union-europeenne

Actualité

Brexit : l’Union en ordre de bataille

Il n’a pas fallu plus de 4 minutes pour que les vingt-sept chefs d’État et de gouvernement adoptent à l’unanimité les « orientations » des négociations du Brexit que le Français Michel Barnier est chargé de mener à bon port du côté européen. Réunis samedi à Bruxelles, sans la Grande-Bretagne bien sûr, lors d’un conseil européen extraordinaire, les Vingt-sept ont confirmé leur détermination à rester uni afin de ne pas permettre à Londres de jouer sur d’éventuelles divisions entre les États membres pour obtenir un accord qui lui soit favorable. « Il n’y a pas eu de négociations entre les Vingt-sept », a confirmé François Hollande, pour son dernier sommet européen : « la négociation, elle est entre l’Union et le Royaume-Uni », négociation au cours de laquelle « l’Europe saura défendre ses intérêts ».

Cette unité, qui ne s’est pas démentie depuis le référendum du 23 juin 2016, a désarçonné Theresa May, la Première ministre britannique, qui a accusé, jeudi, les Vingt-sept de « s’unir contre son pays » : « les négociations vont être difficiles », a-t-elle prévenu. Les Britanniques, après leur orgie souverainiste de l’année dernière, commencent d’ailleurs à en prendre conscience : face au ralentissement économique qui se confirme, ils sont désormais une majorité, selon un sondage publié par le Times, jeudi, à regretter leur choix, une première (45 % contre 43 %). Surtout, 39 % contre 28 % pensent que leur pays sera dans une moins bonne situation économique hors de l’UE et 36 % contre 19 % estiment qu’il aura moins d’influence dans le monde…

De fait, « il n’y aura pas de Brexit gratuit : quand on prend une décision, il faut en assumer les conséquences », a souligné le Premier ministre belge, Charles Michel. En clair, il n’est pas question « qu’un pays non membre de l’Union, qui n’a pas à respecter les mêmes obligations qu’un État membre (puisse) avoir les mêmes droits et bénéficier des mêmes avantages qu’un État membre », comme le martèle le texte du Conseil européen. « Peut-être pensez-vous que tout ceci est évident », mais « j’ai le sentiment que certains en Grande-Bretagne se font encore des illusions à ce sujet », a ironisé devant le Bundestag, jeudi, Angela Merkel, la chancelière allemande. Ce n’est pas un hasard s’il a fallu 9 mois à Londres avant d’activer, le 29 mars dernier, l’article 50 du traité européen qui enclenche la procédure de sortie de l’Union. Et, encore aujourd’hui, on ne sait pas exactement ce qu’espère obtenir Londres.

Du côté européen, la position est d’une clarté cristalline. Le Royaume-Uni n’aura pas accès au marché unique – notamment pour ses banques - puisqu’il refuse d’appliquer l’une des quatre libertés, la libre circulation des personnes. Au mieux, elle ne peut donc qu’espérer un accord de libre-échange qui sera négocié après sa sortie effective, le 29 mars 2019 à minuit, qu’il y ait ou non un accord sur les conditions de son départ (une hypothèse envisagée froidement par les Vingt-sept). Londres qui espérait mener de front les deux négociations en est pour ses frais, même s’il est entendu qu’il faudra se mettre d’accord avant sa sortie effective sur « une conception d’ensemble » du « cadre des relations futures ». Mais ce futur accord commercial, préviennent les Vingt-sept, devra assurer des « conditions équitables » en matière de concurrence et d’aides d’État et « comprendre des garanties contre des avantages compétitifs indus du fait, notamment, de mesures et de pratiques fiscales, sociales, environnementales et réglementaires ». Autrement dit, si Londres compte se transformer en plate-forme offshore, il n’y aura aucun accord de libre-échange…

La négociation se déroulera en plusieurs phases. Les Vingt-sept veulent prioritairement régler trois dossiers. D’abord, la protection des droits des trois millions de citoyens européens résidant actuellement en Grande-Bretagne, ceux-ci ne pouvant servir de monnaie d’échange comme le voudraient les durs du gouvernement de Theresa May. Ensuite le règlement financier, Londres devant honorer l’ensemble des engagements qu’elle a contracté dans le cadre de la programmation budgétaire européenne qui s’étale bien au-delà de 2019 (par exemple la retraite de ses fonctionnaires et députés européens). Aucun chiffre n’a été officiellement avancé, mais l’estimation la plus couramment avancée est de 60 milliards d’euros. Une facture salée que la Grande-Bretagne n’entend pas honorer, ce qui risque de faire capoter les négociations et donner lieu à un contentieux international dont elle ne sortira pas vainqueur. Enfin, il faut trouver une solution pour ne pas rétablir une frontière physique entre les deux Irlande afin de ne pas faire capoter l’accord de paix de 1998.

C’est seulement ensuite que les autres dossiers particulièrement complexes, puisqu’il faut rompre les liens entre le droit européen et le droit britannique sans que les entreprises n’en souffrent trop, seront abordés, en particulier l’avenir des relations entre les deux rives de la Manche. En attendant, l’Union rappelle à Londres qu’elle ne peut pas négocier des accords commerciaux avant sa sortie effective et qu’il est hors de question qu’elle prenne en otage les textes européens en cours de discussion entre les Vingt-huit.

Dès la fin de l’année, les Vingt-sept vont essayer de se mettre d’accord sur les villes qui accueilleront l’Agence européenne du médicament (900 employés) et l’Autorité bancaire européenne (170 personnes), actuellement basées à Londres, dont les frais de déménagement devront être réglés par la Grande-Bretagne. Le plus beau est que la presse europhobe, qui ne doute de rien, a hurlé en découvrant que ces deux agences allaient quitter le territoire britannique…

Les négociations effectives en Bruxelles et Londres ne débuteront qu’après les élections législatives anticipées du 8 juin convoquées par Theresa May, celle-ci voulant avoir les mains libres pour parvenir à un accord. Parallèlement, les Vingt-sept vont devoir s’entendre sur la façon dont sera comblé le trou laissé dans le budget communautaire par le départ du Royaume-Uni. La négociation s’annonce violente entre ceux qui voudront dépenser moins et ceux qui voudront continuer à toucher les mêmes aides…


bruxelles.blogs.liberation.fr | 30-avr.-2017 00:19

Pologne et Hongrie : Vers une démocratie déclassée
, – Après une transition réussie du communisme à la démocratie, la Hongrie et la Pologne sont lentement en train de glisser vers un nouveau type de régime autoritaire à la russe, très éloigné des valeurs fondamentales européennes. Une tendance qui s’affirme en Europe centrale. Voir en entier .
presseurop.eu | 27-avr.-2017 11:06

Premier tour de la présidentielle en France : “L’impensable s’est imposé”

Une ère qui, si la tendance du premier tour se confirme, clôt celle du bipartisme gaullistes-socialistes et où les partis traditionnels risquent d’être les acteurs de second plan, face à des mouvements plus dynamiques et mieux à même des répondre aux inquiétudes des Français.

Pour Alexis Brézet, avec la défaite du candidat de la droite François Fillon, “L'imperdable a été perdu. L'impensable s'est imposé. L'impossible est advenu”. Le directeur du Figaro écrit que

la droite, qui pendant cinq ans aura étrillé les socialistes dans tous les scrutins, la droite, dont les idées et les valeurs n'ont jamais été aussi majoritaires dans les profondeurs du pays, cette droite à qui la victoire ne pouvait pas échapper a été, hier, sèchement éliminée. Alors que le désir d'alternance, après un quinquennat unanimement jugé calamiteux, n'a jamais été aussi puissant, elle ne sera pas, pour la première fois de son histoire, représentée au second tour de l'élection présidentielle.

“*Victoire de Macron, succès relatif de Le Pen, chute de Fillon, percée de Mélenchon : quel pays ! *”, s’exclame Laurent Joffrin. Pour le directeur du quotidien de la gauche,

la France, divisée depuis deux siècles entre droite et gauche, choisit un centriste néophyte auteur d’une ébouriffante cavalcade et une candidate d’extrême droite au score inférieur à ses attentes, laissant droite et gauche sur le bord de la route. La France, désabusée à l’égard de sa classe politique, devait voter en traînant les pieds : c’est un sursaut civique qui se produit. […] La France, enfin, rejetait sans appel le quinquennat Hollande : elle place en tête un conseiller puis ministre dudit Hollande, pour une variante un peu plus libérale de la politique jusque-là vouée aux gémonies. […] Le second tour opposera donc le social-libéralisme au nationalisme, l’ouverture à la fermeture, l’Europe unie à la France seule. En principe, grâce aux républicains de tous les partis, le jeune premier du scrutin l’emporte sur la vilaine marâtre. Mais le FN réalise le score le plus fort de son histoire à une présidentielle. Et si le combat se change en une confrontation peuple-élites, qui peut augurer à coup sûr du résultat ? Dans un décor neuf, tout est possible.

Le résultat du premier tour de la présidentielle “constitue un séisme dont les répliques seront durables”, note François Ernenwein. Pour le directeur du quotidien catholique,

une recomposition politique assez radicale a débuté. […] Le second tour opposera deux visions de l’avenir et deux projets distincts. Le programme de Marine Le Pen propose à la France une stratégie de repli et son corollaire de rejets massifs : rejet de l’Union européenne et de l’euro, rejet des étrangers présents sur notre sol… Un Frexit qui ne dit pas son nom. […] Face à elle, Emmanuel Macron incarne une forme de continuité si l’on s’en tient à ce qu’il a dévoilé de ses intentions. Son offre s’inscrit dans la poursuite de la politique sociale-libérale conduite par François Hollande, le maintien de l’ancrage de la France en Europe, un assouplissement et une modernisation de la gouvernance économique et politique.

Pour Etienne Lefèbvre, “que la fille de Jean-Marie Le Pen parvienne comme son père à se qualifier, avec un projet qui conduirait le pays à la ruine et à l'isolement, constitue un camouflet pour toutes les autres formations, dont un PS en miettes, et plus particulièrement pour la droite de gouvernement, écartée du second tour d'une élection jugée imperdable quatre mois plus tôt.” Le rédacteur en chef International des Echos estime que le vote

illustre la profondeur de la crise politique et sociale qui traverse le pays. […] Il ne faudra jamais banaliser la présence de l'extrême droite au second tour. […] En dépit d'un contexte de menace terroriste favorable au vote extrémiste, elle termine derrière Emmanuel Macron, candidat novice, appuyé par une formation politique lancée il y a à peine plus d'un an, et qui devrait aborder le second tour en grand favori. […] Le score du second tour et l'ampleur de la participation seront des éléments déterminants pour démontrer que l'extrême droite n'est pas et ne peut pas être une option de gouvernement, et pour donner au prochain locataire de l'Elysée l'élan nécessaire afin de réformer le pays en profondeur. Ce n'est pas gagné.

