'idée du graphiste, mais j'ai adoré dès la première pochette, donc je lui ai suggéré de le garder pour les autres. J'aime ce parallèle entre un personnage de cartoon qui se bat contre des méchants et mon parcours de combattant dans la musique... ou dans la vie aussi d'ailleurs.Ce troisième volume est encore plus expérimental que les précédents. C'est important pour toi de toujours repousser les limites ?Je ne sais pas si on peut vraiment le qualifier d'expérimental. Je pense qu'il est juste plus ouvert à d'autres musiques que simplement ancré dans le reggae. Il y a des bribes de bass music, de grime, de roots, de dub, de hip-hop... Je préfère parler de ressenti plutôt que de coller des étiquettes ou des noms à un style de musique. Mais en tant que DJ, je comprends d'où viennent ces étiquettes et l'importance qu'elles ont pour les gens. J'essaye d'extraire le meilleur de différents styles et d'assembler tout ça à ma façon.Tes albums sont toujours riches et intenses. On y trouve beaucoup d'invités et plein de sonorités très variées. Pourquoi un tel éclectisme ?Certains artistes sont bons dans un style particulier, mais j'ai toujours pensé que pour être un grand musicien, chanteur ou producteur, il fallait être capable de conquérir tous les styles. C'est ce que j'essaye de faire moi-même et je m'entoure de MCs qui sont dans le même esprit.Comment choisis-tu tes invités ?Je travaille avec ceux qui sont disponibles. Il y en a plein avec qui j'aimerais collaborer que je n'arrive même pas à contacter ou qui sont trop occupés.Lesquels par exemple ?Busta Rhymes, Beenie Man, Cham, Shabba Ranks, Missy Elliott ou Horace Andy.La plupart des artistes qui travaillent avec toi sont anglophones, mais il y a quand même un artiste français qui se glisse dans la tracklist de cet album...Oui, Big Red ! etCcedil;a fait longtemps qu'on bosse ensemble. On s'est connus à Marseille en 2005 et il fait partie de ma famille depuis. C'est normal qu'il soit sur cet album. C'est l'un des meilleurs MCs que je connaisse sur scène. Il est très versatile. Il peut toaster sur du roots, du dancehall, de la grime, du hip-hop, de la jungle ou du garage. C'est un vrai tueur !Tu es toujours très productif. Où trouves-tu le temps de créer et de sortir toute cette musique ?Je me le demande aussi parfois. Je pense que je dois être un super héros qui se bat constamment contre les problèmes de la vie quotidienne.Tu as créé ton propre label Jazz Fudge. Pourquoi ce choix ?Je l'ai créé en 1995 pour sortir ma musique. Personne n'était intéressé par ce que je faisais, donc je n'ai pas eu le choix. C'est aussi simple que ça. Je l'ai plus créé par défaut que par choix en fait.Sur quoi travailles-tu en ce moment ?Pas grand chose puisque je suis papa depuis un an et ma fille me prend tout mon temps. Je viens de créer un pack de samples tirés de l'album Dubcatcher Vol. 2. Un bon paquet de boucles qui ravira pas mal de producteurs.Comment as-tu découvert le reggae ?J'ai grandi avec le reggae et le hip-hop. Je pense que j'ai d'abord plus accroché avec le hip-hop, mais le reggae a toujours été là et j'ai toujours aimé en jouer dans mes DJ sets. En plus, le hip-hop est devenu de plus en plus commercial et de moins en moins intéressant donc le reggae a fini par prendre le dessus chez moi.Qu'aurais-tu fait de ta vie si tu n'étais pas dans la musique ?Sans doute ce que je faisais avant de faire de la musique. C'est-à-dire ingénieur civil. Je suis tombé là-dedans par hasard, ce n'était pas le boulot que je rêvais de faire mais ça me plaisait et j'étais plutôt bon.
reggae.fr | 02-oct.-2018 02:00

Roots Attack - Presenting Twan Tee
En décembre dernier, on vous disait tout le bien que l'on pensait de l'EP Roots Attack Presenting I Fi dont vous avez setucirc;rement detucirc; entendre des extraits en sound system depuis. L'heure est venue pour le label de nous dévoiler le second volet de cette série d'EPs : Roots Attack Presenting Twan Tee. Cette nouvelle sortie est consacrée à un jeune singjay français au style résolument rub-a-dub qui fait de plus en plus parler de lui ces derniers temps, accompagnant Roots Attack au micro en session ou collaborant avec Brigante Record, ODG ou encore Kandee.etCcedil;a commence avec un invité de marque en la personne de Joseph Cotton qui partage avec Twan Tee un riddim hommage à Michael Prophet (recut du You Are No Good) sur Serious Time, un morceau qui annonce la couleur rub-a-dub de l'opus. On aura droit à une bonne touche de digital avec Move On, sur lequel le flow de Twan Tee fait encore mouche sur l'instru efficace proposée par Jeh Jeh (producteur de Roots Attack). On retrouve ensuite deux featurings de plus, d'abord Ilements qui vient prêter main forte à Twan Tee sur Tell the Truth - un titre paisible aux airs de new roots - puis I Fi sur Stay Away from Trouble, un morceau où la complicité entre les deux artistes fait plaisir à entendre.Deux big tunes pour finir, à commencer par Run for Money dont le riddim à base de percus, de basses et de cuivres (qui tourne en boucle sur nos enceintes) ne laissera personne insensible. C'est enfin avec un univers aux flutes orientales envoetucirc;tantes, aux percussions rythmées et beaucoup plus orienté stepper que Kick Dem Out va conclure en beauté cet EP.Avec ce premier EP plus que prometteur, Twan Tee frappe fort, démontrant qu'il va falloir compter sur lui et son flow affuté qu'il sait parfaitement adapter à tous les styles (digital, new roots, stepper...). Et que dire des productions de Roots Attack ? Toutes plus efficaces les unes que les autres, s'adaptant encore parfaitement à ses invités. Qui sera le prochain sur la liste ? On attend la suite avec impatience...Tracklist :1. Serious Time Ft Joseph Cotton2. Move On3. Tell the Truh to the Youth Ft Ilements4. Stay Away from Trouble Ft I Fi5. Run For Money6. Kick Dem Out
reggae.fr | 01-oct.-2018 02:00

Sun Ska 2018 - Bilan avec Fred Lachaize
Après un vingitème anniversaire réussi sur le Campus Universitaire de Bordeaux, le Reggae Sun Ska effectuait son grand retour sur les terres médocaines pour sa 21ème édition. Le public a découvert le site du Domaine de Nodris à Vertheuil qui s'est avéré très fonctionnel pour accueillir le plus grand festival de reggae de France. Le directeur de l'évènement, Fred Lachaize, fait le bilan avec nous de ce come-back tant attendu.Reggae.fr : Pour cette 21ème édition, qu'est-ce-que ça vous a fait de revenir dans le Médoc, la " terre natale " du Regga Sun Ska ? Fred Lachaize : etCcedil;a fait un bien fou parce que le retour du Sun Ska sur son territoire a toujours été prôné même au moment de son départ. C'est justement pour ça que la métropole bordelaise n'a pas voulu nous conserver d'ailleurs. Il aurait fallu jouer les hypocrites et faire croire qu'on voulait rester à Bordeaux pour qu'ils nous gardent. Dès le début, on a annoncé qu'on retournerait travailler dans le Médoc sur un projet durable, c'est aussi pour ça que ça fait du bien d'y retourner. Si on arrive à lever toutes les dernières finalités avec les collectivités territoriales, on aura trouvé un très bel endroit pour installer durablement notre festival. Cela veut dire qu'on sera enfin dans le projet que l'on porte depuis tant d'années maintenant.L'édition s'est-elle déroulée comme vous le souhaitiez sur ce nouveau site ?Non absolument pas. D'une part, on a eu moins de six mois pour réimplanter le festival. On savait que ça allait être très compliqué parce qu'il y a eu un manque de temps à la fois pour présenter le lieu, le faire partager au public, communiquer dessus et le valoriser. Tout ça c'est très long. Trouver le bon calibrage d'aménagement, gérer ses budgets et faire en fonction c'est très compliqué. Donc non on n'a pas un bilan aussi bon qu'on l'espérait. Le bilan est aussi mitigé car on n'a pas fait le score attendu, setucirc;rement parce qu'on n'a pas eu la programmation que l'on aurait aimé avoir puisque tout a été confirmé tard. En plus de ça, il y a un phénomène de multiplication des festivals reggae sur le territoire. Tout ça sur fond d'insécurité omniprésente imposée par les services de l'Etat et ça, ça a été valable pour les deux principaux festivals reggae en France : le No Logo et nous-mêmes. Enfin, le dernier point c'est 40 degrés à l'ombre. C'était le week-end de canicule le plus fort de l'été et ça a forcément freiné les gens.Peut-on dire quand même que cette 21ème édition est une réussite ?etCcedil;a a été une très belle édition en matière d'organisation. On est quand même très contents de comment s'est déroulé le festival, ce qui a été proposé, ce qui s'est fait. Tout ça a très bien marché et je pense que tous les festivaliers sont unanimes dessus. Malgré tout on sait où sont nos défauts en matière d'installation. On a des espaces scéniques trop grands et des calibrages à retravailler. Après, financièrement c'est un changement qui est lourd et qui ne s'équilibre pas cette année donc ça va être une année compliquée où il va falloir faire des choix pour la prochaine édition et resserrer les budgets. On va aussi devoir faire des choix sur la programmation artistique. Il va falloir qu'on s'arrange avec ce nouveau budget.Avez-vous atteint vos objectifs ?Non pas du tout en terme de remplissage. On a eu 23 000 festivaliers sur tout le festival alors qu'on en attendait 43 000. On n'est pas vraiment sur les chiffres attendus. On a une grande perte financière du coup.Comment l'événement a-t-il été perçu par les riverains et la mairie ?Avec la municipalité ça s'est bien passé. Pour ce qui est des riverains, il y a eu plusieurs plaintes mais qui ne sont pas justifiées puisque de toute façon le festival est à 800 mètres des premières habitations. Il y a eu des réunions publiques et des réunions de préparation en amont du festival. Tout a été fait dans les règles de l'art en lien avec les services de la préfecture et de l'Etat. Tout a été organisé et calibré comme il faut. On a démontré que ce lieu était adapté pour accueillir cette manifestation.Les festivaliers étaient-ils eux aussi contents de revenir dans le Médoc ?Ah oui ! Le retour festivalier est unanime. etCcedil;a par contre c'est une vraie réussite sur l'organisation. Un vrai retour sur les terres natales qui offre un bilan positif. Après il faut régler les problèmes de trésorerie et de rentabilité. On a un travail d'aménagement maintenant qui s'étend sur toute l'année.Par rapport aux éditions passées y-at-il eu des imprévus ?Les imprévus ont été quotidiens et majoritairement techniques. C'était aussi beaucoup lié à la chaleur parce qu'il y a eu pas mal de malaises.Doit-on s'attendre à une 22ème édition du Reggae Sun Ska sur le même site ?Oui bien setucirc;r. Ce qu'on aimerait même c'est qu'il devienne LE site qui permette de s'installer durablement. Le lieu est pressenti pour devenir un écosystème de la culture sur le territoire médocain, c'est-à-dire que sur l'ensemble de ce site on retrouverait une multitude d'acteurs avec des bureaux, un espace de coworking, un espace de diffusion, un studio d'enregistrement, une galerie d'art et un parc mutualisé. C'est un projet global de territoire porté par un ensemble d'acteurs dont le Reggae Sun Ska fait partie.Quels ont été les plus beaux moments de cette 21ème édition pour toi ?etCcedil;a fait un petit moment que je n'avais pas vu Mo'Kalamity donc ça m'a fait plaisir. Dans les découvertes, il y a aussi le groupe Alam et évidemment je n'ai pas pu m'empêcher d'aller accueillir Ken Boothe. C'était un grand moment. Il y a aussi eu le grand retour des Toure Kounda et ceux qui font toujours le taf comme Groundation, Nâaman, Chinese Man, Jimmy Cliff.Vous avez comme d'habitude proposé une programmation assez éclectique qui ne se cantonne pas seulement au reggae. Est-ce un moyen d'attirer plus de monde sur le festival ?Pas vraiment puisqu'on a fait beaucoup moins de monde que prévu. Par contre, c'est une manière d'ouvrir notre culture reggae au plus grand nombre. C'est-à-dire que quelqu'un qui vient voir Demi Portion en concert ne connait pas forcément Ken Boothe. etCcedil;a permet à pas mal de festivaliers de découvrir ce que l'on fait.Quelles choses aimerais-tu perfectionner pour l'année prochaine ?On va travailler sur tout l'aménagement et toute la scénographie du festival, ça c'est un point important. On va creuser tout le volet qualité d'accueil et également qualité d'animation, on va développer des axes comme le bien-être et les conférences par exemple. Il y a vraiment de très belles choses qui se sont passées sur toutes les activités annexes et pas simplement musicales. Je pense que le public évolue et le festival aussi, c'est-à-dire que de plus en plus, les gens viennent chercher un état d'esprit dans un événement comme celui-là. On ne vient plus juste voir des groupes sur scène. On travaille beaucoup sur le bien-être et le bien-vivre. Il y avait par exemple des cours de yoga collectif et de tai-chi les matins. Des choses comme ça. Il y a aussi eu pas mal de conférences sur les énergies renouvelables, sur la mixité. On fait un gros travail sur les femmes dans le reggae, c'est pour ça qu'on avait une telle programmation. Il faut continuer et ne pas donner cette image de macho dans le reggae. Finalement, le Reggae Sun Ska c'est un labo pour faire connaître la culture reggae au plus grand nombre. On met en avant une culture, une musique, un état d'esprit, donc bien souvent nous sommes victimes de clichés dans la presse et chez les politiques. Le reggae ce n'est pas des mecs qui viennent fumer des pétards au bord d'une scène. Tout ce mouvement représente des valeurs et un état d'esprit sur lesquels il faut travailler. Tous les festivals doivent travailler sur ça. C'est à nous de changer les choses. On a un public qui a 20 ans et c'est avec eux qu'on va changer les choses et grâce à nos évènements.
reggae.fr | 28-sept.-2018 02:00