C’est une toute nouvelle page de l’histoire de la Ve République que les électeurs français ont ouverte, ce dimanche 23 avril, en éliminant de la présidentielle tous les représentants des partis politiques qui, à un titre ou à un autre, avaient gouverné dans les décennies passées”, estime Nicolas Beytout. Le directeur du quotidien conservateur ajoute :

Fruit d’une colère et d’un invraisemblable scénario de campagne, ce premier tour de l’élection présidentielle débouche en tout cas sur une période de grande inconnue. Pas tant pour le second tour — le plafond de verre devrait une fois de plus empêcher Marine Le Pen de conquérir une majorité — mais sur la suite du scénario. […] Ce qu’Emmanuel Macron a déjà réussi est exceptionnel. Dans ce système français où les hommes politiques ne naissent ni ne meurent jamais du premier coup, son ascension et l’engouement qu’il aura suscité sont assurément historiques. Mais en chamboulant l’ordre établi, la perspective de l’arrivée du leader d’En Marche?! à l’Elysée annonce une autre période d’incertitude jusqu’aux législatives. Et peut-être au-delà.

Une à une les planètes semblent s’aligner”, observe Stéphane Albouy, à propos de la conjonction astrale favorable à Emmanuel Macron :

Un président sortant contraint de renoncer à se représenter. Des concurrents qui se neutralisent et des adversaires qui trébuchent à tour de rôle. Depuis des mois, les obstacles qui se dressaient sur la longue route vers l’Elysée disparaissent les uns après les autres devant Emmanuel Macron. Le candidat qui, il faut le rappeler, ne s’était jamais présenté à aucune élection jusqu’à présent ne doit son succès qu’aux échecs de ses opposants. Il répond ainsi aussi à l’attente de renouveau exprimée par les Français qui a abouti à ce grand chambardement. […] Même si les principaux candidats, à l’exception notable de Jean-Luc Mélenchon, ont appelé à faire barrage à Marine Le Pen, la marche du FN n’est pas stoppée, loin s’en faut.


presseurop.eu | 24-avr.-2017 13:19

Le Kremlin et l‘élection présidentielle française : L’interférence russe
EUobserver.com, Bruxelles – En inondant les réseaux sociaux français d'intox et en soutenant ouvertement la candidate du Front National Marine Le Pen, le Kremlin intervient en faveur du plus anti-européen des présidentiables. Voir en entier .
presseurop.eu | 21-avr.-2017 17:32

Election présidentielle en France : Les droites européennes parient sur Emmanuel Macron
EUobserver.com, Bruxelles – Alors que le candidat de la droite François Fillon semble virtuellement hors jeu suite aux accusations sur les emplois présumés fictifs de son épouse et de ses enfants, les dirigeants du PPE reportent leur soutien sur le candidat indépendant et ancien ministre de l'Economie Emmanuel Macron. Voir en entier .
presseurop.eu | 20-avr.-2017 00:59

Référendum en Turquie : Le Gagnant
Trouw, Amsterdam – Cartoon. Voir en entier .
presseurop.eu | 19-avr.-2017 13:19

Le marché unique européen responsable de tous les maux

Blog

Moment mémorable du seul débat télévisé à onze de cette campagne électorale : discussion autour de la directive sur les travailleurs détachés. La plupart des prétendants – de l’extrême gauche (Jean-Luc Mélenchon) à l’extrême droite (Marine Le Pen) – se sont mis à tirer à boulets rouges sur ce texte honni. Même le candidat de la droite modérée, François Fillon, censé être libre échangiste et libéral, a inscrit l’objectif de “réviser de fond en comble [cette] directive” dans son programme.

Autre point soulevé lors de cette bataille électorale : la délocalisation de Whirlpool en Pologne. Loin d’être le seul à la critiquer avec virulence, le candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon, a déclaré que l’entreprise devait “rembourser immédiatement et intégralement toutes les aides publiques indûment perçues” dans le cadre du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). Une formule qui sonne bien mais qui reste impossible à réaliser car l’objectif affiché consistant à créer des emplois n’était en rien contraignant pour les entreprises et relevait plus de la wish list utopique du gouvernement.

Or, c’est l’idée même de marché unique européen qui est remise en cause à travers ces tirades marquant l’opposition à la libre circulation des travailleurs et des capitaux. Rappelons que c’est Jacques Delors, un socialiste français, loin d’être le plus fervent partisan d’un capitalisme débridé à tout va, qui a donné l’impulsion à ce marché unique à travers l’Acte unique européen. Il a tout simplement constaté que l’établissement d’un véritable marché intérieur bénéficierait à l’ensemble des nations européennes. D’ailleurs, il ne s’est pas trompé car le marché unique a permis de créer presque 3 millions d’emplois et augmenté le PIB de l’Union de plus de 2 points entre 1992 et 2008. Il a posé les fondations des “quatre libertés” qui ne sont cependant pas encore entièrement garanties et ne le seront peut-être jamais. La création d’un marché unique est plus un processus continu qu’une étape achevée à un moment T. La directive sur les travailleurs détachés y contribue.

Ce texte est certainement imparfait car il n’est pas accompagné d’une harmonisation des cotisations sociales. Mais l’opposition véhémente et peu constructive des candidats à l’élection présidentielle à son encontre révèle une méfiance plus générale à l’égard de tout ce qui vient du Bruxelles, en particulier en matière d’économie. Or, il convient de constater que c’est grâce à l’UE que :

  • Les exportations françaises vers l’UE s’élèvent à 271 milliards d’euros

  • De nombreux citoyens français – 650 000, selon le registre des Français établis à l’étranger qui ne reflète qu’une partie de la réalité – habitent dans un autre Etat membre de l’UE en bénéficiant du droit au travail et des droits sociaux au même titre que les ressortissants nationaux

  • Les consommateurs français peuvent acheter des marchandises en provenance de toute l’Europe, sans payer de droits de douanes et en ayant la garantie qu’elles respectent les normes qui s’appliquent dans l’Hexagone.

La liste des avantages de l’intégration est bien plus longue encore. Les entreprises françaises ont investi massivement en Europe centrale et orientale après l’élargissement de 2004, ce qui a redynamisé leur activité et participé au développement de l’économie française.

Mais s’il y a une particularité bien française, c’est celle de vouloir le beurre et l’argent du beurre. Toutes les dispositions européennes aujourd’hui dénoncées par les candidats participent à un tout qui dans son ensemble profite largement aux Français. Si chaque gouvernement national commençait à mettre des bâtons dans les roues du projet européen en opposant son veto aux textes qui nécessitent des sacrifices pour certaines catégories de sa population, l’Union n’irait pas bien loin. La solidarité européenne suppose que l’on fasse des concessions dans certains domaines pour en obtenir sur d’autres dossiers.

Les médias nous parlent d’un “match à quatre” candidats à cinq jours du premier tour du scrutin, tellement les écarts entre les candidats sont étriqués. Parmi eux, Marine le Pen qui prône tout bonnement la sortie de l’UE, et Jean-Luc Mélenchon qui veut imposer sa vision du Vieux Continent aux 26 autres partenaires européens. Si cette condition n’est pas satisfaite, il sortira la France de l’Union. On est bien loin de la culture des consensus européens.

Faut-il donc craindre un “Frexit”, une sortie de la France de l’UE ? Cette possibilité ne peut certainement pas être exclue. Mais les Français sont une nation capable de prendre la mesure de ses décisions. Et elle ne voudrait certainement pas mettre un trait sur toutes les avancées permises par l’Europe – celles du marché unique, mais aussi l’euro, Erasmus, les programmes européens de recherche et la garantie de vivre sur un continent en paix.


presseurop.eu | 19-avr.-2017 12:00

L’UE et les médias : Avons-nous réellement besoin d’un audiovisuel européen ?
, – La création d'un audiovisuel public européen suffira-t-elle à créer l'espace public européen dont il est si souvent question, comme le proposent Andre Wilkens et Jakob von Weizsäcker ici même ? Roman Léandre Schmidt et Carl Henrik Fredriksson estiment qu'il vaudrait mieux soutenir les médias existants à offrir une couverture plus ample des sujets européens que de créer une nouvelle entité artificielle. Voir en entier .
presseurop.eu | 18-avr.-2017 14:19

François Hollande, l’homme sans conviction (européenne)

REUTERS/Geoffroy Van der Hasselt

Tous les présidents de la République française ont laissé leur marque sur l’Europe, pour le meilleur et, parfois, pour le pire. Tous ? Non, un seul s’est distingué par sa vacuité, François Hollande. Celui qui se présentait en héritier de Jacques Delors ne laissera, au mieux, qu’une note de bas de page dans l’histoire de la construction communautaire. Pendant cinq ans, le chef de l’État aura esquivé le sujet européen avec une constance qui force l’admiration, même s’il en fut un commentateur avisé, dénonçant régulièrement le «manque de projet» et la «frilosité» de l’Union ou encore le «repli sur soi» des États. Une analyse qui, de la part du responsable de l’une des principales puissances européennes et mondiales, aurait dû appeler des initiatives de relance. C’est ce qu’il a d’ailleurs régulièrement promis dans les journaux français en proposant de « fédéraliser » la zone euro autour d’un gouvernement, d’un parlement et d’un budget afin de constituer un «noyau dur, une avant-garde, un premier cercle». Mais il en est resté aux effets d’annonce. François Hollande aura été un Européen velléitaire.

Réorienter l’Europe

Lors de son élection, en 2012, rares étaient ceux qui se faisaient des illusions sur sa capacité à réformer la France, car cela supposait de bousculer les certitudes d’une gauche prisonnière de ses vieux logiciels. Mais, tout le monde lui faisait crédit de ses convictions européennes, lui qui fut longtemps proche de Jacques Delors, président de la Commission entre 1985 et 1995 et père de l’euro, au sein du club Témoin (créé en 1993). D’ailleurs, durant toute sa campagne, il avait promis, s’il était élu, de «réorienter» l’Europe afin, notamment, de lui donner un contenu social et fiscal, de développer la solidarité financière entre les Etats via le lancement d’emprunts européens, de démocratiser la zone euro, le tout afin de combler le fossé qui se creusait entre les citoyens et le projet européen. Mais cet ambitieux programme n’a jamais pris la forme d’une proposition en bonne et due forme, qu’elle soit proprement nationale ou, mieux, franco-allemande. Pourtant le chef de l’État a multiplié les annonces : au printemps 2013, à l’été 2014 puis en juillet 2015, après que la zone euro eut frôlé le Grexit, il s’est engagé à prendre une « initiative » afin de relancer une intégration communautaire qui donnait du gite, encouragé par ses ministres les plus europhiles. Mais à chaque fois, ses promesses se sont perdues dans les sables.

Bataillait-il au moins dans les couloirs pour faire avancer l’Europe ? Même pas. Une anecdote résume bien l’Européen François Hollande. La scène se passe en décembre 2012, alors que Herman Van Rompuy, alors président du Conseil européen, tente d’obtenir un mandat des chefs d’État et de gouvernement pour travailler à des scénarios d’approfondissement de la zone euro. Il veut notamment pouvoir proposer un budget qui lui serait propre et lui donner une capacité d’emprunt, deux idées défendues par le chef de l’État pendant sa campagne. Alors que Van Rompuy insiste auprès d’une Angela Merkel inflexible, lors d’une trilatérale, Hollande le coupe brutalement : «Herman, tu as entendu Angela : elle ne veut pas. Alors, arrête !» Le président du Conseil européen n’est toujours pas revenu d’avoir ainsi été lâché en pleine campagne par « l’héritier de Jacques Delors »… Hollande n’avait tellement pas de pensée européenne qu’il n’a jamais pris la peine, contrairement à tous ses prédécesseurs, de recevoir la presse française accréditée à Bruxelles en « off » pour expliquer le sens de son action, alors que dans le même temps il se confiait de longues heures à leurs confrères parisiens…

Aux côtés de la Grèce

Les quelques fidèles qui lui restent font valoir que son bilan n’est pas si négatif. Après tout, n’a-t-il pas bataillé pour empêcher un Grexit que l’Allemagne souhaitait, ne s’est-il pas rangé aux côtés de la Commission pour obtenir la mise en œuvre de l’Union bancaire ou soutenir le « plan Juncker » d’investissement ? Tout cela est vrai, mais personne n’a jamais prétendu que Hollande ait été europhobe. Cela étant, au regard de ce maigre bilan, on peut s’interroger sur les convictions réelles de l’homme. Quelqu’un qui l’a très bien connu m’a affirmé qu’en 2004, alors qu’il était premier secrétaire du PS, il se serait longuement demandé s’il devait ou non soutenir le Traité constitutionnel européen. Il n’aurait tranché que par tactique en faveur du oui.

Les faits semblent donner raison à cette source. Longtemps, on a cru qu’il redoutait d’affronter la question européenne pour éviter de rouvrir les plaies du référendum de 2005 sur le traité constitutionnel. On se souvient, en effet, qu’une partie du PS, dont Laurent Fabius, n’a pas respecté le résultat du référendum interne et a fait campagne pour le non. Hollande, homme de compromis, n’a jamais sanctionné ces nonistes rebelles et l’Europe est restée une plaie béante. Il semblait dès lors logique qu’il refuse de se lancer dans une modification des traités européens, ce qui impliquerait un référendum avec tous les risques de divisions que cela comporterait pour les socialistes. Or sans réécriture des traités, aucun approfondissement n’est possible. Mais la période 2015-2016 montre que cette justification est un peu courte : Hollande n’a pas hésité a diviser les socialistes et la France sur la question des libertés publiques (par exemple la déchéance de nationalité) ou de l’économie. Ce n’est donc pas d’une question de courage qu’il s’agit, mais d’une absence de convictions réelles sur l’Europe. On ne se bat que pour ce à quoi l’on croit.

Occasions manquées

Le quinquennat de François Hollande restera donc comme celui des occasions manquées, voire comme celui qui aura gravement miné le projet européen. Car son refus de s’emparer du sujet aura laissé le champ libre aux eurosceptiques et aux europhobes. Or Emmanuel Macron, qui a fait de l’Europe l’un des axes de sa campagne présidentielle, montre, comme Daniel Cohn-Bendit avant lui, qu’une partie non négligeable de l’opinion publique est avide d’entendre un message positif sur la construction communautaire, la dernière utopie pacifique de la planète. L’Europe aurait pu être la clef d’un second mandat, il ne l’a pas compris.

N.B.: article paru dans l’Hémicycle n° 493


bruxelles.blogs.liberation.fr | 16-avr.-2017 18:47

La Suède après l’attentat de Stockholm : Une innocence perdue depuis longtemps
, – Après l'attentat au camion du 7 avril, qui a provoqué quatre morts, les observateurs de par le monde affirment que la Suède a perdu son innocence, que ce pays paisible et cette société ouverte sont du passé. Mais est-ce vraiment le cas ? s’interroge un journaliste suédois. Voir en entier .
presseurop.eu | 13-avr.-2017 17:05

Sortir de l'euro? Ben voyons.

La nouvelle émission de France Info TV, «la faute à l’Europe» (diffusée samedi et dimanche), m’a demandé de faire un éditorial chaque semaine. Parole libre d’un «Tonton Flingueur» ;-) Et ça met de l’animation sur le blog!


bruxelles.blogs.liberation.fr | 11-avr.-2017 16:14

Référendum en Turquie : Le choix est entre plus ou moins d’autoritarisme
, – Malgré la campagne menée tambour battant par le président Erdo?an, la victoire du “oui” dans la consultation du 16 avril sur le renforcement des pouvoirs présidentiels n’est pas acquise. Mais quel que soit le résultat, le régime continuera de renforcer sa mainmise et la désoccidentalisation du pays, estime Cengiz Aktar. Voir en entier .
presseurop.eu | 11-avr.-2017 12:29

Tusk président du Conseil : Monsieur Kaczy?ski, votre patriotisme est mal placé
, – Début mars, les chefs d’Etat et de gouvernement ont voté à la quasi-unanimité pour la reconduction du mandat du président du Conseil européen Donald Tusk. Son propre pays, la Pologne, était le seul à avoir voté contre, sous la pression du chef du parti au pouvoir, Jaros?aw Kaczy?ski, qui a fait du patriotisme son étendard. Voir en entier .
presseurop.eu | 06-avr.-2017 19:15

Elections en France et en Allemagne : Les chasseurs de fake news fins prêts
EUobserver.com, Bruxelles – Plusieurs projets de désintox de l'information ont vu le jour en Allemagne et en France à l'approche des élections dans ces deux pays. Mais qui vérifie les vérificateurs et que peuvent-ils vraiment ? Voir en entier .
presseurop.eu | 05-avr.-2017 10:47

Theresa May déclenche le Brexit : La traversée
De Groene Amsterdammer, Amsterdam – Cartoon. Voir en entier .
presseurop.eu | 03-avr.-2017 11:31

Un nouveau réseau de datajournalisme européen

Blog

Nous sommes heureux d’annoncer une nouvelle initiative de datajournalisme au service des médias. A partir d’octobre 2017, le European Data Journalism Network – EDJNet commencera à produire, partager et publier des contenus d’actualité data sur les affaires européennes en Europe et au-delà. Son objectif est de fournir aux médias européens des contenus d’actualité fiables et rigoureux, une assistance technique et éditoriale, et une source d’information utile et accessible pour mieux comprendre l’Europe.

Les contenus produits par EDJNet seront en accès libre à travers un site multilingue et open source et sur les sites web des partenaires. EDJNet a été créé par un consortium de médias européens menés par Osservatorio Balcani e Caucaso Transeuropa (Italie) et VoxEurop (France), en partenariat étroit avec trois autres médias – Alternatives économiques (France), Spiegel Online (Allemagne), EUObserver (Belgique) – ainsi que trois agences spécialisées dans le datajournalisme – Journalism++ (France); Local Focus (Pays-Bas) et Journalism Robotics (Suède). Huit autres médias – deux spécialisés dans le datajournalisme (BIQdata chez Gazeta Wyborcza en Pologne et Pod ?rto en Slovénie) et six médias réputés dans leurs pays respectifs (Askanews et Internazionale en Italie, NRC Handelsblad aux Pays-Bas , El Confidential en Espagne, H-Alter en Croatie et Ouest-France en France) – font déjà partie des premiers partenaires du réseau étendu d’EDJNet. L’audience cumulée des membres du réseau est de 70 millions de visiteurs uniques par mois et le réseau sera bien sûr ouvert à de nouveaux membres.

La rédaction transnationale d’EDJNet va :

  • Produire des enquêtes data, des articles d’analyse et d’approfondissement, du journalisme explicatif, des infographies, des animations vidéo et des revues de presse en 12 langues.

  • Développer des outils automatiques afin d’augmenter la productivité des rédactions sur les questions européennes et assurer la curation des ressources data, les outils et les infos existants, afin d’encourager les utilisateurs à suivre et à couvrir les affaires européennes.

  • Fournir un conseil à la demande et sur mesure pour les datajournalistes à travers son assistance en ligne et ses webinaires.

  • Lancer des projets de coproduction et de partage de contenus avec d’autres médias européens, à travers des partenariats éditoriaux et la syndication.

Les contenus seront produits par un ou plusieurs partenaires conjointement. Ils seront adaptés et édités en fonction des besoins des partenaires et des habitudes de lecture de chaque public.

Le projet est financé par une bourse de la Commission européenne. Les membres jouissent d’une pleine et complète indépendance éditoriale.

Les médias intéressés peuvent aller sur EDJnet à partir du mois d’octobre 2017.

En attendant, nous publierons des mises à jour sur les sites des partenaires et sur #EDJNet et #ddj.

Contacts:

Nicole Corritore

Osservatorio Balcani e Caucaso Transeuropa

corritore@balcanicaucaso.org

Gian Paolo Accardo

VoxEurop

editor@voxeurop.eu


presseurop.eu | 31-mars-2017 20:01

"Les salauds de l'Europe" sur France Inter

Ce jeudi matin, j’étais l’invité de la matinale de Patrick Cohen, sur France Inter, pour parler de mon livre, «les Salauds de l’Europe». C’est ici. Et le dialogue avec les auditeurs est là.


bruxelles.blogs.liberation.fr | 31-mars-2017 00:27

May Day, Mayday

Les négociations du Brexit ont enfin été lancées le 29 mars. J’ai imaginé, avec Sonia Delesalle-Stolper, notre correspondante à Londres, un scénario rose, un scénario noir et interviewé le négociateur du Parlement européen, Guy Verhofstadt. Bonne lecture !


bruxelles.blogs.liberation.fr | 30-mars-2017 21:17

L'avenir de l'Union, qui fête ses soixante ans, entre parenthèses

Octav Ganea/via REUTERS

Mon analyse sur le soixantième anniversaire du traité de Rome est ici. Et le compte rendu de la journée du 25 mars est ici (papier cosigné avec Eric Jozsef).

REUTERS/Remo Casilli


bruxelles.blogs.liberation.fr | 30-mars-2017 21:09

Le Quotidien et "les Salauds de l'Europe"

Jeudi soir, Yann Barthès m’a invité pour parler de mon livre, «les salauds de l’Europe». Et figurez-vous que j’ai battu Hanouna, un vrai bâton de maréchal :-D ! Ouvrir une émission avec une interview de votre hôte, il fallait oser (Quotidien 1 434 000 soit 5,9%,TPMP 1 383 000 soit 5,7%, C à vous 1 143 000). Comme je n’arrive pas à intégrer la vidéo sur ce blog, voici le lien: https://www.tf1.fr/tmc/quotidien-avec-yann-barthes...


bruxelles.blogs.liberation.fr | 27-mars-2017 20:23

Daniel Röder sur Pulse of Europe : “Il n’existe aucune alternative à une alliance européenne”
, – Le fondateur de Pulse of Europe, le mouvement citoyen qui réunit chaque dimanche dans un nombre croissant de villes européennes des citoyens venus montrer leur attachement à l’Europe et leur refus des populismes, explique l'origine de Pulse of Europe et son but dans cette interview exclusive. Voir en entier .
presseurop.eu | 25-mars-2017 17:27

Le film : L’Europe, c’est maintenant !

Soixante ans après le Traité de Rome, signé le 25 mars 1957, l'Union européenne "est la plus incroyable invention politique de l'histoire moderne". Mais elle incomplète, menacée par ses démons intérieurs et ses adversaires extérieurs. L'Europe, c'est une histoire de sang et de réconciliation, de prospérité et de rêves inachevés.

L'Europe porte en elle le souvenir tragique des dictatures et des divisions mais aussi un imaginaire commun et une culture en partage. Le cinéma et les images d'archives sont là pour nous le rappeler. L'identité européenne existe. Son incarnation aussi, portée aujourd'hui par la génération Erasmus et le peuple de citoyens européens.