Natty Jean - Interview Imagine
Le public français l'a découvert aux côtés de Danakil. En quelques années, Natty Jean s'est imposé comme un membre à part entière du groupe tout en développant doucement mais setucirc;rement sa carrière solo. Six ans après son premier album, Santa Yalla, le Sénégalais fait enfin son retour avec un album engagé et mature aux couleurs africaines bien setucirc;r, mais aussi urbaines. Natty nous en parle avec fierté et enthousiasme...Reggae.fr : Pourquoi avoir choisi d'appeler ton album Imagine ?Natty Jean : Je l'ai appelé Imagine parce que pour moi c'est un peu le fruit de l'utopie de la situation actuelle. Je parle un peu de l'Afrique, de sa relation avec l'Europe, de tous ces paradoxes et tout le contraste qu'il y a autour de ça. Je parle aussi de la vie du reste du monde. L'Afrique est l'un des continents les plus riches naturellement parlant grâce à ses ressources et en même temps il reste le plus pauvre sur le plan économique. On ne se doute pas qu'il y a un problème. Moi en tant qu'artiste africain, mon engagement est là pour porter de l'espoir aux Africains et pour taper du poing sur la table pour dire qu'on en a marre de cette situation.Cet album est un peu à l'inverse des schémas dominants dans les grands médias. Tu nous exposes une Afrique rêveuse, créative, innovante, autonome. Pourquoi selon toi on ne met jamais ces aspects-là en avant ?Je ne sais pas. Je constate comme vous que, justement, on ne met jamais vraiment les avantages de l'Afrique en avant. Nous en tant qu'Africains, on est obligés de se souder pour avoir une force et pouvoir se faire entendre. Pour moi, le combat commence par là. Je veux faire entendre à mes frères africains qu'on a besoin les uns des autres pour se donner une force, car tant que l'Afrique sera désunie, on ne pèsera pas dans la balance. Aujourd'hui on est dirigés par l'Europe, je ne vais pas refaire l'histoire mais on voit très bien que nous ne sommes pas indépendants financièrement, on a encore le Franc CFA par exemple. Tant que toutes ces choses-là ne seront pas réglées, on ne pourra pas avancer. Aujourd'hui ça arrange beaucoup de pays comme la France que l'Afrique soit soumise comme ça, parce qu'ils peuvent venir faire leur business là-bas et ramasser encore plus d'argent. On sait très bien qu'il y a beaucoup de sociétés françaises qui saisissent des ressources naturelles et qui repartent dans une impunité totale. Ils exploitent l'Afrique sans payer. Je me considère comme un artiste engagé mais je n'ai pas forcément envie de ne parler que des côtés négatifs ; il y a aussi beaucoup de belles choses en Afrique et le but c'est aussi de démontrer ça dans l'album. Il y a beaucoup d'engagement dans cet album certes, mais aussi beaucoup d'amour.L'immigration est un sujet très présent sur cet album. Principalement sur le morceau Imagine, où tu expliques que le rêve européen se transforme très vite en cauchemar. D'après toi, comment rétablir la vérité sur la situation des Africains qui viennent s'installer en Europe ?Je ne veux pas avoir la prétention d'avoir une solution pour tout ça, mais j'essaye de donner la réponse en musique. Les gens ne veulent ni en parler ni en entendre parler. Je pense que tout le monde est conscient de la situation, mais personne ne fait rien. Aujourd'hui tout le monde est au courant de ce qui se passe, on va tous sur internet, on voit tous ces morts africains, ces corps qu'on ramasse à la pelle sur les côtes de Lampedusa en Italie. Mais qui propose quelque chose de concret ? Moi je parle de la France depuis tout à l'heure parce que depuis huit ans, je vis ici et je passe plus de temps en France qu'au Sénégal, mon pays. Aujourd'hui je peux dire ce qui se passe parce que je le vois très bien. Je passe tous les jours devant Calais et je vois la situation des migrants. Je les vois et je me dis que c'est incroyable. Comment les gens peuvent-ils être abandonnés comme ça dans des taudis ? Quand on fait un saut dans l'histoire et qu'on voit que ces gens sont venus en France pour survivre et qu'aujourd'hui la France les laisse mourir de faim moi je trouve ça scandaleux. "Je veux faire entendre à mes frères africains qu'on a besoin les uns des autres pour se donner une force" A travers cet album, tu prônes aussi un retour en terre natale, une reconstruction de l'Afrique par la jeunesse, d'ouvrir les yeux sur la situation de plus en plus catastrophique, n'est-ce pas ?Moi je pense que ça fait partie des solutions pour que l'Afrique soit indépendante parce qu'on sait qu'à travers le monde il y a des Africains qui font de grandes choses. Que ce soit dans l'art, dans la culture ou dans la science, il y a toujours des Africains qui font avancer le monde. On a besoin que ces Africains reviennent en Afrique pour qu'ils fassent avancer notre continent. Nous sommes tous conscients de ça, c'est juste que des fois puisque la situation est très difficile en Afrique il faut qu'on arrive à donner envie aux gens. Il faut que moi et d'autres dans la musique on arrive à faire passer le message. J'ai beaucoup de respect pour Alpha Blondy ou Tiken Jah Fakoly, même si je pense que je me démarque vis-à-vis d'eux dans la fraîcheur musicale. Ce sont des papas et des référents pour moi. Je suis dans la continuité de ces artistes-là. Au début j'étais très réticent par rapport à l'idée de toujours faire passer le message de l'Afrique, mais maintenant j'ai compris que les Français n'étaient pas au courant de la politique qui a été menée en Afrique. Je pense qu'ils ne se sont pas rendus et ne se rendent toujours pas compte de tout le mal que leur pays a fait à l'Afrique. J'ai compris ça en vivant ici et en échangeant avec les gens qui sont là. Il fallait que je fasse passer le message dans mes chansons.Au final c'est un message d'espoir ?Bien setucirc;r, toujours. Comme mon premier album. On a toujours besoin de ça. On a besoin de rêver et de dire qu'une Afrique meilleure est possible.Ton engagement rappelle bien setucirc;r Tiken Jah Fakoly et Alpha Blondy que tu as cités. Tu te sens proche d'eux ?Oui bien setucirc;r, mais quand je parle de fraîcheur c'est parce que je ne suis pas connu comme eux. Ils ont déjà eu une carrière et n'ont plus rien à prouver. Moi j'ai encore du taf ! Quand tu regardes aujourd'hui le reggae africain on n'en a pas dix milles à la hauteur de Tiken Jah Fakoly ou Alpha Blondy. Il n'y a pas d'ouverture ni de moyens, alors on ne voit pas les autres petits artistes qui ont autant de talent qu'eux. On a besoin que d'autres viennent s'exprimer et dire ce qu'ils ont à dire. Quand je parle de fraîcheur c'est dans ce sens-là que je l'entends. Aujourd'hui on a besoin d'artistes reggae africains. Il faut qu'ils viennent, qu'ils jouent et qu'ils soient connus. Tant qu'on a des gens qui ont un message et la tête sur les épaules, ils peuvent percer.Penses-tu que des festivals comme Abi Reggae participent à créer cette nouvelle ère ?Oui oui c'est génial ça par exemple. Ce sont ces choses-là qui manquent. C'est vraiment dommage qu'il n'ait pas eu lieu cette année. C'était pour moi le seul festival d'Afrique de l'Ouest où j'avais l'impression d'être dans un vrai festival de reggae. Je souhaite qu'on puisse développer ce genre d'évènements au Sénégal. "Il y a beaucoup d'engagement dans cet album certes, mais aussi beaucoup d'amour" Il y a un mois maintenant, Dakar a subi de grosses inondations alors que le Président Macky Sall était en train de danser lors d'une cérémonie de parrainage. Qu'est-ce que ça t'inspire ?etCcedil;a me fait honte. C'est honteux de faire ça quand tu es Président. Nous on a besoin de travailler deux fois plus que les autres et lui il se pavane dans des cérémonies, ça me dépasse ! On voit très bien la mentalité qu'ils ont. Je voudrais aussi que vous sachiez que ça ne reflète pas vraiment la réalité. Au Sénégal il y a plein de gens comme moi qui veulent changer les choses et qui ne veulent pas de cette corruption-là. Alors je vais profiter de cette question pour dire mon point de vue sur la situation. On se dirige vers des élections début 2019, alors je voudrais dire la déception que j'ai en regardant le pouvoir qui est en place en ce moment avec le Président Macky Sall. C'était pour nous tellement de fierté quand il est arrivé au pouvoir parce qu'il était jeune. Nous on était dans un élan de jeunesse alors on s'est dit que c'était vraiment un espoir pour que la politique change. On a été très déçus par cet homme-là parce qu'il a été pire que tous les présidents de par sa manière de diriger et de par ses relations avec la France. Aujourd'hui il est en train de mettre en prison tous les candidats sérieux des prochaines élections. Il corrompt sa famille, ses enfants, sa femme, ses ministres. Comment dire qu'aujourd'hui je suis dégouté de la situation politique au Sénégal ? Mais il me semble qu'il y a de l'espoir avec un ou deux candidats qui arrivent à me toucher par leur discours. On verra bien ce que ça va donner.Dans l'album beaucoup de sonorités se croisent, des sons très modernes et d'autres plus traditionnels. Pourquoi avoir fait ce choix ?Oui effectivement j'utilise des instruments traditionnels comme la kora, le balafon ou la fletucirc;te peul. J'utilise aussi des percussions comme le djembé. Pour moi c'était logique d'utiliser tous ces instruments. Le côté street aussi m'est très légitime parce que j'ai grandi dans le hip-hop et j'ai fait du rap pendant des années. Du rap je suis arrivé au reggae mais j'aime toujours autant faire de la musique. Pour moi c'était important de mélanger tout ça et j'en suis fier parce que ça apporte de la diversité. etCcedil;a me manquerait moi en tant qu'artiste, en tant que mélomane, qu'il n'y ait pas toutes ces sonorités si variées.Pourquoi avoir utilisé plusieurs langues pour t'exprimer dans cet album : wolof, français et anglais ?Je vais être honnête, je ne suis pas très à l'aise avec l'anglais. Après j'essaye de m'améliorer. La langue dans laquelle je suis le plus à l'aise c'est le wolof, c'est ma langue maternelle. Mon premier album était à 90% wolof. Par la force des choses, j'ai appris le français puisque je vis en France. Aujourd'hui je peux avoir la prétention d'aborder certains sujets en français parce que je les ai vécus. Le fait de vivre les choses en français m'a donné envie d'écrire dans cette langue. Ce n'était pas dans le but de toucher plus de monde, mais c'est juste que j'ai avancé, mes réalités sont devenues plus françaises tout en restant sénégalaises. La prochaine étape c'est de chanter en anglais.Ton chant évolue selon les chansons. Par moment tu es plus proche du rap et d'autres plus du chant, est-ce un choix ?Je commence souvent par une idée de chant, mais mon côté hip-hop me rattrape. etCcedil;a se passe au feeling selon le morceau, mais ça dépend aussi du riddim.Comment as-tu choisi les artistes qui t'accompagnent sur cet album ?En fait ce sont vraiment des gens que j'apprécie depuis longtemps. Il y a trois featurings. Il y en a un sur On m'a dit avec Diamy Sacko, une jeune Malienne qui a une voix superbe. Elle fait partie de la génération montante des chanteuses au Mali. Je l'ai rencontrée grâce à un choriste, Hamed Fofana. Il m'a mis en contact avec elle et j'ai adoré son feeling et sa voix. Et dans le morceau Prezident, il y a Gaston du groupe de rap Sen Kumpeteuml; et Didier Awadi que je ne présente plus. Il m'a toujours soutenu et je l'ai toujours respecté. Enfin, j'ai invité Viviane Chidid sur Ak Yow, une chanteuse de mbalax du pays. C'est au Sénégal que j'avais envie d'aller chercher ces artistes pour retrouver mon pays.Quels sont les musiciens qui t'accompagnent sur l'album ?J'ai pris beaucoup de temps à mettre tout ça en place, au moins cinq ou six ans. J'ai commencé la création des morceaux avec Manjul que je ne présente plus. On avait posé des voix témoins ensemble au tout début du processus de création. On a développé les morceaux petit à petit puis j'ai fait appel à d'autres gars qui ont fait des riddims comme Danakil ou Kubix qui a fait deux riddims sur l'album. Massive Boris et Smart, les bassiste et clavier de Danakil ont aussi fourni des instrus et sinon il y a Mouloud au clavier, Yovo M'Bouéké à la basse et Richacha Balengola à la batterie par exemple. Il y a tellement de musiciens qui ont travaillé avec moi. etCcedil;a me fait plaisir d'avoir autant de gens autour de moi et ça me conforte dans la qualité de cet album.
reggae.fr | 26-sept.-2018 02:00

Winston McAnuff et Fixi - Big Brothers
Winston McAnuff fait partie de ces artistes à part. Habité par sa musique et adepte d'un reggae ouvert, il s'inspire de ce qui l'entoure en ne se mettant aucune barrière et élargit un peu plus son univers musical à chaque album. Cela n'étonnera donc pas du tout son public que celui qu'on appelle Electric Dread nous propose un nouvel opus entre reggae et pop réalisé avec son compère Fixi quelques mois seulement après avoir participé à un projet totalement roots (Inna De Yard) entouré d'autres légendes jamaïcaines. La première collaboration entre ces deux-là remonte à 2006. Fixi officiait alors en tant qu'accordéoniste du groupe Java avec qui le chanteur jamaïcain avait réalisé l'album Paris Rockin' (sur lequel on retrouvait, entre autres, le sublime Ras Child). Winston McAnuff et Fixi s'étaient ensuite retrouvés quelques années plus tard en 2013 pour une nouvelle sortie commune, A New Day.L'idée de cet album est née dans la jungle de Calais où un réveillon pour et avec les migrants avait été organisé à l'initiative du beat-boxer Markus. Cette nuit-là, la nouvelle année fut célébrée toutes les deux heures, s'adaptant au fuseau horaire de chacun. Winston et Fixi étaient de la partie et cette anecdote résume à elle seule parfaitement l'esprit de ce nouveau projet.L'album s'ouvre sur les deux premiers singles dont les clips avaient déjà été dévoilés, d'abord Big Brother et son instrumentale pleine d'énergie aux airs de salsa cubaine, puis My Angel, douce chanson d'amour à l'univers beaucoup plus calme et intime. C'est ainsi que Fixi et Winston McAnuff ont décidé de construire ce nouvel album, passant de morceaux joyeux et entraînants à d'autres plus calmes et nostalgiques, entre soleil et grisaille, entre gaieté et mélancolie. On découvre ensuite l'instru toute en douceur de If You Want it So Bad ; une grosse caisse qui résonne comme les battements du coeur et des mélodies de piano qui se marient à merveille au chant toujours aussi émouvant de Winston. Seul featuring de cet album, Pongo, chanteuse portugaise originaire d'Angola, vient mêler sa voix chaude et pleine de groove à celle du Jamaïcain sur One Note, un morceau dansant à souhait aux influences ensoleillées.Winston McAnuff possède ce don de savoir retransmettre comme personne les émotions au travers de sa musique et on le sent particulièrement sur des titres comme Think, dont le refrain " think observe and listen " sonne comme une ode à la sagesse et à l'écoute ; ou encore le sobre et jazzy Black Bird dans lequel les airs d'accordéon répondent à un chant mélancolique. Crying for Love représente parfaitement cet opus, écrit par le Jamaïcain du haut des falaises de Douvres, il aborde un sujet grave dans un morceau plein d'espoir, nous rappelant l'enfer vécu à nos portes par ces migrants qu'il entend " pleurer pour de l'amour ", tout en nous appelant à la fraternité dans cet hymne à l'hospitalité. C'est enfin le joyeux Good Feeling qui vient conclure cet album faisant office de parfait générique de fin sur fond de piano et d'accordéon.Avec Big Brothers, Winston McAnuff et Fixi nous offrent un album sublime qui nous fait voyager dans de nombreux univers différents avec pour fil conducteur la voix du Jamaïcain et le piano du Français ; un opus qui plaira à tous les amateurs de reggae mais saura aussi séduire un public beaucoup plus large grâce à ses sonorités et ses influences venues de tous les horizons.Tracklist : 1. Big Brother2. My Angel 3. If You Want it So bad4. I Came I saw5. Sweet Love of Mine6. One note Ft Pongo 7. Think 8. Black Bird9. Crying for Love10. (Good Feeling)
reggae.fr | 25-sept.-2018 02:00

Manudigital - Bass Attack
Le beatmaker et multi-instrumentiste français Manudigital revient fort en cette rentrée 2018 avec un deuxième album nommé Bass Attack qui sortira le 5 octobre prochain sur le label de X-Ray Production. Après son premier opus solo, Digital Pixel, déjà très réussi, l'artiste français se permet d'explorer encore un peu plus les abysses du dub et de la bass music.Manudigital nous annonce la couleur d'entrée de jeu avec sa pochette qui offre une immersion dans son univers si particulier. On aperçoit des instruments qui ont servi sur l'album (boites à rythme, pédales d'effet et autres synthés dont le fameux MT40) ou d'autres objets plus personnels comme un skateboard, un passeport, des casquettes ou encore des jetons de poker.Pour lancer les hostilités, Manu a fait appel à Red Fox sur Bye Bye Boom Boom, un tune puissant accompagné du flow massif du MC jamaïcain et souligné par des solos de guitare très rock presque dignes de certains groupes de heavy métal. On enchaîne avec Nah Fight sur lequel il a convié le MC Mesh M18, connu des massives français les plus assidus uniquement, pour un son très influencé par la bass music. C'est ensuite au tour de Skarra Mucci de poser sur le morceau Rock This World à l'univers plus rudie. Fidèle à lui même, Skarra chevauche l'instru tel un bulldozer sur ses couplets alors qu'il tend plus vers la soul sur les refrains.Le très talentueux Solo Banton déroule son flow tout aussi efficace sur Herb In My Pocket, un track façon 8-bit gavé aux sons de jeux vidéos. Soom T vient quant à elle se frotter à une instru limite dubstep au côté un peu angoissant sur laquelle les sons de Game Boy et les basses saturées fonctionnent à merveille. De quoi vous donner la pêche le matin !Cali P surprend tout le monde en reprenant les mélodies du hit Bleu Blanc Rouge de Raggasonic. Il en fait un terrible son rub-a-dub sur un beat de plus en plus lourd au fur et à mesure qu'il avance. Les ambiances sont variées sur cet album et Junior Cat le confirme sur Shoot et Collect, un dancehall sur fond de sonorités orientales qui n'est pas sans rappeler l'univers de Major Lazer. Panda Dub et Royale prennent le relais sur My Story qui dévoile un riddim métallique très énervé ! Manudigital a mis un point d'honneur à inviter des vétérans jamaïcains. Derrick Parker et Lt Stitchie se retrouvent ainsi pour le superbe duo Winner, mais les artistes français ne sont pas en reste comme le prouvent Taiwan MC et Dapatch avec des titres truffés de références au dancehall yardie. En fin de tracklist, on retrouve le surpuissant Bad en collaboration avec General Degree ainsi qu'un remix drum'n bass de l'excellent / mais malheureusement inconnu / Time Bomb sorti à la base sur l'EP du même de Devon Morgan plus tôt dans l'année.Avec ce nouvel opus, Manudigital nous offre un album plus taillé pour le live que pour une écoute de salon. Il laisse néanmoins apparaître d'autres facettes de sa créativité musicale et ce projet marquera la rentrée reggae 2018 à n'en pas douter ! Nous on adhère à 100 %.Tracklist :01. Ruff It Up feat. General Degree (RMX)02. Bye Bye Boom Boom feat. Red Fox03. Nah Fight feat. Mesh M1804. Rock This World feat. Skarra Mucci05. Herb Inna Mi Pocket feat. Solo Banton06. Dem A Poison feat. Soom T07. Rub A Dub feat. Cali P08. Shoot et Collect feat. Junior Cat09. My Story feat. Panda Dub et Royale10. Winner feat. Derrick Parker et Lt. Stitchie11. Reach The Sky feat. Taiwan MC12. Strictly That Style feat. Dapatch13. Bad feat. General Degree14. Time Bomb feat. Devon Morgan, Sherkhan et Ed Solo (RMX)
reggae.fr | 24-sept.-2018 02:00