Aujourd'hui, les dysfonctionnements de l'Union et les pressions souverainistes représentent un péril mais aussi une opportunité historique pour un sursaut et revendiquer plus d'Europe, maintenant !


presseurop.eu | 24-mars-2017 08:35

60e anniversaire du traité de Rome : Le rateau
Cartoon movement, Amsterdam – Cartoon. Voir en entier .
presseurop.eu | 23-mars-2017 09:10

L'Europe, la dernière utopie pacifique

Dans le cadre du soixantième anniversaire du traité de Rome, ARTE m’a interviewé dans le cadre magnifique de la villa Médicis.


bruxelles.blogs.liberation.fr | 22-mars-2017 12:09

«Les salauds de l'Europe»

Mon nouveau livre sort cette semaine, pour le soixantième anniversaire du traité de Rome. Disponible dans toutes les bonnes librairies, y compris en format électronique. 310 pages qui dépotent. J’espère que vous aimerez.


bruxelles.blogs.liberation.fr | 22-mars-2017 11:56

Indépendantistes en Europe : La carte des séparatismes

Ce ne sont pas les mouvements séparatistes ou nationalistes qui manquent en Europe, mais, ces dernières années ils semblent avoir acquis une vigueur particulière, surtout dans certains pays. Ces derniers jours, la Premier ministre de écossaise Nicola Sturgeon a annoncé qu'elle veut organiser un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Ecosse. Récemment, l'ex président de la Catalogne Artur Mas a été condamné pour avoir organisé une consultation populaire sur l'indépendance de sa région en 2014, contre l'avis du gouvernement espagnol.

Il y a quelques temps, le cabinet de design et d'architecture austro-néerlandais TD a imaginé pour Mark Magazine l'aspect qu'aurait l'Europe si chaque mouvement séparatiste devait avoir gain de cause. Dans ce scénario, les Etats qui ne subiraient aucun changement se comptent sur les doigts de la main, alors que tous les autres seraient divisés en deux ou plusieurs parties, dans la plupart des cas, selon des lignes de frontière linguistiques ou régionales.

Les auteurs de la carte, Theo Deutinger, Filip Cieloch et Lucia de Usera, ne détaillent pas quelles sources ils ont utilisées pour établir les possibles lignes de fracture entre les Etats existants : certaines revendications séparatistes sont bien connues (comme dans le cas de la Catalogne, de l'Ecosse ou des Flandres), d'autres sont moins visibles ou carrément absentes. Parmi tous les cas illustrés par la carte, rares sont en fait les mouvements indépendantistes qui ont de réelles possibilité de succès. Nombre d'entre eux sont très minoritaires, désorganisés ou intéressés davantage dans la revendication d'une spécificité culturelle qu'à une véritable sécession. La carte de TD est en somme un exercice stimulant, tout en ne prétendant pas donner une indication réaliste sur les futures frontières en Europe.


presseurop.eu | 21-mars-2017 21:43

Mobilisation pour l’UE : “Faisons de l’Europe une puissance politique, démocratique, économique et sociale”
Civico Europa, – Un collectif de personnalités du monde politique et culturel européen appelle, dans cette tribune diffusée dans plusieurs médias, l’Union à une relance et les Européens à une grande marche civique, à Rome, le 25 mars, 60ème anniversaire de la signature du Traité de Rome. Voir en entier .
presseurop.eu | 20-mars-2017 08:02

Elections aux Pays-Bas : Le “Nexit” n’aura pas lieu, mais le pays est plus divisé que jamais
, – Le barrage contre Geert Wilders a tenu, mais les idées du leader populiste et xénophobe peroxydé se retrouvent dans les discours des vainqueurs, à commencer par les libéraux du Premier ministre sortant Mark Rutte. Ce dernier risque d’avoir des difficultés à monter une coalition de gouvernement. Voir en entier .
presseurop.eu | 17-mars-2017 07:41

Législatives aux Pays-Bas : “Le printemps patriotique annoncé par Geert Wilders est un mirage”

Alors que les résultats sont quasiment définitifs, les principaux journaux néerlandais accueillent avec soulagement un “retour à la normale” et à la “modération” qui caractérise les Pays-Bas.

Les Néerlandais se sont réveillés dans un pays normal. Il n’y a pas eu de révolte populiste ou d’incroyables surprises électorales. Et, heureusement, la participation a été élevée.” Une tendance émerge du vote, note NRC Handelsblad :

le centre politique a remporté les élections. Les extrémistes populistes qui devaient triompher n’ont pas pris racine dans le pays. Le printemps patriotique annoncé par le chef du PVV Geert Wilders est un mirage. Les Pays-bas restent ce qu’ils sont de manière stable depuis des décennies : un pays varié et modéré. […] Un autre résultat du vote, c’est que gouverner ne paie pas. Les Pays-Bas sont un des pays qui s’en sortent le mieux au sein de l’UE. Pourtant, les électeurs ont sévèrement puni la coalition.

Pour le Premier ministre Mark Rutte, les élections du 15 mars étaient “les quarts de finale du match contre les démagogues. La demi-finale se joue en France et la finale à Berlin”, écrit Bart Wagendorp. Selon l’éditorialiste de De Volkskrant,

après le Brexit et la victoire de Trump, les Pays-Bas devaient être le troisième domino à tomber. Ça ne s’est pas passé comme ça, notamment parce que le VVD de Rutte et le CDA [chrétiens-démocrates] se sont en partie appropriés les idées de Geert Wilders. L’influence de l’oracle de Venlo est plus importante que ce que sa déception laissait entendre hier soir. Au-delà de la défaite du populisme, nous avons assisté à celle de la social-démocratie. Pour la première fois les travaillistes sont descendus sous la barre des dix sièges.

La première conclusion que l’on doit tirer du vote, c’est que gouverner ne paie pas. Pour le Premier ministre Mark Rutte, le fait que son parti reste largement le premier du pays au sein d’un paysage bouleversé n’est qu’une maigre consolation”, récite l’éditorial de Trouw, qui ajoute que

la deuxième conclusion, c’est que les Pays-Bas confirment qu’ils sont un pays où les modérés sont la majorité et ils tiennent bon. Notre société n’aime pas les extrêmes. Le PVV hostile au système progresse un peu, mais nettement moins par rapport à ce que laissaient présager les sondages.

Ces dernières années, on a beaucoup parlé de la fracture croissante entre les citoyens et les politiques, et la colère des gens vis-à-vis des intrigues politiques au sein du Binnenhof”, le siège du gouvernement néerlandais. Pourtant, écrit le Telegraaf,

l’importante participation d’hier a démontré que les citoyens hollandais sont encore très impliqués dans la vie publique. Les citoyens ne se contentent pas facilement, mais ils ne renoncent pas en masse non plus. Il n’y a pas eu d’indifférence croissante comme aux Etats-Unis, où Donald Trump a été élu avec moins de voix que le candidat battu à la présidentielle précédente. L’enthousiasme pour les élections est encore élevé dans notre pays. […] Les citoyens ont fait preuve de confiance. Il est essentiel que les politiques ne la trahissent pas.

Lorsque les premiers sondages sortie des urnes sont tombés, j’ai éprouvé un sentiment d’orgueil et de soulagement”, écrit Özcan Akyol dans Algemeen Dagblad :

le monde entier nous regardait ; tout le monde voulait savoir si les populistes allaient prendre le pouvoir, avec toutes les conséquences que cela aurait comporté. […] Les Pays-Bas sont moins hystériques que ce que nous pensions. Dans les faits, notre pays tend vers le centre. Il s’agit de toute manière d’un signal : même si les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont alimenté nos craintes, aux Pays-Bas vivent des gens plutôt civilisés, qui ne se laissent pas séduire par la rhétorique creuse des populistes. Cela me soulage et me rend fier. La conclusion devrait être que les gens normaux veulent le meilleurs pour ce pays, et cela ne passe pas par les cris – et cela, nous l’avons trop longtemps ignoré.


presseurop.eu | 16-mars-2017 11:06

Turquie: l'Europe, combien de divisions?

REUTERS/Dylan Martinez

D’un côté, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark et les Pays-Bas (ainsi que la Suisse) s’opposent à la venue, parfois manu militari dans le cas d’Amsterdam, de ministres turcs voulant faire campagne auprès de leur communauté émigrée pour le « oui » au référendum constitutionnel d’avril prochain. De l’autre, la France et la Belgique n’y voient aucun problème. La tentation est donc forte de constater que l’Europe est une nouvelle fois divisée. Mais, en l’occurrence, elle n’est absolument pas compétente en la matière : « les décisions relatives à la tenue de réunions et de rassemblements relèvent de l’État membre concerné conformément aux dispositions applicables du droit international et du droit national », ont ainsi rappelé hier, dans un communiqué, Federica Mogherini, la ministre des Affaires étrangères de l’Union, et Johannes Hahn, le commissaire européen chargé de la politique de voisinage.

Surtout, ce n’est pas la première fois que des ministres turcs parcourent l’Union afin d’essayer de gagner les voix de leur diaspora fortes de 5 millions d’âmes, celle-ci disposant du droit de vote. Mais cette fois, le contexte est particulièrement tendu entre le président Recep Tayip Erdogan, qui veut transformer son pays en « démocrature » islamique, et l’Union, inquiète de cette dérive autoritaire. Pour ne rien arranger, plusieurs de ses États membres affrontent des élections difficiles sur fond de crise des réfugiés et de montée de la xénophobie. « Même s’il n’existe aucune compétence européenne dans ce domaine, on aurait peut-être pu attendre une réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères ou en discuter de façon informelle pour adopter une attitude commune », reconnaît un diplomate européen : « mais tout s’est précipité ce week-end avec la décision des autorités néerlandaises de ne pas autoriser l’atterrissage de l’avion du ministre turc des Affaires étrangères, Malvut Cavusoglu, et de refouler la ministre de la Famille, Fatma Betül Sayan Kaya, qui a essayé de forcer le passage par la route ». De fait, normalement, ce genre de visite se négocie à l’avance et s’accompagne généralement de rencontres avec le gouvernement local. Mais les Pays-Bas avaient fait savoir qu’ils ne voulaient pas accueillir de membres du gouvernement turc la veille de leurs élections, ce dont Ankara n’a pas tenu compte. De là à accuser Ankara d’avoir organisé cette crise diplomatique, il n’y a qu’un pas.

L’accueil du ministre des Affaires étrangères turc en France n’a pas posé le même problème, le principe du meeting à Metz ayant été accepté en amont par le gouvernement Cazeneuve. « En l’absence de menace avérée à l’ordre public, il n’y avait pas de raison d’interdire cette réunion qui, au demeurant, ne présentait aucune possibilité d’ingérence dans la vie politique française », s’est justifié Jean-Marc Ayrault, le chef de la diplomatie hexagonale. « On a adopté une approche juridique en dépit du contexte électoral, et non politique », décrypte un diplomate français : « sans les élections néerlandaises et allemandes, il n’y aurait eu aucun problème dans ces pays ». Et de rappeler « qu’il n’y a rien de choquant à ce qu’un gouvernement fasse campagne auprès de ses ressortissants à l’étranger : les Français le font bien, y compris Marine Le Pen » !

La virulence de la réaction d’Erdogan, taxant l’Allemagne (en réalité, ce sont quelques communes qui se sont opposées à des meetings turcs) et les Pays-Bas de « nazisme » et de « fascisme » et les menaçant de leur en faire « payer le prix », va permettre aux États de l’Union de refaire leur unité à bon compte : Federica Mogherini et Johannes Hahn on ainsi appelé Ankara « à s’abstenir de toute déclaration excessive et d’actions qui risqueraient d’exacerber encore la situation ». En écho, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a demandé à « tous les alliés de faire preuve de respect mutuel, à être calmes et à avoir une approche mesurée pour contribuer à une désescalade des tensions ».

N.B.: version longue de l’article paru dans Libération du 14 mars.


bruxelles.blogs.liberation.fr | 15-mars-2017 17:50

Benoit Hamon (PS) propose de fédéraliser la zone euro

REUTERS/Christian Hartmann

Benoit Hamon, le candidat socialiste à l’élection présidentiel, a publié un projet de traité de la zone euro, le projet le plus abouti et le plus précis de l’ensemble des candidats non europhobes qui mérite donc une analyse en soi. La voici.

· Fédéraliser la zone euro

En proposant de fédéraliser la zone euro, Benoit Hamon conteste le monopole d’Emmanuel Macron sur l’engagement européen, le seul qui jusqu’à présent a réussi l’exploit de faire applaudir avec enthousiasme la construction communautaire dans ses meetings. Désormais, l’échiquier européen hexagonal se clarifie : les europhiles (Hamon et Macron), l’euro(très)tiède (François Fillon), les europhobes (Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon).

Benoit Hamon a conscience qu’une modification des traités européens pour permettre à la zone euro d’accentuer son intégration a peu de chance d’aboutir, puisqu’il faut que les Vingt-sept (on ne compte déjà plus la Grande-Bretagne) donnent leur approbation unanime. Autrement dit, les dix-neuf pays de la monnaie unique pourraient être bloqués par leurs huit partenaires qui n’ont pas adopté l’euro. Une hypothèse plus que probable, ceux-ci redoutant d’être laissés dans une Union réduite aux acquêts. Hamon propose donc d’en passer par un traité ad hoc conclu (là aussi à l’unanimité) entre les seuls membres de la zone euro.

Ce traité bouleverserait le fonctionnement actuel de la zone euro : une assemblée parlementaire composée de représentants des parlements nationaux (une idée de l’écologiste allemand Joschka Fischer, ancien ministre des Affaires étrangères) aurait les pleins pouvoirs au détriment de l’Eurogroupe (l’enceinte où siègent les ministres des Finances) et de la Commission. En effet, cette Assemblée élue au second degré aurait non seulement le dernier mot en matière budgétaire et législative, mais serait dotée de pouvoirs relevant normalement de l’exécutif (par exemple la fixation des ordres du jour des sommets des chefs d’État et de gouvernement de la zone euro et des Eurogroupes). De même, elle approuverait la nomination des membres du directoire de la Banque centrale européenne ou du président de l’Eurogroupe et déciderait en lieu et place de chaque parlement national l’activation du Mécanisme européen de stabilité (MES) chargé d’aider un pays attaqué par les marchés et approuverait les conditions (réformes structurelles, coupes budgétaires) mises à cette aide. Autre innovation : un budget de la zone euro serait mis en place. Il serait financé par un impôt sur les sociétés dont l’assiette et le taux minimal seraient fixés par l’Assemblée, étant entendu que chaque pays resterait libre de taxer davantage. Mais le traité ne dit rien de son niveau : 1% du PIB de la zone euro, 2 %, plus ? Pas un mot non plus sur les politiques qu’il financerait.

Si l’idée de passer par un traité propre à la zone euro paraît bonne, son articulation avec l’Union actuelle est pour le moins problématique, puisqu’une bonne partie de ses compétences impacte directement la zone euro et inversement. Il en est ainsi de l’Union bancaire qui a dû être décidée à Vingt-huit, puisque la zone euro n’a aucune compétence propre en la matière et qu’elle a un effet direct sur le marché unique : d’ailleurs, les pays non membres de la monnaie unique peuvent y participer. C’est d’ailleurs sans doute pourquoi me projet d’Hamon se garde bien d’énumérer les compétences propres de la zone euro : harmonisation des salaires, de la protection sociale, de l’indemnisation du chômage ? L’harmonisation fiscale, par exemple, est une compétence de l’Union, même si elle s’exerce à l’unanimité : dès lors, comment fixer à dix-neuf une assiette et d’un taux commun sans que cela heurte les compétences de l’Union ? Au fond, on a l’impression que Benoit Hamon n’a pas osé aller jusqu’au bout de son idée : faire de la zone euro un vrai noyau dur et renvoyer les non membres de la zone euro au seul marché unique, ce qui implique la formalisation institutionnelle de deux Europe, l’une puissance, l’autre espace.

C’est sans doute pourquoi l’architecture institutionnelle est problématique : la Commission ne joue aucun rôle dans ce nouveau traité, ce qui implique de faire jouer le rôle de l’exécutif par l’Eurogroupe et surtout l’Assemblée parlementaire. Est-il imaginable que les ministres des Finances acceptent d’être ainsi placés sous la coupe d’un parlement élu au second degré ? Un tel attelage, qui n’existe dans aucune démocratie, a-t-il une chance de fonctionner ? Quel rôle resterait-il aux parlements nationaux ? Un tel schéma est-il acceptable par les partenaires de la France ? Si l’Allemagne souhaite depuis longtemps une démocratisation de la zone euro, il n’est pas sûr qu’elle soit prête à entrer dans un tel mécano institutionnel. De même, qui sera prêt à aller à l’affrontement direct avec les États de l’Union non membre de l’euro, la Pologne au premier chef ? Un dernier point amusant : si Hamon explique dans ses entretiens que les députés européens auront une place au sein de l’Assemblée qu’il imagine, cela ne figure pas dans son projet de traité, ce qui a fait hurler la délégation socialiste française de l’europarlement.

· Mettre en commun une partie de la dette publique

Benoit Hamon abandonne son idée d’une restructuration commune des dettes publiques héritées de la crise financière et économique de 2007-2008, une idée pourtant défendue en son temps par Jean Pisani-Ferry, l’économiste qui conseille aujourd’hui Emmanuel Macron. Il propose désormais de mettre en commun les dettes publiques des États de la zone euro qui dépassent les 60 % du PIB, un clin d’œil au groupe d’économistes chargés de conseiller le gouvernement allemand qui avaient mis cette proposition sur la table au plus fort de la crise de la zone euro.

Cette « mauvaise » dette, supérieure au plafond prévu par le Pacte de stabilité budgétaire, serait rachetée par un fonds européen qui jouerait le rôle d’un organisme de défaisance, exactement comme on le fait lors d’une crise bancaire. Cela permettrait de protéger les États les plus endettés et les obligerait à purger leur économie. Cette mutualisation des dettes nationales n’est pas la seule possible : en France, l’économiste Jacques Delpla a proposé de mutualiser la « bonne » dette, celle inférieure à 60 %, et de laisser les États se débrouiller avec le reste. On peut aussi imaginer de créer un trésor européen qui émettrait des emprunts européens destinés à financer, par exemple, des grands travaux transeuropéens. Toutes ces idées sont, pour l’instant, rejetées par l’Allemagne d’Angela Merkel, celle-ci n’imaginant qu’une restructuration des dettes des États en faillite qui serait imposée aux créanciers privés par l’équivalent d’un Fonds monétaire européen. Hamon semble, en tous les cas, déterminé à relancer ce débat, ce que François Hollande a renoncé à faire dès le lendemain de son élection, même s’il est moins d’actualité depuis que la Banque centrale européenne rachète à tour de bras la dette des États dans le cadre de son « quantitative easing ».

N.B.: version longue de mon article paru le 9 mars


bruxelles.blogs.liberation.fr | 13-mars-2017 18:15

Conseil européen : UE à plusieurs vitesses
Diena, Riga – Cartoon. Voir en entier .
presseurop.eu | 12-mars-2017 23:40

Un fauteuil pour deux et une Europe à plusieurs vitesses

REUTERS/Thomas Peter

J’ai consacré deux articles au Conseil européen qui s’ouvre aujourd’hui :l’un, paru dans Libération de mercredi, raconte la bataille solitaire de Varsovie contre la reconduction de Donald Tusk, ancien premier ministre polonais, à la tête du Conseil européen des chefs d’Etat et de gouvernement;l’autre analyse ce qu’il faut attendre de la déclaration de Rome dont les 27 discuteront demain. Bonne lecture.

N.B.: comme prévu, Donald Tusk a été réélu ce jeudi président du Conseil européen pour un second et dernier mandat de deux ans et demi. Seule la Pologne a voté contre et menace désormais de bloquer demain l’adoption des conclusions du sommet. Après le président de la Commission européenne (élu en dépit de l’opposition de la Grande-Bretagne et de la Hongrie), c’est donc la seconde fois qu’un dirigeant européen est élu à la majorité qualifiée.


bruxelles.blogs.liberation.fr | 09-mars-2017 19:32

Europe et austérité : Donald Trump bouscule la rigueur allemande
Alternatives économiques, Paris – En s’en prenant à l’attachement des dirigeants de la zone euro – à Commencer par Angela Merkel – à la rigueur budgétaire, le président américain dénonce à juste titre une attitude qui pénalise les Européens et l’économie mondiale, estime le directeur d’Alternatives économiques. Voir en entier .
presseurop.eu | 09-mars-2017 07:56

Egalité homme-femme : La carte de la parité face au pouvoir en Europe

Cette carte et ce tableau, basés sur le Gender Equality Index 2012, montrent la représentativité des femmes et des hommes dans les positions de décision dans les pays de l'UE.

Selon les auteurs de l'Index,

Une représentativité équilibrée selon le genre dans les positions de pouvoir est fondamentale du point de vue de l'égalité homme-femme : d'abord, d'un point de vue de la justice sociale pour ce qui est de l'égalité des chances ; ensuite, d'un point de vue démocratique, afin que la société dans son ensemble soit représentée de manière équilibrée. Il est également nécessaire de prendre en considération l'effet qu'une représentativité plus importante des femmes a sur le changement du fonctionnement des institutions, lorsqu'elles accèdent à des domaines dominés auparavant par des hommes, ce qui engendre par ricochet des effets positifs sur la société dans son ensemble.

Le pouvoir politique se mesure sur la base de la présence des femmes au sein des ministères, des Parlements et des assemblées locales. Le pouvoir économique se calcule par rapport à la présence des femmes dans les conseils d'administration des principales sociétés cotées en Bourse et de la proportion de femmes et d'hommes dans les instances dirigeantes des banques centrales des pays membres.

"Par rapport aux hommes, les femmes sont largement sous-représentées dans plusieurs secteurs du pouvoir", écrivent les auteurs, qui notent toutefois que

alors qu'une légère augmentation de la représentativité des femmes a été observée entre 2005 et 2012, les hommes sont sur-représentés dans les ministères, les Parlements et les assemblées régionales. […] Le phénomène est encore plus marqué dans la sphère économique. Les hommes sont largement sur-représentés dans les conseils d'administration dans la plupart des pays membres, et les femmes arrivent à peine au cinquième des membres dans une poignée de pays. Ce phénomène est encore plus accentué au sein des banques centrales, où les femmes sont totalement absentes des instances dirigeantes dans près d'un tiers d'entre elles.

C'est pour cela, concluent les auteurs, qu'

il est crucial d'affronter ces disparités démocratiques et économiques afin d'assurer qu'une promotion effective de l'égalité des genres soit mise en place à travers des politiques des Etats membres et que les femmes et les hommes soient impliqués dans la reprise économique.


presseurop.eu | 08-mars-2017 07:00

Pas de roses ni de rouge à lèvres, mais des droits !