Hélene Lee - Interview Pinnacle
La journaliste et spécialiste de la musique jamaïcaine Hélène Lee a récemment sorti un nouveau livre publié chez Afromundi. Pinnacle, le paradis perdu des rastas a été écrit en collaboration avec Bill Howell, fils de Leonard Percival Howell, considéré comme "le premier rasta" dont Hélène Lee parlait dans un de ses premiers livres édité en 1999 et devenu depuis un film. Ce nouvel ouvrage se concentre sur le lieu où Howell avait décidé d'établir sa communauté qui allait former les bases du mouvement Rastafari. Entretien avec Hélène Lee pour discuter de Leonard Howell donc, mais aussi de son fils et bien setucirc;r de ce nouveau bouquin. Reggae.fr : Comment vous est venue l'idée d'écrire Pinnacle, le paradis perdu des rastas ? Qu'est-ce qui vous a donné envie d'aller plus loin sur le pinacle que dans votre précédent ouvrage Le Premier Rasta ?Hélène Lee : Cela s'imposait car il n'y a jamais eu de témoignage de première main, personne n'a jamais interrogé les gens du Pinnacle. C'est incroyable que personne ne se soit jamais intéressé au Pinnacle alors que c'est un lieu précurseur d'un mouvement devenu international aujourd'hui, c'est fou je trouve. Je m'étonne toujours qu'aucun historien, ni en Jamaïque ni ailleurs, n'ait essayé de s'y intéresser. L'idée c'était d'en savoir plus sur le Pinnacle donc j'ai interrogé le fils de Leonard Howell car c'est le seul qui soit resté de sa naissance en 1942 jusqu'à la destruction du Pinnacle en 1957. " On m'a toujours fait la critique de me mêler d'une histoire qui ne me regarde pas [...] car je suis une blanche venue de France " Comment avez-vous rencontré le fils de Leonard Howell, Bill Howell ?J'étais évidement allée chercher mes informations en Jamaïque. Déjà, il a fallu trouver le Pinnacle, ce qui a été compliqué car les propriétaires avaient changé le nom, pour effacer l'histoire qu'il y avait derrière ce lieu et surtout pour le vendre plus facilement. Dans un premier temps j'ai décidé de retrouver des membres du Pinnacle et j'ai fini par tomber sur une cousine d'Howell qui m'a donné le contact de Bill, que je suis ensuite allée rencontrer à New-York.Pourquoi avoir choisi de faire parler Bill Howell à la première personne ? En fait ce n'est pas du tout mon livre, c'est ce que je dis à la fin, c'est le livre de Bill Howell. On m'a toujours fait la critique de me mêler d'une histoire qui ne me regarde pas, de rétablir l'histoire d'un mouvement auquel je n'ai pas participé car je suis une blanche venue de France qui n'a rien avoir avec tout ça. Effectivement, je trouve que ça se justifie. Mais moi aussi j'ai été choquée par le fait qu'aucune personne du Pinnacle n'ait jamais été interviewée, donc je n'allais pas me substituer à lui, c'est lui qui avait des choses à dire pas moi. J'ai décidé de faire ce livre uniquement le jour où il m'a dit : " j'ai décidé de faire ma bio, aide moi ".C'est plus une demande de sa part que de la vôtre au final ? Tout à fait. Je sais que des gens lui en avaient parlé mais il n'avait pas voulu. Il explique très bien dans le livre pourquoi il était décidé à ne plus parler de cette histoire, il en avait vraiment bavé et il préférait éliminer cette étape de sa vie.Comment s'est déroulé le processus d'écriture ?On a fait quelques interviews à New-York, mais le gros des entretiens a été fait à Paris. Puis il est venu chez moi dans les Cévennes avec sa femme pour peaufiner le livre afin d'éclaircir certains points. Moi, ma seule contribution on peut dire, à part le fait de retranscrire les interviews et de les remettre en forme, ce sont les parties historiques car il était petit ou pas encore né. Par exemple, il ne savait rien sur les voyages de son père, c'est à partir de mon livre Le Premier rasta qu'il a commencé à avoir quelques renseignements. Il ne savait pas que son père avait été emprisonné, il ne s'était jamais plongé là-dedans. Certaines révélations ont été des chocs comme l'emprisonnement de son père à Sing Sing aux Etats-Unis. Il a déjà fallu que je lui montre les documents pour le convaincre, parce que nous avions les originaux américains. Après ça il nous a crus. Entre temps, il avait fait un gros chemin d'acceptation des choses. En fait ça s'est passé assez bien, même si au début il y avait certains sujets qu'il ne voulait même pas aborder.etCcedil;a a été difficile de faire ce livre ? Non ça a été un vrai plaisir parce que j'étais la première personne qui venait de l'extérieur pour lui dire que son père était un sacré bonhomme. C'est assez extraordinaire ce qu'il a réalisé. Au début, il a entendu différents sons de cloche sur son père et ça l'a pas mal secoué. Puis, petit à petit, il s'est remis dans la peau du petit enfant qu'il était. Il ne disait pas qu'il était rasta, il disait qu'il était un habitant du Pinnacle. Il n'utilisait pas le terme de rasta.Pour vous, qu'apporte cet ouvrage de plus que le livre et le film Le Premier rasta ?C'est totalement différent parce que Le Premier rasta était vraiment une recherche de quelque chose d'enfoui, que tout le monde avait oublié, c'était presque une enquête policière. Pinnacle, le paradis perdu des rastas ce sont les souvenirs d'enfance de Bill Howell. Moi ce qui m'intéressait, c'était de montrer que c'était une communauté tout à fait ordinaire de paysans jamaïcains, comme les baptistes avaient pu en créer. Je voulais montrer que toutes les solutions du Pinnacle étaient des solutions qui existaient déjà dans la Jamaïque des esclaves, comme par exemple le fait de ne pas utiliser d'engrais. Et puis sa vision à lui qui n'est pas religieuse, ce n'est pas un mystique, il n'est pas du tout comme son père, mais par contre il explique parfaitement bien que si le mouvement voulait réussir, il fallait passer par la religion. " Les libres penseurs n'ont jamais été aimés " Pourquoi selon vous on ne parle pas ou seulement très peu de ce genre de sociétés qui sont presque utopiques ?Dès le départ, c'était un mouvement de libres penseurs. La liberté et la pensé sont deux choses que l'establishment déteste. C'était déjà très mal parti pour eux (rires). Il y avait toutes sortes de pensées rebelles comme les Marxistes qui faisaient peur aux colons. C'était déjà la raison pour laquelle il ne fallait pas parler de ce mouvement. C'est pour ça qu'on les a mis en prison, puis dans des hôpitaux psychiatriques pour les déconsidérer et les faire passer pour des fous. Tout ce qu'on disait sur eux était de la calomnie. Et quand ils se sont aperçus qu'ils fumaient de l'herbe, ils les ont encore plus discrédités. Toutes ces histoires étaient racontées du temps du Pinnacle et le jour où celui-ci a été détruit, on a dit que ses habitants étaient des personnes violentes qui n'avaient rien à voir avec les rastas. Puis ils continuaient de les stigmatiser dans la culture à travers des films et il y avait une manipulation de la musique principalement avec les bobos où des personnes influentes leur faisaient croire des choses fausses, des mensonges pour qu'ils les réinjectent dans leur musique.Comment expliquer qu'en 2018, les stigmatisations par rapport au mouvement rasta soient toujours aussi fort ?Pourquoi ça changerait si personne ne s'y oppose ? J'ai eu énormément de mal à proposer mon histoire. Dès que je frappe à une porte et que je dis le terme "rasta", on se moque de mon travail. A part quelques personnes qui ont compris l'importance de mon récit. Arte par exemple quand j'ai fait le film Le Premier rasta, ils disaient qu'ils le voulaient, mais au dernier moment ils nous on dit non. Pourquoi ? Parce que faire un film sur quelqu'un que personne ne connaît ne les intéresse pas. Les libres penseurs n'ont jamais été aimés.Pourquoi Leonard Howell avait-il une telle aura d'après vous ?Il faut se rendre compte qu'à l'époque, un mec qui osait ouvrir sa bouche et dire les choses en face à des fonctionnaires et à des policiers avait du courage. Mais Howell traitait tous les gens avec beaucoup de politesse. Il osait répondre à la police : " je ne suis pas d'accord, il ne faut pas faire ça ". Mais il restait calme et ça a étonné le bas peuple. C'est quelqu'un qui avait le passé de ses voyages, il a fait plusieurs fois le tour du monde, ce qui a participé grandement à son aura. De plus, c'était un très bel homme, très impressionnant, avec beaucoup de charisme. Il était un peu vu comme le Messie.Pensez-vous qu'il soit toujours possible de construire une société de nos jours à l'image du Pinnacle ? C'est le débat que j'aimerais lancer. En fait, on est tous là à rêver de ce bel endroit, mais comment cela pourrait marcher de le recréer ? C'est là que le livre est important, parce qu'on y voit en pointillés les recettes du succès, et sur ce point, j'aimerais qu'il y ait un débat. Je sais que ce livre va être remis en cause car il bouscule plein d'idées, donc c'est pour ça que je me suis mise en retrait par rapport à Bill Howell. Il y a beaucoup d'exemples à tirer comme la non violence, comment peut-on se protéger par la non violence etc. Même si cela n'a pas toujours aidé les peuples. Autre exemple : il n'y avait pas d'école au Pinnacle, mais on trouvait des lieux où des gens lisaient les journaux à voix haute pour tenir informer ceux qui ne savaient pas lire. Remettre cette question sur la table c'est aussi réinstaurer un débat de fond sur la non violence, l'autorité, vivre à l'écart du monde, ce qu'on pense de l'économie, de la croissance ou de la décroissance. Mais c'est aussi questionner le rôle des femmes, qui avaient une place centrale au Pinnacle. Les gens qui se demandent ce qu'on peut faire, je pense qu'ils peuvent trouver des réponses dans le livre.Pourquoi avoir choisi de construire le livre avec des chapitres qui sont presque des thématiques : l'eau, l'administration, la santé ?Quand on parle avec quelqu'un qui n'a jamais parlé de ça, on s'aperçoit que c'est intéressant de parler de l'eau et de comment on vit quand on n'a rien. Il était même étonné que ça puisse m'intéresser. Il a fallu vraiment que je lui tire les vers du nez pour qu'il me raconte comment les choses se passaient parce que pour lui c'était normal, ce n'était pas la peine de le raconter. etCcedil;a a pris beaucoup de temps, mais je me suis rendue compte que c'était vraiment intéressant de savoir comment se déroulait la vie en Jamaïque à l'époque et dans les campagnes. Je l'ai encouragé à me raconter tout ça et après je n'avais plus qu'à regrouper tous ces bouts que j'avais eu en vrac pendant un repas ou une activité. J'ai rassemblé tout ça par centres d'intérêts et c'est ce qui est venu le plus naturellement. J'ai surtout essayé d'être fidèle à ce qu'il racontait.Quelle place Rastafari a-t-il dans votre vie personnelle ?Il y a des gens qui disent que je suis rasta, d'autres que je n'ai rien avoir avec rasta. Moi je m'en fiche un peu. J'ai été associée à ça parce que j'ai fait des recherches autour du mouvement, donc j'ai eu l'étiquette rasta. Ce n'est pas tellement le nom qui est important, c'est le fait de se retrouver dans telle ou telle idéologie. En ce moment, le mouvement rasta est l'une des rares idéologies qui regroupe plein de gens autour d'un mode d'action, d'un mode de vie qui arrangeraient setucirc;rement les choses dans ce monde. C'est setucirc;r que si tout le monde se mettait à vivre comme au Pinnacle, il n'y aurait plus de problèmes de pollution, pas de médicaments aussi nocifs etc. Tout ce qu'on peut faire c'est enrichir notre expérience, notre réflexion et en discuter.Il y a un long débat pour savoir qui a insufflé le mouvement Rastafari entre Marcus Garvey et Leonard Howell. Pour vous c'est Howell ?Le débat est au niveau de l'information. On a été très mal informés autant sur le web que sur les autres médias. C'est à ce niveau qu'on peut discuter parce que chacun trouve plus important qui il veut entre les deux. Moi je considère que sur le plan purement théorique, le plus important est Robert Athlyi Roger. C'est le fondateur de la pensée rasta. Chacun va choisir son précurseur. J'aimerais bien que l'on travaille sur d'autres penseurs du rastafarisme. Il y a le côté débat, chacun participe à l'édifice, notre édifice. Ces précurseurs étaient des gens sincères qui essayaient de trouver des solutions à une situation terrible qu'est la colonisation. Ils ont des visions parfois différentes mais notre but est la justice universelle. Moi ça ne me dérange pas qu'il y ait des débats, tant que les gens sont honnêtes et qu'il n'y a pas trop de désinformation.
reggae.fr | 21-sept.-2018 02:00