Blog

En lui donnant un salaire moins important, en ne lui laissant pas de place dans une profession, en faisant une blague de gros lourd dans un cabinet médical ( du légendaire humour de médecine nommé « tradition carabine »), en la touchant un peu dans le métro l’air de rien, en la sifflant gentiment (pour la quinzième fois de la journée!!!) dans la rue, en l'insultant quand elle dit non -ou pire en la contraignant, en l’utilisant dans la Pub pour vendre des yaourts, des vêtements, une voiture, un bidet, un mauvais canapé…, en lui indiquant comment s’habiller/ se déshabiller été comme hiver, et surtout quel poids elle doit faire ( selon les magazines une femme ne doit jamais dépasser la taille d une fille de 14 ans, merci la mode mais les hommes et les femmes semblent aussi aimer les formes), en ignorant ses émotions, en la blessant moralement ou même, physiquement...

Et puis en lui demandant parfois pardon pour mieux recommencer. En refusant son consentement. En la pliant à ses désirs, égoïstement. En lui indiquant quand elle doit avoir un enfant, quand et comment elle doit le faire ou ne pas le faire et en jugeant ses choix, quels qu’ils soient. À part cela la femme est libre ! Alors de quoi se plaint elle ? Et toutes ces « connasses » de féministes castratrices que veulent elles de plus ? Elles ont voulu l’égalité elles l’ont mais elles en veulent toujours plus. Bref. En France, pays civilisé s’il en est, une femme meurt encore sous les coups de son conjoint tous les trois jours. Sans compter toutes les autres femmes blessées : celles que l’on maltraite au travail par exemple. De toute façon il lui faudra dix ans pour s’en remettre et il y aura prescription bien avant qu’une femme puisse s'en relever. N'est-ce pas les Baupin, les DSK, les patrons de presse désinhibés ?

Denis Baupin vient justement de déposer une poursuite judiciaire à l’encontre des femmes qui avaient porté plainte pour harcèlement sexuel, elles qui ont été déboutées pour prescription.

Alors de grâce, Messieurs, n'offrez pas de roses et ne mettez pas de rouge à lèvres mais élevez votre voix pour défendre nos droits. La journée de la femme est une ineptie, mais une ineptie nécessaire, et ce, tant que la volonté d’une femme sera ignorée ou jugée secondaire par rapport à celle d’un homme, ou d’une société patriarcale. LA FEMME EST UN HOMME COMME LES AUTRES. Alors traitez-nous comme vos égales, en droits. Si, comme moi, vous en avez assez du 8 mars, œuvrez à changer les choses, à bouger les lignes, à faire en sorte que tous les êtres humains aient le même respect de leur dignité.

Et vous n'entendrez plus de voix s'élever le 8 mars.

À la veille de la présidentielle, pourquoi ne pas demander des lois renforçant les droits des femmes ?

  • le retrait de la prescription pour toute affaire relative aux violences sexistes/sexuelles

  • l’égalité des salaires

  • la PMA pour toutes les femmes sans conditions discriminatoires

  • la même chance professionnelle dans tous les domaines et peu importe la hiérarchie quitte à favoriser l’embauche positive (discrimination positive)

  • des sanctions strictes appliquées à l'encontre d'auteurs de violences sexistes ainsi qu’un travail d’intérêt général à la faveur de l’égalité homme-femme

  • une retraite pour les prostituées (qui paient un impôt sur le travail !)

  • proscrire les expressions sexistes pugnitives : « pute » «poufiasse » (on ne dit pas « espèce de pouffion » ni « sale puton » à un homme)

  • une formation sur l'égalité des sexes à l'école intégrée au parcours scolaire afin d'éduquer les futures générations

D'autres idées ? Profitez du 8 mars pour les lister, ce sera plus utile qu'un bouquet de fleurs ;)


presseurop.eu | 07-mars-2017 22:25

UE et visas humanitaires : Un arrêt décisif sur le droit d’asile
Internazionale, Rome – Paolo Mengozzi, Avocat général de la Cour de justice de l’UE, a démontré que les gouvernements européens ont l’obligation d’offrir aux réfugiés syriens l’accès au territoire de l’Union. Dans un arrêt attendu pour le 7 mars, la Cour doit décider si elle suit ses recommandations ou si elle donne le coup de grâce aux espoirs de nombreux Syriens qui fuient la guerre. Voir en entier .
presseurop.eu | 06-mars-2017 15:43

Livre blanc de Jean-Claude Juncker : Renaissance ?
Jyllands-Posten, Aarhus – Cartoon. Voir en entier .
presseurop.eu | 06-mars-2017 13:54

La "comitologie", là où est le vrai pouvoir européen

REUTERS/Yves Herman

La « comitologie » fait partie des charmes discrets de l’Union, celui des expressions mystérieuses qui n’ont de sens que pour quelques initiés appartenant à la bulle européenne. Pourtant, c’est dans ces « comités » qui décident selon des procédures complexes, dans un entre soi opaque, que s’exerce une bonne partie du pouvoir à Bruxelles. Ainsi, alors que la plupart des médias passent leur temps à affirmer que la Commission va décider de la définition des perturbateurs endocriniens, en application d’une législation européenne déjà adoptée, c’est en réalité les États qui sont à la manœuvre. Visite guidée.

· La Comitologie, c’est quoi ?

Dans tous les Etats démocratiques, la séparation est claire entre, d’un côté, le pouvoir législatif exercé par le Parlement, et, de l’autre, le pouvoir réglementaire relevant de l’exécutif. Ainsi, en France, on distingue la loi des décrets et arrêtés, ces derniers étant adoptés par le gouvernement sans aucun contrôle parlementaire. Dans l’Union, c’est, a priori, la même chose : la Commission propose des directives et des règlements qui sont ensuite adoptés par le Conseil des ministres (où siègent les États) et le Parlement européen. Mais, pour mettre en œuvre cette législation, il faut en général adopter soit des mesures précisant (et non modifiant) tel ou tel aspect de la loi européenne (actes délégués contrôlés par le Parlement européen), soit des actes d’exécution purs, comme l’autorisation ou non d’un OGM, d’un médicament, d’un produit chimique comme le glyphosate, de vins rosés fabriqués en mélangeant du vin blanc à du vin rouge, etc.

Pour ce faire, la Commission n’est pas libre de faire ce qu’elle veut, sauf dans les domaines de sa compétence exclusive (il y en a quatre, dont la politique de concurrence) : elle doit proposer à un « Comité » composé d’un représentant par État membre (généralement un expert dans le domaine en question) la décision qu’elle souhaite prendre. Si une majorité qualifiée (55 % des États représentant 65 % de la population européenne) l’adopte, pas de problème. Même chose si une majorité qualifiée la rejette. En revanche, s’il n’y a aucune majorité dans un sens ou dans l’autre, la Commission décide seule. Dans quelques domaines (fiscalité, services financiers, santé, sécurité des personnes, des animaux ou des plantes) ou si une majorité simple d’États s’opposent à l’acte, un « comité d’appel », lui aussi composé des représentants des États, est saisi et les mêmes règles de majorité s’appliquent.

Il existe des centaines de ces comités (un par domaine) qui ont été créés ex nihilo en 1962 pour mettre en œuvre la Politique agricole commune (les fameux « comités de gestion »). Ce n’est qu’avec l’Acte unique de 1987 qu’ils ont acquis une existence légale. Depuis, leur mode de fonctionnement a été modifié à plusieurs reprises, la dernière fois par le traité de Lisbonne entrée en vigueur en 2009 (mis en œuvre par un règlement de 2011). Ce sont dans ces comités, qui siègent loin des regards, que sont produits l’essentiel des normes: en 2016, s’il y a eu 65 directives et règlements adoptés par le Parlement et le Conseil, les Comités, eux, ont pondu 137 actes délégués et 1494 actes d’exécution…

· Pourquoi une telle usine à gaz ?

Pour les Etats, il est hors de question de donner un pouvoir réglementaire autonome à la Commission : ils veulent rester maitres jusqu’au bout du processus législatif (actes délégués), mais aussi pouvoir bloquer une décision de la Commission appliquant la législation européenne (comme les glyphosates). C’est comme si en France, le gouvernement devait soumettre au Parlement tous ses décrets et arrêtés d’application, ce que la Constitution de la Ve République exclut. Certes, dans d’autres pays, comme en Grande-Bretagne et en Allemagne, les élus continuent à exercer un contrôle sur les actes d’exécution des lois qu’ils ont adoptées, mais il s’agit juste d’un droit de véto en cas de dérives. Autrement dit, la Commission n’est pas un véritable exécutif au sens national du terme : elle reste étroitement contrôlée par les gouvernements, l’Union n’étant pas une fédération, mais une simple confédération d’États.

La plupart du temps, ce contrôle se passe très bien. Ainsi, selon la Commission, sur 1726 avis émis par les comités en 2015, 2 ont été défavorables et il y a eu 36 absences d’avis, soit 2 % du total. Mais voilà : l’incapacité des Etats à trancher touche des questions « très sensibles », comme le reconnaît avec componction la Commission : en réalité, tout ce qui est lié à la santé humaine (OGM, produits chimiques, etc.), c’est-à-dire là où les intérêts industriels sont en jeu. La Commission doit donc prendre seule la décision, même si rien ne l’y oblige. Jusqu’à présent, elle a toujours tranché au détriment du principe de précaution, dès lors que les avis des comités scientifiques qui l’entourent (et dont la composition est sujette à caution) estiment que le danger n’est pas avéré. Pour le dire autrement, les intérêts de l’industrie l’ont toujours emporté sur la santé.

· Pourquoi la Commission veut-elle réformer la Comitologie ?

Lassé d’être montré du doigt, Jean-Claude Juncker, le président de l’exécutif européen, a décidé de rendre plus transparente la procédure de comitologie : il « n’est pas juste, lorsque les pays de l’UE ne peuvent se mettre d’accord sur l’interdiction ou non d’utiliser du glyphosate dans les herbicides » que la Commission soit forcée « de prendre une décision. Nous allons donc changer ces règles, car ce n’est pas cela la démocratie », a-t-il annoncé en septembre dernier. L’idée est simple : forcer les États à assumer leurs responsabilités, car ils ont une fâcheuse tendance à se défausser sur Bruxelles comme le fait Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement, qui pointe régulièrement des « comités d’experts » irresponsables tout en sachant très bien qu’ils sont l’émanation des États. La Commission a donc proposé, le 14 février, de rendre publics les votes, de pouvoir saisir, en cas de paralysie, le Conseil des ministres et, enfin, de ne plus compter les abstentions ou les absences. Ce dernier point est fondamental : jusqu’à présent, elles étaient considérées, dans le calcul de la majorité qualifiée, comme un vote contre. Désormais, ce sera de facto, un vote pour… Autant dire qu’il n’est pas du tout acquis que les Vingt-huit acceptent cette réforme.

Surtout, on se demande pourquoi Juncker veut ainsi se dessaisir de son pouvoir de trancher : une commission politique, comme il le revendique, doit aussi prendre ses responsabilités. Si elle estime que le glyphosate n’est pas dangereux tout comme les OGM, pourquoi ne l’assume-t-elle pas plutôt que de refiler la patate chaude aux gouvernements ? Au-delà, c’est toute la comitologie qui devrait être mise à bas, ce qui passe par une réforme des traités. L’application de la législation devrait revenir à des agences indépendantes dans la plupart des cas (santé, médicament, environnement, etc.), comme c’est le cas aux États-Unis. Et pour le reste, la Commission devrait être libre de trancher, sous le contrôle du Parlement européen et de la Cour de justice.

N.B.: version longue de mon article paru le 28 février


bruxelles.blogs.liberation.fr | 05-mars-2017 20:44

L’homme derrière le Brexit : Le sorcier des algorithmes qui ont fait gagner le “Leave”

The Observer a révélé cette semaine que Mercer, patron entre autres du fonds d'investissement spécialisé dans le transactions à haute fréquence et parmi les principaux bailleurs de la campagne de Donald Trump, ainsi qu'actionnaire du site d'actualité de l'ultra-droite Breitbart News Network, “a mis sa société d'analyse de données à la disposition de la campagne en faveur du Brexit afin de cibler les électeurs indécis sur la base de leur activité sur Facebook”. L'hebdomadaire ajoute que ce don en nature "n'a pas été déclaré à la commission des comptes électoraux."

Mercer est un des principaux actionnaires de Cambridge Analytica, une société qui a conduit des opérations de guerre psychologique et qui affirme utiliser "une technologie de pointe pour réaliser des profils intimes des électeurs afin de découvrir et de cibler ce qui déclenche leurs émotions". L'équipe de campagne de Donald Trump "a versé plus de 6 millions de dollars (5,7 millions d'euros) pour cibler les électeurs indécis" lors de la présidentielle américaine, et Mercer l'a mise à disposition de Nigel Farage.

Leur amitié de longue date avec l'ancien chef du UKIP (droite populiste et europhobe britannique) a conduit Mercer "à lui proposer de l'aider gratuitement dans la campagne pour le Brexit". Selon The Observer,

Sur la base des conseils de Cambridge Analytica, la campagne Leave.eu a mis sur pieds une énorme base de données des sympathisants, en créant des profils détaillés de leur vies grâce aux données collectées à travers Facebook. Leave.eu a ensuite envoyé des milliers de versions différentes de message, selon ce qu'elle avait appris sur leur personnalité.

Tout en ayant rangé Cambridge Analytica parmi ses "partenaires stratégiques", cette dernière a affirmé ne pas avoir travaillé pour Leave.eu et "a refusé de dire […] si elle a prêté ses services gratuitement", et d'expliquer "pourquoi elle n'a pas déclaré ce don en nature à la commission électorale". Cela dit, le directeur de la communication de Leave.eu, Andy Wigmore, a confié à une reporter du Guardian que "Cambridge Analytica a travaillé pour eux", même si à titre gracieux : "Ils leur ont appris comment établir des profils, comment viser les gens et comment recueillir des tonnes de données à partir des profils Facebook des gens.*"

Ni Cambridge Analytica ni Mercer, qui finance une vaste gamme d'organisations sans but lucratif, parmi lesquelles le Heartland Institute, un centre de réflexion climatosceptique, et le Media Research Center, qui clame "un engagement sans faille pour neutraliser le biais de gauche dans les informations, les médias et la culture de masse", n'ont souhaité réagir aux révélation de The Observer.


presseurop.eu | 03-mars-2017 11:11

On ne badine pas avec l’Union Européenne

Blog

Non à l’UE !” disent-ils. D’accord. Et après? Le nationalisme? L’exclusion et l’isolationnisme? Susciter la haine et fermer les frontières?

Les mouvements anti-européens ont le vent en poupe et pas seulement en Grande-Bretagne, chez nous aussi. Ils montrent clairement que l'euroscepticisme est devenu une menace pour les valeurs fondamentales de la vie commune européenne. Pourquoi 60 ans après la création de la Communauté Économique Européenne les Européens tournent-ils le dos à une de leurs plus grandes avancées?

Il est compréhensible que certains des 510 millions de citoyens de l’UE la remettent en question. En effet, notre UE, telle qu’elle existe aujourd’hui, est imparfaite et complexe. Elle avantage fortement les lobbies et tend à abandonner le simple citoyen. L’UE se veut être une unité mais n’est pas capable de mener une politique homogène et cohérente. L’absence d’une telle politique empêche de combattre l’accroissement des inégalités économiques et sociales entre les différents citoyens des différents pays.

Il est inutile de rappeler ici les conséquences d’une Europe divisée et opposée. Ou peut-être le faut-il? La première moitié du siècle dernier peut servir d’avertissement.

La Communauté Économique Européenne a été fondée il y a 60 ans avec la volonté de garantir et préserver la paix. Or, c’est précisément à une époque comme la nôtre, dans un monde incertain, où des milliers de personnes fuient la terreur et les guerres, que nous devons apprécier à sa juste valeur un si beau cadeau et le protéger à tout prix. Il serait vraiment très imprudent de sous-estimer les dangers qui la menacent.

N’oublions pas que l’UE protège la démocratie, la liberté de presse, d’expression et de religion, pour ne citer que quelques uns des droits inviolables, dont nous Européens, nous pouvons profiter. N’est-ce pas un privilège de vivre dans un pays dans lequel les principes de liberté et d’autodétermination sont ancrés dans la Constitution?

Tous les États de l’UE doivent respecter les principes démocratiques, et les États candidats à une adhésion ne peuvent échapper aux processus de réformes qui vont dans ce sens. L’UE contribue ainsi à la diffusion de ces valeurs démocratiques.

En outre, deux des aspects les plus importants sont la libre circulation des personnes et la monnaie commune. Certes, nous sommes loin d’avoir atteint la perfection dans ces domaines et l’euro est souvent sous le feu des critiques. Dans la zone euro, le change de monnaie a disparu, tout comme les coûts de conversion. Nous pouvons voyager dans chaque pays, sans contrôle de passeport, ni même de visa. L’Accord de Schengen, qui assure le passage des frontières, ne contribue donc pas seulement à la dynamique économique, mais aussi à un échange culturel et par là, à la compréhension et à la paix entre les différentes cultures.

Quand nous entendons que d’autres pays veulent dresser des murs, nous ne pouvons que nous indigner. L’Europe a vécu la division dans sa chair, avec un mur. Nous ne voulons pas revivre cela. La remise en cause de la libre circulation des personnes serait un coup dur pour une Europe si libre et si diversifiée!

L’UE n’est pas parfaite. Mais elle protège la paix en Europe.

Critiquer l’Union Européenne est légitime. La détruire ne l’est pas ! Bien sûr, des réformes et des améliorations sont nécessaires afin de préparer l’UE au futur. Mais ces réformes doivent se faire dans l’unité et la cohérence, et non pas dans le rejet et la discorde.

Il devient plus nécessaire que jamais de consolider l’UE. N’est-ce pas un privilège que de considérer ses voisins comme des amis? De pouvoir se déplacer librement et sans contrôle? De ne jamais devoir changer sa monnaie? Et surtout, de vivre en paix?

Pour nous, Européens, ces avantages sont devenus une évidence, comme tant de choses de l’UE. Mais cependant, tout pourrait disparaître si nous n’y prenons pas garde.

Chers concitoyens européens,

Nous sommes pro-européens et le proclamons haut et fort!

Nous sommes fiers de faire partie d’une Union de 510 millions de personnes de cultures diverses et variées!

Nous voulons des échanges et pas de murs! Notre Union Européenne doit être synonyme de liberté, de sécurité et de paix!

Nous voulons une Union Européenne plus démocratique, plus transparente et plus juste socialement!

Nous avons besoin de projets fédérateurs.

Dessin de Claudio Cadei/Cartoon Movement


presseurop.eu | 03-mars-2017 07:44

Avenir de l'Europe: un livre blanc pâlichon

Le 25 mars prochain, l’Union fêtera ses 60 ans à Rome : pour l’occasion, les 27 chefs d’État et de gouvernement se retrouveront sur le Capitole, là où fut signé le traité qui porte le nom de la ville éternelle. Mais c’est un triste anniversaire, puisque pour la première fois depuis sa création, l’un de ses États membres, la Grande-Bretagne, s’apprête à la quitter. Theresa May, la Première ministre, viendra même tout juste - ou s’apprêtera - à activer l’article 50 du traité sur l’Union qui enclenchera le compte à rebours avant la rupture définitive, en mars 2019 au plus tard. Pour éviter que ce départ signe le début de la fin du projet européen, les Vingt-sept ont donc décidé, dès le lendemain du référendum du 26 juin, d’approfondir les liens qui les unissent.

Le Brexit n’est en fait qu’un choc supplémentaire, et peut-être pas le plus grave, que l’Europe encaisse depuis quelques années, de la crise de l’euro à celle des réfugiés et du terrorisme, en passant par l’élection aux États-Unis d’un président qui souhaite sa disparition. Mais la relance cela ne se fera pas en quelques jours. Jean-Claude Juncker a donc publié hier son « livre blanc sur l’avenir de l’Europe » censé lancer les réflexions sur le type d’Union que souhaitent les États. Le président de la Commission se contente de proposer cinq scénarios possibles à l’horizon 2025 : ne rien changer, se recentrer sur le marché unique, mettre en place une Europe multipliant les coopérations renforcées dans tous les domaines, se concentrer sur quelques domaines jugés prioritaires et, enfin, effectuer un saut fédéral. Le renforcement de la zone euro est juste évoqué en filigrane, Juncker se gardant bien d’évoquer qu’elle pourrait devenir le noyau dur de l’Europe du futur pour ne fâcher personne. Des oublies étonnant aussi, comme la Politique agricole commune qui n’est mentionnée nulle part. On cherche désespérément la trace d’une idée neuve: ce livre blanc est à l’Europe, ce que La La Land est au cinéma, ce qui dans mon esprit n’est pas gentil du tout. Bref, pas de quoi fouetter un chat.

On a donc du mal à comprendre le secret paranoïaque qui a entouré la rédaction de filet d’eau tiède menée de bout en bout par Juncker et Martin Selmayr, son puissant chef de cabinet, si ce n’est l’inverse, car on ne sait plus trop qui dirige l’exécutif européen. Car ce n’est absolument pas le livre blanc de la Commission : les vingt-huit commissaires en ont pris connaissance mardi matin et se sont contentés de signer ce qu’avait rédigé leur président, aucun d’entre eux n’ayant osé moufter. Les chefs de cabinet des commissaires ont passé deux jours, jeudi et de vendredi, sur la côte belge pour soi-disant apporter leurs contributions alors que le texte final était en cours de traduction dans les 24 langues officielles de l’Union…Si la Commission a été tenue à l’écart, il en a été de même des capitales. Juncker et Selmayr ont certes été diner à l’Élysée il y a quelques semaines, pour expliquer comment ils imaginaient leur livre blanc. François Hollande s’est contenté de leur conseiller de réduire leurs scénarios à quelques-uns afin de frapper les esprits. Et depuis, plus rien.