Groundation - The Next Generation
Après un été à avoir pu profiter des prestations du nouveau Groundation au Reggae Sun Ska ou au No Logo Festival, voici le moment de voir ce qu'il en est en studio avec leur neuvième album, The Next Generation. Pour ce nouvel effort, entouré d'un nouveau combo, Harrison Stafford a une fois de plus fait appel à l'ingénieur du son Jim Fox, un fidèle de la formation californienne. On découvre avec cet opus un reggae naviguant entre des improvisations jazzy, des percussions latinos et africaines, des notes de funk ou encore des sonorités de rock progressif auxquelles se mêle un discours conscient en phase avec les impératifs mondiaux.La nouvelle équipe de Stafford ne sort pas de nulle part ! Will Blades (orgue) a déjà joué avec de nombreux jazzmen comme Melvin Sparks, Idris Muhammed ou Joe Louis Walker. A la basse, le Jamaïcain Isaiah Palmer accompagnait régulièrement Freddie McGregor, Beres Hammond ou John Holt. Le tout jeune batteur Jake Shandling, aussi à l'aise en reggae, funk, rock ou jazz, a quant à lui grandi avec la musique de Groundation. Les choristes Brady Shammar et Aleca Smith sont à nouveau deux Jamaïcaines aux voix puissantes. Le génie brésilien Eduardo Gross se charge des guitares et côté instruments à vent, on retrouve Craig Berletti à la trompette et Roger Cox au saxophone.Les albums de Groundation ont toujours une manière assez particulière de débuter. Celui-ci s'ouvre sur une superposition de notes de trompette de plus en plus aigues avant de laisser place à des basses bien grasses et un son d'orgue en arrière fond pour lancer la chanson Vanity. La voix d'Harrison Stafford n'apparaît qu'au bout de 2 minutes 15 (!), comme pour laisser la place à ses nouveaux musiciens. One But Ten est un roots très senventies avec des refrains explosifs comme Groundation sait si bien le faire ; une envolée de six minutes avec des solos d'orgues et batterie hypnotiques. Le troisième morceau de l'album, New Life, est une invitation au voyage. Harrison nous livre un morceau mystique sublimé par les interventions de cuivres et de guitares. Warrior Blues nous emmène dans un univers plus ensoleillé avec des basses rondes, des cuivres suaves et les voix de velours des deux choristes. Un titre plein d'espoir sur lequel se niche un magnifique solo de trompette comme on en entend trop peu.Le titre Lion In Man, quant à lui, penche plus dans une soul new-yorkaise aux rythmiques de guitare implacables. Prophets et Profit offre un roots jazzy accompagné de percussions africaines. S'ensuivent Hero et Fossil Fuels, deux morceaux très jazz qui évoluent vers des refrains énergiques et plus dansants. My Shield dévoile un morceau envoetucirc;tant avec des boucles musicales entêtantes et des passages de guitare angéliques. L'avant-dernier titre, Try Me, est un sublime roots syncopé toujours accompagné de solos de saxophone et d'une basse cotonneuse. On finit ce nouvel opus qui s'engouffre décidément dans le jazz avec le morceau acoustique Father et Child aussi pur qu'un diamant.Particulièrement adressé aux générations futures, cet album à la fois optimiste et alarmiste explore plus que jamais des univers musicaux très différents du reggae. Harrison Stafford prouve qu'il est encore capable de s'entourer de brillants musiciens pour proposer une musique terriblement expérimentale. Difficile cependant d'apprécier pleinement The Next Generation dès la première écoute ; la complexité des morceaux parlera sans doute plus aux musiciens chevronnés qu'aux auditeurs lambdas. Tracklist :01. Vanity02. One But Ten03. New Life04. Warrior Blues05. Lion In Man06. Prophets et Profit07. Hero feat. Helio Bentes08. Fossil Fuels09. My Shield10. Try Me11. Father et Child
reggae.fr | 19-sept.-2018 02:00

DJ Vadim - Dubcatcher vol. 3 'Flames Up'
Big News ! DJ Vadim est de retour avec un nouvel opus complètement fyah ! Le DJ et producteur russe avait sorti en 2014 un très beau projet nommé Dubcatcher, qu'il avait prolongé en 2016 avec un deuxième volet gavé au son digital anglais et à la drum'n'bass. Aujourd'hui, il réitère avec un troisième volume, nommé Dubcatcher III, Flames Up. Une fois de plus, Vadim propose un album riche en collaborations avec des artistes venus de tous les horizons et des riddims très éclectiques.Pour la pochette, l'artiste russe nous emmène dans un monde de bande dessinée comme sur ses deux précédents albums. La cover laisse entrevoir un combat entre une sorte de dragon représentant Babylone et un super-héros qui résiste à ses attaques à l'aide d'un vinyle. Un visuel qui en dit long sur l'univers musical de Daddy Vad.L'opus s'ouvre sur le tune Dead 2 Us en compagnie de Mr Lexx sur un beat rub-a-dub digital qui prend par moment des aspects de dub destroyed. On enchaîne avec le morceau Nuff Years dévoilant en premier lieu un riddim roots dansant qui se mue en un dub énergique limite dubstep. Le titre, sur lequel se croisent de multiples univers, est porté par le flow sans chichi de Ras Demo. Claire Angel prend le relais pour poser sur Mi Gwarn, un dub électrisant sublimé par sa voix puissante.Arrive ensuite Yung N Powerfull, un riddim reggae rap avec des influences bass music sur lequel se relaient Bay-C (T.O.K.), Zumbi, Abstract Rude et Irah. Le titre Manipulators en collaboration avec Earl 16 est ensuite l'une des très grosses réussites de cet album. Une instru roots entrecoupée de passages dub accompagnés de la voix cristalline et envoetucirc;tante du Jamaïcain. Claire Angel revient nous enchanter avec sa voix sur le grandiloquent Party Hard aux vibes dancehall et hip-hop. Flames Up débarque comme un boulet de canon, avec ses sonorités roots électroniques qui s'envolent vers un univers dancehall. Les flows de Jman, Navigator, Inja, Galak Spiritual et Sr. Wilson font le reste du travail.Dj Vadim nous balance ensuite un riddim roots survitaminé sur lequel on retrouve les flows explosifs de Big Red, Sr Wilson et Jman. Free Ya Mind nous ramène sur un registre plus propre à Daddy Vad avec un tune drum'n'bass accompagné de la voix douce de Chyna Soulstar et du flow ravageur de Red Fox. Only Jah Knows contraste avec le reste de l'album grâce à ses sonorités plus roots. Raving, qu'on pourrait presque diffuser en club, sonne en revanche très dance avec un petit côté pop pas désagréable. The Father, porté par les voix de Serocee et Ucee est dans la même trempe qu'Only Jah Know, des sonorités roots modernes avec des touches de dancehall par moments. Jamalski nous fait quant à lui skanker sur le tune Nah Bad Boy Fe We, un rub-a-dub digital plutôt sombre.No Hype Man sonne comme une sorte de trap reggae, un beat nourri à la nitroglycérine sur lequel on retrouve Jman et Killa P. Résonne ensuite Talk to Me Propa, un beat rap massif et puissant. Rude Boy nous ramène dans un univers roots avec Lion D, Raphael et Syross. L'avant dernier tune, Ta Tell You, sur lequel pose Ras Demo, est un beat digital syncopé très dansant. Pour finir ce nouvel opus, Vadim a fait appel à l'artiste anglais Macka B pour un dub surpuissant une fois de plus teinté de hip-hop.Daddy Vad nous livre avec cet opus un album plus expérimental que le précédent mais tout aussi excellent. On retrouve une diversité assez impressionnante de sonorités et de voix. DJ Vadim se bonifie création après création, pourvu que ça dure !Tracklist :1. Dead 2 Us ft Mr Lexx 2. Nuff Years ft Ras Demo3. Mi Gwarn ft Claire Angel4. Yung n Powerful ft Bay C / Zumbi / Abstract rude/ Irah5. Manipulators ft Earl 166. Party Hard ft Claire Angel7. Flames Up ft Jman/ Navigator/ Inja / Galak Spiritual et Sr Wilson8. Corrupted ft Big Red / Sr wilson et Jman9. Free Ya Mind ft Red Fox/ Chyna Soulstar10. Only Jah Knows ft Ramon Judah et Parly B11. Raving ft Tenor Youtman / Jago/ Syross12. The Father ft Ucee/ Serocee13. Nah Bad Boy Fe We ft Jamalski14. No Hype Man ft Jman / Killa P15. Talk to Me Propa ft Suku (Ward 21)16. Rude Boy ft Lion D / Raphael/ Syross17. Ta Tell You ft Ras Demo18. Control U ft Macka B
reggae.fr | 17-sept.-2018 02:00

IetI - Un docu à la découverte des rastas
" Au départ je ne savais pas ce qu'était Rastafari, je savais que c'était des gens qui portaient des locks, qui fumaient des joints, mais pas beaucoup plus. Je chantais des chansons de Bob Marley sans vraiment en comprendre le sens et un jour j'ai rencontre un rasta, il m'a parlé d'Haïlé Sélassié, du créateur, de Marcus Garvey, de Babylone, (...) alors j'ai décidé d'aller a leur rencontre pour comprendre comment ils vivent, en quoi ils croient, ce qu'ils revendiquent, d'ou ils viennent. " Ce sont sur ces mots que débute le documentaire IetI. IetI c'est une de ces jolies découvertes que l'on aime faire sur la route des festivals, un documentaire sur la philosophie Rastafari que vous avez peut-être pu apprécier au Reggae Sun Ska, au Summer Vibration Festival ou au Rototom où il fut projeté cet été. La réalisatrice, Julie Hamiti, propose un film de 53 minutes, principalement constitué d'entretiens avec des rastas d'Afrique (Ethiopie, Ghana) et des Caraïbes (Jamaïque, Dominique, Martinique, Sainte Lucie). Ces interviews sont entrecoupés d'images d'archives (interview de Bob Marley, discours d'Haïlé Sélassié, extraits de journaux TV...) ainsi que d'explications schématisées sous forme d'animations très claires (sur le combat de Marcus Garvey par exemple) qui viennent illustrer à merveille les propos des intervenants. Se penchant d'abord sur les origines du mouvement, le documentaire explore par la suite un large éventail de sujets comme les relations entre Bible et Rastafari, l'oppression subie par les rastas, leur philosophie, leur vision du monde, de Babylone... nous aurons même droit à quelques cours de Yardie que vous n'êtes pas prêts d'oublier.IetI est un documentaire que l'on conseille à tous, il servira de parfaite découverte aux non initiés et offrira une formidable plongée dans la culture Rastafari à ceux qui la connaissent déjà ; nous on a adoré. Le film sera projeté le 27 septembre au Cinéma Le Pagnol à Aubagne, près de Marseille ; en attendant qu'il soit diffusé ailleurs en France espérons-le.www.facebook.com/IandIlefilm
reggae.fr | 10-sept.-2018 02:00

Ziggy Marley @ Elysée Montmartre
Le 30 juin dernier, Ziggy Marley fêtait la sortie de son nouvel album Rebellion Rises à Paris pour sa seule date française. Le fils de Bob était précédé par The Dubbeez dans la belle salle de l'Elysée Montmartre. Retour en images sur ce moment privilégié avec les photos de Philippe 'Da Best' Campos.
reggae.fr | 31-août-2018 02:00