La semaine dernière, lors d’une réunion des ambassadeurs des Vingt-sept auprès de l’Union, la Commission a même promis qu’elle ne publierait rien avant le sommet européen des 9 et 10 mars afin de ne pas le parasiter. Mieux : les Pays-Bas, qui affrontent de difficiles élections le 15 mars, ont demandé expressément à Juncker de ne rien révélerd’ici là afin que les démagogues du PVV n’en fassent pas un thème électoral. Juncker et Selmayr ont néanmoins décidé de passer outre. Une méthode à la hussarde pour le moins curieuse : ignorer les capitales et même leur mentir n’est pas la meilleure façon de peser sur un débat dont la clef est détenue par les États seuls…

N.B.: version longue de mon papier paru ce matin dans Libé


bruxelles.blogs.liberation.fr | 02-mars-2017 12:37

Phil Hogan: "il faut remettre la PAC sur le métier"

REUTERS/Francois Lenoir

Vous trouverez l’entretien que j’ai eu avec Phil Hogan, le commissaire à l’agriculture, ici. Elle est passionnante. Bonne lecture.


bruxelles.blogs.liberation.fr | 01-mars-2017 20:06

Réforme de la PAC: comme un éléphant au milieu du Salon

REUTERS/Stephane Mahe

L’agriculture fait partie de l’ADN de l’Europe : la politique agricole commune (PAC) a été la contrepartie négociée, en 1957, par une France encore très agricole à l’ouverture des frontières douanières entre les six pays signataires du traité de Rome qui s’apprête à fêter ses soixante ans. Sur le papier, c’est un succès : grâce à la modernisation qu’elle a organisée, elle a non seulement permis à l’Europe d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, mais de devenir la première exportatrice agricole au monde, juste devant les États-Unis (129 milliards d’euros en 2015 et un excédent de 16 milliards). Pourtant, la PAC est de plus en plus décriée : la très grande majorité des paysans n’en profitant pas, ils sont devenus anti-européens, les citoyens se demandent de plus en plus pourquoi elle absorbe 38 % du budget communautaire alors que les agriculteurs ne représentent qu’une infime partie de la population active (3,6 % en France), certains, comme le Front national, l’accusent d’être « ultralibérale », un comble pour une politique publique dirigiste et bureaucratique. Bref, la PAC de 2017 souffre des mêmes maux que l’Union : incomprise, accusée de tous les vices, rejetée. « Le système ne fonctionne plus », reconnaît Michel Dantin, député européen LR (PPE). « La PAC a fait l’Europe, elle peut la défaire », met en garde son collègue socialiste, Eric Andrieu. L’Irlandais Phil Hogan, le commissaire à l’agriculture, en a conscience : il a lancé, le 2 février, une consultation publique (1) afin de proposer d’ici à la fin de l’année une nouvelle réforme. Décryptage.

· Pourquoi les réformes de la PAC se succèdent-elles ?

La PAC est, en réalité, en chantier permanent depuis son « achèvement » en 1968. Car, très rapidement, elle a atteint son but grâce aux prix garantis, c’est-à-dire détachés du marché local et mondial, et à la protection totale des frontières européennes, l’autosuffisance alimentaire. Mais, dès le départ, le vert était dans le fruit : la PAC première manière a entrainé un productivisme sans limites, une baisse de qualité des produits agricoles, une concentration des exploitations et une explosion des dépenses agricoles. À la fin des années 80, des montagnes de beurre et de viande et des lacs de lait étaient stockés dans les frigos communautaires avant d’être exportés à bas prix cassé vers les pays tiers au détriment de leur agriculture. 1971, 1984, 1988, les réformes s’enchainent, en vain, jusqu’à 1992, lorsque Jacques Delors, soucieux aussi de mettre en conformité la PAC avec ce qui allait devenir l’Organisation mondiale du commerce, parvient à convaincre les États de rompre avec le système des prix garantis pour les remplacer par des aides fixes aux revenus. Mais la rupture avec le passé se fait lentement, la France ayant bataillé pour que ses céréaliers ne soient pas pénalisés : les prix baissent en douceur et les aides tiennent compte des rendements historiques, ce qui favorise les gros aux dépens des petits. En 1999, nouvelle réforme, destinée à financer le développement rural (deuxième pilier) et surtout à préparer l’élargissement à l’Est. En 2003 puis en 2008, rebelote : cette fois, les aides au revenu peuvent être découplés des références historiques et remplacés par un paiement à l’hectare, ce qui la aussi, favorise les grandes exploitations. La France, comme la plupart des pays du sud, reste fidèle aux références historiques, tout comme elle refuse les possibilités de plafonner partiellement les aides supérieures à 150?000 euros par an et par exploitation… La dernière grande réforme remonte à 2013 (mise en place en 2015) qui a notamment introduit un « verdissement » de la PAC afin d’inciter les paysans à développer une agriculture durable et à entrer dans une logique d’aménagement du territoire : ainsi, 30 % des aides directes sont réservées aux terres respectant une série de critères environnementaux. Depuis 1992, donc, la ligne est la même : rompre avec le productivisme à tout prix, développer une agriculture de qualité (développement des AOC et des IGP) respectueuse de l’environnement et assurer un revenu minimum aux agriculteurs pour les protéger des fluctuations des prix du marché auxquelles ils sont désormais exposés de plein fouet.

· Les réformes de la PAC ont-elles été des succès ?

Le problème de cet empilement de réformes extrêmement rapides a abouti à une complexité bureaucratique sans précédent, les exigences nationales s’ajoutant à celles de l’Union pour pouvoir bénéficier de la moindre aide. « On a construit des usines à gaz », dénonce Michel Dantin. « La PAC est devenue beaucoup trop complexe, trop lourde surtout pour les petits paysans qui n’ont pas les moyens et pas envie de faire face à cette bureaucratie », reconnaît Phil Hogan qui cite les « 300 mesures législatives diverses » réglementant la PAC qui forment un maquis impénétrable et surtout oblige les agriculteurs à multiplier les investissements coûteux pour satisfaire à toutes les demandes. La détresse paysanne face à ce « doux monstre » est réelle comme le montre le taux de suicide en France. Mais, surtout, en dépit de toutes ses réformes, « 80 % des aides directes sont toujours versées à 20 % des agriculteurs », se désole Hogan, les États ayant refusé tout plafonnement des aides et toute dégressivité en fonction de la taille de l’exploitation. Certes, ces 20 % produisent 80 % des produits agricoles, mais est-il normal que « des fermes de 1000 vaches reçoivent près de 20 fois plus d’aides publiques que des exploitations familiales de taille moyenne (50 vaches) mises en péril par les bas prix du lait », s’interroge la Fondation Robert Schuman (2) ? Sans compter que les aides à l’hectare poussent à l’agrandissement des exploitations, comme le souligne Eric Andrieu : « plus on a d’hectares, plus on reçoit d’aide, et ce au détriment de la production et de l’emploi. C’est une logique de rente ». Pour donner un exemple, une exploitation de 300 hectares de céréales recevra chaque année entre 100 et 120?000 euros de subventions européennes. Surtout, le système d’aide directe, qui est fixe, n’a absolument pas servi de filet de sécurité comme l’a montré l’effondrement des prix du marché en 2015-2016 : « un tiers des agriculteurs touche moins de 375 €. Dans l’Ain, la moitié n’a eu aucun revenu en 2016 », s’indigne Michel Dantin. Enfin, la PAC, à force de favoriser la concentration dans un but productiviste, a abouti à un effondrement de la population rurale : en France, en 50 ans, le nombre d’agriculteurs est passé de 4 millions à 900?000, la surface agricole a diminué de 20 % et l’agriculture ne représente plus que 1,5 % du PIB contre 3,6 % en 1980. À terme, c’est une catastrophe qui s’annonce : « il y a un problème de renouvellement des générations : dans l’Union, il y a moins de 6 % des agriculteurs qui ont moins de 35 ans -9 % en France. À long terme, cela pose un problème de sécurité alimentaire », s’alarme-t-on à la Commission. Seule bonne nouvelle : l’agriculture bio se développe rapidement (20 % par an en surface).

· Comment améliorer la PAC ?

D’abord la simplifier et ne plus laisser les paysans seuls face à des fonctionnaires nationaux qui multiplient les obstacles à plaisir : « en Pologne, le texte sur les aides à l’agriculture de montagne fait 4 lignes. En France, 3 pages », dénonce Michel Dantin. Il faut aussi maintenir des services dans les zones rurales : « qui a envie de vivre seul avec son plus proche voisin à 4 km et l’épicerie la plus proche à 10 km ? », demande un eurocrate qui pointe l’incurie des États à assurer l’aménagement de leur territoire. Mais surtout, il faut revoir le système des aides directes. Revenir aux prix garantis et à ses dérives budgétaires et environnementales passées, tout le monde l’exclut, surtout à l’heure de la mondialisation des échanges : « budgétairement, pour maintenir les prix, cela serait monstrueux ». Hogan veut donc développer des instruments de « gestion de crise » afin que les paysans puissent faire face à la volatilité des prix, par exemple en développant un système d’assurance. Mais, comme le soulignent Michel Dantin et Eric Andrieu, il faudrait aller plus loin et mettre aussi en place un système à l’américaine, celui des « deficiency payments ». En clair, lorsque les prix mondiaux sont bons, les aides directes sont, en tout ou en partie, mises de côté et ne sont versées que lorsque les cours s’effondrent et en fonction des situations individuelles. Ainsi, les aides aux revenus joueraient un rôle contra-cyclique au lieu de permettre aux grands céréaliers de s’offrir une troisième Mercedes… « Il faudrait que ces fonds soient gérés par secteur, au plus près du terrain pour tenir compte de la diversité des territoires et des types d’agriculture », souligne Michel Dantin. Enfin, la Commission est fermement décidée à s’attaquer à la chaine alimentaire, en clair, aux intermédiaires comme l’industrie agro-alimentaire et surtout la grande distribution. « C’est un problème de concurrence plus que de PAC », précise-t-on à la Commission, mais « nous sommes déterminés à nous assurer, y compris par la loi, que le secteur primaire, c’est-à-dire les agriculteurs, ne soit plus mis en coupe réglée par la distribution ». La baisse des prix alimentaires (38 % du revenu des Français consacré à l’alimentation en 1960, 14 % aujourd’hui) a atteint un minima : il y a un prix à payer si l’on veut qu’il y ait encore à l’avenir une agriculture et une agriculture de qualité.

(1) https://ec.europa.eu/eusurvey/runner/e91ba0bf-c5d1-49ac-a71e-45441758180d?draftid=280b1e93-9415-4461-8bc4-5f65784ff973&surveylanguage=FR

(2) « Question d’Europe » du 20 février 2017 par Bernard Bourget.

N.B.: version longue de mon article paru dans Libération du 25 février pour l’ouverture du salon de l’agriculture.


bruxelles.blogs.liberation.fr | 28-févr.-2017 00:47

Lætitia Mougenot et Pulse of Europe : “Les candidats à la présidentielle n’ont pas d’idées pour l’Europe”
, – Voir en entier .
presseurop.eu | 26-févr.-2017 23:08

Médias, fausses informations et propagande : Pour un audiovisuel public européen
Der Spiegel, Hambourg – Alors que la propagande suscite davantage d’attention sur les réseaux sociaux que les vraies informations, et que les politiques cèdent à la tentation de la post-réalité, l’UE devrait se doter de sa propre chaîne de télévision afin de contrer les fausses infos et les contre-vérités, rassembler l’Europe et défendre la démocratie. Voir en entier .
presseurop.eu | 24-févr.-2017 08:19

Les flux RSS et Atom appartiennent à leurs propriétaires respectifs.