Alpha Blondy - Human Race
Qui a dit qu'à 65 ans il était temps de prendre sa retraite ? Certainement pas Alpha Blondy ! Avec ses multiples expériences des studios et de la scène, et une quinzaine d'albums à son actif, le roi du reggae african n'est pas prêt de s'arrêter ! Bien au contraire, il nous propose de voyager à nouveau à ses côtés avec son nouveau projet intitulé Human Race.Dès le premier titre, Political Brouhaha, l'artiste nous emporte dans son univers à l'ambiance chaleureuse et dynamique grâce à des percus entraînantes et des cuivres puissants que l'on retrouve également sur les titres Kanou, Les païens (joli clin d'oeil à The Heathen de Bob Marley) ou encore Alphaman Redemption. Une belle touche de modernité se fait aussi sentir avec l'apport de sonorités digitales présentes sur le titre Human Race. Alpha maîtrise avec brio le reggae tout en apportant quelques notes de fraîcheur avec des influences plus rock grâce au son vibrant de la guitare électrique qui se fait entendre sur Nos hôpitaux et Whole Lotta Love, bel hommage à Led Zeppelin.Alpha Blondy nous a toujours habitués à jouer avec les ambiances ; il sait encore nous surprendre entre titres bouillants et morceaux pleins de douceur comme la belle reprise de Je suis venu te dire que je m'en vais (Gainsbourg) et Life où le son envoetucirc;tant de la fletucirc;te vient accompagner les paroles de l'artiste remerciant la vie d'être si belle et précieuse. Les choeurs, très présents, ajoutent à la chaleur et à l'esprit d'antan de l'opus.Côté textes, on retrouve encore et toujours la personnalité engagée et révoltée de l'Ivoirien qui n'a pas peur de prendre la plume pour dépeindre les travers du monde. Il les crie haut et fort et s'élève contre les " puissants " de ce monde. En français, en dioula et en anglais, le mythique chanteur souhaite bien se faire entendre de tous ! Human Race, un album rebelle ? Pas que ! Alpha Blondy sait aussi rester positif comme lorsqu'il chante la beauté du monde et de la vie en clamant " everyday is a celebration day " (Life).Human Race s'inscrit dans la continuité musicale des albums qui ont fait la renommée d'Alpha Blondy tout en restant unique par ses influences modernes, ses reprises inattendues et ses multiples facettes musicales allant du reggae à la soul jazzy en passant par le rock plus ou moins doux. Un beau voyage musical qui prouve que l'on peut encore compter sur Alpha Blondy, sa voix, sa musique et sa plume !Tracklist :01. Political Brouhaha02. Kanou feat. Fally Ipupa03. Life04. Alphaman Redemption feat. Angélique Kidjo05. Human Race06. Nos hôpitaux sont malades07. Les païens08. Cigarettes09. Whole Lotta Love10. Oté-fê feat. Youssou N'dour11. Je suis venu te dire que je m'en vais12. Black Hole
reggae.fr | 30-août-2018 02:00

Reggae Sun Ska 2018
Cette année, le Reggae Sun Ska subissait un énième changement de site. Survenue tardivement, l'annonce du départ du Campus Universitaire de Bordeaux en avait surpris plus d'un, mais les fans de la première heure se réjouissaient du retour du festival sur ses terres médocaines. Le Domaine de Nodris a bien vibré pendant trois jours sur la commune de Vertheuil. Avec une programmation très diversifiée moins chargée en têtes d'affiches, mais plus riche en découvertes, la 21ème édition de l'évènement a tenu ses promesses. On retiendra tout particulièrement la performance électrique de Jimmy Cliff, la tornade Naâman, le mysticisme de Samory I pour son premier grand festival français, le voyage proposé par Havana meets Kingston, l'énergie de The Selecter, les émotions véhiculées par Ken Boothe, la forte présence féminine avec Mo'Kalamity, Hollie Cook, Jah9, Alam ou Diana Rutherford, le feu mis par l'inattendu Demi Portion et enfin le grand retour de Groundation qui clôtura les trois jours comme il y a trois ans. Côté Dub Foundation, Legal Shot a assuré, résistant à la poussière et à la canicule et accueillant notamment une belle rencontre entre Sister Carol et Earl 16, les remixes fous d'Adrian Sherwood, les sélections dansantes de Channel One ou encore le DJ set à la fois classique et expérimental de Stand High Patrol. Le nouveau site a été validé par les artistes, le public et les organisateurs ; la chaleur, parfois insoutenable, n'aura gâché la fête à personne (merci à l'espace village où l'on pouvait profiter des stands, concerts, sound systems et projections sous une ombre bienvenue). Défi relevé pour le Sun Ska qui semble vouloir s'installer définitivement sur le Domaine de Nodris ! Retour en images sur trois jours de musique grâce aux clichés de Ninon Duret.JOUR 1Hollie Cook New Kingston Jimmy Cliff I Woks SOJA Mellow Mood JOUR 2Projection de Reggae Ambassadors 100% Reggae Français Kaya Natural Sound System Alam The Rezident (MC) Les 100 Grammes de Têtes Legal Shot Sound System Guiding Star The Selecter Jah9 Toure Kunda Sister Carol et Earl 16 Chinese Man Mo'Kalamity JOUR 3 Havana Meets Kingston Diana Rutherford Ken Boothe Samory I Naâman Pierpoljak Groundation www.ninonduret.com
reggae.fr | 29-août-2018 02:00

King Alpha et Fikir Amlak - Some Dread
En Janvier dernier King Alpha et Fikir Amlak avaient régalé les dub addicts en sortant l'album Key to the Universe dont on a pu entendre plusieurs extraits joués par des sound systems comme Iration Steppas et bien d'autres. Le duo d'hyperactif avait récidivé quelques mois plus tard avec Axum, un second album toujours aussi efficace, avant de nous offrir en mai dernier le dernier épisode de cette trilogie: Some Dread. Toujours produit sur le label basé à Atlanta - Akashic Records - ce troisième opus s'inscrit dans la lignée des deux précédents, nous plongeant dans un univers mystique que les habitués des productions de King Alpha connaissent bien. etCcedil;a démarre assez tranquillement avec Some Dread, un riddim à la basse profonde sur lequel le flow tranchant de Fikir Amlak se colle à merveille. On s'enfonce encore un peu plus dans ce style si propre à King Alpha mêlant stepper et mélodies méditatives avec des titres comme I See Dem ou encore Ras Up et son riddim infernal sublimé par les couplets entêtants du chanteur de Californie. Posé comme une interlude au milieu de cet album, Serious Ras se démarque de par son instrumentale minimaliste et épurée toute en basse et en percussions sur laquelle Fikir Amlak adopte lui aussi un flow différent, nous évoquant des chants religieux. On se réoriente rapidement vers du gros stepper ensorcelant et beaucoup plus dansant avec Copy Cat ou encore Raggamufin, avant que l'énorme Fassy ne vienne conclure parfaitement cet album.etlt;a href="http://iroots.bandcamp.com/album/fikir-amlak-king-alpha-some-dread" mce_href="http://iroots.bandcamp.com/album/fikir-amlak-king-alpha-some-dread"etgt;Fikir Amlak etamp;amp; King Alpha - SOME DREAD by Fikir Amlak, King Alpha, Akashic Recordsetlt;/aetgt; Comme tout au long de ces trois albums, chaque morceau a droit a sa version dub, et même si toutes ont été plus soignées les unes que les autres, c'est Ras Dub et son ambiance dark, truffées d'échos et de sonorités métalliques qui aura le plus attiré notre attention.Some Dread est déjà le troisième chapitre d'une collaboration qui ne pouvait que fonctionner quand on sait à quel point chacun de ces deux artistes est habité par sa musique. Une série d'albums qu'on recommande vivement aux amateurs de stepper et qui risque fort de tourner encore longtemps sur nos platines. Some Dread, produit sur le label Akashic Records est disponible en cd ou digital sur le Bandcamp de Iroots records ou sur Control Tower.Tracklist : Some Dread Some DubI See Dem I See DubRas Up Ras Dub Serious Ras Serious Dub Copycat Copy DubRaggamufinRagga DubFassy Fassy Dub
reggae.fr | 25-août-2018 02:00

20 ans Reggae.fr @ Zion Garden
Pour fêter nos 20 ans nous avons décidé de mettre les petits plats dans les grands. L'équipe de Reggae.fr en collaboration avec le Zion Graden a organisé une soirée mémorable devant plus de 4200 personnes réunies à Bagnols sur Cèze le 25 juillet dernier. Pour commencer la soirée, une pléiade de DJs aussi bons les uns que les autres se sont succédés : Renegade Syd, The Rezident, Ely Jah puis Ju Lion du Conquering Sound. Papa Style et Naâman ouvrait ensuite le bal des artistes en configuration sound system avant que le backing-band marseillais Dub Akom ne rentre en scène pour accompagner Mike et Riké (Sinsémilia), Pierpoljak, Straïka D et Yaniss Odua. Pour terminer cette soirée, tous les artistes se sont rejoints sur scène pour poser un couplet et fêter comme il se doit les vingt ans de Reggae.fr. Une soirée complètement mad à revivre en photos et très bientôt en vidéo sur votre site préféré.
reggae.fr | 08-août-2018 02:00

Bagnols Reggae Festival 2018
Après plus de trois ans de silence, le Parc Arthur Rimbaud de Bagnols sur Cèze a de nouveau résonné au son de notre musique préférée le week-end dernier. Le Bagnols Reggae Festival s'est déroulé avec succès, offrant des moments d'émotions musicales assez incroyables. Retour sur trois jours de chaleur et de good vibes intenses...JOUR 1 Pour l'ouverture du festival, le soleil est au rendez-vous, tout comme les festivaliers qui attendent patiemment l'ouverture des lieux devant la grille. C'est l'artiste français Max Livio qui ouvre le bal pour cette première journée. Malgré un public peu nombreux, Max nous offre un concert puissant et poétique avant de laisser la place aux Viceroys. L'espace Dub Club, sonnorisé par les 24 scoops de Blackboard Jungle (rien que ça!), débute le festival avec un set énergique de Roots Attack et Joseph Cotton qui se mêle au public comme à son habitude.Amputés d'un membre, les Viceroys ne se laissent pas démonter malgré l'absence de Wesley Tinglin, auteur de toutes les paroles du trio. Neville Ingram assure le lead vocal comme à son habitude et Michael Gabbidon se charge des choeurs. Les deux légendes déroulent les uns après les autres leurs classiques : Heart Made of Stone, Love Jah, So Many Problems ou l'indémodable Yaho qui clôture le concert.Misty In Roots prend ensuite la relève. Le groupe anglais livre un concert mystique avec un son planant accompagné de la voix cristalline de son chanteur Poko. La formation plonge l'assistance dans une transe musicale avec des titres comme True Rats ou Cover Up issus de leur dernier album Roots Controller et des morceaux plus anciens comme Poor et Needy et How Long Jah. Dub Judah, habitué à jouer sur scène avec les Twinkle Brothers, ravie les amateurs de roots côté sound system. Entre sélections pointues, interventions vocales et improvisations au mélodica, le vétéran anglais livre une prestation inédite comme on en voit rarement avant que Soom T n'électrise la place de son fast style terriblement efficace posé sur les sélections de Kunta du sound Zion High Foundation.Jimmy Cliff, l'un des artistes les plus attendus du week-end, fait son entrée sur scène. La foule se fait dense pour accueillir cette légende vivante. Vêtu d'une tunique noire et brodée accompagnée d'un chapeau assorti, Cliff démarre son show avec un titre nyabinghi avant de laisser place à une énergie débordante, d'une profondeur musicale assez impressionnante en partie grâce à la qualité du band qui l'accompagne. Il déroule ses hits tels que Hakuna Matata, The Harder They Come, Reggae Night, Many Rivers to Cross et bien setucirc;r l'immense You Can Get It If You Really Want. Un concert mémorable de presque deux heures ! Pour clôturer la soirée sur la grande scène, c'est le très talentueux Anthony B., artiste phare de la scène new roots, qui est appelé. Il fait son entrée sur l'énorme Higher Meditation qui nous met directement dans l'ambiance. Fidèle à sa réputation, Anthony B. livre un show enflammé, voire électrisant. L'artiste jamaïcain éclipse ses plus gros tubes pour se concentrer sur son répertoire plus récent. On a tout de même droit à Damage, World A Reggae Music et le tube Police. Malgré un band pas vraiment à la hauteur, Anthony B. fait preuve d'énergie et fait même monter des enfants sur scène à la fin de son set terminé par un joli One Love de circonstance pendant que Blackboard Jungle s'en donne à coeur joie avec Earl Sixteen et Nish Wadada de l'autre côté du Parc Arthur Rimbaud.JOUR 2Avant de profiter des concerts, on pouvait faire un petit tour par la Cave Mallet en centre-ville qui accueillait une sublime expo de l'artiste Fluoman. Son fils, Elijah, fait office de guide au milieu des oeuvres colorées de l'artiste qui réagissent à la lumière noire, dévoilant parfois des détails imperceptibles comme la fumée du chalice de Joseph Hill ou les rides de Big Youth...Dans le parc, c'est Joe Pilgrim qui ouvre le bal avec ses Ligerians devant un public malheureusement très peu nombreux. L'alchimie est parfaite entre Joe Pilgrim et The Ligerians qui nous livrent un concert magnifique. Puis, changement de registre avec Skarra Mucci accompagné du backing-band marseillais Dub Akom. Le Jamaïcain nous offre un show explosif durant lequel il navigue entre reggae, rub-a-dub, dancehall et même hip-hop. Il passe évidemment en revue tous ses hits tels que Movie Star, My Sound ou le plus récent Dreader Than Dread. Le public est complètement électrisé par ce show, que Skarra finit trempé de la tête au pied. Après le warm-up de Blackboard, le vétéran nantais Ras Abubakar s'installe avec sa team de Zion Gate au sound system. Le chanteur guyanais Ras McBean est avec eux et se pose sur des versions particulièrement roots alors que la Cap-Verdienne ride les sélections de Blackboard Jungle avant que le maître absolu Jah Shaka ne rende la place complètement mystique.La légende du rocksteady Ken Boothe vient ensuite sur scène pour régaler nos oreilles de sa voix mielleuse et suave. Mister Ken Boothe arrive tout de blanc vêtu, toujours aussi charismatique. Son show n'a pas beaucoup changé depuis quelques années mais c'est toujours un plaisir immense de pouvoir écouter ce Pape de la musique jamaïcaine. Comme à son habitude, il rentre sur Do The Rocksteady et enchaîne avec ses titres les plus connus Artibella, When I Fall in Love, Set Me Free, Silver Words, Everything I Own et bien d'autres. C'est toujours une déchirure la fin d'un concert de Ken Boothe, on aimerait que cela dure à l'infini. Place ensuite aux femmes pour cette fin de soirée ! Jah9 débarque d'abord avec The Dub Treatment et dès le début du concert, on sent que la chanteuse a (enfin) trouvé son groupe ! La collaboration est efficace et Jah9 ne manque évidemment pas de nous jouer ses classiques New Name, Avocado ou Humble Mi. Vient ensuite le moment que tout le monde attend. Une atmosphère spéciale commence à s'installer dans le parc Arthur Rimbaud en ce soir d'éclipse lunaire. Dezarie, la chanteuse des etIcirc;les Vierges vient ce soir faire sa première et unique date en Europe sur la scène du Bagnols Reggae Festival. C'est devant une foule surexcitée que Dezarie fait son entrée sur scène. Dès les premières notes du premier morceau Hail Jah jouées au pinao par le bassiste Ron Benjamin, la chanteuse crée une ambiance très mystique avec sa voix puissante et cristaline. C'est réellement un moment de magie musicale que nous sommes en train de vivre rythmé par les tubes Gracious Mama Africa, Gone Down ou Strenghten Your Mind. Le groupe laisse une grande place à l'improvisation ce qui provoque de longues parties instrumentales très agréables. Au bout de près de deux heures de concert et après un rappel devant une foule plutôt dispersée ce concert historique prend fin. JOUR 3Pour ce dernier jour, le festival off accueille notre équipe pour la diffusion du film Reggae Ambassadors, La légende du reggae à la médiathèque. Une fois encore, la ville entière de Bagnols sur Cèze joue le jeu pour vibrer aux couleurs rouge jaune vert une semaine toute entière. Les concerts commencent quant à eux avec Marcus Gad. L'artiste de Nouvelle-Calédonie est le premier à ouvrir devant autant de monde. En effet en ce samedi les spectateurs ont répondu présents à l'appel dès l'ouverture du festival. Marcus Gad nous présente son dernier album Chanting et déroule un show rempli de spiritualité devant un public très réceptif. C'est ensuite au tour de l'artiste sud-africaine Nkulee Dube qui n'est autre que la fille du grand Lucky Dube. Entre reprises de son illustre paternel et titres de son propre répertoire, c'est une réelle découverte pour nous !Côté Dub Club, Nucleus Roots est venu avec une véritable dream-team de MCs : Simon Dan, UK Principal et Ossie Gad, le chanteur des mythiques Natural Ites, auteurs du tube Picture on the Wall. Ils jouent en même temps qu'une autre légende du reggae, jamaïcaine cette fois : Ijahman Levi. Backé par le même band que les Viceroys, Ijahman entame son set sur le puissant Africa après des problèmes techniques qui retardent son entrée sur scène. Qu'à cela ne tienne, le chanteur poursuit avec ses plus grands succès comme Mandela, Are We A Warrior et bien setucirc;r l'incroyable Heavy Load. Malgré ses 72 ans, l'artiste jamaïcain nous livre un show de près d'une heure et demie réussi. Une fois la nuit tombée, c'est le producteur français Weeding Dub qui prend le contrôle du Dub Club. Particulièrement en vogue en ce moment, il s'affère sur sa console pour un live-set steppa qui soulève la poussière. Le point d'orgue de sa prestation reste bien setucirc;r l'énorme Gypsy Dub qui impressionne même la légende Aba Shanti I qui lui succède à la control tower.Autre légende, Alpha Blondy est sans doute celui que le public attend le plus de tout le week-end. On sent que la foule est là pour lui en ce soir le plus chargé du festival. Après son immanquable prière "L'éternel est mon berger", il enchaîne comme à son habitude sur son tube Jerusalem. Même si son set ne change que très peu, l'énergie d'Alpha fait plaisir à voir. Les hits Sweet Fanta Diallo et Cocody Rock sont repris en choeur par le public plus qu'enchanté de retrouver la star ivoirienne.Pour finir ces trois superbes jours de musique et de good vibes, on accueille l'un des fils de Bob : Julian Marley. Il commence son show avec une reprise de Positive Vibration et enchaîne avec Sharp As A Razor paru sur son album Awake. Julian ne manque pas de naviguer entre ses propres créations et celles de son père pour un show plutôt classique mais qui clôture parfaitement trois jours explosifs.
reggae.fr | 01-août-2018 02:00

Israel Vibration et Gladiators @ Paris
Deux groupes de légende partageaient la même scène le 29 juin dernier à Paris. Israel Vibration et les Gladiators étaient en effet rassemblés à La Cigale devant un public acquis à leur cause. Accompagnés des Roots Radics, Skelly et Wiss ont déroulé tranquillement les hits d'Israel Vibration, de Vultures à The Same Song en passant par Cool and Calm, tandis que les Gladiators fêtaient le retour d'Al Griffiths, le fils d'Albert Griffiths, au chant pour interpréter les classiques Stick A Bush, Hello Carol et les autres. Retour en images avec les clichés de Philippe 'Da Best' Campos.Israel Vibration The Gladiators
reggae.fr | 23-juil.-2018 02:00

Alborosie Jahneration et Massilia @Vaison
Le 15 juin dernier, le sublime Théâtre Antique de Vaison la Romaine accueillait une soirée atypique. Jahneration, Massilia Sound System et Alborosie, voilà un line-up de prime abord pas tout à fait raccord qui aura finalement mis tout le monde d'accord. Le reggae hip-hop nouvelle génération de Jahneration ouvrait le bal avec l'énergie débordante de Théo et Ogach avant que Massilia Sound System ne mette véritablement le oaï dans le site historique. Papet J, Gari et leur bande nous ont offert un show comme on les aime dans le sud au son des cigales, à la lumière des fumigènes et un verre de pastis à la main ! Alborosie s'est ensuite chargé de clôturer la soirée avec une prestation solide comme à son habitude couronnée par un passage ska de haut vol. Seul bémol, l'Italien n'a pas eu le temps de nous présenter les titres de son nouvel album Unbreakable, pressé par l'organisation suite à un retard important. Conquering Sound s'est chargé de lier tout ça en jouant pendant les interplateaux et en maintenant le faya, faisant de cette soirée une réussite grâce à son caractère intergénérationnel, tant dans le public que sur scène. Retour en photos avec les clichés de Ninon Duret.Jahneration Conquering Sound Massilia Sound System Alborosie www.ninonduret.com
reggae.fr | 16-juil.-2018 02:00

Polino - Interview Stand Tall
Stand Tall Sound a participé à écrire l'histoire du mouvement sound system en France. Né des cendres du célèbre High Fight International en 1993, le sound a compté parmi ses rangs les plus grands artistes francophones (de Nuttea à Raggasonic en passant par Janik et Féfé Typical) et ses soirées faisaient partie des plus réputées dans les années 90. Moins actif en danse aujourd'hui, le selector Polino continue d'assouvir sa passion en animant une belle émission tous les lundis sur la webradio Reggae.fr. Rencontre avec l'un des selectors les plus influents de l'Hexagone.Reggae.fr : Stand Tall fait partie des sounds incontournables de l'histoire du reggae français et il est issu d'un autre sound incontournable, High Fight International. Peux-tu nous raconter la transition entre les deux aventures ?Polino : Quand Tonton David, pris par son succès en major, nous a clairement fait comprendre que High Fight n'était plus sa priorité à cause de son rythme de vie entre tournées, répétitions et promotion, on a vu la fin arriver. Comme David était une personnalité forte du sound et qu'il avait investi pas mal dans le matériel sono et studio, le nom High Fight a été utilisé comme crédit sur certains de ses titres et est devenu une sorte de marque associée à lui. Donc continuer High Fight sans Tonton ce n'était pas possible.Que sont devenus les dubplates d'High Fight et les membres de l'équipe ?Les dubplates sont toujours chez moi bien au chaud, encore aujourd'hui (rires). Pour ce qui est de l'équipe, on a tous continué sans David en créant Stand Tall. Depuis, Don Lickshot est décédé d'un fucking cancer (REP). Les autres vous les connaissez, ils sont encore là, Nuttea, Féfé Typical et Tip Top l'opérateur. Comme on avait une expérience solide, ça n'a pas été compliqué de monter un nouveau sound. Et à l'époque, on s'est attachés à recruter des gars qui avaient aussi de l'expérience. On avait la dream-team des sounds français !Comme Selecta K-Za par exemple ?Oui effectivement. Il était en formation chez nous. On avait une émission de radio sur Générations FM où je l'avais intégré. Mais après l'interruption de l'émission au bout de deux ans par la direction de la radio, il a négocié un nouveau créneau pour lui à la rentrée suivante et il a quitté Stand Tall.Stand Tall était-il équipé de sa propre sono ?Non. High Fight avait sa sono achetée grâce au succès de Tonton David. etCcedil;a nous a permis de nous rendre compte qu'une sono perso n'était pas si utile que ça. etCcedil;a demandait obligatoirement un lieu de stockage, du matériel et il fallait de toutes manières louer un camion à chaque déplacement sans parler du poids des boxes et des amplis qu'il fallait porter avant la soirée et surtout après à six ou sept heures du matin jusqu'au local, heure à laquelle peu de candidats étaient présents (rires). On a donc préféré louer le matériel pour nos soirées. etCcedil;a demandait beaucoup moins de logistique.Quel genre de matériel louiez-vous ?La location nous a permis de jouer sur des top systèmes (Christian Hell, Martin Audio, Turbosound...) avec le top des consoles (Midas, Soundcraft, Tac...) et les périphériques et compresseurs qui vont avec. Je ne m'étale pas trop sur tout le matos car c'est la signature du son Stand Tall et c'est personnel.Que penses-tu du débat sono/pas sono ?Chacun fait comme il veut, et surtout comme il peut. Ce qui compte c'est que le résultat soit de qualité, en location ou en home-made. C'est d'ailleurs je pense, une des raisons qui freine le mouvement sound en France : des soirées sound system sans cette fameuse sono qui donne une atmosphère unique à la soirée que tu ne retrouves nulle part ailleurs. Une vraie bonne sono, c'est la base !La culture sound system a commencé à se développer en France par les sounds rub-a-dub puis juggling. Aujourd'hui, on assiste à une montée en puissance des sound systems UK/Dub avec des grosses sonos artisanales. Comment vois-tu cette évolution ?J'ai l'impression que la scène dub a récupéré pas mal du public des rave-parties (arrêtées par les autorités car souvent illégales) où il y avait du gros son également, avec un coté " kangourou hypnotique ". Ce n'est plus un public reggae à 100 %. Moi ça me fait bizarre, je n'ai pas l'habitude .Penses-tu que l'ambiance raggamuffin des années 90 reviendra au goetucirc;t du jour ?etCcedil;a me parait difficile vu les conditions de nos jours, je parle encore une fois de la sono. "Une vraie bonne sono, c'est la base !" Stand Tall a detucirc; faire face à l'éloignement des MCs du milieu des sound systems lorsque les artistes reggae ont commencé à signer en major au milieu des années 90. Comment as-tu abordé ce tournant en tant que selector ?Nuttea était déjà signé en major depuis High Fight, mais c'est vrai que des gars comme Raggasonic se sont un peu éloignés des sounds après leur succès. Avoir des artistes disques d'or dans sa team, c'était plutôt une récompense pour nous, même si ça les rendait moins disponibles c'est vrai. On ne peut pas tout avoir !En as-tu voulu à certains artistes ?Non car j'avais déjà connu ça avec High Fight, donc pas de surprise !Le clash entre Daddy Yod et Nuttea en 1993 a alimenté bien des débats, aujourd'hui encore. Peux-tu nous donner ta version de la soirée ?J'étais le selector de Ghetto Youth Progress Sound qui accompagnait Nuttea. Yod était avec Ragga Dub Force. Il y a d'abord eu le clash Mr Lézard VS Azrock (REP) où Lézard partait avec l'avantage des paroles, mais AZR, avec son expérience de soundman a retourné la chose à son avantage et a gagné ce premier clash. Quant à Yod et Nuttea... Nuttea avait un petit avantage sur les textes et il était plus technique et plus moderne dans le style. Avantage qui s'est réduit lors de la confrontation jusqu'à ce que Yod dérape un peu niveau paroles et là Nuttea a pris le dessus jusqu'à la fin et il a logiquement gagné ce clash devenu mythique.Même si vous n'êtes plus aussi actifs et visibles que dans les années 90/début 2000, Stand Tall existe toujours. Quelle est l'équipe actuelle ?J'ai quitté Paris pour le sud de la France (Toulouse) il y a environ sept ans. Mais je suis toujours le selector et Tip Top, l'opérateur du sound, est resté à Paris ; ce qui rend impossible de jouer ensemble en général. La dernière date qu'on a faite ensemble c'était l'hommage à Don Lickshot organisé par Féfé Typical à Paris en 2012. On a aussi subi le même changement qu'en Jamaïque où les sounds ont perdu leurs crews de DJ's et chanteurs. Les artistes sont devenus des ''mercenaires'' qui passent de sound en sound selon la demande, ce qui est une conséquence directe de leur succès grandissant. Moi je suis de la génération où le selector ne parlait pas au micro, donc je garde cette vieille tradition, sauf en clash (rires). Aujourd'hui les selectors sont devenus des ''samplers'' pour certains et d'autres parlent plus que la musique, on dirait des VRP.Recrutez-vous encore des membres ?On n'a jamais vraiment recruté en fait. Les gens venaient d'eux-mêmes nous solliciter. Le dernier en date à nous avoir rejoints c'est Iko Tuff. J'ai réalisé un street album pour lui (Stand Tall play Iko Tuff), mais malheureusement on n'a toujours pas eu l'occasion de jouer ensemble en live à cause de la distance et des conditions pour jouer.Quelles sont vos activités actuelles ?On a une émission de radio hebdomadaire partagée avec Bam Salute sur campus FM Toulouse avec rediffusion sur Reggae.fr, et des soirées mais rarement sur des grosses sonos malheureusement.Regrettes-tu " la grande époque " des sound systems ?Ce que je regrette ce sont les conditions sound system : encore une fois la fameuse sono.L'identité du sound est-elle toujours la même aujourd'hui ?Je pense que oui, c'est toujours le même selector depuis le début (rires). Je joue toujours en vinyles essentiellement pour des questions de qualité, mais il y a de moins en moins de sorties vinyles depuis l'arrivé du mp3. J'ai déjà joué en mp3 au début des années 2000 en sound, mais j'ai laissé tomber, en plus le dancehall moderne m'attire de moins en moins. Pour moi c'est trop inspiré par le rap US commercial. A l'époque, on était toujours au top niveau nouveautés (disques) depuis 1993. Maintenant beaucoup moins forcément (rires). Donc j'explore plus en arrière dans le temps dans les titres qui m'ont fait découvrir le sound system. Forcément c'est plus 80's rub-a-dub ou early digital, des titres que souvent je connaissais déjà, mais que je n'avais jamais joué auparavant. C'est comme des nouveautés pour moi.Cuttez-vous toujours des dubplates ?Occasionnellement. On n'a jamais payé pour des dubs français. Les artistes étaient fiers d'être joués par Stand Tall. Mais finalement, on n'a pas tellement de dubs français car tu pouvais entendre nos artistes et des invités en live dans nos soirées. Les dernier cuts français que j'ai faits c'était avec Tiwony, en échange de la mixtape que j'ai réalisée pour lui (Pliss Roots) fier lui aussi de poser pour Stand Tall, le sound de son mentor Féfé Typical. J'ai cutté peu de Jamaïcains ces dernières années, uniquement des connexions que j'ai faites en direct avec l'artiste quand celui-ci était raisonnable niveau tarif, ce qui devient très rare avec des noms connus.Comment avez-vous évolué dans l'enregistrement des dubplates ? On a généralement enregistré les dubs dans notre studio depuis le début, que ce soit des artistes jamaïcains ou français. On recherche des conditions vocales comme pour un single (mais avec moins de temps forcément). Si l'artiste galère (trop de drops), il y a peu de chance que le dubplate aboutisse. On a compris que la motivation autre que financière de l'artiste était un plus pour la qualité des dubplates, donc rencontrer et échanger avec l'artiste est très important.Cuttez-vous des dubplates par correspondance ?Il m'est arrivé d'en faire mais avec des contacts solides. Généralement l'artiste lui-même ou quelqu'un de très proche. Mais je préfère être présent. Je suis du genre à couper sec l'enregistrement lorsque ça ne me plaît pas.Cuttez-vous toujours des dubplates de clash ?Depuis la rencontre contre les Italiens de One Love en 2001, j'ai compris que le clash de haut niveau était une affaire de gros sous, donc j'évite de plus en plus les textes clash puisqu'on ne prévoit plus de participer à des clashes. Si je pars en clash, c'est pour finir sur le podium européen au minimum ! Et je n'ai pas les moyens. Mais si un clash de 45T se prépare, je suis partant !Y a-t-il un sound contre lequel tu aimerais clasher ?Je ne crois pas. Il y avait Blues Party avec Nono qui nous provoquait régulièrement vers 1994 devant les boutiques de disques comme Blue Moon. Il nous chambrait : " alors les clasheurs quand est-ce qu'on clash ensemble ? " (Nono voice). Mais nous avions d'autres priorités à ce moment-là. Heureusement pour eux d'ailleurs car une défaite à cette époque aurait freiné le parcours de clash qu'ils ont eu par la suite je pense. Depuis la chose est faite mais sans Nono malheureusement (REP) en 2013. Et on a gagné !Les dubplates clash ont-ils un sens pour toi dans une danse régulière ?Disons que le dubplate pour moi fait partie de l'identité du sound. Donc oui mais pas avec des paroles clash toute la soirée. Juste un segment parce que le clash fait partie de la culture, sinon je trouve ça ridicule. C'est comme si tu clashais un sound invisible.Que représente la culture clash pour toi ?C'est une culture qui fait partie du sound system depuis toujours, la forme a juste changé au fil du temps. Ces titres personnalisés n'existent qu'en reggae. etAgrave; la base c'est pour attirer plus de public, une concurrence positive qui fait progresser tout le monde, mais qui peut dégénérer parfois comme dans le sport, c'est humain. C'est pour ça que je kiffe les 45Ts sur le thème du sound.Quel est ton meilleur souvenir en clash ?La rencontre avec One Love en Italie. C'était notre premier clash bien payé et à l'étranger en plus !Ton pire souvenir en clash ?C'était aussi One Love parce qu'on a bien perdu, même si l'expérience était enrichissante.Quels sont les sounds internationaux qui t'inspirent le plus et pourquoi ?Stur Gav c'est pour moi l'école des sounds et Jaro l'école bis. Jammy's est aussi une référence pour l'ensemble label/riddims/sono et crew d'artistes. Il y a aussi Stone Love, les boss du juggling avec Rory, un selector légendaire, certainement le plus grand. Et enfin Silverhawk, le sound de Steely (REP), un wicked sound avec ses fameuses intros de dubplates. Toute une époque !Aujourd'hui, selon toi, qui est le sound Netdeg;1 dans le monde ?Choix difficile : Rodigan, Downbeat, Mighty Crown, Jaro ? Il faudrait organiser un clash entre les quatre pour savoir qui est le meilleur.Et en France ?Je ne suis plus trop les sounds français depuis Toulouse, même si avant non plus (rires). Sans trop réfléchir je dirais Soul Stereo à cause de leur box.Quels sont tes trois dubplates favoris ?Je vais en donner cinq ! Buju Banton : Destiny, Cornell Campbell : Watch this Sound, The Heptones (Barry Llewellyn ) : Fight to the Top, Earl Sixteen : Love is a Feeling et Nuttea : Compétition.Tes trois riddims favoris ?Le Real Rock qui a enrichi Studio One, le Sleng Teng qui a fait passer Jammy de Prince à King et le Darker Shade of Black, superbe adaptation des Beatles par Jackie Mittoo, le maître.Quel est LE dubplate qui manque à votre box et que vous ne pourrez jamais avoir ?Dennis Brown. Lequel je ne sais pas, il y en a tellement !Des projets ?Maintenant que tu me poses la question, je vais réfléchir à quelle pierre de plus je pourrais apporter à l'édifice... si c'est possible.
reggae.fr | 12-juil.-2018 02:00

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